Savoir se dépasser – Richard Aube – Interview Complète

David : Alors bonjour à vous et bienvenue à cette nouvelle interview. Je vais vous présenter quelqu’un encore une fois d’extraordinaire à sa façon. Donc il est auteur, agent de changement, vous allez découvrir pourquoi. Il est aussi conférencier donc j’ai son livre entre les mains, Richard Aubé, vous allez adorer cette interview. Suivez-là, ça commence maintenant.
Salut tu vas bien ?

Richard Aubé : Oui ça va super bien merci. Toi aussi ?

David : Très très bien je suis très content que tu sois là. Pouvoir découvrir ton parcours.
Qui es-tu, tiens, un petit peu.

Richard Aubé : Mon Dieu je suis un curieux mélange de spontanéité, de quart d’heure d’émerveillement de petit garçon de 8 ans combiné avec la sagesse d’un homme de 88 mais dans un corps de 44.
Alors Richard Aubé, c’est ça.

David : Alors qu’est-ce que tu fais aujourd’hui ?

Richard Aubé : Eh bien aujourd’hui, mon but c’est en tant qu’agent de changement, c’est de faire une différence dans la vie des gens soit à travers des conférences, soit à travers des coachings, soit à travers aussi des formations au niveau des entreprises, dans le milieu corporatif et dans le grand public bien sûr, alors euh… non c’est vraiment excitant.

David : Qu’est ce qui t’as emmené à faire ça, parce que, j’imagine que ce n’est pas arrivé du jour au lendemain d’être conférencier, d’être auteur. Qu’est-ce que tu faisais avant. Est-ce que ça a été simple. Quelles ont été les difficultés… Voilà ? Ton parcours.

Richard Aubé : Ouais j’ai un parcours qui est assez particulier parce que moi, premièrement, je viens d’une famille qui était défavorisée, moi j’ai été élevé sur l’aide sociale jusqu’à presque à l’âge adulte. Alors dans un environnement qui ne me permettait pas de croire à avoir une vie normale, j’avais plus l’impression d’être condamné finalement à vivre sur la sécurité sociale comme ma mère l’a fait et d’autres. Et moi j’ai décidé de casser le moule à 18 ans, alors j’ai quitté le nid à 18 ans et j’ai décidé de terminer mes études et de faire quelque chose de différent de ma vie, et puis finalement j’avais un besoin de sécurité à combler de toute évidence, alors je suis allé travailler dans une grande multinationale en ingénierie, par la suite encore dans une autre multinationale qui étaient au niveau… je faisais des centrales hydroélectriques, et j’ai appris le métier de dessinateur. Alors je suis resté dans ce genre d’environnement très très sécuritaire avec fonds de pension garantie jusqu’à l’âge de 26 ans, et à 26 ans, j’ai réalisé que ma vie ne goutait rien.
Alors là j’ai décidé de faire un… de sortir mes pantoufles en béton et de m’en aller vers les hautes technologies parce que j’adorais dessiner en 3D. A l’époque, je voudrais, même en 1994, c’était… c’était tout nouveau, alors, moi j’étais l’un des tout premiers hommes à faire du 3D, alors je suis allé dans une entreprise qui faisait des logiciels, des designs en 3D

David : D’accord.

Richard Aubé : Et on m’a dit la phrase que j’avais besoin d’entendre, à cet âge-là, pour la première fois de ma vie.

David : A 26 ans.

Richard Aubé : Oui, à 26 ans. On m’a dit tu peux devenir qui tu veux ici. Ici, t’es pas un numéro, ici, t’es pas dans une grande multinationale, dans une grande hiérarchie. Ici, tu peux devenir président si tu veux. Il faut juste faire les étapes qu’il faut pour, mais tu peux faire une carrière facilement ici et vraiment t’épanouir, c’est vraiment l’endroit où on va te permettre de te réaliser. Et c’est rentré dans l’oreille et ce n’est jamais sorti. Alors, j’étais, pendant 12 ans dans cette entreprise-là. J’ai occupé plusieurs postes, et un jour, ben, je suis devenu directeur pour tout l’ensemble du Canada et j’avais 34 ans à l’époque. Alors j’avais des actions dans cette entreprise-là, cette entreprise-là qui était toute petite à l’époque, 34 employés, on se retrouve, douze ans plus tard, avec 665 employés, dans des filiales, dans 26 pays. Et, là, j’étais… j’étais fou, tellement j’ai trouvé… j’ai trouvé que ma vie n’était pas juste extraordinaire, elle était surréaliste. Alors, à 34 ans, j’ai décidé d’écrire un livre pour dire aux gens, finalement, que peu importe l’environnement d’où on vient, et en plus, moi, j’étais dans un environnement où il y avait des problèmes d’alcool, toxicomanie et de violence. Alors moi, comment j’ai fait pour sortir d’un environnement comme ça ? Et de faire mieux, de casser le moule finalement, au lieu de répéter la même chose, de faire quelque chose de complètement différent, qui était de l’inconnu, finalement, et de se donner une chance que peut-être qu’il y avait des chances d’être plus heureux. Et le livre, finalement, portait bien son titre, ça s’appelait « Rien à perdre, mais une vie à gagner ». Et contre toute attente, quand j’ai terminé l’écriture de ce livre-là, j’étais âgé de 36ans, j’allais enfin dans des maisons d’édition, et les 5 grandes maisons d’édition que j’ai approché m’ont tous offert un contrat. Et finalement, j’ai été pour la plus grosse maison d’édition, qui était québécoise, à l’époque, et ils m’ont dit si le livre est bon, on va le publier en Europe, et là le conte de fée s’est réalisé, en l’espace de 6 mois, il est devenu bestseller au Québec. Et là, la France, la Suisse, la Belgique ont voulu l’avoir, et là, le téléphone s’est mis à sonner. Des gens voulaient que j’aille donner des conférences sur le livre. Et ce qui est particulier, ce que vous devez savoir que le livre cache des analyses stars, « Rien à perdre mais une vie à gagner », ils trouvaient que c’était nul.

David : Le titre ?

Richard Aubé : Oui, le titre. Ils trouvaient qu’il n’était pas commercial, qu’il était bonbon, qu’il était ordinaire, et ils m’ont dit : « Qu’est-ce que tu veux dire aux gens, vraiment dans ce livre-là ? ». Moi, j’ai dit, je veux juste que les gens sortent de leur sécurité, de leurs fameuses vieilles manies, vieilles habitudes, vieilles croyances limitantes, et puis qu’ils se donnent la chance. Puis, cette chance-là, on a tous une chance sur deux que ça fonctionne. A l’âge de 8ans, on croit qu’on a une chance sur deux que ça fonctionne. A l’âge adulte, on tourne l’équation, et on pense qu’on a une chance sur deux que ça ne fonctionnera pas, qu’on va se planter, qu’on va être jugé et qu’on va être critiqué. Et moi, j’ai décidé de garder le petit gars de 8 ans et j’y étais en leur disant : écoutez, je veux tout simplement qu’ils sortent dans leur zone de confort. Ils ont dit ça c’est du déjà vu, mais j’ai dit, écoutez, je veux qu’ils sortent de leur mode pantoufles en ciment. Ils ont dit ça c’est excellent, mais le ciment c’est la farine du gâteau, le produit fini, c’est le béton. On va appeler ça « Sortez de vos pantoufles en béton ». Sur le coup, je n’ai pas aimé le titre, mais eux ont dit c’est nous qui décidons du titre. It’s ok, on y va, je dois leur donner raison parce que le livre va bientôt avoir 7 ans, et il est toujours en librairie, et je vais avoir des milliers de copies, chaque année encore. Et ils m’ont signé pour cinq, et le prochain est en production, et c’est pour vous dire que ce conte de fée ne s’est jamais arrêté. C’est pour ça qu’à 36 ans quand je suis allé voir mon patron pour lui dire, écoute, ma vie est en train de changer, je réalise que je peux faire mieux que je que je suis devenu. Et lui m’a dit non, non, ton avenir est ici, et faire des conférences, écrire des livres, c’est… à la limite c’est du show business, à la limite c’est… ça n’a pas d’avenir. Alors il me dit, ici tu vas être quelqu’un. Si tu t’en vas faire de la scène, tu vas être la sauveur du mois, puis du jour au lendemain, t’auras plus de carrière. Alors qu’ici, tu vas pouvoir prendre une retraite dorée, au soleil. Et moi, j’ai décidé que j’aimais mieux aller pour l’aventure que d’aller pour la routine et la sécurité. Et j’ai quitté et j’ai refusé le poste de vice-président qu’on m’avait offert à l’époque. Et finalement, j’ai sauté le pas.

