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Les 5 caractéristiques de l’entrepreneur à succès – Oussama Ammar

David Laroche : Bonjour à vous ! Je suis avec un nouvel entrepreneur, vous allez adorer. C’est le fondateur de The Family, Oussama Ammar, il est avec moi. Suivez bien cette interview parce que vous allez découvrir les facteurs-clés qui vont vous permettre, vous en tant qu’entrepreneur, de réussir. Il est avec moi pour répondre à mes questions, suivez bien cette interview. Salut Oussama !

Oussama Ammar : Bonjour, merci de me recevoir.

David Laroche : Ca va bien ?

Oussama Ammar : Très bien et toi ?

David Laroche : Ecoute, en pleine forme parce que tu sais, je parle beaucoup de toi dans mes évènements, je raconte deux ou trois de tes anecdotes et en plus tu vas bientôt venir les raconter directement. Là, je me suis dit : « Il y a trop de personnes qui me suivent pour ne pas te faire découvrir aux personnes qui me suivent ». Avant qu’on aille sur ton parcours, déjà une première vidéo sur selon toi, quels sont les facteurs qui permettent de réussir en tant qu’entrepreneur et, juste avant, pour qu’ils sachent un peu qui on écoute : qui tu es en une phrase. Parce que je tiens à le dire, il est plutôt modeste, il a rencontré des grands, grands entrepreneurs, il a eu une entreprise qui a cartonné, qu’il a revendue et là aujourd’hui il a un incubateur de start-up qui cartonne aussi. C’est moi qui le dis, ça lui évite de le dire. Je te laisse rajouter le reste.

Oussama Ammar : Merci David. Moi j’ai un parcours un peu étonnant parce que j’ai commencé à travailler extrêmement jeune et j’ai commencé à travailler par hasard. Ma mère faisait des ménages chez un type, le type avait besoin d’un site internet, j’ai fait le site internet sans savoir que j’étais en train de travailler. Ça a changé la vie et la carrière du type parce que c’était exactement ce dont il avait besoin au bon moment et il a donné de l’argent à ma mère, qui représentait 4 ou 5 mois de salaire pour ma mère qui était femme de ménage. Donc ça a été un déclic, et ce déclic, je l’ai eu, j’avais 12 ans et je suis tombé dans le bain de l’Internet. A 15 ans j’avais fait pour la première fois un exit en vendant une boîte et tout ça, en plus, je l’ai toujours vécu à côté de l’école.

David Laroche : Donc tu avais une boîte qui était valorisée combien, à 15 ans ?

Oussama Ammar : Pas beaucoup, c’était le million de francs –je ne sais pas combien ça fait aujourd’hui d’ailleurs, 150.000 euros-

David Laroche : Mais à 15 ans ça le fait !

Oussama Ammar : Voilà, à 15 ans ça le fait !

David Laroche : Surtout un million de francs à ce moment-là, c’est presque un million d’euros aujourd’hui !

Oussama Ammar : Oui, sans doute, en fait. Bon c’est vrai que ça a été dépensé assez vite donc je ne sais pas mais en tout cas c’était une expérience. Et en fait, moi j’ai vécu mon parcours un peu à l’envers parce que j’ai commencé par avoir de la chance et réussir dans le milieu entreprenarial, et j’ai fondé une boîte plus importante avec plus d’investisseurs, plus de moyens, etc. Et la première fois que j’ai essayé de faire les choses sérieusement, de façon professionnelle, là ça a été un fiasco total puisque non seulement j’ai perdu tout l’argent qu’on m’a donné mais en plus personnellement ça a été extrêmement dur, ça été très dur en moi-même. Et en fait c’est un moment qui, mine de rien, est la meilleure chose qui me soit arrivée parce que je pense que si j’avais réussi à ce moment-là, je serais devenu insupportable d’arrogance. Et le fait d’avoir vécu un échec aussi fracassant m’a fait poser plein de questions sur moi-même et c’est pour ça qu’aujourd’hui, grâce à cet échec, finalement moi ce que je dis souvent aux entrepreneurs, je leur dis : moi je ne sais pas comment vous aider pour réussir, ça c’est compliqué d’aider un type en disant : ça c’est le bon marché, ça c’est le bon produit… C’est très compliqué ! Mais par contre, lui dire comment tout le monde se plante, alors ça c’est beaucoup plus facile ! Surtout que moi, j’ai fait à peu près toutes les conneries sur terre en moins de trois ans. Donc, ça a été une grosse learning curve et comme j’en ai retiré énormément de leçons, ça m’aide beaucoup en fait dans mon accompagnement quotidien des entrepreneurs. Alors qu’est-ce qui fait qu’un entrepreneur peut réussir et c’est quoi les clés du succès pour un entrepreneur ? Je pense que la plus fondamentale de toutes, j’ai une théorie assez personnelle sur les qualités qu’il faut mais il y a quelque chose de vraiment très fondamental, c’est le courage.

