Christine Michaud – Sexy Zen Happy comment faire ?

David: Alors bonjour à vous et bienvenue dans cette nouvelle interview. J’ai une femme d’exception à vous présenter, Christine Michaud. Alors elle a plein de casquettes différentes parce qu’elle est auteur, elle est conférencière. On la voit aussi à la télé faire des interviews, s’exprimer justement sur les thèmes du bien-être et du développement personnel. Elle voyage aussi dans toute la francophonie et peut-être ailleurs, je vais découvrir ça avec vous. J’ai envie de vous la présenter, donc suivez bien cette interview, j’adore présenter des femmes inspirantes et il y en a une juste devant moi. Salut Christine. Ça va ? Tu vas bien ?

Christine : Salut, oui très très bien, et toi aussi ?

David : Très très bien. Je suis à la fin de mon voyage, et je suis très content de t’interviewer.

Christine : Oui moi aussi, je suis très contente de te rencontrer, je te trouve tellement inspirant.

David : C’est partagé. Du coup, si tu devais te résumer en une phrase, qui es-tu ?

Christine : Tu es drôle. On fait un échange d’interviews parce que moi je fais une interview avec toi pour mon émission après, et c’était ma première question pour toi. Qui es-tu ? Alors ça me prépare. Donc qui je suis ? Je suis une passionnée je pense, une curieuse, un laboratoire humain je me suis définie comme ça. Parce que a une certaine époque, moi j’avais vingt-huit ans, j’ai fait une dépression majeure. J’étudiais en droit, j’étais très dans un monde cartésien, je ne me connaissais pas, je ne savais pas ce que je voulais faire dans ma vie, je n’avais pas confiance en moi. J’aurais dû voir David Laroche pour m’inspirer. Et a vingt-huit ans, j’ai fait une dépression majeure qui a duré presque deux ans. Mais comme je dis, c’était un cadeau mal emballé, parce qu’on ne veut pas faire une dépression dans la vie, c’était long avant que je l’accepte même. Mais après ça, ça m’a forcée à vraiment me demander, me poser les bonnes questions. Qui j’étais, qu’est-ce que je voulais faire, qu’est-ce que j’étais venue faire sur la terre, qu’est-ce que j’avais à offrir ? Et en lisant une tonne de livres de développement personnel, en allant à des séminaires, de toutes sortes de cours que j’ai suivis, j’essayais plein de trucs. Si je lisais un livre avec des exercices, je faisais les exercices, j’ai gardé tous mes cahiers.

David : J’aimerais que tu le répètes, parce que…

Christine : No mais oui, on va s’entendre là-dessus, je sais, je fais tellement ma prochaine conférence sur, il faut faire des choses diligemment. Il y a des gens qui disent « ah c’est beau, ton acheminement, tu es rendue la, tu es chanceuse ». Non, attend, j’ai travaillé depuis je ne sais pas combien d’années à faire toutes sortes de choses, à me déplacer comme tu le fais. Je donne une conférence maintenant dans une ville et il y a des gens qui écrivent « mais pourquoi vous ne venez pas dans ma ville ? » mais leur ville est à trente minutes. Ecoutez-moi, je vais suivre des formations aux Etats-Unis, en Europe, partout. Parfois je mangeais moins, je m’achetais moins de trucs qui étaient chers pour payer ces formations-là. Des fois c’est ce que ça prend, c’est toujours qu’est-ce qu’on est prêt à y mettre ?

David : Pourquoi tu as fait tout ça ?

Christine : Pour me trouver. Je me dis, j’avais une croyance, c’est sûr que j’ai un côté spirituel un peu endormi, mais qui venait de ma grand-mère maternelle qui m’avait enseignée ça beaucoup. Mais c’est comme si je ressentais qu’il y avait quelque chose de plus grand, qu’il fallait que je fasse quelque chose de ma vie. Je ne pouvais pas rester sur le pilote automatique en disant okay, je vais faire mon travail, ce que je pouvais faire à l’époque. Non, il fallait que je me réalise. Je porte quelque chose, il faut que je le découvre, il faut que je l’offre au monde. Ça a certainement été marquant, puis aidant, tout ce que j’ai fait, qu’une fois que je me suis trouvée dans ma voie si on peut dire, j’ai commencé à mieux me connaitre, puis à faire ce que je devais faire. Mais là, il m’est venu un day où je me dis, « il faut que tout le monde sache ça ». Il faut que tout le monde lise des livres de développement personnel, fasse les exercices, suive les formations si on a le goût. Mais en fait ce que ça m’a donné comme preuve, c’est peu importe d’où on vient, peu importe ce qu’on a fait avant, ce qui nous est arrivé, on peut toujours déployer nos ailes, c’est mon expression parce que je suis un oiseau de compagnie.

David : On va en parler justement.

Christine : Mais on a toujours cette possibilité-là, c’est un choix. Puis je trouve qu’il n’y a rien de plus beau qu’un être humain, justement, qui se déploie. Qui se découvre, premièrement, qui s’en va dans cette puissance pour réaliser quelque chose.

David : J’aime beaucoup ce que tu as dit justement sur cette dépression, et ça m’a fait pense à cette phrase de Steve Jobs quand il s’est fait virer de, je ne sais pas si vous dites ça au Québec, il s’est fait licencier de sa propre entreprise. Et il a dit « ça a été le médicament le plus douloureux de ma vie, mais le patient en avait besoin ». Et ça m’a fait penser à ça quand tu parles de deux ans de dépression. Et j’imagine que pendant que tu y étais, tu ne pensais pas à ça comme un cadeau ?

Christine : Non, pas du tout. Souvent quand je donne cet exemple aux conférences je dis, n’allez pas dire a quelqu’un qui ne va pas très bien, qui est en dépression, peu importe « en fait tu as un cadeau mal emballé de la vie ». Des fois il faut lapser un petit peu de temps. En fait il faut que ce soit nous, il faut se rendre compte soi-même. Si quelqu’un était venu me voir à l’époque pour me dire que c’est la plus belle chose qui pouvais t’arriver…

David : Tu as dit quelque chose d’important, c’est qu’il faut se rendre compte soi-même, il faut en prendre conscience. Qu’est-ce qui s’est passé après les deux ans pour que le virage se fasse ?

Christine : Aussi bizarrement que ça puisse paraitre, j’ai eu une amie qui m’a invitée dans un séminaire, c’est Mark Fisher que tu connais, sinon il faut que tu rencontres cet auteur-là.

David : Je ne l’ai pas encore rencontré.