David : Bien payé, j’imagine !

Richard Aubé : Oui, j’ai sauté dans le précipice, ça été 18 mois de réadaptation parce que pas de revenu pendant 18 mois, j’avais jamais connu ce que c’était mais aujourd’hui, je peux vous dire que je sais ce que c’est. Quand on paie l’épicerie avec sa carte de crédit, ça va pas bien financièrement, mais j’y ai cru, je me suis accroché.

David : C’est à dire que tes finances d’un coup se sont écroulées.

Richard Aubé : Ah mon Dieu oui, je suis tombé dans un salaire dans les six chiffres annuellement, avec zéro, zéro zéro, et je me suis vraiment accroché et je voulais vraiment aller au bout de cette idée de fou là parce que ça ne venait pas de la tête pour la première fois, ça venait du cœur. Et à ma grande surprise, j’ai réalisé que quand on fait des choix avec le cœur, on ne se trompe jamais, parce que le cœur est branché avec notre âme. Et notre âme sait ce qui est bon pour nous, ce qui est nos vrais besoins fondamentaux. Et finalement, après 18 mois, les portes se sont ouvertes, je me suis mis à faire des conférences dans les entreprises, et ça ne s’est jamais arrêté depuis. Et je regarde aujourd’hui, j’espère qu’il n’y pas de chefs d’entreprises qui écoutent l’entrevue, parce que ce métier-là, je l’ai tellement dans la peau que je le ferais gratuitement, vraiment.

David : On va couper ça!

Richard Aubé : Oui, on va la couper au montage!

David : Alors, du coup, j’aimerais revenir sur le début de ton parcours parce que c’est vraiment fascinant comment les transformations… En fait, il y a eu deux gros déclics. Déclic à 18 ans et le déclic, justement à 36 ans, c’est ça ? Puis il y a un moment où tu quittes l’entreprise. Pourquoi, toi, tu en sors, à ton avis ? Pourquoi d’autres n’en sortent pas ? Pourquoi toi, tu es dans un… Est-ce que c’était une forme de banlieue, comment c’était ?

Richard Aubé : Ben c’était vraiment… où j’ai habité quand j’étais plus jeune. C’était vraiment une banlieue où tous les assistés sociaux restaient parce que c’était des logements à prix modiques.

David : D’accord.

Richard Aubé : Alors, dans le fond, ils nous mettent… ils mettent tout dans le fond, cette partie de la société qui n’est pas très reluisante, ils les mettent tous ensemble pour pas qu’ils dérangent. C’est à peu près ça le concept.

David : Le concept. Alors dans cet environnement-là, il y a d’autres jeunes de… à ce moment-là qui ont 18 ans, pourquoi ces personnes-là ne sortent pas de cette situation, et pourquoi, à ce moment-là, tu y arrives, qu’est-ce qui se passe ?

Richard Aubé : Moi, la déduction, j’en ai fait, elle est toute simple, c’est que… c’est la différence entre rester en mode victime versus le mode vainqueur. Et je fais souvent… Tu sais ce symbole-là est universel. Et moi, je trouve que ça s’applique tellement à victime versus vainqueur, c’est juste les voyelles et les consonnes qui font la différence. Et moi, jusqu’à l’âge de 18ans, j’étais une victime. Une victime, malheureusement, part avec le principe que l’imputabilité il ne sait pas ce que c’est. Lui, l’ensemble de ses malheurs est lié malheureusement à l’extérieur. Alors, il n’a le contrôle sur rien, il n’a jamais le choix. Ses croyances sont limitantes, il se fait des scénarios catastrophes, et en plus, il les achète ses scénarios, il y croit. Alors que le vainqueur, lui, ce qu’il fait de différent, c’est simple, c’est que, au lieu de subir sa vie, il s’adapte et il optimise sa vie. Alors, moi, j’ai décidé de devenir imputable, responsable et autonome. J’ai décidé de prendre plein de responsabilités à 18 ans, autant dans mon bonheur que mon malheur. Et de réaliser à 18 ans que le plus grand pouvoir que j’ai jamais eu, que je ne pensais pas avoir c’est le pouvoir de choisir. Alors, de ne rien dire, de ne rien faire et de subir sa vie, c’est un choix. Il est inconscient, je l’accorde, mais c’est un choix. Moi, j’ai fait le choix d’être heureux, puis que ma vie goûte quelque chose. Il y a un prix à payer pour ça, parce que l’échec, il n’y a aucune ligne d’attente pour l’échec, il y a même du crisco, il y a même de l’huile dans la glissoire là, et on part tout de suite. Mais pour le succès et le bonheur, là oui, il y a une file d’attente et il y a un prix à payer. Mais ce prix-là, il y a pas de prix pour être heureux, et je réalise aujourd’hui, que même à l’âge… j’étais encore en jeune âge, je pourrais mourir demain matin, et ma vie a goûté vraiment bon. Alors finalement, je n’ai plus peur de la mort, parce que, j’ai eu peur de la mort jusqu’à 18 ans, et je réalise aujourd’hui, c’est parce que j’avais peur de finalement de ne pas jamais avoir su ce que c’était vivre, d’être heureux. Alors que quand on sait c’est quoi… comment bon goûte la vie, finalement, on n’a plus peur de la mort. On sait que si on contribue au mieux-être de la collectivité, qu’on est assis sur la bonne chaise dans la vie, qu’on est là où nos talents sont vraiment exploités, ou dans le fond, la source de notre ADN, on a tous été créé pour faire la différence dans la vie des gens. Alors quand on l’a, puis, qu’on a… qu’on en profite, mais on a fait profiter les autres, pourquoi l’univers ne conspirerait pas à nous rendre la vie plus facile ? Et moi, malheureusement, je suis la preuve vivante de ça. Alors je n’ai rien contre les sceptiques, contre les incrédules, contre les rationnels purs et durs, mais, on devine ce que l’on pense, et moi je suis le résultat de cette croyance-là.

David : Merci pour ce partage et du coup, je voudrais te poser une autre question là-dessus, on a… Les jeunes, c’est un sujet qui me tient très à cœur. On a une fondation à but non lucratif en France, ça s’appelle « Les déclics » et qui a pour objectif d’impacter les jeunes de 15 à 25 ans, et c’est tous les jeunes… Que ce soit des jeunes qui ont des parents qui peuvent avoir de l’argent, qui ont d’autres types de challenge, ou des enfants dont leur parents n’ont pas d’argent. Et ça nous arrive d’intervenir dans des lycées, justement, de banlieue où il y beaucoup de jeunes qui n’ont pas le réseau, ni les croyances, ni environnement propice. Qu’est-ce que selon… si je devais les aider au mieux, qu’est-ce que je devrais leur dire justement pour qu’ils arrivent avoir ce déclic, pour qu’ils se rendent compte que peut-être, en fait, s’ils n’ont pas la vie qu’ils veulent, c’est peut-être qu’en fait que c’est eux qui choisissent d’être une victime. Comme tu l’as dit, c’est inconscient.

Richard Aubé : Oui, c’est inconscient, c’est ça qui est dangereux

David : Comment aider ces jeunes-là ? Et comment aider un maximum de jeunes en banlieue et qui sont, pour l’instant inconsciemment, qui font le choix inconscient d’être une victime, à passer au choix conscient d’être un vainqueur.