David Laroche : Donc, c’est le courage ?

Oussama Ammar : Alors le courage, c’est quoi ? Justement le courage c’est de faire les bonnes choses au bon moment malgré ce que ça coûte. Et parce que c’est le courage qui est la mère de toutes les qualités. C’est facile d’être honnête tant que ce n’est pas dangereux. C’est facile d’être loyal tant qu’il n’y a rien à y gagner. C’est facile d’être fidèle, tant qu’il n’y a pas une trahison qui pourrait rapporter énormément. Or là, attention, souvent on pense que les entrepreneurs sont des gens manipulateurs, etc. Ce n’est pas vrai. La plupart du temps ce sont des gens très fidèles, très solides, extrêmement tournés vers le long terme, parce qu’il n’y a que le long terme qui paie vraiment, en fait. Tous les coups qu’on peut faire à court terme, tous les petits trucs, astuces ou filouteries qu’on peut faire à court terme, elles payent mais elles ne bâtissent pas de la valeur de long terme. Or, pour durer, pour être un Bill Gates, un Steve Jobs ou tous ces gens qui nous font tous rêver, je pense que quelque part quand on est entrepreneur, c’est parce qu’on rêve de ces gens-là. Il ne faut pas oublier la leçon la plus importante qu’ils représentent tous, c’est qu’ils ont tous fait des choses pour le très long terme.

David Laroche : Des grandes visions

Oussama Ammar : Des grandes visions exécutées pendant très longtemps, et ça, ça demande du courage. Par exemple j’ai un ami récemment qui m’expliquait cette histoire, il vient de vendre sa boîte 50 millions de dollars, je ne peux pas encore dire son nom mais ça va bientôt se savoir. Et je lui disais : « Alors, c’est quoi ? Qu’est-ce que tu en as retiré ? Qu’est-ce que tu as appris ? ». Il m’a dit une histoire que je n’ai jamais dite à personne : en fait au tout début de mon histoire, j’ai eu la chance de rencontrer un entrepreneur très célèbre -puisqu’il a eu la chance de rencontrer le fondateur d’une entreprise américaine qui est assez peu connue en France, mais qui est très connue aux Etats-Unis dans l’Internet- et il me dit : « Je suis arrivé dans son bureau, j’étais plein d’espoir, je lui raconte ce que je fais et le type me regarde dans les yeux et me dit : Ecoute, boy, I will tell you, je vais te dire : arrête tout de suite, tu perds ton temps c’est de la merde ! » Et il s’est complètement effondré dans le bureau, il a commencé à lui dire : « Mais non, etc ». Et le type lui a dit : « Ecoute, ça fait 15 ans que je suis dans le business, je sais reconnaître un mauvais business quand j’en vois un, ton truc c’est de la merde, arrête tout de suite ». Et il est sorti du bureau, il était complètement sonné et en bas du bureau il y avait son frère, ses co-fondateurs, il y avait tout le monde qui attendait, et il est descendu en bas, il a dit : « Bon, il peut pas investir parce qu’il a un conflit d’intérêt mais il adore ! ». Et il me dit : « C’est le mensonge initial de ma putain de boîte. Et en fait, j’ai eu le courage à ce moment-là de dire : va te faire foutre, je t’écouterai pas, je fonce quand même ». Et trois ans après, il ne le regrette pas. Et ça, je pense que s’il y a quelque chose que les gens peuvent apprendre en France, c’est que finalement, le succès, ce n’est jamais quelque chose qui t’est donné par quelqu’un. Le succès c’est quelque chose que tu prends, c’est quelque chose que tu construis, tu vas le chercher. Ça ne veut pas dire que ce type avait raison ou tort, il est pas là le point. Le point, il y a des milliers de gens qui ont dit à d’autres gens : « Tu vas te planter », ils l’ont fait quand même et ils se sont plantés. Mais ce n’est pas grave, en fait. Parce que ce qui compte, c’est de regarder l’information et décider : est-ce que je la prends ou est-ce que je ne la prends pas ? Et ça, ça demande du courage, ça demande énormément de courage parce que le courage c’est le fondement de ça. Si on n’a pas de courage on écoutera toujours la dernière personne à parler qui est la plus forte, mais ce n’est peut-être pas la bonne chose à faire. Donc bâtir cette autonomie, bâtir cette liberté, bâtir ce courage, il n’y a rien de plus important pour un entrepreneur.