Christine : Bon je te le dirai, de le rencontrer. Mais il donnait une journée qui s’appelait, c’est un Québécois, son vrai nom est Marc-André Poissin, mais Mark Fisher c’est son nom de plume, parce qu’il s’est publié partout dans le monde dans trente langues, quelque chose comme ça. Et donc elle m’avait invitée à son séminaire qui s’intitulait « Les Principes du bonheur spirituel et du succès ». C’était une journée complète. Mais moi, j’avais peur que ce soit des illuminations dans le jugement, je me disais « oh là, une affaire, je ne suis pas trop spirituelle, je n’ai pas d’affaire là, ça ne m’intéresse pas ». Mais ma copine m’a regardée et m’a dit, « écoute, Christine. Tu n’as pas grande chose à perdre ». C’était un peu la claque en pleine face, j’ai dit bon, okay.

David : C’était un beau cadeau.

Christine : Oui, elle m’a un peu forcée, mais je crois vraiment que dans la vie il n’y a pas de hasard, il y a des rendez-vous, et ça, c’était un rendez-vous. Parce que Mark Fisher est un de mes meilleurs amis aujourd’hui. Donc c’est quand même spécial, puis j’ai travaillé pour lui, a l’époque j’étais bénévole, pas juste pour me rapprocher de lui…alors pour revenir à l’histoire, ça a commencé, je crois qu’on était seize cent personnes dans la salle. Puis il avait dit, le matin, vous vous levez tous, puis on va chanter le mantra de Dieu pour assainir l’énergie dans la place. J’ai fait « ouf, non non non ». Une chance qu’elle me tenait par la main, parce que si non, je m’en irais dans le couloir. Mais elle me tenait fortement, comme pour me dire « tu restes ici ». Et heureusement que je suis restée parce qu’une des premières questions après, il m’a demandé si j’aimais ce que je faisais dans la vie. Si on est passionné par ce qui est dans notre vie, ou je ne me souviens plus de la question exacte. Et il nous avait fait lister tout ce qu’on aimait, peu importe ce que c’était, on listait ce qu’on aimait faire, être, avoir. Et j’ai fait ma liste, et puis a un moment donne je regardais autour de moi, plus personne n’écrivait, on a un peu près fini, mais moi j’en ai beaucoup. Oui c’était bien, mais la prise de conscience après, qui a fait mal, c’est qu’il nous a fait lire notre liste. Et moi, il n’y avait absolument rien sur ma liste qui était dans ma vie, concrètement. C’est comme si tout d’un coup, c’est drôle mais je me rappelé avoir dit, okay, là je viens de comprendre pourquoi je fais une dépression. J’étais complètement à côté de ma traque. C’est comme si depuis que, je pense que comme tout le monde vient sur la terre avec un but, une mission, moi j’avais l’impression que j’avais un beau, grand fauteuil confortable qui m’attendait, mais a vingt-huit ans j’étais assise par terre, juste a cote. Puis a vingt-huit ans, c’était un choque de vie.

David : Il est là.

Christine : Oui, aujourd’hui je m’assois dedans, c’est sûr.

David : Cool. C’est super inspirant. Je reviens sur ce que tu as dit. Donc tu as fait cette formation, tu étais inspirée par la façon de s’y prendre, et l’énergie qu’il a, et c’est souvent quelque chose que j’entends, « oui mais toi David, tu arrives à t’approcher des personnes qui t’inspirent, mais moi, ce n’est pas si simple, c’est dur, comment tu fais ? ». Donc je te pose la question, comment tu t’y es pris ?

Christine : C’est drôle, parce que c’est ce que j’appelé le symptôme de « oui mais moi ». Oui mais moi, ce n’est pas pareil. Moi je n’ai pas eu la même vie que vous. En plus c’est pire quand tu fais de la télévision, il y a des gens qui me disent « oh c’est bien vous, c’est facile de vivre, vous avez toujours eu du facile, vous faites la télé », et je dis « mais a l’instant moi aussi, j’ai eu des difficultés de vie », même des fois je me dis, j’en ai eu beaucoup. Mais parce que Mark Fisher, a l’époque, premièrement j’ai lu ses livres. Première chose importante, c’est de s’approcher d’un auteur, demandez à le rencontrer, quand tu n’as même pas lu ses livres, tu ne sais à peu près pas c’est qui, pour moi c’est un non-sens. Première chose, étudie le personnage, tout comme moi c’est ce que j’ai fait. Je me suis mis à lire, à étudier tout ce qu’il avait fait sur internet, à lire tous ses livres, puis je lisais ses livres où il avait suggéré des livres à lire, je lisais les livres qu’il suggérait. Je me suis rendue un peu fou, mais, a un moment donné, par personnes interposées, j’ai rencontré ses éditeurs, parce que j’achetais mes livres directement à sa maison d’Edition parce qu’a l’époque c’était moins cher, puis je voulais économiser pour payer des séminaires. Je n’étais pas très riche non plus. Je faisais tout ce qu’il fallait justement pour, pas nécessairement me rapprocher de lui, parce que je n’étais pas groupie non plus, c’était plus de baigner dans son énergie, puis a un moment donné, j’allais souvent à ses séminaires et a tout, et je ne sais pas exactement comment ça s’est passé, mais je pense qu’il venait me faire, « Tu veux m’aider, ce me ferait plaisir ». En plus quand on fait ça, on assiste aux séminaires ou à la conférence gratuitement. Quand tu es plus jeune, tu commences dans un domaine, tu n’as pas beaucoup d’argent, mais ce sont tous des choses qui comptent.

David : C’est intéressant, cette sensation d’extraire une clé du ballon, l’idée d’apporter à la personne qui va nous inspirer, de lui donner quelque chose, ton temps, ton énergie, ta compétence. C’est une façon justement de créer le contact.

Christine : Oui. Mais je pense que dans tout, est-ce qu’il y a une chose équitable ? Comment on peut avoir un échange équitable ? Si aujourd’hui à un moment donne on comprend qu’au courant des choses qui passent, ce qu’on donne à une personne ne reviennent pas toujours de cette personne. Mais je pense qu’il faut écouter son élan de donner, ou d’offrir, puis des fois ça ne répondra pas comme on l’avait espéré, imaginé, mais quelque chose d’autre va arriver par hasard, c’est « oh wow », c’est magique. Ce n’est la magique, mais la magique s’explique.

David : La magique s’explique, j’aime bien cette phrase.

Christine : Bien sûr. Ce sont des magiciens, ils font des tours, on est impressionné, on trouve ça « oh wow ». On dit, « okay, montre-moi le truc ». A la limite, on est capable de le faire aussi. Mais moi je pense que ça fonctionne pareil pour la magie de la vie, ce qu’on appelle la magie de la vie.

David : C’est des techniques à apprendre.

Christine : C’est un ensemble de choses. Ce n’est jamais, selon moi, une façon de faire. Je ne crois pas, que ce soit des livres ou des motivateurs qui disent « voici LA méthode dans cinq étapes pour tel afin ». C’est sa méthode a lui, ou à elle. C’est une méthode. Mais nous, si on ne part pas du même endroit, qu’on n’a pas le même bagage, il va falloir l’adapter. La première étape c’est de se connaitre soi-même d’être capable d’adapter ce qu’on soit comme enseignement. Et se l’appliquer par la suite.