Richard Aubé : Mais je pense que la source du déclic… En tout cas dans mon cas, ça été révélateur à 18 ans. C’est, premièrement, c’est de changer d’environnement. Et la raison est très simple. La base de tout comportement déficient, selon moi, c’est un manque d’estime de soi. Et les gens confondent la confiance en soi et l’estime de soi. Confiance en soi, c’est des acquis liés à des apprentissages, finalement tout ce qu’on apprend depuis qu’on est au monde vient remplir notre base de données qui s’appelle la confiance en soi. Et plus on vieillit théoriquement, plus cette base de données devrait être généreusement garnie et j’espère que les gens ont ce souci tous les jours d’être curieux, comme un enfant de 8 ans, pour apprendre chaque jour un petit quelque chose pour remplir la fameuse base de données. Parce que tu le sais, les gens qui décident consciemment ou non d’arrêter d’apprendre, d’arrêter d’être curieux parce qu’ils pensent qu’ils en ont suffisamment pour fonctionner dans la société. Mais moi je pense qu’ils sont décédés intellectuellement, malheureusement. Mais quand on se sent pas à la hauteur, ce n’est pas un problème de confiance en soi parce ces acquits-là sont, non seulement permanents, mais incrémentent tout. Tous les jours on peut augmenter sa confiance en soi en allant chercher une nouvelle connaissance, une nouvelle expérience, une nouvelle expertise. L’estime de soi, c’est un autre animal parce que ça c’est comme le vase. Ce n’est pas quelque chose qu’on voit, c’est quelque chose qu’on ressent. L’estime de soi, c’est la valeur qu’un être humain s’attribue, combinée avec la valeur qu’il pense que les autres lui attribuent. Et ce qui rentre dans cette bonbonne d’oxygène là, c’est de l’amour puis de la reconnaissance. Et pour aller chercher de l’amour et de la reconnaissance, il y a deux sources d’approvisionnement, à l’extérieur ou à l’intérieur de nous. A l’intérieur de nous, jusqu’à l’âge de douze treize ans c’est impossible. Alors, on dépend exclusivement de ce que les autres pensent, de ce que les autres disent, ce que les autres font, pour venir remplir cette bonbonne. Alors, dans de bonnes conditions, dans un bon environnement comme on parlait tantôt, si tu es dans une famille bien encadrée, où on te dit régulièrement qu’on t’aime, puis qu’on est fier de toi, la bonbonne devrait être à moitié pleine, plutôt qu’à moitié vide. A l’adolescence, et surtout à l’âge adulte, là il faut venir la remplir aussi par soi-même. Et là oups, ça devient plus compliqué parce que souvent, en vieillissant, on devient son pire bourreau, au lieu d’être son meilleur coach. Alors ce qu’on fait c’est qu’on passe son temps à se critiquer, à se condamner, à ne jamais se trouver à la hauteur. Alors là, on vient essentiellement priver la bonbonne d’amour et de reconnaissance, et là plus on se prive de ça, mais plus on a besoin d’aller à l’extérieur. Et quand je parlais d’environnement, moi, à 18 ans, l’estime que j’avais de moi-même, comment je m’aimais et comment j’étais fier de moi, c’était peut-être 1/10 ou 2/10 maximum. Alors, j’avais un immense besoin de le faire dire par l’extérieur que j’étais une belle et bonne personne. Et l’environnement que j’avais ne me permettait pas d’avoir cette validation-là. Au contraire, on me faisait douter de ce que j’étais. Alors, ces jeunes-là, qui sont dans cette situation, que moi j’ai vécu adolescent, où ils sont moins que rien. Il faut absolument qu’ils réalisent que nous sommes tous, peu importe l’âge qu’on a et où on est rendu dans la vie, on est tous la somme des 10 personnes que l’on fréquente, à qui l’on parle, au quotidien le plus souvent. Alors si ces dix personnes-là ont en majorité l’effet de rayonnement sur nous, à travers simplement leur regard, ou leur parole, on se sent une meilleure personne, ces gens-là sont bénéfiques pour nous et on doit jalousement les garder, les entretenir, les nourrir. A l’inverse, si la majorité des gens autour de vous, de ces fameuses dix personnes-là qui font votre quotidien, s’ils vous font douter de la belle et bonne personne que vous êtes, et que le regard qu’ils posent sur vous est un regard critique, je suis désolé, mais changez d’environnement, parce que ça va vous suivre toute votre vie. Jusqu’à l’âge adulte, je comprends adolescent et enfant, cet environnement-là est contrôlé et on ne peut malheureusement pas vraiment changer. Mais à l’âge adulte, je suis désolé, on a le pouvoir de changer d’environnement, et moi, c’est ce que j’ai fait. Quand on a un bon environnement, t’es bien entouré, avec des bonnes personnes, puis eux, ils vont te permettre, toi-même d’avoir un meilleur langage envers toi-même. Mais ce qui est extraordinaire, c’est quand tu commences à t’aimer profondément, à être fier de ce qui tu es devenu et surtout d’être capable de te pardonner tes imperfections, à ce moment-là, la magie arrive, c’est qu’enfin, on devient authentique. Et là comme j’ai souvent dit et qu’on me disait souvent, il faut même proclamer sa rareté parce que les gens authentiques, ne font pas l’unanimité, on en a eu plein qui ont foulé la terre. Ils ne se sont pas fait adorer de tout le monde mais ils ont marqué leur époque. Les John Lenon de ce monde, les Steeve Jobs, les Céline Dion, ces gens-là ont marqué leur époque, mais ils n’ont pas fait l’unanimité. Et à partir du moment qu’on comprend qu’on ne peut pas être aimé de tous, c’est une dure réalité, mais c’est une réalité. En contrepartie, on peut être respecté de tous. C’est difficile de manquer de respect à quelqu’un qui se respecte profondément. Alors, la seule façon de se respecter profondément, c’est de s’aimer, c’est d’être fier de ce qu’on est, et surtout le troisième, c’est de se pardonner ses imperfections. Et je pense que c’est là, à l’âge adulte qu’on a le plus de difficulté. Si on n’est pas dans le bon environnement qui va nous permettre de se pardonner, toute notre vie on va être insatisfait, toute notre vie on va toujours chercher cette quête-là de l’absolu, cette quête-là de la perfection, on va essayer inconsciemment et consciemment d’être le ou la meilleure. Et malheureusement, c’est là qu’on va tomber en compétition avec tout le monde autour de nous et là notre vie va devenir un stress, un fardeau. A l’inverse, si on apprend à s’aimer comme je le disais tantôt à être fier de ce qu’on est et de se pardonner, c’est que là, on ne veut plus être le ou la meilleure, on veut juste être une meilleure version de nous-même à chaque jour. Moi tous les jours, secrètement, je fais un petit ajustement. Tous les jours, il y a quelque chose que j’aime moins de moi. Et je veux juste travailler dessus. Mais c’est 365 ajustements par année. Alors imaginez, au bout d’un an ce que ça fait, c’est quand les gens ne te voient pas au moins 6 à 8 mois, ils disent tous la même chose : Richard, on dirait que tu as changé. Moi je ne le vois pas ce changement-là, parce que je suis un agent de changement et je change tous les jours. Je m’améliore, je me peaufine, mais ce que je suis reste ce que je suis et ce qui est merveilleux, c’est qu’aux yeux des autres, ces petits changements-là font une très très grande différence à long terme. Et à partir du moment où j’ai réalisé que tout ce que j’avais besoin est à l’intérieur de moi pour me réaliser, pour devenir la belle et bonne personne que je suis, j’ai arrêté de dépendre de ce que les gens pensent, de ce que les gens disent de ce que les gens font et j’ai commencé à m’aimer tellement, qu’aujourd’hui de l’amour, j’en ai pour tout le monde. Ma bonbonne d’estime de soi maintenant déborde, alors là j’arrive enfin à donner sans attendre. Ça c’est le plus grand défi humain, de donner sans attendre. Je suis capable de donner sans même ne pas attendre un merci ou un sourire parce que ça déborde. Si la personne en face de moi ne fait rien avec, eh bien de toute façon, il serait tombé par terre, il y a quelqu’un d’autre qui l’aurait ramassé. Mais cette satisfaction-là, d’avoir ce sentiment profond à tous les jours de ma vie, que je peux faire une petite différence dans la vie de quelqu’un, je n’ai pas besoin de rien d’autre pour être heureux. Puis en conclusion je vais faire ça simple hein, j’ai tout ce qu’il faut pour être heureux dans la vie. Alors si je ne le suis pas, c’est mon problème, à moi, à personne d’autre, c’est à moi.

David : Du coup, merci pour ton parcours, la façon dont tu structures tout ça, j’aime beaucoup. Si on devait créer la méthode Richard aujourd’hui pour l’estime de soi, qu’est-ce que tu aimerais dire, pour justement… Là maintenant, imaginons que je fasse une vidéo séparée de l’interview, d’accord ? Et on va créer la méthode Richard…

Richard Aubé : Elle va venir, on va en créer une.