David Laroche : Du coup, je me pose la question, vu que l’objectif c’est d’aider les gens, est-ce que tu penses qu’on peut développer le courage ?

Oussama Ammar : Bonne question. Je pense que oui, je pense qu’on ne naît pas entrepreneur, on le devient. Un truc que je répète tout le temps, j’ai même une devise : Anyone can be an entrepreneur. Alors on me traite de démagogique, on me dit que c’est n’importe quoi de mettre ce genre d’idée dans la tête des gens…

David Laroche : D’ailleurs c’est l’idée d’un programme que tu as en ce moment, c’est ça ?

Oussama Ammar : Oui, exactement, c’est l’idée d’un programme qu’on a en ce moment mais en fait quand je dis : anyone can be an entrepreneur, les gens entendent EVERYONE can be an entrepreneur, et en fait il y a une grosse différence entre anyone et everyone. Si tout le monde peut être un entrepreneur, ça ne veut pas dire que tout le monde va devenir un entrepreneur, ça veut juste dire qu’on ne sait pas d’où va venir le prochain entrepreneur

David Laroche : Tout le monde peut être millionnaire, mais tout le monde ne va pas être millionnaire…

Oussama Ammar : Exactement, c’est exactement la même chose. Mais le point en fait est qu’on peut apprendre le courage à partir du moment où on a fait le choix de rentrer sur un chemin d’apprentissage et, malheureusement, la vie est très injuste parce qu’il y a des gens qui sont plus ou moins talentueux. Il y a des gens qui apprennent très vite et des gens qui apprennent très lentement, mais tout le monde devrait pouvoir essayer et on ne devrait jamais a priori juger quelqu’un parce que c’est toujours les histoires étonnantes qui fabriquent des trucs.

David Laroche : D’avance on ne sait pas finalement si on a le truc ou pas, donc dans le doute, autant se donner le paquet…

Oussama Ammar : Exactement, et ça je pense que c’est très important. Donc, on peut apprendre le courage, on peut apprendre tout ce qui est contre-naturel à être entrepreneur. Parce qu’en fait, être entrepreneur c’est faire des choses contre-naturelles et c’est ça qui est bizarre. Notamment une histoire que je raconte tout le temps : être entrepreneur c’est apprendre à donner du feedback et c’est compliqué de donner du feedback. Tu imagines, tu es avec un pote, un samedi à la maison, il te montre ses photos de vacances, là tu te lèves devant tous tes amis, tu dis : « Ecoute, tes photos sont très bien mais tu vois, sur cette photo-là, l’angle n’est pas bon, sur cette photo-là, la couleur aurait pu être meilleure », tu passerais pour la pire des enflures, tu passerais pour quelqu’un de très bizarre. Pourtant un entrepreneur, c’est ce qu’il fait toute la journée. Il y a des gens qui viennent lui montrer des choses et il dit : « Ah ! Ça, tu pourrais l’améliorer ! ». Et apprendre à savoir donner ce feedback en regardant les gens sans se décomposer, donc avec encore une fois beaucoup de courage, ce n’est pas naturel. Tu ne nais pas en faisant ça, moi je peux te raconter la première fois que j’ai dû virer quelqu’un de ma vie, un acte de courage parmi tant d’autres… La première fois que j’ai viré quelqu’un de ma vie, je me suis décomposé, c’était par SMS, j’ai convoqué la personne pendant deux semaines et au bout de deux semaines j’ai craqué, j’ai envoyé un SMS avec un smiley. Je n’en suis pas fier, c’est évident.

David Laroche : Ça a forgé la personne que tu es aujourd’hui ?

