1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (Soyez le premier à voter)

Loading...

Comment prendre de meilleures décisions ?

Prendre les bonnes décisions, c’est difficile. 

Souvent, par peur de se tromper, on repousse la prise de décision, on se stresse et on passe à côté d’opportunités.

Il est possible d’apprendre à mieux décider. Voici trois conseils d’experts qui, si tu les appliques, t’aideront à prendre une décision plus facilement. 

En complément de la lecture de cet article, cette vidéo sur les 5 erreurs qui t’empêchent de réussir te permettra de rester motivé(e) et confiant(e) pour réussir tes projets ! ✨

Le secret que cachent tous les experts

Imagine qu’on te propose un petit exercice. On t’embarque dans un sous-marin et on te demande d’analyser les sons qui circulent dans l’océan. Muni d’un casque, tu entends toutes sortes de bruits : les moteurs d’un bateau, le chant de l’orque, le passage d’un banc de poissons… Il faut classifier chacun de ces bruits et vérifier qu’il n’y ait pas un sous-marin ennemi dans tout ce capharnaüm.

Prêt à relever le défi ?

Impossible me diras-tu.

A peine auras-tu mis le casque sur les oreilles que tu auras l’impression d’être dans une immense foire où les bruits n’ont aucune cohérence ni signification.

Pourtant, si tu as vu “Le chant du loup”, un film d’Antonin Baudry, tu sais qu’il existe des oreilles d’or. Ces personnes sont capables de reconnaître un bruit particulier et de dire d’où il vient. 

Ces personnes n’ont que quelques secondes pour prendre une décision qui impacte des vies. Stressant non ?

Comment font ces gens pour distinguer le bruit d’un moteur de sous-marin parmi tant d’autres ? Sont-ils des génies, ont-ils des prédispositions particulières ?

C’est ce qu’Anders K Ericsson a cherché à comprendre. 

Ce psychologue suédois spécialiste de la performance a passé de nombreuses années à comprendre ce qui faisait la différence entre ces hommes experts dans leurs domaines et monsieur tout le monde.

Ce qu’il a trouvé est surprenant.

Pour reconnaître un son en quelques fractions de secondes, les oreilles d’or ont développé la capacité de visualiser mentalement la situation correspondant à ce son. En d’autres termes, lorsqu’ils entendent le son d’un orque, ils se représentent mentalement un orque tout en entendant le son. Lorsqu’il s’agit d’un sous-marin, ils voient le sous-marin en même temps qu’ils l’entendent.

Au fil de ses recherches, Ericsson s’est aperçu que cette caractéristique était présente chez tous les experts, quel que soit le domaine. “Ils sont capables de reconnaître des patterns parmi un ensemble d’informations qui semblent sans signification pour tout non-initié.”

Là où une personne lambda voit un ensemble d’arbres, un expert voit une forêt. 

foret vue par un expert

Ce système de représentation mentale a un nom. C’est ce qu’on appelle les modèles mentaux.

Les modèles mentaux sont des représentations mentales de la réalité basées sur un regroupement d’information – faits, images, règles, relations – qui sont stockées dans la mémoire à long terme et qui peuvent être utilisées pour répondre rapidement et de manière efficace à certains types de situations.

En disposant de modèles mentaux enregistrés dans la mémoire à long terme, les experts sont capables de reconnaître des situations spécifiques et de savoir exactement comment y répondre, sans avoir besoin d’une analyse poussée de la situation. 

Leur inconscient compare ce qu’ils vivent à des représentations stockées dans la mémoire et déclenche une réponse appropriée à la situation.

Pour Anders Ericsson, l’expertise se définit donc en ces termes : 

“Devenir expert, c’est percevoir plus d’informations que les autres dans une situation donnée et en comprendre le sens. 

C’est tout l’objet des modèles mentaux.

Modèles mentaux et prise de décision : comment ça fonctionne ?

Une compétence innée chez l’humain

Chaque humain sur cette terre perçoit la réalité avec ses cinq sens. A chaque instant, il collecte une série d’informations qui lui permettent de savoir comment réagir.

Entre les sons, les images, les odeurs, les mouvements, les sensations, le cerveau reçoit une quantité considérable d’informations à chaque instant. 

La mémoire à court terme ne permet de traiter qu’un nombre limité d’informations. 

Lorsqu’il faut raisonner de manière consciente pour prendre une décision, le cerveau fonctionne à une vitesse de 16 bits/s, ce qui est totalement insuffisant pour faire tout ce que l’on fait. (alors que l’inconscient gère 16 Mégabits/s)

prise de décision mentale

En clair, si on devait tenir compte de toutes les informations pour déterminer de manière consciente le bon comportement, notre cerveau serait débordé

Le cerveau a dû trouver une parade pour fonctionner plus rapidement. C’est ici qu’interviennent les modèles mentaux. En retenant non pas un son ou une image, mais une situation dans sa globalité, le cerveau a agrégé l’information dans la mémoire à long terme pour se créer une banque de données. 

Lorsqu’une personne se retrouve dans une situation, le cerveau va chercher une situation similaire dans sa banque de données pour trouver la réponse la plus appropriée. Grâce aux modèles mentaux, plus besoin d’analyser chaque situation, il suffit de retrouver une situation similaire et d’agir de la même manière.