David : Voilà, donc on va en créer une, on la crée maintenant. On crée en tout cas les fondations maintenant. Quelle pourraient être les étapes ? Imaginons qu’il y a une personne qui regarde la vidéo maintenant, elle ne voit que ça de l’interview sur l’estime de soi, elle sent qu’il y a un déficit, elle sent qu’il y a cette bonbonne qui est même percée ou qui est vide.

Richard Aubé : Oui c’est bien dit parce que comme on parlait tantôt, avant l’âge adulte, si on était dans un environnement qui était plus ou moins écologique, qui était plus ou moins bon pour nous, c’est sûr que ces gens-là ont fait des trous dans notre bonbonne, alors elle fuit. Déjà à l’âge adulte, alors imaginez, si vous n’êtes pas en mesure de la nourrir, imaginez en plus elle fuit, c’est qu’en plus ne pas être capable de la remplir, elle perd de l’oxygène. Puis là ça devient… là dans le fond, là on est en survie. On passe notre vie en survie.

David : Donc imaginons que là, moi je suis en survie, j’ai une très faible estime de moi, je passe mon temps à me dire que je suis nul, je suis une merde, les autres sont meilleurs, je suis incapable, en fait comme tu as dit : je suis mon meilleur bourreau… Et donc je prends le top 20 des pires choses qu’on m’a dites et je me les dis tous les jours.

Richard Aubé : Ah ça c’est bon ça. Et on se nourrit au poison là.

David : Voilà donc, je me nourris au poison, qu’est-ce que je peux faire maintenant pour changer ?

Richard Aubé : Mais pour se désintoxiquer, la première chose, c’est que, des petits trucs que je donne souvent au gens, le truc le plus simple et le plus puissant. En coaching, je demande à la personne de prendre 3 pages, et sur chacune de ces 3 pages-là, il faut marquer le nom d’une personne que tu admires énormément, quelqu’un qui t’inspire, quelqu’un pour qui… tout ce qu’il fait, tout ce qu’il dit est fascinant, que t’aimerais, à la limite, t’aimerais lui ressembler. Alors les gens quittent, vont chez eux, parfois ça peut prendre une semaine ou deux avant qu’ils reviennent, parce que tant que le devoir n’est pas fait, il n’y a pas de coaching.

David : C’est intéressant.

Richard Aubé : Quand ils reviennent dans le cabinet…

David : Tu ne prends pas la personne tant qu’elle n’a pas fait d’exercices.

Richard Aubé : Oui parce que, il y a une loi dans les cryptes qui dit que tant qu’il n’y a pas de désir, il n’y a pas de gratitude. Tant qu’il n’y a pas de désir, il n’y a pas d’action générée parce que vouloir… n’importe quel imbécile peut vouloir n’importe quoi dans la vie. Et quand on désire profondément quelque chose…

David : Tu demandes à ce que la personne te l’envoie avant.

Richard Aubé : Oui et là ce qui est génial, c’est que la personne, quand je la rencontre en cabinet, je lui demande : « Parle-moi de ces 3 personnes là ».
Et là c’est drôle parce que, son visage s’illumine et là la personne en parle avec beaucoup de passion, beaucoup d’amour, beaucoup de reconnaissance, puis là c’est beau, c’est comme un film en 3D. Et là quand elle a terminé, des fois ça dure une heure et demie, je dis : « Merci infiniment, comme tu le fais si bien », je dis « Merci de m’avoir parlé de toi ».
Et là, la personne est sous le choc et me dit : « Non, non, non moi je ne suis rien de ça là ! »
Ah oui ? Mais en psychologie, la base, c’est l’effet miroir, ce qui nous fait vibrer chez quelqu’un…

David : On l’a en nous.

Richard Aubé : C’est quelque chose qu’on possède déjà. Sinon, on ne peut pas vibrer, s’il n’y a pas de connexion.

David : Il n’y a pas de résonnance.

Richard Aubé : Il n’y a pas de résonnance, il n’y a pas de contact, il n’y a pas de transmetteur. Et là les gens sont sur le dos et là je prends les 3 listes et là on voit dans le détail. Et ils réalisent assez rapidement que oui, c’est vrai « ça j’en ai un peu, ça j’en ai un peu et ça j’en ai un peu ». Alors moi ce que je leur dit c’est simple : c’est que ces gens-là, la seule grande différence avec toi, c’est qu’ils ont les mêmes qualités, c’est juste qu’eux ils se sont donné la permission de les développer à très haut niveau. Alors toi, il faut juste que tu te donnes cette même permission et de dire : regarde, je sais que je l’ai, maintenant je vais nettoyer le tout et je vais le peaufiner, le nourrir et là il va devenir extraordinaire.

David : Comme une plante dont je vais m’occuper. Donc c’est comme si j’avais la graine, elle est là mais…

Richard Aubé : Oui c’est bien dit David.

David : L’autre a un énorme arbre qui est resplendissant dans la cour mais en fait ça a été une petite graine à un moment donné.

Richard Aubé : C’est ça. Et dans le fond c’est la constance qui fait la performance. C’est-à-dire que tous les jours cette graine-là a été arrosée, nourrie, on en a pris soin et elle est devenue adulte, elle est devenue belle et grande et rayonnante et elle a rempli le rôle pour lequel elle a été créée. Une fleur, en sortant de la terre et en s’épanouissant, elle le sait la fleur qu’elle va mourir dans les semaines, dans les mois qui vont venir. Mais elle donne les plus belles pétales, la plus belle couleur qu’elle peut parce que c’est ça sa contribution.
Nous on a l’immense privilège comme être humain, d’avoir cette fleuraison-là durant 80 – 90ans, 100 ans. Pourquoi on reste à l’état de graine enterrée, dans une terre non fertile. Pour moi, c’est ça la grande tristesse de l’humanité. Il faut changer de terreau, aller dans une terre fertile. Parce que la graine est bonne.
Moi, quand j’ai compris à 18ans, que j’étais de la bonne graine, que je n’avais pas une once de méchanceté, que le comportement ne définit pas la personne… Je faisais plein de choses stupides adolescent, mais ce n’était pas moi qui étais stupide, c’était les choses que je faisais, que je disais. Et quand j’ai compris ça, ça a changé ma vie.

David : Du coup la première chose peut-être l’exercice que tu m’as donné… La deuxième chose peut-être de changer l’environnement pour faire un parallèle avec ce que tu dis… C’est à dire que je vais côtoyer des personnes qui peuvent m’inspirer, qui créent une vie… une vie que j’ai envie d’avoir, qui vont être capables de me valoriser moi aussi, qui vont être un terreau fertile pour m’aider à évoluer. Est-ce que tu vois une troisième chose ?

Richard Aubé : Et en même temps, c’est très important David, de s’éloigner lentement mais surement des gens qui te font douter de la belle et bonne personne que tu es, qui te font douter que tu es de la bonne graine.

David : Je l’avais en tête et je l’ai oublié tout à l’heure. Je voulais te demander, parce que des fois on ne peut même pas avoir conscience qu’une personne me fait douter ?

Richard Aubé : Mais c’est le plus grand malheur !

David : C’est à dire que je peux avoir… mais même mes propres parents… Vu que j’ai toujours vu ce schéma-là, un peu comme un enfant qui a été battu, il ne se rend des fois même pas compte, qu’il y a un problème à être battu parce qu’il a toujours été battu et des fois on peut avoir un environnement, et c’est seulement après qu’on se dit « ah oui mais ça ce n’était pas bon ».
Et je vois bien quand j’interviens dans les lycées, que si je leur parle d’environnement, ils ne se rendent même pas compte que leurs amis qui par exemple, vont se droguer, sont un problème.
Comment je fais pour arriver à voir dans mon environnement : « Ah cette personne, ce n’est pas le Top » ?

Richard Aubé : Eh bien, à la base, une bonne personne… c’est pour ça que c’est important de… tu as mis le doigt dessus David…
Le point le plus grand, c’est la conscientisation. Un être humain ne changera jamais s’il ne sait même pas qu’il y a un problème. Jamais jamais jamais il ne va changer. Moi, c’est la première chose que j’essaie de faire en coaching c’est de voir si la personne est conscient de son problème. Si elle n’est pas consciente, je ne peux pas l’aider et puis je lui dis « Vas t’en, ça ne coute rien, vas t’en ». Moi je ne peux rien faire pour toi. Quand tu vas être conscient…

David : Ça t’est déjà arrivé ?