Oussama Ammar : Voilà, ce genre de honte initiale fait qu’après on se dit : « Non, plus jamais je ne recommence ça ». Alors, après, une autre histoire qu’on m’a racontée quand je vivais dans la Sillicon Valley, parce que j’ai vécu 3 ans dans la Sillicon Valley, à investir dans les start-ups. C’est le type qui a ouvert le compte en banque de Mark Zuckerberg qui m’a raconté ça, et il m’a dit : Le jour où Mark Zuckerberg a ouvert un compte en banque, il était sur le parking avec Sean Parker. Sean Parker le tirait vers la banque et Mark disait « Non, je veux retourner à Harvard, c’est de la merde, de toutes façons Facebook ça marchera jamais » et Sean Parker était là : « Tu vas rentrer dans cette putain de banque et tu vas l’ouvrir ce compte ! ». « Ouais, mais si je crée des dettes et tout ça, je sais pas comment ça se passe, si je dois de l’argent, est-ce qu’on va venir chercher mes parents ? ». Eh oui, parce que c’était un gamin de 19 ans ! Et le problème qu’on a –en France encore plus qu’ailleurs- c’est qu’on regarde tous ces gens par la fin et on cherche la version de Zuckerberg à 19 ans, et on imagine que Zuckerberg à 29 est le même que Zuckerberg à 19. En fait c’est terrible de faire ça, pour une raison extrêmement simple, c’est qu’à mon avis quelqu’un qui ressemble à 19 ans à Zuckerberg à 29 ans, sans jamais rien avoir fait de sa vie, donc qui a l’assurance, l’arrogance et tout ce qui va avec, est en fait quelqu’un qui ne fera jamais rien. Parce qu’on ne voit pas l’effet du succès, l’effet d’avoir bâti un truc… Evidemment quand on a bâti un site internet avec un milliard d’utilisateurs, ce qu’on dit a du poids mais quelqu’un qui voudrait avoir le même poids sans jamais avoir rien fait dans sa vie est par définition quelqu’un de pas très bien. Et c’est ça qu’il faut voir aussi : comment la légitimité change aussi son rapport aux autres et comment la réussite qu’on a eue dans sa vie change son rapport aux autres. Et Zuckerberg c’était quelqu’un de très modeste, il ne savait pas ce qu’était le design, il ne savait pas ce qu’était un logo. Il s’est vraiment mis en voie d’apprendre les choses. Il était très mauvais à parler en public. Je me souviens d’un investisseur, il y a 4 ans, qui me dit : « C’est débile. Il ferait mieux d’embaucher quelqu’un pour faire les public talks ». Et il a pris une coach qui est venue tous les matins deux heures, ça lui a pris trois ans. Parce qu’il était mauvais, ce n’était pas un truc où il avait un talent naturel. Mais au bout de trois ans, maintenant quand il parle en public, tout le monde reconnaît, dit « Next Steve Jobs », etc. Les gens ont oublié comment il était il y a trois ans. Regardez juste une vidéo : Mark Zuckerberg interview D8, où il se décompose sur scène tellement il est stressé. Il est en sueur, la chemise est transparente. Eh bien ça, aujourd’hui ça n’arriverait plus. Parce qu’il a été coaché.

David Laroche : Il a eu le courage de le faire…

Oussama Ammar : Il a eu le courage de le faire !

David Laroche : Toi qui as un programme, d’ailleurs je le ferais si j’étais disponible le samedi mais j’organise mes propres séminaires, on avait discuté que dans le courage tu distribuais des sous-caractéristiques. J’imagine que dans le programme c’est un des trucs qui vont aider ces gens-là développer ces caractéristiques. Finalement, si je suivais ton programme ou si même quelqu’un qui regardait ce programme, à la fin –il dure 5 mois- quelles sont les 5 caractéristiques qu’il a développées ?

Oussama Ammar : Nous on en a 5, et je pense que c’est les 5 piliers de l’entreprenariat. La première c’est la détermination. La détermination c’est la capacité à ne jamais lâcher et quand quelque chose est dur on le fait quand même et on va jusqu’au bout et on ne lâche jamais rien. Et je pense que ça se rapproche énormément d’une mentalité un peu guerrière « Il fait froid, j’avance. Il fait chaud j’avance ». Peu importe les conditions, je le fais. Et jamais je ne vais me chercher d’excuses, je pense que les bons entrepreneurs sont les gens qui finissent par être immunisés à l’excuse. Ils ne voient jamais les échecs comme expliqués par autre chose que par leur échec. « Bon, j’ai raté ! ». Et ils ne se lamentent pas non plus, « C’est pas grave, des fois on gagne, des fois on perd, c’est pas très grave ». Deuxième chose c’est la flexibilité. Parce qu’il y a une grande différence entre la détermination et l’obstination. La détermination c’est de faire tout ce qu’il faut pour arriver quelque part. L’obstination c’est de faire toujours la même chose en espérant que ça finisse par changer.

David Laroche : Par exemple, pousser la Tour Eiffel et attendre qu’elle bouge ?

Oussama Ammar : Exactement. Et ça, ça ne marche pas.

David Laroche : C’est intéressant. Comment on sait à quel moment on est en train de basculer dans l’obstination ?