David : Apres, qu’est-ce qui s’est passe ? Tu l’as aidé, tu as appris beaucoup, j’imagine que ton énergie a commencé à changer … comment arriver finalement à être la personne que tu es aujourd’hui, à la télé, tu as des livres, des conférences, voyager … comment ça s’est fait, et combien de temps ça a pris ?

Christine : Ca a pris douze ans peut-être. En fait c’est un peu bizarre, mais en même temps je me dis que c’est des rendez-vous, des drôles du hasard, c’est que j’avais rêvé à une fille avec qui je suis allée à l’école secondaire. Et j’allais dans une école privée juste des filles. Premièrement j’ai rêvé à cette fille-là, le rêve était tellement clair que le matin je me dis « ah, je devrais l’appeler, essayer de la retrouver pour savoir ce qui est devenue cette fille-là ». Mais en même temps je me disais, mais voyez, appeler cette fille après quinze ans, dire « allo, je rêve à toi la nuit passée, je me demande de t’appeler », tu vois c’est un peu bizarre. Okay, je ne fais pas ça. Deux jours plus tard, je la vois dans l’écran de télévision. L’écran allumé chez moi, je la vois à l’écran, elle travaille pour une émission de télé, elle a fait une chronique. Que c’est bizarre, deux fois en peu de temps. Je me dis encore une fois que je devrais l’appeler, mais non, ça ne marche pas, elle va penser que je suis une groupie maintenant, ou je ne sais quoi. Et troisième chose, l’école ou on est allé ensemble, le collège, il y avait quelqu’un qui m’appelait en disant « on organise une retrouvaille, il y a une fille que l’on n’a pas trouvée, il y en avait quelques-unes dont elle, et on m’a dit « la seule chose qu’on sait, c’est qu’elle habite la même ville que toi, mais on ne sait pas du tout comment la trouver, tu peux nous aider ? ». Mais moi, je ne savais pas qu’elle habitait la même ville que moi, enfin j’ai dit oui, je peux vous aider à la trouver parce que je savais qu’elle savait dans laquelle l’émission de télé elle travaillait, j’ai eu des indices. Mais c’est quelque chose d’un peu bizarre, inexplicable, pourquoi c’est arrivé comme ça. Je l’ai rencontrée, et après ça, on a fini le diner, elle m’a dit « Christine, écoute, a l’émission ou je travaille, tu la connais ? Oui. Une rechercheuse qui vient de démissionner il y a juste un mois, on est mal pris, personne ne veut être engagé pour un mois seulement. Tu peux venir nous dépanner ? ». Moi, je ne fais ça, je ne connais rien là-dedans. Mais elle a dit « tu es débrouillarde, tu vas voir ». J’ai fait ça. L’animatrice a l’époque, Louise Deschâtelet, a une réunion de production, je ne me souviens plus comment ça s’est passé, mais elle m’a dit quelque chose comme « qu’est-ce qui te passionne dans la vie ? ». Et j’ai dit lire, parce que je ne faisais que ça, après d’être montée de dépression, je lisais une tonne de livres de développement personnel, je faisais des exercices, j’étais vraiment comme dans ça. Donc j’ai dit lire. Elle m’a dit « pourquoi tu ne me fais pas une chronique littéraire ? ». Une émission. Ça allait vite parce que tout d’un coup je travaillais à la télé, là en plus j’étais devant la caméra et j’ai dit « écoute, je n’ai jamais fait de télé, moi, je ne suis pas sure si je vais être bonne, je ne sais pas comment faire ». Elle m’a dit « moi je ressentis que tu peux être bonne pour ça, je vais te montrer, je vais te guider, puis si ça ne fait pas l’affaire, si tu n’es pas bonne, si tu n’as pas de don, du talent, panique pas, après la première chronique, je vais te le dire ». Et ça, ça fait 15 ans.

David : Wow. Est-ce que tu as eu de la pression, du stress à le faire ?

Christine : Oui, mais cette chronique-là, on avait ça comme émission en direct. Et on était assis sur des petit bancs, et j’avais comme cinq, six livres sur la table qui faisaient partie de ma chronique.

David : Tu l’as encore, cette émission ?

Christine : Oui je dois l’avoir quelque part. Puis je te jure, quand il avait dit « trente secondes » en attendant j’avais les genoux qui claquaient en dessus de la table, j’avais peur qu’on l’entende dans mon micro, mes genoux cognaient ensemble, tellement j’étais nerveuse. Puis en plus j’ai regardé les livres, et j’avais l’impression que j’avais tout oublié. Je ne savais même plus de quoi ça parlait, puis je me suis dit, mais je vais m’évanouir. Puis, au contraire, quand ils ont dit « c’est parti », ce qui m’est arrivé c’est bizarre aussi parce que c’était comme si j’avais été soulevée, j’ai fait ma chronique, c’était super bien fini. Et après, je ne me rappelais presque pas d’ailleurs de ce que j’avais dit. Mais ça c’est l’affaire qui arrive souvent dans la vie, la deuxième chronique, j’avais trop de confiance, ça a tellement bien été, facile la télé ! Non, je me suis plantée. Mais l’animatrice le savait. Je pense que ça a été une expérience du métier, mais c’est souvent comme ça, c’est comme ça qu’on apprend.

David : Elle avait vu ce que tu avais pu faire, donc elle avait confiance.

Christine : Oui, puis je suis certaine, moi-même après quinze ans à la télé quand je regarde des gens qui comment, je le vois souvent, ça. Si ça fonctionne bien la première fois, souvent la fois d’après c’est moins concluant parce qu’on est presque trop sûr de soi. C’est comme deux extrêmes, ça devient l’équilibre, comme n’importe quoi d’autre dans la vie. Même si ça a l’air, quand tu vois la personne dans la télé, tu as l’impression que c’est facile, que ça coule, ce n’est pas de stress. Mais non, c’est comme le petit canard, c’est tout calme au-dessus du lac, mais les petites pattes en dessous…

David : Alors du coup, après, ça s’est presque enchaine…

Christine : Oui. Après, on avait la télévision, et-

David : Juste une question, est-ce que ça existait à l’époque l’émission sur le développement personnel ?

Christine : A cette époque-là, il y a quinze ans au Québec. Oui on a eu quand même des trucs qui abordaient ce genre de question, est-ce qu’il y avait une émission juste là-dessus, là je ne me rappelle pas. Je ne pourrais pas dire, mais je pense qu’il y a eu ce genre d’émission ou c’était un gang de filles autour d’une table qui discutaient de différents sujets, donc forcément a un moment donne elles parlaient des choses comme ça.

David : De la psychologie, mais peut-être avec moins l’angle de-

Christine : Oui c’est ça, pas comme aujourd’hui.