Richard Aubé : Oui, quand tu es inconscient de ta souffrance, c’est vraiment malheureux.

David : A quoi tu vois qu’une personne est inconsciente ?

Richard Aubé : C’est qu’elle est dans le déni et une personne inconsciente de sa souffrance va toujours blâmer l’extérieur. Il va toujours blâmer les gens et ce qui est malheureux quand tu parles avec cette personne-là, tu t’aperçois que la majorité de toute son énergie est basée sur des choses dont elle n’a aucun contrôle. On n’a pas de contrôle sur l’économie, la politique, sur ce que les gens pensent, disent, les parents. On n’a même pas contrôle sur la météo, mais tu as des gens qui ne vivent que pour ces choses-là. Et qui essaient d’une façon, je ne sais pas comment là, de contrôler ces éléments incontrôlables.
Alors qu’à l’inverse, quand tu es conscient, que le seul vrai pouvoir que tu as, c’est sur tes propres paroles, sur tes propres actions, et surtout sur tes propres perceptions. Parce qu’ultimement, tes perceptions deviennent ta réalité. Quand tu tiens des gens du même gabarit, des gens qui eux aussi, ont été profondément blessés, meurtris, eux aussi sont en mode victime, puis qu’une victime souvent, ça veut se venger aussi… Cet environnement fait en sorte que tu t’aperçois assez rapidement que ces gens-là t’aiment pour ce que tu leur rapportes, pour ce que tu fais, pour ce que tu dis. Mais ils ne t’aimeront jamais pour ce que tu es pleinement.
Une bonne personne, quand on parle de bon environnement, c’est que cette personne-là, quoi que tu dises, quoi que tu fasses, elle va t’aimer, elle va être fière de ce que tu es. Elle va toujours t’encourager, elle va toujours mettre le phare sur tes qualités. Alors si dans ton environnement de 10 personnes, il n’y en a aucune qui correspond à la description que je viens de donner, c’est que cette personne-là est toxique.

David : Ça c’est super, ça fait un vrai test qu’on fait. Qui est de dire, tiens, et si je dis n’importe quoi ou si je fais n’importe quoi, est-ce que je continue d’avoir cette personne à côté de moi ?

Richard Aubé : Si tu me dis David, si tu me dis, Richard, je veux que tu fasses ça. Et puis je sais que ce n’est pas bien ce que tu me demandes de faire, et puis ça ne me tente pas de le faire et je te dis non. Mais théoriquement si tu es une belle et bonne personne, qui est bonne pour moi, tu vas m’aimer quand même, tu vas me parler quand même, tu vas me respecter quand même, et puis même tu vas avoir du respect pour moi parce que je me respecte. Mais si t’en as rien à cirer de moi, mais juste parce que je t’ai dit non, là je ne serai plus ton ami, je joue au zéro là. Ça ne fait pas de sens.

David : Alors du coup pour faire une toute petite parenthèse avant de revenir sur l’estime de soi, c’est un truc super intéressant. Ca s’applique ça, effectivement au niveau de l’enfance, mais alors je l’observe au niveau du business, il y aura quand même, je le dirais même des façon exacerbée d’ailleurs, j’ai l’impression des fois que le monde de l’entreprenariat… il y a une partie du monde de l’entreprenariat qui ressemble à la cour de récré et…

Richard Aubé : C’est très bien dit.

David : Tu peux facilement avoir des gens autour de toi qui vont vouloir faire des partenariats, et j’imagine que ça t’est déjà arrivé ou même des fois te sponsoriser ou en apparence vouloir t’aider.

Richard Aubé : Oui.

David : Et qui en fait, au moindre travers vont d’un coup commencer à te critiquer.

Richard Aubé : A te juger et à te condamner.

David : A te juger et à te condamner. Du coup selon toi, est-ce qu’une bonne personne aussi au niveau de l’entreprenariat, c’est une personne qui même si tu fais une erreur elle continue de te supporter.

Richard Aubé : Exact.

David : Oui ?

Richard Aubé : Parce que, encore une fois je reviens avec le fameux mot « contribution », moi je crois énormément à la synchronicité dans la vie mais je pourrais même dire à la providence qu’il y a des gens qui croisent ta ligne de vie pour de bonnes raisons. Ces gens-là sont là pour faire une différence dans ta vie. Et souvent, tout dépendra de l’environnement dans lequel on a été élevé, l’environnement dans lequel on évolue aujourd’hui. Les belles et bonnes personnes parfois on les regardera même pas, ils vont croiser notre ligne puis ils vont continuer leur chemin et quand on est capable d’être conscient comme je disais tantôt, et de les détecter ces bonnes personnes-là, notre vie change parce que… Regardez, moi je donne souvent l’image d’une bonne mère de famille. Puis je le sais encore, il y a des gens qui nous écoutent, qui n’ont pas eu ce privilège-là d’avoir une bonne maman. Une bonne maman, je pense, c’est ce qui se rapproche le plus des gens bienveillants, du regard bienveillant. Un regard bienveillant c’est quoi que tu dises, quoi que tu fasses, moi je vais t’aimer et je vais être fier de ce que tu es. Toute ta vie je veux être là. Alors que ce soit en enfance, que ce soit l’amitié, que ce soit l’amour, ça prend ces deux règles d’or là. Il faut que la personne t’aime et sois fière de ce que tu es. Les couples qui sont ensemble depuis très très longtemps et qui sont toujours heureux, c’est qu’ils s’aiment inconditionnellement, mais surtout aussi, ils sont fiers l’un de l’autre. Si tu n’as pas les 2, il n’y a pas de pérennité, impossible, ça s’applique en amitié, ça s’applique en enfance aussi.

David : Justement pour moi c’est très intéressant ce que tu dis parce que par exemple… Je vais prendre un exemple concret, aux Etats-Unis, j’ai rencontré beaucoup de monde, beaucoup d’entrepreneurs, de différents niveaux. Et j’ai rencontré un entrepreneur qui, si j’avais juste regardé « l’apparence », je me serai dit : pfff pas intéressant et je sais avec de la gratitude, et Gerhart si tu nous regarde, c’est avec beaucoup de gratitude que j’ai cette personnes dans ma vie et que je sais très bien que dans 30 ans et peu importe ce qu’on va faire ou pas en termes d’activités, c’est comme si j’ai rencontré un frère et que je sais très bien que ça dépasse largement le business et que peu importe effectivement ce que je dis ou ce que je fais ou même une erreur que je pourrais faire, même vis-à-vis de lui, il y aurait cette relation qui se maintiendrait. Simplement, comment arriver à… puisqu’il y a des gens me disent : « David, toi tu as de la chance parce qu’en fait t’as cette personne », et c’est vrai, j’observe et j’ai de la gratitude et je me rends compte que c’est un des plus beaux cadeaux que ma vie a aujourd’hui, au-delà de l’argent, largement au-delà de l’argent, c’est que je m’attire de plus en plus ces personnes de qualité, je vois que ça dépasse le gain mutuel de ce qu’on va apporter à l’autre et que c’est juste une vraie relation…

Richard Aubé : C’est un espace qu’on dit vibratoire et on attire ce qu’on dégage.

David : Voilà justement, ma question est là : « Comment les personnes, comment moi-même d’ailleurs je peux accélérer ou optimiser ce processus là ou l’améliorer. D’arriver à sentir les bonnes personnes, d’arriver à sentir les bons partenariats, d’arriver aussi à oser dire non des fois à un truc qui parait magique mais en fait qui, non je ne le sens pas.

Richard Aubé : Mais toujours pour aborder dans ces petits trucs-là qu’on pourrait donner à ces jeunes-là, et même jeunes et moins jeunes, et même je pense que beaucoup d’adultes…

David : Là c’est tout public, hein, ma question.