Oussama Ammar : Je pense qu’il y a une méthode toute bête, c’est que toute action qu’on fait devrait être mesurable et avoir ce que, nous, on appelle une KPI, Key Performance Indicator. Et donc on devrait toujours regarder les data de ce qu’on fait et on ne devrait jamais hésiter à faire des choses différentes pour voir si les choses différentes n’ont pas plus d’impact. Et ça, ça évite de tomber dans l’obstination parce qu’on n’est pas dans un flou artistique par rapport à ses actions. On transforme un gros objectif en tout petit pas. D’ailleurs, je pense que c’est un truc qu’on partage, c’est un truc qu’on répète tous les deux tout le temps, c’est que tu es obligé de faire des petits pas. C’est comme si Mark Zuckerberg s’était levé en disant : « Je vais faire Facebook, un milliard de mecs sur mon site ». Et comment je fais pour faire un milliard ? Ça ne marche pas ! D’abord toutes les écoles, après tous les lycées, etc. Et il continue comme ça. Une petite anecdote : en ce moment leur grand dada c’est l’Afrique. Peu de gens utilisent Facebook en Afrique, ils se sont rendus compte que les Africains avaient des téléphones mobiles plutôt que des ordinateurs et ils ont mis par modèle de téléphone en vogue en Afrique un ingénieur dédié. C’est un travail de fourmi immense, pour optimiser, pour qu’il n’y ait pas de réduction de croissance. Ça, ça se déploie en parallèle, par 300 personnes qui travaillent sur 200 modèles différents de téléphone. Pour que chacun soit conquis à 100%. Ça, c’est de la détermination. L’obstination ça serait de se dire les gens vont tous passer à l’iPhone, et tu attends que ça arrive. Ça, c’est pas terrible !

David Laroche : D’accord. Donc le but c’est apprendre la flexibilité ?

Oussama Ammar : Voilà. Et l’une des meilleures façons d’apprendre la flexibilité c’est que quelqu’un te raconte toutes les grandes histoires de flexibilité qui sont souvent ignorées parce que l’entreprenariat a un grand problème, c’est que tout ce qu’on lit dans la presse est faux. Et pour une raison toute bête, c’est que ce qu’on lit dans la presse c’est le storytelling des entrepreneurs, que la première qualité d’un entrepreneur c’est de bien savoir raconter les histoires et qu’aucun entrepreneur ne parlera jamais de ses cadavres. Et tous les entrepreneurs ont des cadavres. Moi je ne parle jamais en public de mes cadavres. Mais je parlerais en privé de mes cadavres. J’en ai plein et on en a tous mais je pense que c’est une grande responsabilité que tu as vis-à-vis de ton entreprise de savoir aller de l’avant et de savoir raconter la meilleure histoire possible devant le public. C’est le Always be closing, c’est le storytelling, c’est tout ça. Et c’est peut-être la grande différence entre les Américains et les Français, c’est que pour les Américains, c’est très naturel parce qu’ils l’apprennent à l’école. Show and Tell, etc. Nous, en France, l’une des histoires que je raconte souvent, c’est que les types viennent en te racontant tout l’historique de leur histoire, même ce qui a raté alors que ça ne t’apporte aucun élément à part te déprimer. Et moi je dis souvent que quand tu rencontres une femme (ou un homme quand tu es une femme), est-ce que tu donnes l’identité et l’adresse complète de tous tes ex, avec leurs mensurations ? Personne ne fait ça. Ça paraîtrait super bizarre. Mais en fait, c’est ça qu’un entrepreneur fait en disant : « Alors au début, j’ai voulu faire A, mais en fait A, ça n’a pas marché. Alors, j’ai parlé pour faire B. Et puis en fait C. ». Et puis, tu fais quoi en fait ? Attends, il reste encore 22 lettres dans l’alphabet ! Non, tu viens, tu dis : « Je fais Z, j’ai toujours fait Z. ». Ce n’est pas grave et les gens connectent ou ne connectent pas tout de suite. Je pense que la meilleure façon d’apprendre la flexibilité, c’est d’apprendre le storytelling. L’une des choses qu’on va faire dans ce programme, c’est raconter énormément d’histoires que les gens n’entendront pas racontées par les fondateurs eux-mêmes dans un cadre très privé.

David Laroche : Oui, c’est d’ailleurs une de tes particularités, c’est ta capacité à te créer un réseau, et non seulement à le créer mais aussi à le mobiliser au service de The Family.

Oussama Ammar : Exactement !

David Laroche : Et du coup, tu me parlais, il y a Seth Godin qui…

Oussama Ammar : Oui, le 1er et le 2 juillet, qui vient à Paris.

David Laroche : C’est assez énorme. Donc, du coup, ce n’est pas seulement de la théorie, c’est que tu fais venir des gens qui parlent de leur histoire concrète terrain et comment ils ont transformé.

Oussama Ammar : Exactement. Donc, soit ils vont venir, soit on va recueillir leur témoignage et on va le diffuser pendant les cours. Et on en parlera pour réagir dessus, etc.