David : Est-ce que tu connaissais Oprah à l’époque ?

Christine : Oui, je pense qui oui, je la suis déjà depuis longtemps.

David : Est-ce qu’ils faisaient déjà des émissions du type interview ?

Christine : Oui, il me semble.

David : D’accord. Est-ce que tu as eu des personnes qui t’ont inspiré en vidéo ?

Christine : Oui, la femme, l’animatrice qui m’a donné ma chance, elle m’a inspirée beaucoup.

David : Pourquoi ?

Christine : C’est une bonne intervieweuse, et je trouve que c’est une femme qui est sensible…

David : Donc il y avait un mélange de féminité et d’énergie stable ?

Christine : Oui, et une grande ouverture d’esprit. Après traiter d’actualité de sujet très sérieux, elle allait toujours chercher quelque chose d’humain dans ça. Je crois qu’elle touchait un peu plus la sensibilité, l’émotion et tout. Je trouvais qu’elle était brillante dans ce qu’elle allait chercher comme information, comme question.

David : C’est justement le secret pour être un bon ou une bonne intervieweuse, je crois que vous ne dites pas ‘interview’ vous dites ‘entrevue’, donc c’est comment la personne qui fait l’entrevue … je sais que ce n’est pas important.

Christine : Non c’est ça, je dis intervieweuse, comme toi.

David : Intervieweuse. Ce serait quoi les points en commun, pour faire de bonnes interviews. Que ce soit à la télé, mais aussi il y a des gens qui nous regardent interviewer un informateur, un auteur. Comment faire pour être un bon intervieweur ?

Christine : Mais écoute, je ne suis pas non plus le spécialiste pour ça, mais pour ce que je voyais, pour ce que j’expérimente, je pense que la première chose, c’est la présence. En fait c’est la même chose pour les relations humaines. C’est toujours comme ça. Je pense que quand on fait une entrevue avec quelqu’un, il n’y a pas de place pour les goals. Ce n’est pas une question de performance, de justement trouver la question qui va bien faire paraitre l’intervieweur. Je pense qu’il y a parfois ce danger-là, donc je suis toujours plus touchée, moi, par des entrevues ou je sens que les deux personnes en direct ont une discussion ensemble. Qu’il y a un échange, qu’il y a l’écoute, qu’il y a la présence. Je pense que c’est beaucoup ça. C’est un peu d’apprendre à aller dans le terrain de l’autre. C’est souvent on arrive, puis on va amener les gens sur notre terrain, mais c’est plutôt le contraire. Je pense qu’il va nous amener plus loin, parce que c’est là qu’on va aller chercher des superbes cadeaux, parce que moi je crois vraiment que toute personne a quelque chose à transmettre, a quelque chose qui peut nous inspirer.

David : C’est un peu comme un chercher de magique, c’est ça ?

Christine : Oui, de l’humanité, de la beauté humaine.

David : Et au niveau de tes questions, est-ce que tu les prépares, est-ce que tu arrives à improviser des questions, comment tu t’y prends ?

Christine : Oui, je me prépare. Dans tout ce que je fais, je me prépare toujours, mais-

David : Comment tu te prépares ?

Christine : Je vais étudier, comme je t’ai étudié un peu, toi. Mais j’essaie de lire, de garder ce que la personne a fait, son parcours, de trouver des trucs, même des fois des choses qui ne paraissaient pas importantes nécessairement. Mais des fois c’est surprenant parce que c’est dans les petites choses qu’on va toucher la personne davantage. Donc je me prépare comme ça, je me donne une certaine structure, j’écris même mes questions, sauf qu’une fois l’entrevue commence avec la personne, mais là, tout est possible. Je ne veux surtout pas avoir le contrôle, d’essayer ce qu’ai écrit sur le carton.

David : Donc tu te prépares avant, mais une fois que ça démarre, lâcher prise. Et pareil pour les conférences ?

Christine : Oui. Les conférences, c’est la même chose. Si je sais que j’ai un message à passer, que j’ai un temps limité, que j’ai des choses sur lesquelles j’aimerais réfléchir, certains points, donc par exemple au présent dans mon groupe c’est « Sexy Zen Happy », c’est le titre de mon dernier livre, quand je fais la conférence « Sexy Zen Happy », mais je ne veux pas parler juste du côté Sexy, qui est d’être bien dans son corps, ou du côté Zen, puis de mettre complètement a cote Happy. Donc je calcule dans ma tête ces portions de conférence, des morceaux à mettre ensemble. Par contre, ce que j’aime le plus, c’est moi je fais toujours une espèce de prière avant mes conférences, avant mes entrevues. J’ai ma grand-mère qui a décédé qui était l’amour de ma vie, en fin de 2012, puis souvent quand je fais des enregistrements de télé, je l’invite, je dis Mami, je t’invite ce soir à mes enregistrements. Puis la même chose pour les conférences que je fais, c’est que quand j’arrive dans la salle avant même que les gens entrent, puis des fois je les faire rire avec ça parce que je leur dis « vous, vous êtes confortables dans vos fauteuils, parce que j’avais béni les fauteuils ». Ce type de petite chose qui moi, m’aident. Pour moi c’est une façon de donner de l’amour. C’est de dire, tiens, les gens ce soir qui vont se présenter ici, qui viennent m’entendre, pour moi c’est touchant, c’est un honneur. Puis je veux surtout leur donner le maximum que je peux, être toute la pour eux, les voir vraiment. C’est cette connexion, c’est important. Puis quand oui, il y a la structure, mais si j’ai une idée qui me vient quand je suis en train de raconter quelque chose, la tout d’un coup, « whoops », je pense à quelque chose. Je me dis souvent je vais le raconter, même si ce n’était pas prévu, parce que ma théorie est qu’il y a quelqu’un dans la salle qui a besoin d’entendre ça. Je me dis si ça m’est venu à l’esprit, aujourd’hui, ce n’est pas pour rien.

David : En fait c’est la vie qui t’a montré que c’est important d’écouter les signes.

Christine : Oui, tout à fait. Des fois c’est vraiment probant, parce qu’il y a des gens qui me viennent après. Puis même des fois c’est des histoires, des choses qu’on ne voudrait pas raconter, qui les mettent un peu dans la vulnérabilité aussi, puis je le fais parce que je le sens, puis inévitablement il y a quelqu’un qui vient me voir après qui me dit : « Christine, cette histoire, c’était pour moi. Parfois je reçois des courriels qui me font pleurer même, tellement je me dis « ah ! ». Là, c’est ce que j’aime le plus. C’est ça la vie, c’est ça qui m’alumine énormément.

David : J’ai une question parce que j’ai pas mal de fans qui me suivent, et je vois qu’il y a parfois certaines difficultés pour certaines femmes à arriver se positionner entre des fois réussite, et féminité, et qu’il y a beaucoup d’exemples masculins de réussite, beaucoup de stratégies de réussites peut-être plus adaptés aux hommes. Comment faire justement pour arriver à être une femme qui est inspirante et qui a réussi en gardant le côté « sexy » ou le côté féminin ? Comment tu t’y prends ?

