À tous les HATERS ! – VLOG #005

J’avais tellement peur d’être aperçu comme nul que dès qu’il y avait le moindre contexte où je pouvais être perçu comme nul – compétition, tennis … -, je n’y allais même pas pour préserver l’illusion que j’étais bon. C’est comme si, inconsciemment, on préfère être bon dans une équipe de loosers qu’être prêt à être un looser dans une équipe d’excellents ; et les vrais gagnants sont prêts à être le looser de l’équipe de gagnants. Tim Ferriss a dit quelque chose que j’adore : « Si, dans la semaine, il n’y a pas une fois où tu t’es senti la personne la plus bête de la pièce, alors tu as un vrai problème. »

C’est cela. C’est comme les vidéos en anglais. Je sais qu’il y aura, un jour, des gens qui vont me dire : « Comment tu fais pour parler si bien anglais ? Comment tu fais pour avoir autant d’abonnés en anglais alors que tu es d’origine française ? », et ils n’auront pas vu les 1500 vidéos d’avant avec les erreurs et les échecs.

Il y a un homme qui a commenté une de mes vidéos anglaises – ils sont trash quand même – qui a dit : « Arrête avec ton anglais pourri, arrête de faire des vidéos et va apprendre l’anglais. » Ce n’est pas confortable de recevoir une notification comme cela.

En fait, à chaque fois, je me demande : « Pourquoi tu prends autant de temps pour aller te mettre sur une de mes vidéos et me mettre un commentaire aussi nul ? » Que ce soit dans mes conférences, je me marre et je me dis que c’est une bande de cousins, des membres de la famille qui sont dédiés à prendre toutes les vidéos et les tailler.

J’avais un Suisse qui était venu me voir. Il a dit :

« – Il faut que je te dise quelque chose, je vais être authentique avec toi.

– Qu’est-ce qu’il y a ?

– Je voudrais m’excuser.

– Je ne te connais pas. T’excuser de quoi ?

– En fait, je fais partie des personnes qui, il y a trois ou quatre ans quand tu as démarré ta chaîne YouTube, se moquaient de toi. On disait que tu n’allais jamais y arriver. Non seulement je viens m’excuser, mais je vais être également honnête avec toi, cela me pique, cela me fait presque mal au ventre qu’il y a 4 ou 5 ans, j’étais en train de te critiquer, de tailler des vidéos pourries, je trouvais cela nul. Et en fait, 5 ans après, je suis un peu jaloux. »  – Il était très authentique. – Je me rends compte que pendant les 5 ans où j’ai passé du temps à dire que tu n’y arriverais pas, je n’ai pas fait grand-chose. Aujourd’hui, je viens te voir en conférence – parce que j’ai fait une conférence à Genève – pour m’engager devant toi que maintenant, c’est fini de passer du temps à critiquer les autres et leur dire qu’ils ne vont pas réussir. Je me fais la promesse, devant toi, d’aller me créer la vie qui m’inspire. »

J’ai trouvé sa démarche très inspirante. Ce n’est pas facile de dire à quelqu’un : « Cela fait 4 ans que je te taille. »

Au début, quand tu démarres quelque chose, tu es incompétent. Je trouve cela tellement malheureux en France, encore plus que dans d’autres pays, qu’on a tellement peur d’échouer ; c’est tellement une honte d’échouer que le meilleur moyen de ne pas échouer, c’est de ne même pas essayer devant les autres, comme cela, personne ne voit que tu es nul. Je trouve qu’il faut être à l’aise avec le fait que les gens puissent te dire : « Regarde, sa vidéo est nulle, son accent est horrible, son cadre est nul. » Tu sais que les gens vont parler, laisse-les parler ; de ton côté, tu travailles, tu t’améliores, tu te remets en question, et tu prends la partie des feed-back qui est intéressante – parce qu’il y a toujours des choses intéressantes -.

Si, au moins une fois par semaine, tu te retrouves à te dire : « Je suis la personne la plus bête de la pièce », c’est que tu as au moins le courage de te mettre dans un domaine plus brillant que toi. Si, tout le temps, tu te sens au-dessus, alors ce n’est pas que tu es au-dessus, c’est que tu as tellement peur de t’avouer que tu es nul sur beaucoup de domaines que tu te maintiens avec des gens, que tu étais sûr que dans ton domaine, ils sont en dessous de toi.

Avant, j’étais beaucoup comme cela. Maintenant, cela m’aide de plus en plus me dire : « Je vais aller voir des gens dans le monde qui, dans ce domaine-là, me pulvérisent, et je suis une grosse tâche à côté d’eux. » Déjà, cela permet de me rendre humble et d’apprendre beaucoup plus. C’est comme si Nadal jouait contre moi tout le temps au tennis, et c’est sûr qu’il s’en sortirait très bien, mais il dépérirait parce que je n’aurais pas la capacité d’être un bon sparring-partner et le pousser à grandir, alors que s’il va voir d’autres champions, cela va le faire grandir.

Je me disais cela ce matin, hier soir, et tout à l’heure.

Je sais que cela va me faire du bien. Je sais que je vais être content d’y aller. Mais la sensation douloureuse à court terme dirige mes actions. Et en fait, c’est ce qui se ressent dans notre vie, on privilégie le confort à court terme, et on ne se rend pas compte qu’en privilégiant le confort à court terme, on passe à côté d’un grand confort à long terme.

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