David Laroche : C’est assez terrain, quoi !

Oussama Ammar : C’est très terrain. C’est-à-dire que c’est un mélange entre très théorique et très terrain. Je pense qu’il faut avoir les deux. D’ailleurs il y a une phrase d’Albert Einstein que j’adore, qui est : La théorie, c’est quand ça ne marche pas mais personne ne sait pourquoi. La pratique, c’est quand ça marche mais personne ne sait pourquoi. Et en fait, nous, on veut faire la pratique et la théorie. C’est-à-dire qu’on veut que ça marche et que tout le monde sache pourquoi. C’est très important de ne pas oublier l’aspect théorique des choses.

David Laroche : Oui, je pense que c’est clair qu’intégrer les deux, c’est la même chose, c’est comme les gens qui te disent : « Moi je ne veux fonctionner qu’avec ma tête, pas mon cœur » et d’autres disent : « Je ne veux fonctionner qu’avec mon cœur, pas ma tête ». Je pense qu’à un moment donné, si on a les deux, c’est que c’est intéressant d’utiliser les deux. Donc on en a vu deux, la troisième ce serait quoi ?

Oussama Ammar : La troisième c’est l’imagination. Alors, ça j’aimerais bien en parler pour une raison très simple : tout le monde pense que les grands entrepreneurs sont des gens très intelligents, voire plus intelligents que la moyenne. Et moi j’ai souvent constaté –alors je le dis avec beaucoup d’amusement- qu’il y a quand même beaucoup de cons qui réussissent vachement bien ! Alors, c’est quelque chose qui m’a longtemps intrigué. Je me disais : « Mais, ce n’est pas possible ! Ces types, ils réfléchissent mal ! Ils ne sont pas très puissants intellectuellement, ils sont très limités, et ils ont des succès fulgurants. Et un jour, il y a un truc qui m’est apparu. En fait, je me suis dis, mais en fait, c’est ça !

David Laroche : C’est-à-dire comment je peux devenir un peu plus con ?

Oussama Ammar : Non, justement c’était plutôt à l’envers. Je me disais : « Comment être encore plus intelligent et réussir quand même ? ». Parce que ça commençait à m’inquiéter. Et je me suis dit : « En fait, c’est marrant, il y a une caractéristique, c’est que même les gens intelligents qui réussissent et les gens cons, ils sont toujours plus cons que leur projet ». En fait, je pense que si ton projet est trop simple par rapport à tes capacités, tu t’ennuies très vite et tu perds le moteur de l’exceptionnel. Tu perds le moteur de ce qui fait que tu vas avancer, pousser très fort, etc.

David Laroche : Donc, leur projet les dépasse, c’est ça que tu veux dire ?

Oussama Ammar : Oui. Et Elon Musk, sans doute l’une des personnes les plus intelligentes du monde, il a fait Tesla, Paypal, SpaceX… Le mec a un tel cerveau qu’il est obligé de faire la conquête spatiale, la voiture électrique et les panneaux solaires en même temps pour s’occuper. Je suis sûr que s’il n’en faisait qu’un à la fois ou s’il faisait un resto, ça foirerait complètement.

David Laroche : C’est ce qu’on voit d’ailleurs au niveau scolaire, c’est-à-dire les génies qui finalement se font chier, ils sont nuls, quoi !

Oussama Ammar : Exactement. Et donc c’est ça qui est important. Et donc je me suis dit : « Tiens, c’est marrant, l’intelligence n’est pas un critère ». L’intelligence détermine juste le secteur qu’on devrait attaquer.

David Laroche : Donc, c’est de positionner son projet au niveau où on en est, en fait ?

Oussama Ammar : Exactement. Par contre, tous, qu’ils soient idiots, qu’ils soient intelligents, qu’ils soient un genius ou qu’ils soient vraiment, vraiment très limités… Si un jour vous rencontrez Michael Dell, vous comprendrez ce que je veux dire.

David Laroche : Ah oui ?

Oussama Ammar : C’est un type, il assemble des pièces et il les vend. Fuck it ! Il n’y a aucune réflexion derrière ça.

David Laroche : C’est binaire…

Oussama Ammar : C’est très binaire. Si un jour vous rencontrez tous ces gens, en fait, ils ont une caractéristique, c’est qu’ils ont une imagination débordante. Vraiment !

David Laroche : C’est l’exemple du trombone ?

Oussama Ammar : Alors, j’adore cet exemple. Il ya un test pour évaluer l’imagination des gens. C’est que tu dis à quelqu’un : « Combien d’usages tu peux imaginer à un trombone ? ». Il y a des gens qui peuvent t’en trouver 400, quoi ! Tu les laisses pendant deux jours, et ils vont brainstormer avec eux-mêmes et…

David Laroche : ils sortent du cadre en fait ?