Christine : C’est une excellente question. Ecoute, je n’ai pas vraiment réussi à y réfléchir en tout cas. Mais moi, j’adore la féminité, moi j’adore tout ce qui est fée, des fois je suis une princesse finie, c’est certain que je le porte d’une certaine façon. Je pense aussi qu’il faut même, c’est ça dans mon concept « Sexy Zen Happy », ce que je voulais dire aux femmes, justement qu’on peut avoir le goût de prendre soin de soin, d’être belle, d’être lumineuse, de danser dans une belle énergie. Mais en même temps d’être des femmes d’affaires, d’être capables de mener sa vie. Et il y a de plus en plus de femmes présentement de toute façon monoparentales, célibataires, qui se lancent dans toute sorte de choses. Donc, pourquoi pas ? L’erreur, c’est de penser que justement, il faut le faire comme les gars. Mais non, on va le faire à notre façon. De toute façon, je crois qu’on a aussi beaucoup à échanger entre homme et femme, justement parce qu’on se complète. Donc, on a à s’acheminer ensemble, à s’entraider là-dedans. Moi j’ai beaucoup d’amis de gars dans ma vie, des gars autour de moi qui m’ont inspirée énormément, qui m’accompagne dans mon acheminement. J’adore ça, d’échanger des trucs « affaires », ou tout ce qui est professionnel. Souvent je m’aperçois que, c’est ma tendance d’apporter le côté plus émotif, ou sensible. Il y en a qui vont me placer, « Attends-la, Christine, ça c’est un peu trop fin, tiens-toi debout », c’est ça qui est le fun. On a chacun notre ouverture. Il faut rester qui on est, mais peut-être qu’on peut profiter des uns, des autres.

David : J’aime beaucoup ça. Merci pour ta réponse. Tu m’as dit toute à l’heure une chose extrêmement importante, qu’il faut se connaitre. C’est un thème que beaucoup de gens qui m’écoutent ont entendu, ils le savent, mais souvent on me dit mais, comment on fait, comment ça marche ? C’est quoi pour toi les étapes, la façon d’arriver à se connaitre ?

Christine : Pour moi, c’est un principe de pleine conscience. Ce qu’on fait beaucoup, parce que la vie va tellement vite, et on est connecté technologiquement, et on oublie. C’est un peu comme le pilote automatique, on se levé le matin … puis je dis aux gens, « regardez-vous juste une journée. Regardez à quelle heure vous vous levez, qu’est-ce que vous faites, c’est une action après l’autre. Il y a des gens qui se demandent, est-ce que j’ai mangé différemment chaque matin ? Souvent, la plupart des gens, tout est pareil tout le temps. Ils vont manger la même chose, et c’est l’automatisme. La première chose pour un être, c’est de savoir, d’être capable de s’observer. Donc ça prend un petit peu de recul, Et le danger, c’est je dis aux gens de s’observer, et ce qui en sort, c’est la critique. C’est lui qui observe, mais toujours, il juge. « Pourquoi tu fais ça, pourquoi tu ne fais pas ça ? ». Alors moi je dis, il faut devenir l’observateur, mais pas l’observateur critique. L’observateur meilleur ami. C’est être son meilleur ami. Donc regardez avec amour. Avec curiosité bienveillant, et amour. Je vais m’observer pour voir, qu’est-ce que c’est mes programmes, mes passions, mes croyances, ma façon de fonctionner en général. C’est là que je vais découvrir surement qu’est-ce qui est répétitif, qu’est-ce qui vient, au Québec on dit « quand ça touche nos boutons », c’est quelqu’un qui dit des choses et ça t’énerve tout de suite, qu’est-ce qui te fait réagir ? Pour moi c’est ça, la façon d’apprendre à se connaitre. Et c’est la même chose que j’ai fait avec ma dépression. La première étape, c’est d’accepter que je sois en dépression avant de pouvoir en guérir, en changer. Donc c’est la même chose pour la connaissance de soi. Ce n’est pas de partir dans une grande étude de soi-même, puis de devenir egocentrique. C’est justement de s’observer dans ses réactions au quotidien, dans les petites choses, dans l’ordinaire. Je donne un exemple d’observation de soi, je dis, quand je fais une conférence sur scène, imaginez que je descends des prix a vous qui êtes dans la salle. On apprendra à se connaitre un peu. J’annonce que j’ai ces prix-là à donner. Ecoutez-vous réagir, même si on n’est pas dans le vrai, on a éventé ça mais ce n’est pas grave. Tout de suite on sent la réaction, c’est qu’il y a des gens qui vont tout de suite se dire, « ah ! j’espère que c’est moi ! Moi je veux aller sur scène, que tout le monde m’admire ! ». Moi c’est comme ça, ce n’est pas bien ni mal, c’est juste ce que c’est. Puis on a, à l’autre extrême, des personnes « surtout que ce n’est pas moi, qu’on ne me voie pas, j’espère que ce n’est pas moi, parce que moi s’il faut que j’aille sur scène je vais mourir ». C’est une autre réaction. Ce n’est ni bien ni mal encore une fois, c’est juste comme ça. Mais par contre, de le voir, si tu dis « ah tiens, pourquoi j’ai réagi comme ça ? De quoi j’ai peur ? ou sinon pourquoi j’ai besoin d’être tant admiré ? d’être vu ? Qu’est-ce que ça cache ? ». Sans jugement. C’est ce qu’un de mes profs, qui est une nonne bouddhiste m’a enseigné ça, la curiosité bienveillante. Et j’aime bien cette expression-là, c’est juste d’être curieux, mais avec amour. Pas juste pour voir ce qui ne va pas, au contraire. Pour se comprendre. En se voulant du bien. Et je pense que plus on fait ça, c’est là qu’on va voir, « tiens, tu es quelqu’un qui mange du chocolat quand tu ne vas pas bien. Qui mange a plus finir parce qu’il mange ses émotions ». Mais des fois ils ne se voient même pas, « pourquoi j’ai pris du poids tout d’un coup, c’est bizarre ». S’il commence à s’observer, il va comprendre qu’à chaque fois qu’il s’en va dans l’armoire du chocolat, c’est des moments ou soit il a de la peine, ou il a été déçu, c’est toujours relié à quelque chose.

David : Donc il y aura de la conscience sur ses automatismes.

Christine : Exactement. Moi, je pense que c’est vraiment là que ça se passe, c’est ce qui nous permet d’élever notre niveau de conscience. C’est de passer de la victime à la personne responsable. Quand je me vois vraiment, quand je me regarde vraiment, je deviens consciente de qui je suis, je sois prêt à agir en cohérence avec ça. Je ne peux plus me mettre ailleurs, c’est automatique.