Richard Aubé : Ça, ça peut s’appliquer vraiment à tout âge, 7 à 77 ans finalement. C’est d’être capable au quotidien quand on a un malaise, un mal être, on a l’impression que cette personne-là, l’alchimie n’est pas bonne, on ne se sent pas bien en sa présence ou dans son regard. Il y a quelque chose de biochimique qui se passe. Il faut se poser la question, est-ce que ça, j’ai besoin de ça dans la vie ? Déjà là, ça te conscientise au moment présent parce qu’il n’y a pas de mauvaise personne, foncièrement mauvais sur terre, on oublie ce qui ont des problèmes psychologiques et psychiatriques, je parle de quelqu’un qui est saint d’esprit. C’est ma croyance que je partage, je pense qu’il n’y a pas de gens foncièrement méchants, mais au moins absurde qu’un animal, si tu es dans un mauvais environnement et contrairement, à être méchant, mais ça va devenir ta réalité. Moi j’étais battu jusqu’à l’âge de 16 ans. Puis je pensais que c’était normal de battre ses enfants. Mes enfants je ne les ai jamais battus. J’ai réalisé heureusement que ça ce n’était pas normal. Mais pour moi jusqu’à 16 ans, c’était une réalité. Que si tu ne dis pas ce qu’on te dit de faire, puis tu n’écoutes pas ce qu’on te dit eh bien tu mérites qu’on te batte, parce que ça veut dire que tu es un imbécile et que tu comprends juste par la violence. Et là je réalise aujourd’hui que finalement, ça n’a pas de sens mais c’était une époque pour moi c’était une réalité qui était tout à fait normale. Alors je pense que tout individu qui, surtout dans une situation où il ne se sent pas bien, qu’il soit capable de s’arrêter et de faire une pause, de se détacher émotivement puis de seulement dire : ça est-ce que c’est bon pour moi ? C’est ça se respecter. Et c’est fou, c’est qu’à chaque fois qu’on fait une prise de conscience comme ça, de plus en plus on commence à reconnaitre sa rareté, puis à reconnaitre ce qui est vraiment bon pour nous. Et c’est là qu’on finit par être capable de dire non parce que combien de fois… Puis je l’ai vécu et je me fais prendre au jeu encore aujourd’hui… Combien de fois, par peur de déplaire, par peur…

David : De perdre aussi des fois !

Richard Aubé : De perdre aussi, je vais dire Oui et finalement je réalise tôt ou tard qu’à vouloir plaire à tout le monde, c’est à moi que je déplais ultimement. Et c’est fou à quel point, pour justement, encore une fois, aller chercher juste un peu d’amour et de reconnaissance, comment on peut faire des compromis, qui malheureusement sont irréversibles. On subit littéralement la situation. Combien de fois qu’on s’est retrouvé, tout le monde qui nous écoute l’ont tous vécu au moins une fois dans leur vie, de se retrouver dans un endroit, que ce soit un souper, une fête, n’importe quoi… Tu te dis, qu’est-ce que je fous ici, je ne suis pas bien. Mais on est là parce qu’on ne veut pas décevoir, c’est ridicule, ce n’est pas normal qu’on s’en fasse plus pour cette personne-là, qu’elle s’en fait pour nous. Et c’est là qu’on commence à réaliser à quel point, et puis je sais que… ça va peut-être choquer des gens qui nous écoutent…

David : Ça ne fait rien, vas-y

Richard Aubé : Mais la personne la plus importante au monde c’est soi-même. Et là je vous parle, je suis père de famille de 2 enfants et j’ai une femme. Ces gens-là sont hyper importants dans ma vie. Mais j’ai compris heureusement pas trop tard, que la personne la plus importante au monde c’est soi-même. Parce qu’on dit, tu sais quand on prend l’avion, quand le masque à oxygène descend pour tout le monde, on doit le mettre sur soi pour être en mesure d’être en capacité d’aider les autres. Moi comme père de famille, si j’arrive pas à m’aimer, si je n’arrive pas à être fier de ce que je suis et de me pardonner mes imperfections parce que je suis parfaitement imparfait, j’ai pas des défauts, j’ai des défis, c’est des qualités mal développés. Mais comment voulez-vous que je sois un père qui soit capable d’aimer ses enfants, d’être fier d’eux, de ce qu’ils sont devenus et surtout de leur pardonner quand ils font des conneries. Je serais incapable.

David : Ce que tu dis, pour bien mettre des mots, parce que je trouve ça vraiment super, hein. Tu dis que si j’ai du mal à pardonner mes enfants, c’est peut être que j’ai du mal aussi à me pardonner à moi-même.

Richard Aubé : C’est sûr que c’est ça. Et moi j’entends trop souvent, quand je fais du coaching, des gens qui ont eu des enfances de merde. Parce que moi, la mienne n’est pas drôle mais il y en a qui ont vécu beaucoup pire que moi. Encore là je vais choquer du monde comme au début de l’exercice.

David : Vas-y, je me sens bien avec ça.

Richard Aubé : Ce que t’as vécu là comme malheur, on s’en fout ! C’est ce que t’en fais.
Tout ce que t’as appris à l’école, tout ce que t’as appris à l’université, tes beaux diplômes, on s’en fout. C’est ce que t’en fais. C’est ça. Alors ultimement, je vais faire ça simple. Moi les gens qui me disent : « Oh, mon père, ou ma mère, ou… » whatever. Il y a des gens qui ont été méchants avec moi mais malheureusement, pauvre eux, ils ne pouvaient pas me donner ce qu’ils n’ont pas reçu. Je vais le dire en français pour l’Europe là : « Crotte de taureau », mais ça se dit mieux aux Etats-Unis, en anglais c’est « bullshit », parce que finalement…

David : Donc tu le dis aux français des fois ?

Richard Aubé : Oui oui, bullshit. Ça donne… c’est de la foutaise parce que dans le fond, la vraie réalité…

David : Est-ce que tu dis à tes clients des fois en début du coaching : « Ecoute je m’en fous de tout ce que tu me racontes » ?

Richard Aubé : Ah bien j’ai un petit préambule juste pour… mais après je lance la bombe. Mais je peux vous garantir qu’ils retiennent tous le message, pourquoi ? Parce que c’est prouvé en psychologie. On retient 7% des mots. Notre rationnel lui, il va prendre les mots, puis 7% dans les bonnes conditions, c’est ce qu’il retient. Mais il n’est pas qu’émotif car ça fait mal, quand ça vient brasser l’intérieur ou là on ne parle plus de la même chose. Parce que si je vous demandais ce que vous avez mangé la semaine dernière, exemple mercredi pour l’heure du diner, il y a des gens qui après 15 minutes, ne seraient toujours pas capables de me répondre. Mais je leur dit : « Dites-moi, votre plus grande joie, vous l’avez vécu il y a 20 ans, quand vous étiez petit. Votre plus grande joie, votre plus grande peine. Et les gens ont tous, comme ça, instantanément, une histoire avec énormément de précision. Alors qu’ils ne sont même pas foutus de me dire ce qu’ils ont mangé pour diner il y a une semaine. Alors c’est pour vous dire que moi, comme agent de changement, si je veux que les gens aient vraiment un impact pour qu’ils changent, il faut que j’aille chercher dans l’émotion. Tout ce qu’on voit, entend, touche, goûte et sent, c’est enregistré dans notre inconscient, à très haut niveau et la plus belle preuve que je peux donner aux gens, des fois vous entendez une musique, ça vous ramène il y a 30 ans, ça vous ramène quand vous étiez petit et vous revivez tous les autres sens qui ont été enregistrés : « Ah oui, c’était une belle journée, oh il faisait chaud, oh ça sentait bon c’était le printemps… L’olfactif s’en souvient lui aussi et c’est fou cette information-là est emmagasinée dans notre inconscient et malheureusement ou heureusement, notre conscient, notre rationnel, lui c’est un gros filtre, comme un gros filtre à air, qui lui va juste cherche ce dont il a besoin pour fonctionner. C’est malheureux mais la majorité de notre vie est pensé dans notre tête, dans notre rationnel. C’est pour ça que les gens ont l’impression que ça ne goûte rien, ont l’impression que leur vie, c’est le jour de la marmotte, c’est que leur vie goûte la même chose qu’hier, la semaine dernière, l’an dernier. Alors que si on allait de temps en temps enlever le filtre, aller fouiller là-dedans, c’est fou, tout est là. Alors ultimement, ce n’est pas compliqué. C’est que tu peux difficilement donner aux autres, ce que tu n’es pas foutu de te donner à toi-même. C’est ça la vraie réalité.

David : Oui, j’aime beaucoup ça.