Oussama Ammar : Ils sortent complètement du cadre. Et ils ont tous ça, en fait. Par exemple, pour reprendre l’exemple de Michael Dell, quitte à être méchant avec quelqu’un, autant l’être contre une seule personne. Il est un peu idiot, mais je l’admire incroyablement. Le mec, à un moment donné, il a quand même complètement réimaginé la chaîne de valeur de comment on fabrique et vend des ordinateurs. C’était complètement idiot. C’était très terre à terre. Il l’a exécuté comme un bourrin, en faisant tous les jours la même chose et en faisant chier tout le monde pour faire la même chose tous les jours, mais c’était avec une imagination débordante. Genre, il y a un stock qui est bloqué dans une usine : je te le débloque. Tu vois, ils ne sont jamais bloqués devant aucun problème. Et on attribue, en fait, ça à l’intelligence, alors que ça n’a rien à voir, l’intelligence.

David Laroche : Ce n’est pas du QI

Oussama Ammar : Ce n’est pas du QI. L’intelligence ce serait de trouver la meilleure façon de débloquer. Lui, ce n’est pas la meilleure façon, c’est juste la façon, et hop, c’est fait !

David Laroche : Il a l’esprit créatif

Oussama Ammar : Exactement. Et il le fait super vite et super bien et c’est ça qui est incroyable chez ces gens-là ! Donc, l’imagination…

David Laroche : Et à la limite, il fait même un truc qui, sur le plan intellectuel, ne devrait pas marcher

Oussama Ammar : Oui, mais ça, c’est vrai. Il y a beaucoup de choses impossibles qui sont faites par ces gens-là. Et je pense que l’imagination, ça se travaille, ça se suscite. Et il faut être dans un environnement favorable. Il faut réfléchir à des problèmes. Il faut surtout voir comment des gens ont réfléchi de façon créative à des choses.

David Laroche : D’où l’intérêt de lire les biographies, de rencontrer des gens, d’avoir le bon environnement, d’avoir créé un réseau, c’est que du coup, ça ouvre tes cases, en fait.

Oussama Ammar : Ça ouvre les cases, exactement. Je pense que c’est comme un muscle, l’imagination. Plus on la travaille et plus elle se développe.

David Laroche : Ok, ça c’était la troisième. La quatrième ?

Oussama Ammar : Quatrième, ce qui compte énormément, en anglais on dit naughtiness, la coquinerie, être coquin.

David Laroche : Oui, il n’y a pas trop de mot en français…

Oussama Ammar : Il n’y a pas vraiment de mot pour naughty, sans aucune connotation sexuelle, bien sûr. On ne va pas se mettre tout nu. Mais en fait, quelque part, faire une boîte, c’est pousser…

David Laroche : C’est un peu malin, en fait.

Oussama Ammar : C’est malin, oui. C’est un peu pousser le monde vers soi, très légèrement. Et donc il faut savoir faire la différence entre les règles qui comptent et les règles qui ne comptent pas.

David Laroche : Arnold Schwarzenegger, d’ailleurs, explique qu’il faut être prêt à transgresser les règles

Oussama Ammar : Oui, il faut.

David Laroche : A partir du moment où, en gros, elles respectent les autres, à partir du moment où on respecte les autres, ce n’est pas grave si on transgresse les règles.

Oussama Ammar : Il ne faut pas faire la confusion entre moral et malin. Ça n’a rien à voir. Mais si, par exemple, on est en France, il y a énormément de blocages. Récemment, je voyais un entrepreneur qui s’était pris la tête trois mois à la création de sa boîte sur sa compta. Et je lui ai dit : « Tu sais, si tu gagnes de l’argent, tu pourras toujours te payer un comptable. Donc tu peux ignorer ta compta pendant six mois, ce n’est pas grave. Parce que de toute façon, soit tu ne gagnes rien et personne ne saura jamais que tu n’as pas tenu ta compta… »

David Laroche : Et à la limite, si tu gagnes de l’argent, tu paieras tes agios, quoi !