David : C’est super, j’aime beaucoup ça. S’observer dans tout ce que je fais, curiosité bienveillante.

Christine : Oui. Jusqu’à une certaine limite, ça c’est l’autre danger. J’y étais déjà, tu l’entends. On ne peut pas survivre en le faisant 24 heures sur 24.

David : Donc, de temps en temps.

Christine : C’est ça, oui, avec équilibre.

David : Mais justement. C’est marrant que tu me places là, parce que c’est ma prochaine question.

Christine : Tu vois, c’est magique.

David : Avec équilibre, tu m’as dit juste avant de démarrer l’interview que tu étais tout en train de trucs parce que justement tu aimes bien avancer. Comment tu trouves tes limites dans cette idée d’avancer et peut-être de démarrer un projet, deux projets, deux cents projets, trois cents idées. Comment tu crées l’équilibre entre ta vie personnelle, ta vie familiale, ta vie professionnelle ? Comment toi, tu trouves ton équilibre dans tout ça ?

Christine : Ça c’est une bonne question, et c’est la question vulnérabilité du jour. Parce que présentement, ce n’est pas ma force. Ça l’a déjà été, puis je sens que je suis sur un terrain glissant. Parce que-

David : C’est là ton travail du jour.

Christine : Effectivement, justement des fois je me dis, mais je suis presque trop passionnée. J’ai une machine d’idées dans la tête, ça n’arrête jamais, j’ai l’impression que je veux lire des piles, des piles de livres. Chez nous, c’est un entrepôt de livres. Parfois j’en commande, j’en acheté encore-

David : Il n’y a personne autre que moi dans cette pièce qui peut se reconnaitre.

Christine : Oui c’est moi ! Moi je n’ai pas d’enfants, j’ai des animaux mais je n’ai pas d’enfants, et je suis célibataire, je n’ai pas d’amoureux, pas de conjoint maintenant. Donc…

David : Presque toute ton énergie consacrée à…

Christine : Oui, c’est ça, je fais vraiment ce que j’aime, mais je le dis moi-même en conférence, il y a danger là-dedans. C’est parce qu’a un moment donné, le corps, il faut qu’il suive, l’énergie physique et tout. Donc heureusement j’habite dans le fond du bois, entouré des montagnes, ça me fait du bien, j’ai besoin de ça. Puis heureusement j’ai un chien qui me sort chaque jour pour marcher.

David : Est-ce que ça peut être une clé, de se dire je me connais « tellement bien » que je vais moi-même créer des choses comme prendre un chien, habiter a loin, qui vont nous aider à créer l’équilibre ?

Christine : Oui, moi c’est mon cas. Puis aussi, je me mets au défi ou je m’efforce, des fois, dernièrement j’ai pris quatre jours ou je suis partie à l’extérieur avec ma marraine qui est ma grande amie, puis j’ai dit, je déconnecte. Puis je suis allée au stage trois jours récemment, j’ai ferme l’ordinateur pendant trois jours, le cellulaire, tout. J’ai même mis une note sur Facebook parce qu’il y a des gens qui m’écrivent et qui attendent une réponse. Je voulais enlever toute pression, j’ai mis la note, je suis déconnectée pour les trois prochains jours. Donc je ne prends aucun courriel, je ne suis pas sur Facebook, nulle part. Je suis dans le fond du bois, puis je relaxe. Mais encore là, parfois ce n’est pas facile, la tentation est grande de dire « Ah, j’ai une idée ! Je vais prendre mon ordinateur ». Non, écris-la sur un bout de papier, ça va être correcte. Parfois je me force à faire, je n’aime pas le mot ‘forcer’, mais, de faire ce que j’appelle des « cures de rien ». Rien faire. Marcher dehors, regarder les petits oiseaux, écouter ce qui se passe, me laisser emporter. Enfin, juste ce que j’ai envie. Ça me fait beaucoup de bien aussi. Mais j’ai commencé en Novembre passé, j’ai engagé un entraineur pour être en forme et tout ça, et je m’aperçois que ça change beaucoup, ça m’aide.

David : Ca crée une discipline qui vient.

Christine : Oui. Et j’ai mon gym, mais c’est ça, les rendez-vous fixes, et je me suis fait une promesse, je me suis dit, c’est ma priorité. Parce que combien de fois c’est facile à dire, moi j’ai autre chose. Mais non, je me suis dit, c’est ma priorité. Donc des fois même, des choses qui arrivent, je me souviens d’un moment donné ou j’étais un peu malade, je me suis dit « Non, j’y vais pareil ». J’y suis allée et je n’étais effectivement plus malade.

David : C’est génial la ta réponse, en tout cas je viens d’identifier trois points importants. Premièrement c’est que tu as dit, vulnérabilité, c’est que, je sens que tu t’autorises toi-même cette zone qui n’est pas encore complètement comme tu l’aimerais, tu l’avoue à toi-même et aux autres. Ça libère. C’est la première étape. Et la deuxième chose que j’aime bien c’est qu’effectivement grâce à cette connaissance de toi, il y a la position de ta maison, il y a ce chien, il y a cet entraineur, et ça permet finalement de mettre en place les choses dans ta vie qui font du coup que tu n’oublies pas le rendez-vous. Et la troisième chose, du coup, oui, tes priorités. Détermine avant, okay là, c’est ma priorité, pour que du coup, tu puisses le garder en tête, et pas l’oublier. C’est ça ?

Christine : Exactement.

David : C’est super inspirant. Alors toi tu as interviewé beaucoup de monde, tu as ta propre démarche personnelle, tu as beaucoup d’information, beaucoup à lire autour de toi. Encore une fois, si je peux prendre le temps sur ce genre de question, c’est une forme de synthèse des points importants pour avancer dans sa vie. C’est-à-dire qu’entre trois et sept points, les trucs qui pour les personnes qui nous écoutent, qui sont derrière l’écran, par quoi je dois commencer, ou alors où est-ce que je devrais mettre de l’énergie ?