Richard Aubé : Moi je ne peux pas, au même titre que toi, pourquoi t’es capable de donner avec autant d’amour, de générosité, de reconnaissance aux autres là ? Tu fais plein de choses bénévolement, il y a plein de choses que tu fais, déjà à ton âge qui est phénoménal… Puis les gens ils se disent : « Pourquoi David il fait ça, ça lui donne quoi de faire ça ? ». Mais c’est parce que David, le fait d’abord et avant tout pour David, c’est pour ça que c’est facile pour toi, d’être aussi généreux. Mais moi c’est la même chose, ce n’est pas parce que j’ai avalé de la potion magique de générosité ! Ça n’a rien à voir. C’est tout simplement parce que j’arrivais enfin à m’aimer de façon inconditionnelle, à être fier enfin de ce que je suis devenu. Mais surtout de pardonner, tout ce que je fais, tout cloche, tous les jours, je fais plein de choses, tout cloche. Mais je dis aux gens, puis je le dis à mes clients aussi. : « Oui ça griche, mais sur le poste, je suis sur le bon poste, j’ai trouvé mon poste. Mon poste, c’est la chaise que j’ai trouvée, qui est la meilleure pour moi dans l’univers ». Moi là, je ne peux pas faire mieux que ce que je fais là en ce moment, parce que ça c’est mon talent pur, c’est le don que j’ai reçu, qui est d’être un communicateur. Alors c’est ce que je vais faire jusqu’à ce que la vie s’arrête. Mais il me reste encore beaucoup d’années à contaminer. Mais je n’irai pas laver la vaisselle, je n’irais pas non plus construire des grands édifices, moi ce que je fais c’est changer les vies.

David : Waouh, merci pour ce partage ! Et je voudrais revenir sur un truc que tu as dit là, et qui m’a marqué, je dois m’en souvenir… j’étais pris dans ton histoire.
Oui, je voulais repréciser ce truc-là car je pense que c’est important que tout le monde l’entende et je fais un tout petit partage. Par exemple dans mon cas, j’étais très égoïste dans ma démarche au début de… je te remercie du retour que tu m’as fait. J’étais très égoïste dans ma démarche au début du travail sur moi et c’était clair que c’était que pour moi et je voulais progresser. Et j’ai bien vu qu’en parallèle, j’arrivais à m’aimer, mais j’avais de plus en plus envie d’aider les autres en fait. Et on a interviewé justement un, vous ne dites pas un SDF, vous dites un sans-abri.

Richard Aubé : Oui, un sans-abri. D’autres diraient EBS mais… non, sans abris c’est parfait.

David : Un sans-abri.

Richard Aubé : Domicilié dans une maison en carton.

David : Et du coup, il nous racontait qu’il avait perdu sa fille, il était une drogué à l’héroïne il me semble, ou cocaïne, enfin de la drogue très très dure. Il avait erré dans tous les États-Unis pendant longtemps et qu’il détestait les gens et que le jour où il a commencé à arriver à se donner un petit peu d’amour, justement en découvrant une fondation qui lui a juste ouvert les bras, qui a réussi à lui donner de l’amour, peu importe ce qu’il faisait…

Richard Aubé : Oui, peu importe comment il était habillé, peu importe…

David : En fait il disait que, déjà non seulement il s’est réintégré dans la société et qu’aujourd’hui il a un cœur qui s’est ouvert comme ça, et qu’il passe du temps à aider les gens, et arriver à aider comme jamais, qu’il n’a jamais autant aimé les gens de sa vie. Pourquoi, parce qu’en fait il n’a jamais autant pris soin de lui…

Richard Aubé : Il ne s’est jamais autant aimé.

David : Et en fait, j’aime bien, vraiment, ce que tu dis puisque moi ça m’a beaucoup challengé ce truc-là parce que j’entendais dans les livres : « Il faut aider les autres, il faut aider les autres… » Mais…

Richard Aubé : C’est écrit nulle part, il faut s’aider, il faut s’aimer, il faut être fière de ce qu’on est…

David : Oui, donc du coup, c’est vrai que j’aidais les autres mais souvent pour recevoir en fait, j’aidais les autres en me disant « Je vais l’aider et du coup je vais obtenir ce truc-là », alors, c’était déjà mieux qu’avant, parce qu’avant, j’aidais pas du tout. Et du coup, je me suis rendu compte que finalement ça arrivait tout seul de commencer à vouloir aider les autres. Donc ce que je voulais juste appuyer là-dedans, que si pour l’instant, les personnes qui nous écoutent sont au stade de s’aider elles-mêmes, c’est très bien en fait.

Richard Aubé : Non, c’est très bien. Ce qu’on a parlé tantôt de l’estime de soi, les gens-là… C’est sûr que c’est beaucoup d’informations en peu de temps, puis aussi c’est livré avec… mais ce qui est intéressant, c’est qu’en faisant ce processus-là, de s’aimer, d’être fier de ce qu’on est et puis de commencer à se pardonner ce qu’on est. C’est que de façon naturelle, David, c’est qu’on arrive à se donner de l’amour, de la reconnaissance, de façon spontanée et là notre bonbonne-là est au ¾ plein par nous-même, on n’a pas besoin de rien d’autre, ¾ plein par nous-même. T’imagine la liberté de dire : Ok, le ¼ qui reste ou les 10-15% qui restent à remplir, on va aller à l’extérieur mais on n’ira pas s’approvisionner n’importe où. Je vais aller voir mes 10 meilleures personnes. Puis eux, ils vont me remplir avec la bonne énergie, la bonne exigence et ça va être YES. Et cette autonomie émotionnelle que j’ai enfin aujourd’hui, pffff ça c’est… millionnaire de la vie. Ça c’est, vraiment, d’être autonome émotionnellement, ça ne s’explique pas, parce que depuis ce jour-là, je vis dans l’abondance. Dans l’abondance ce n’est pas juste mon état, c’est à tout point de vue, j’ai jamais été autant en santé de toute ma vie, pourquoi ? Parce que c’est prouvé aussi, parce que c’est fun de faire des liens avec la médecine. Mais en médecine, en psychologie, on fait des études, et c’est génial, parce que on sait que le rire a des propriétés extraordinaires, ça régénère le système, les molécules et tout ça, blablabla… Mais l’énergie vibratoire la plus forte, chez l’être humain a été décodé, c’est la gratitude. L’exemple que tu as donné est excellent. Tu sais quand on donne à quelqu’un qu’on aime, on se sent super héros. Mais cette vibration-là, on ne réalise pas à quel point elle guérit plein de choses, elle régénère des cellules, elle déride le visage, enfin, plein de choses. Mais on ne réalise pas que quand on arrive à cette autonomie émotionnelle-là, eh bien on vibre dans la gratitude au maximum parce que là, enfin, ça goûte bon. Je vais vous dire, ça c’est important que je laisse ça en héritage aussi que, que je fasse une différence auprès des gens qui nous écoutent, la recette du bonheur je vais vous la donner immédiatement pour être sûr de ne pas l’oublier. Mais elle est tellement simple qu’il y a plein de gens qui ne la feront jamais. Parce qu’on aime ça, souffrir, on aime ça, aller faire de grands détours.

David : Tu sais dans la conférence où je parlais de la… je donnais à André une clé et justement, je dis exactement la même chose que toi et je disais : Je ne sais pas pourquoi il y en a qui ne vont pas l’appliquer, comme s’ils n’avaient pas envie d’être heureux tout de suite, ils préfèrent attendre et…