Oussama Ammar : Voilà. Eh oui, et imaginons quand bien même… Mais pourquoi ? Parce que lui, il s’était complètement bloqué. Il avait lu une règle, il ne l’avait pas comprise. Il avait paniqué et s’était enfermé là-dedans. Et ça, c’est très anti-entreprenarial, en fait. Il y a un moment, il faut juste apprendre à ignorer les choses qu’il faut ignorer. Donc, il ne faut pas hésiter là-dessus. Et la dernière, et alors ça ne s’apprend pas, mais je pense que c’est la fidélité et l’amitié. Et c’est ce que je disais tout à l’heure. Les entrepreneurs sont des gens fidèles sur le très long terme. D’ailleurs, ils se rapprochent beaucoup des bons politiques de ce point de vue-là. Les bons politiques ne choisissent pas les gens dans leur entourage politique pour leurs compétences -pour le grand malheur de nous tous- mais ils choisissent les gens pour leur fidélité et pour leur confiance. Et en fait, un bon cofondateur, ce n’est pas le type le plus brillant ou le plus intelligent ou le plus apte du monde. C’est le type, tu sais que tu peux lui laisser les clés de la maison et il ne va pas la cramer. C’est très différent, et ça, c’est la chose qu’on cherche. Nous, on cherche des gens qui inspirent la confiance.

David Laroche : C’est-à-dire que tu peux avoir quelqu’un de brillant mais si tu ne lui fais pas confiance, tu ne vas pas exploiter son potentiel, en fait.

Oussama Ammar : Exactement.

David Laroche : Ok, donc, là ce sont les cinq caractéristiques. Du coup, il me semble que ton programme démarre bientôt ?

Oussama Ammar : Oui, début mars.

David Laroche : Début mars, d’ailleurs Julie va y participer. Je vais pouvoir savoir ce que tu y fais au travers d’elle. Donc, c’est assez génial ! Si vous avez envie de développer l’entreprenariat, que ce soit si vous êtes entrepreneur ou si vous ne l’êtes pas, c’est vraiment un programme que je conseille. Vous avez dû remarquer, je ne conseille pas beaucoup de programmes. Foncez, allez voir ce qu’ils font. Allez participer à des conférences, franchement, je pense que vous allez adorer. En tout cas, merci Oussama pour les réponses. Puisque j’en parle, où est-ce qu’on peut trouver les infos ?

Oussama Ammar : Alors, toutes les infos, vous les trouverez sur koudetat.co

David Laroche : koudetat.co. Aider les entrepreneurs à prendre leur pouvoir aussi !

Oussama Ammar : Exactement

David Laroche : En tout cas, suivez-le, allez voir ce qu’il fait. Allez voir aussi les vidéos qu’ils font, c’est vraiment top. A bientôt.

9 Commentaires

  1. Jérôme VAN DE VELDE

    Merci David pour cette interview très inspirante permettant de bien visualiser les 5 caractéristiques de l’entrepreneur à succès.

    Gratitude à Oussama de nous faire toucher du doigt la DETERMINATION, la FLEXIBILITE, l’IMAGINATION, la COQUINERIE (pas dans le sens sexuel lol), la FIDELITE.

    Réponse
  2. Céline Perrot

    Thanks !
    Rien que la vidéo, ça remonte le moral !

    Réponse
  3. oughidni

    vidéo tres inspirante beaucoup d assurance chez Oussama bravo a tous les deux

    Réponse
  4. Ren

    Merci David pour cet interview encore une fois très inspirant ! Moi même entrepreneur, j’ai été d’autant plus touché par son discours. Et merci Oussama pour ces 5 clés indispensables à la réussite. Gratitude ! 🙂

    Réponse
  5. Lee

    Bonjour,

    Un grand merci à vous 2 pour cette vidéo géniale sur entrepreneuriat mais aussi bien au-delà : une philosophie de vie inspirante à souhait.

    On en redemande !

    A bientôt,
    Lee

    Réponse
  6. Bianco Philippe

    Super !
    Merci David
    Merci Oussama pour ces nombreux conseils
    Amitié
    Phil

    Réponse
  7. Séverine PILORGET

    Toute ma gratitude et mes remerciements pour ces informations, cette réussite que vous partagez.
    Je transmets régulièrement aux créateurs d’entreprise et aux chercheurs d'emploi que j’accompagne des liens vers les vidéos de David Laroche, je rajouterai maintenant des liens vers celles d’Oussama Ammar.

    Amicalement.

    Séverine

    Réponse
  8. thierywalewski

    Bonjour David et gratitude à toi et Oussama pour cet interview génial
    Je te connais et te suis depuis longtemps
    mais ne connaissais pas encore cet entrepreneur de génie
    Depuis ce matin, je visionne ses vidéos

    Comme « par hasard » au moment où j’étais en train de monter mon projet

    Merci & Namasté

    Thiery

    Réponse
  9. jeriri salah

    salut je suis un infographiste et je vois pardon que votre présentation par rétroprojecteur manque d’animation de même valeur que votre explication dans vos conférence et je serais fier de collaborer

    Réponse

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