Christine : Moi, ça m’amène à demander une chose. La base de tout pour moi, le fondement de la vie humaine, de notre présence sur terre, de tout ce qu’on à faire à développer, c’est l’amour. Moi je pense que plus on va apprendre à s’aimer, soi-même, à aimer les autres, à aimer la vie, à aimer les circonstances, à aimer tout ce qui existe, plus on va mettre l’amour dans ce qu’on fait, tout ça, mais pour moi, c’est la base. Même souvent, comme je t’ai dit présentement, comme j’ai un peu plus de vulnérabilité pour ce côté-là de prendre soin de moi, ou d’être moins dans le côté professionnel. Mais en même temps, si je te dis l’amour, je vais me dire mais okay est-ce que j’ai même assez m’aider de ce côté-là. Puis justement d’avouer que je ne suis pas super bonne là-dedans. Que je ne suis pas parfaite. Ce que j’admire le plus dans la vie, c’est la perfection de l’imperfection. Oui, on va en parler. L’amour, c’est mon numéro un. C’est plein de choses. Plus je vieillis, je me dis aussi, d’avoir du plaisir. De s’amuser. En fait il y a Marta Beck, qui m’inspire beaucoup, qui est le coach dans le magazine d’Oprah, et qui a écrit plusieurs livres, et qui est coach de vie. Puis j’ai suivi des formations avec elle aux Etats-Unis, et elle dit que la vie c’est le signe de l’infini, elle dit « Resta and play, reste and play ». Repose-toi, amuse-toi. C’est ce que tu devrais faire tout au long de ta vie. Amuse-toi, ça ne veut pas dire, tu peux t’amuser en travaillant, comme toi, mais oui, c’est ce qu’on fait. Je m’amuse présentement. Mais, ça nous paie, ça fait qu’on se réalise aussi. Ça fait partie de ça. Et de se reposer, donc, vraiment d’avoir du plaisir. La notion d’amusement, de pas se prendre au sérieux tout le temps, ou le moins possible.

David : Se focaliser sur qu’est-ce qui crée du plaisir. Alors dans l’autre sens, est-ce que tu penses qu’il faut être prêts pour les trucs qui ne font pas plaisir ?

Christine : Oui. J’ai souvent dit, j’accompagne des gens et leur acheminement parce que je les connais, oui des jeunes comme toi alors. Non, je t’agace. Non, des jeunes de 15 à 25 ans. Mais ce n’est pas quelque chose que je fais comme travail. C’est encore une fois un des beaux hasards de la vie. Je n’ai pas d’enfants, j’en ai voulu un, je n’en ai pas eu. Puis aujourd’hui j’ai l’impression que ma vie me fait un beau cadeau, parce qu’il a amené sur ma route des jeunes comme ça, qui viennent me poser des questions, faire des conférences, qui m’écrivent, je me trouve les accompagnant un peu dans leur acheminement et ça me nourrit beaucoup. Il y a un échange équitable. Parfois on m’appelle une deuxième mère, mais c’est une autre histoire, ça. J’ai dit à un, quand j’ai commencé dans ma carrière, je ne gagnais pas ma vie. J’ai investi, j’ai fait des voyages comme je te disais, j’allais suivre des enseignements qui coutaient plutôt cher pour moi, puis je me privais d’autres choses. Ou je prenais ce que j’appelais un job alimentaire. Donc je faisais quelque chose, j’ai fait des jobs dans ma vie en me disant, bon, ce n’est pas ma mission de vie, c’est clair. Ça va me payer, ça va me donner des supports pour développer ce que je veux développer. Ma grand-mère Michaud me disait « dans la vie on fait ce qu’on aime, ou on apprend à aimer ce qu’on fait ». Et c’est un des secrets du bonheur. Et de la longévité parce qu’elle a vécu jusqu’à 101 ans. Donc dans ce job alimentaire, ça ne va pas soutenir la vie, mais ça a un sens, et une autre étape : en faisant ce job, trouver du plaisir. Parce qu’il y en a tout le temps. Moi, aujourd’hui quand je le considère, j’ai la chance de fait ce que j’aime dans la vie. Et cette chance, ça s’explique aussi. Mais je suis convaincue que je travaillerais dans un dépanneur. Tu sais ce que c’est ? Je me dis, je travaillerais dans un dépanneur, et je serais très heureuse. Même si je pense que ce n’est pas ce qui m’a amenée ici, mais si je décidais que je pouvais trouver du bonheur là-dedans, je pense que je parviendrais.

David : Alors ça veut dire que je suis prêt à faire des choses qui ne correspondent pas à ma mission de vie dans le but derrière de faire des choses qui me correspondraient davantage, tout en dans le présent, trouver comme disait ta grand-mère, apprendre à aimer ce que je vis déjà. Et pas en me disant « plus tard ».

Christine : Oui parce que sinon, on fait ce job-là mais on n’est pas là. On est là, mais en attendant autre chose. Attends, la vie passe pareil.

David : Et du coup, il ne se passe pas comme on voulait.

Christine : Non. Mais en même temps c’est surprenant, parce que des fois, dans ce truc-là qu’on va faire, on va rencontrer quelqu’un qui va nous amener à … tu ne le sais jamais. Donc il n’y a rien de mauvais selon moi. Aujourd’hui il y a quelque chose que je déplore, et que je trouve souvent, c’est qu’il y a des espèces de pensées magiques : oh mais moi, c’est ça que je veux faire, juste ça, pas vrai que j’accepte de faire quelque chose que je n’aime pas en attendant, ah non il faut que ça paie. Oui, mais les étapes de la vie sont comme ça, de toute façon dans tout. Prenez une journée typique de notre vie, est-ce que du moment où on se lève le matin au moment où on se couche le soir, on fait qu’est-ce qu’on aime ? Non, pas nécessairement. Moi je n’aime pas cuisiner. Mais il faut que je mange dans la vie, donc des fois il faut que je cuisine. C’est le principe de la vie. C’est peut-être ça, la perfection de l’imperfection.

David : Alors ça c’est le deuxième, le plaisir. Et la troisième ?

Christine : Simplicité. Il y a un grand homme au Québec qui est décédé, qui était la tête de l’empire Quebecor. TVA, la chaine de télé pour laquelle je travaille appartient à Quebecor. Il s’appelle Pierre Pelardeau, il est décédé aujourd’hui. Et lui, il avait une expression, il disait « il faut que ce soit kiss », comme un baiser en anglais, et ça voulait dire « keep it stupid simple ». Donc garde-ça le plus simple que possible. Et moi souvent que je fais des projets, ou je me trouve, je vais souvent rappeler ça aux gens qui travaillent. Ce n’est peut-être plus simple, la ? Il me semble que l’on se complique, sa vie. Qu’est-ce qu’on peut simplifier tout ça ? Et je crois que quand on apprend à simplifier le plus possible, on en extrait l’essence. A un moment donné, on touche au fondamental, ce qui est l’intention pure dans le projet. Parce que sinon, on a la tendance, et moi aussi je suis comme ça, on se perd dans plein de petits détails.

David : Est-ce que, quand tu prépares tes livres, comment tu as appliqué ce « keep it simple » ?

Christine : Justement en me disant que ce me ramène l’essentiel. Je me jugeais, moi écrire, c’est 50% le bonheur mais 50% du labeur. Des fois, c’est pathétique. Mais il faut que je ramène tout le temps. Je me dis toujours aussi, ça ne sert à rien de compliquer les choses, ce n’est pas dont les gens ont besoin. Les gens ont besoin d’aller à l’essentiel rapidement. Puis de toute façon on n’a pas beaucoup de temps. On est tous pareils, on est tous pris dans des millions d’activités. Si tu te tardes pendant dix pages à dire ce que tu aurais pu dire en une page, dis-le dans une page. Ça va être beaucoup plus efficace.