Richard Aubé : Oui, c’est drôle parce que l’être humain apprend toujours par la même lettre. C’est la fameuse lettre « S », on apprend par la « Souffrance » ou par la « Sagesse », c’est selon l’environnement qu’on choisit. Mais pour être heureux, c’est tellement simple. Premièrement, les gens les plus heureux que j’ai modélisé, que j’ai observé, parce que moi j’avais une rage de savoir ce que c’était d’être heureux et depuis l’âge de 18ans, je ne sais pas à combien de milliers de personnes à qui j’ai demandé. Et puis encore aujourd’hui je le demande au gens : comment tu fais toi, pour être heureux comme ça. Tu sais les gens rayonnent spontanément, ils ont tous les même 3 points en commun :
– Capacité d’adaptation à toute situation. Ces gens-là, quoi qu’il arrive, on s’en fout. Ce qu’ils en font. Ils s’adaptent. Eux ils surfent sur la vague plutôt que d’être pris dans le tourbillon et puis de se lamenter comme une grosse victime. Ils s’adaptent à n’importe quoi.
– Deuxième chose, ils ont de la gratitude. Ils sont capables d’apprécier ce qu’ils ont déjà. Puis pas juste de s’apprécier, de désirer ce qu’ils ont déjà. Et qu’est-ce qu’on fait dans le monde de consommation dans lequel on vit, c’est qu’on vit pour ce qu’on veut avoir. On nourrit un bonheur potentiel. Quand je vais avoir ça, là je vais être heureux. Quand je vais avoir telle personne dans ma vie, je vais être heureux. Quand j’aurais tel montant d’argent dans mes poches, alors je vais être heureux. Quand je vais avoir tel type de voiture, telle maison alors là je vais être heureux. Bullshit, crotte de taureau, ça n’arrivera jamais. La gratitude c’est d’être capable d’apprécier profondément ce qu’on a et d’en vibrer.
– Et la troisième, et ça c’est malheureusement ce qu’on perd à l’âge adulte, c’est le fameux quart d’heure. Ce quart d’heure-là, c’est une capacité d’émerveillement devant toute chose. Moi David, j’ai 44ans, et puis un repos c’est une faille. Moi je sais ce que c’est de ne pas manger 3 fois par jour quand j’étais jeune alors aujourd’hui, n’importe quoi, même du Kentucky, c’est bon ! Ah ça fait longtemps ! Moi j’en mange chaque fois par année, je m’intoxique pendant deux jours mais au moins je me dis : YES ça a goûté quelque chose. Mais combien de gens sont incapables à l’âge adulte de sortir dehors puis dire : « Oh mon Dieu, qu’on est bien ! ». On s’en fou qu’il mouille, qu’il grêle. De toute façon, à 12 000 pieds, il fait toujours beau, en haut des nuages, c’est 365 jours de soleil. Mais les gens ils restent contaminés par une couche de… c’est malheureux. Mais ce quart d’heure, d’être capable devant n’importe quoi, de s’émerveiller… A l’âge adulte, le seul moment je trouve ; on reconnaît quel est ce quart d’heure-là d’enfant de 8 ans qu’on a tous été, c’est quand on a des petits enfants ou des enfants. Parce qu’un enfant…

David : C’est contagieux.

Richard Aubé : Tu sais on dit qu’on devient « gaga ». Non non, on devient « candide » et on redevient humain. Donc ceux qui nous écoutent, ceux qui sont gaga là : BRAVO, car déjà il y a un grand morceau des 3.
Mais ça, quand on est capable de nourrir ces trois-là au quotidien, moi je dis avec beaucoup d’humilité, que je suis probablement parmi les 1% des gens les plus heureux sur terre. Parce que je les possède. Mais je les possède pourquoi ? Parce que suis allé les chercher, je les ai développés et je les nourris.
Le jour où je vais arrêter de travailler sur l’un des 3, je vais retomber dans la masse et je vais redevenir une victime. Non, pire que ça, je vais redevenir un PDF. Un P.D.F, ce n’est pas un fichier Acrobat, c’est un Pessimiste, un Défaitiste, et un Fataliste. Mais pire encore, c’est que si je reste assez longtemps en mode PDF, je vais devenir « RECTO MYOPIQUE ». Ça c’est un bon ami à moi qui s’appelle Sylvain Guimauve, qui est docteur en psychologie et qui a dit que la recto myopie c’est le nerf optique qui est branché avec derrière, avec l’anus. Alors on voit de la merde partout, tout est de la merde, mon travail c’est de la merde, mon conjoint c’est de la merde, mes enfants c’est de la merde. Tout est de la merde. Alors écoutez, imaginez PDF RECTO MYOPIQUE c’est probablement la maladie, la pire qu’on ne peut pas attraper. Un cancer, c’est rien, un cancer c’est bonbon. Alors c’est ça.

David : Ça me plait bien.

Richard Aubé : Désolé pour la censure, il y en avait pas.

David : Non il n’y a pas de censure non plus chez nous à Bruxelles.

Richard Aubé : D’accord c’est excellent. Alors tu vas te souvenir du PDF RECTO MYOPIQUE, c’est un grand fou du Québec qui m’a dit ça un jour.

David : Le grand fou, ils vont le voir du coup dans mes vidéos donc tout va bien.

Richard Aubé : C’est bon, tout va bien, n’ajustez pas vos appareils.

David : Ah, merci beaucoup, c’était vraiment…

Richard Aubé : Merci, puis merci de faire une si belle différence dans la vie des gens. J’admire. D’ailleurs, encore là, l’effet miroir s’applique encore une fois. J’admire énormément ce don de soi qui est tellement difficile en 2014 à faire. D’être capable de donner le meilleur de soi-même sans attendre et tu le fais très très bien, David. Puis moi dans le fond, c’est la chose la plus importante qui donne un sens à ma vie. C’est de me lever le matin et d’avoir cette conviction-là. Pas ce sentiment-là. La conviction, que tous les jours, je peux faire la différence dans la vie de quelqu’un. Et un petit truc que je peux donner aux gens qui nous écoutent, vous allez tous faire des achats dans des commerces, et combien de fois les gens que vous rencontrez à la caisse quand vient le temps de payer, sont en mode PDF RECTO MYOPIQUE. Il n’y a aucune émotion, on dirait qu’ils sont décédés, ils ne le savent pas malheureusement mais ils sont très efficaces parce qu’on met dans le moule la performance, parce que sinon, il n’y aura pas d’emploi. Et quand ils vont me remettre mon argent, moi à chaque fois, je me fais un plaisir, une jouissance, je leur dis : « Excusez, vous avez oublié quelque chose ! ». Ils me disent, non non, tout est là, regardez tel montant tel montant. Je leur dit : « Non non, vous avez oublié votre sourire », et ça, ça vaut plus cher que tout ce qu’il y a dans le sac. Et c’est fou à chaque fois j’ai une réaction… Là ils redeviennent pendant une mini seconde, des enfants de 8 ans, alors c’est génial. Juste en faisant ça tous les jours, je fais la différence dans la vie de quelqu’un. Alors imaginez si en plus, je donne ce qu’il y a de plus précieux à donner en 2014, c’est de donner de son temps. Puis du temps, je suis hyper généreux de mon temps. C’est incalculable mais je ne veux pas perdre une seule minute de ma vie parce qu’elle goûte trop bonne, il ne faut pas que je la gaspille. Et les gens qui nous écoutent là, je veux juste leur dire, pour les chatouiller une dernière fois, c’est : Votre vie vous attend, arrêtez de dormir. Elle vous attend cette vie-là, puis malheureusement, chaque jour qu’on perd à ne pas la vivre pleinement, ces jours-là ne reviendront jamais.

David : Whaou ! Merci franchement, c’était énorme, super intéressant. J’ai adoré.
Donc du coup, vous n’avez pas vu le livre en début de l’interview. Vous allez vite foncer sur Amazon, vous allez le commander maintenant. Pas dans 10mn ou demain, maintenant !

Richard Aubé : Votre vie vous attend !

David : Merci beaucoup !

Richard : Merci beaucoup, c’était un moment de pur bonheur. Sais-tu quoi, les minutes qu’on vient de passer ensemble, ça c’est des minutes qui valaient vraiment la peine d’être vécues.

David : Je confirme, pour moi aussi. Et je peux te dire que ça me parait limpide pourquoi ton activité est fleurissante.

Richard Aubé : Eh bien merci infiniment !

3 Commentaires

  1. Samuel

    Un personnage vraiment sympatique, très belle interview… euuhh entrevue !

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  2. Audrey Bergeron

    Puissante l’interview merci à vous 2 !! Gratitude! J’aimerai en même temps comprendre pourquoi Richard Aubé crois que sais de la bullshit lorsque l’on dit <>

    J’ai réfléchie et je pensais comme cela en me disant que c’est utile de croire en cela parce que ça me permet de pardonner mes parents..

    Après avoir entendu Monsieur Aubé… Je me suis questionné si en fait ((ça ne nous rendaient pas vrmt service pcq cette excuse de déresponsabilisation allait influencer négativement dans notre propre vie,sois moins ce responsabiliser. ))

    Bref je me.question si d’autres personnes on une réponse différente allez-y j’ai hâte de vous lire .

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  3. Sheherazade

    Je ne connaissais pas Richard il y a une heure et à present, je suis emerveillée.
    Richard, tu as une grande âme.

    Cordialement,
    Sheherazade

    Réponse

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