David : Simplicité. Est-ce qu’il en a d’autres ?

Christine : Oui ils sont plein d’autres, mais pour le moment je pense que ça va. La vulnérabilité ! Très très importante.

David : Oser être vulnérable, c’est ça ? Pour soi, et pour les autres.

Christine : En fait c’est authenticité, vérité, vulnérabilité. Pour moi ça fonctionne ensemble.

David : C’est comme un package.

Christine : Oui, c’est un package deal.

David : Donc tu as ouvert plusieurs cases, j’en ai trois. Une, parce que je veux absolument qu’on ait le temps : en France on a une fondation qui s’appelle Les Déclics et qui a pour but de toucher les 15 à 25 ans, donc ils interviennent au lycée, les écoles de commerce, pour l’instant c’est en France mais l’ambition c’est dans le monde. Je supporte énormément cette fondation, et donc quand sa s’y prête j’aime bien prendre une question qui va être un extrait de l’interview est qui est juste pour l’association Déclics. Alors qu’est-ce que tu aimerais dire aux gens de 15 à 25 ans, par rapport à leurs rêves, a leurs vies, a leurs bien-être ? Et tu pourrais répondre a moi, parce que moi j’ai 25 ans, sois tu peux t’adresser à la camera.

Christine : Alors tu es bien aligné, toi. Mais oui, en fait il y a plusieurs choses. En premier je pense que ces gens-là ont besoin d’espoir, de modelés, d’exemples que ça se peut. Que c’est possible. Je pense que quand on accompagne des jeunes, quand on n’est pas leur parent, quand on n’est pas leur éducateur, on n’a pas le rôle défini, c’est justement là qu’il faut vraiment mettre le focus sur tout ce qu’ils ont de magnifique. De les voir dans leur beauté, dans leur puissance, et de leur remettre ça comme un miroir constamment.

David : De les valoriser ?

Christine : Oui. Parfois ils ont besoin qu’on leur montre, tu as ça, vois-tu ça ? Regarde comme tu le transmets, quand tu fais telle chose comment tu réussis là-dedans. Comment tu sembles avoir un don pour ça. Tu pourrais développer ça davantage. C’est un peu égotique dans ce sens-là.

David : Du coup, il y a des gens qui derrière la camera ils se disent j’aimerais bien justement ça, mais je n’ai personne qui le fait pour moi. Comment ils pourraient faire tout ça pour réveiller … ils ont la chance d’être la et de regarder les vidéos, donc c’est déjà qu’ils ont une démarche, mais ce serait quoi pour les aider ?

Christine : Tu vois, c’est quelque chose qui m’attriste, je me dis, oui il y a des jeunes qui n’ont pas, leur entourage est un peu, ils n’ont pas ce qu’ils pourraient avoir. Puisqu’il y a d’autres qui sont soutenus, poussés, puis il y en a d’autres que c’est le contraire, qu’on a retape dans leur tête depuis qu’ils étaient tout petits, il y a rien qui marche pour eux.

David : Du coup, est-ce que s’est fini ?

Christine : Non ! Surtout pas ! Je pense que justement que oui, ça demande un petit peu plus d’effort de dire « okay, je vais aller par moi-même », peut-être de se trouver des modèles, des exemples et de suivre ces personnes-là. Tu en es un, non mais pour ces jeunes-là, entre autres je pense à deux garçons que j’accompagne, les prochaines semaines c’est comme « vous vous mettez du côté de David Laroche », c’est certain. Parce que tu leur montres que c’est possible. Tu es capable de mettre ton avenir devant toi, si on sait que tu es authentique, tu délivres des choses. Il faut que ce ne soit pas quelque chose d’inatteignable. Si ça t’est arrivé tout seul, ou c’est juste toi, « oh il est bien chanceux », non, au contraire. Peut-être d’essayer, moi je suis très spirituelle, peut-être leur envoyer l’intention, de demander d’attirer quelqu’un dans sa vie. Un ange terrestre. C’est quelqu’un qui croit en nous plus que nous croyons en nous-même. Je fais une méditation pendant mes conférences, parfois, ou je mets la chanson « Angel », de Sarah Maclachlan. Je ne sais pas si tu le connais. Ça dit dans la chanson qu’on est porte par des ailes, soutenus dans les ailes d’un ange. Puis ce que je fais, je demande aux gens de fermer leurs yeux, d’écouter la chanson, mais de penser à toutes les personnes dans leur vie, parfois ce sont des gens qu’ils ont passé pendant un jour, parfois ce sont les gens qu’on accompagne au quotidien. Mais des anges terrestres, des gens qui nous a poussé dans le vent, qui ont cru en nous, qui nous ont aimé inconditionnellement. Puis juste de savourer ça, d’en prendre conscience. Ça, c’est une des plus grandes richesses. Pour ces gens-là, ce que je dirais, écoute, peut-être que tu le demandes à l’univers, de dire ça me ferait du bien de trouver quelqu’un comme ça ». Puis je suis à peu près certaine qu’ils sont capables de l’attirer sur leur route. Parce que la personne est déjà près de nous.

David : J’allais le poser comme question, si ça se trouve des fois juste de t’autoriser, d’accepter, peut-être demander d’aller voir la personne.

Christine : Ou même, si j’utilise mon exemple de Mark Fisher, si j’aurais pu demander à Mark. Mais des fois on peut aller voir quelqu’un, puis dire, « moi, j’aurais besoin de ta compagnie ». Mais ce ne sera peut-être pas la personne à qui on adresse la demande, mais peut-être que cette personne va nous dire « ah mais oui écoute, je connais quelqu’un qui fait ça, ou qui peut t’aider, je vais te mettre en contact avec telle personne », parfois sa prend quelques pas.

David : En tout cas pour les jeunes, quelque chose que j’ai observé, beaucoup de gens veulent aider parce que la personne est jeune.

Christine : Exactement.

David : Juste une dernière question, comment on peut te suivre ?

Christine : Oh mais facile, via internet, mon site internet c’est christinemichaud.com, sur Facebook aussi on peut s’abonner, j’ai atteint mon maximum d’amis mais je ne voulais pas une page « fan », je voulais juste une page simple, ordinaire, pour que les gens aient vraiment l’impression d’être près de moi. On a l’impression d’être plus comme des amis. Alors on peut s’abonner, c’est comme ça que ça fonctionne. Et j’ai quelque chose de nouveau qui semble bien donc je t’en reparlerai, il faut surveiller, c’est sexyzenhappy.com.

David : C’est sûr que c’est ce qu’on trouvera sur la vidéo, donc tapez ça, ce sera peut-être disponible. A bientôt, plein de vidéos sur internet, et bon, merci pour l’interview Christine.

Christine : Merci.

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