Imagine quand tu conduis. Sans modèle mental, il te faudrait tout analyser en permanence. Le nombre de tours/minutes du moteur, ta vitesse, la distance par rapport aux autres et à la bordure, la pression des pédales… Ce serait très compliqué de conduire (c’est d’ailleurs ce qu’on ressent lorsqu’on conduit pour la première fois une voiture). 

En disposant de représentations mentales de ce que doit être la conduite, le cerveau compare la situation à ce qu’il a déjà vécu et ajuste son comportement de manière automatique, sans passer par une analyse détaillée de toutes les informations. 

Tout le monde utilise les modèles mentaux pour vivre. On les utilise pour marcher, pour manger, parler, jouer, se comporter avec les autres…

Ce qui différencie les experts dans la prise de décision

Ce qui différencie les experts des autres pour prendre des décisions, ce n’est donc pas l’utilisation des modèles mentaux – tout le monde en utilise – mais la qualité et la diversité des modèles mentaux utilisés.

En clair, pour une même situation, un expert aura plus de modèles mentaux, de meilleure qualité qu’un individu lambda.

On peut illustrer ça avec cette citation : 

“Donnez un marteau à un enfant, et tout ce qu’il trouvera deviendra pour lui un clou.”

Le bébé n’a pas encore beaucoup de modèles mentaux différents. Il sait juste que papa ou maman utilise le marteau pour taper. Il tape donc, partout, de manière indifférenciée.

En grandissant, l’adulte affine sa perception du monde en intégrant de nouvelles représentations mentales qui lui permettent de savoir quand il est opportun de taper et quand ça ne l’est pas. 

C’est le même processus entre un débutant et un expert.

Le débutant en oenologie fera la différence entre un vin blanc et un rouge mais pas plus. Pour le reste, il dira que c’est…du vin. Un expert saura reconnaître le terroir, les cépages utilisés, et parfois même l’appellation. Le nombre d’informations contenues dans un verre de vin est le même pour un débutant et un expert. Ce qui diffère, c’est la capacité de l’expert à percevoir plus d’informations et à les lier à des représentations mentales.

Comment les experts utilisent les modèles mentaux pour décider ?

En 2001, Gary McPherson et James Renwick, deux chercheurs de l’université de Sydney lancent une étude auprès de 157 élèves d’école de musique pour comprendre les facteurs qui différencient les bons élèves des moins bons.

En analysant pendant trois ans leur pratique, ils se sont aperçus d’une chose : Les élèves qui progressaient le plus vite étaient ceux qui étaient capables de reconnaître plus rapidement leurs erreurs. 

En creusant plus profondément, ils se sont aperçus que ces élèves avaient une représentation mentale plus précise de ce qui était attendu d’eux, et de comment ils devaient jouer. En ayant un modèle mental précis de ce qui était attendu, ils pouvaient s’apercevoir des moments où ils faisaient des erreurs et corriger le tir.

modèles mentaux facilite apprentissage musique

Cette observation vient confirmer d’autres études menées sur des sportifs. Plus un sportif se représente précisément une situation et comprend son enjeu, meilleur il est.

  • Les meilleurs joueurs de football sont capables d’analyser et de prédire ce qu’il va se passer lorsqu’on leur montre la vidéo d’un match et qu’on appuie sur pause.
  • Les meilleurs grimpeurs sont capables de savoir exactement comment ils vont tenir une prise et placer leur corps dans l’espace juste en regardant les prises.
  • Les meilleurs musiciens peuvent entendre un morceau de musique en regardant la partition, là où tout le monde ne voit qu’une succession de symboles.

En pratiquant pendant des années, les experts développent des représentations complexes et sophistiquées de toutes les situations qu’ils pourraient rencontrer dans leur domaine.

Ces représentations leur permettent de prendre de meilleures décisions plus rapidement et de répondre de manière plus pertinente à une situation donnée. Cela, plus que toute autre chose, explique la différence entre les débutants et les experts.

Trois conseils simples pour développer ses modèles mentaux

Nous utilisons quotidiennement les modèles mentaux pour vivre. Nous sommes donc tous en quelque sorte des experts de l’utilisation basique des modèles mentaux

Le problème c’est de s’arrêter à ces modèles mentaux “de base”.

En effet, la plupart du temps nos représentations mentales sont suffisantes pour interagir dans ce monde, mais souvent incomplètes et peu précises. C’est ce qui fait que l’on reste amateur.

Si l’on veut développer son expertise, l’objectif est d’adopter des modèles mentaux utiles et précis, et d’en développer suffisamment pour pouvoir faire face aux différentes possibilités que la vie réserve dans un domaine donné.

Voici quatre conseils simples pour développer rapidement ses modèles mentaux.

1. Trouver des experts pour les modéliser

Toute personne qui veut dépasser le statut d’amateur aux échecs le sait. Celui qui souhaite sérieusement développer ses compétences le fera en passant des heures et des heures à étudier les parties jouées par les maîtres.

progresser grace aux mentors echecs

C’est la connaissance de toutes les options de jeu choisies par les maîtres qui permettent à un joueur de progresser.

Cette stratégie ne s’arrête pas aux échecs. La meilleure façon pour un coach d’apprendre à coacher, c’est de créer le maximum de représentations mentales en analysant la pratique des meilleurs

Quelqu’un qui passe des heures à étudier le comportement d’un coach dans différentes situations progressera beaucoup plus vite qu’un élève qui se contentera de s’entraîner à coacher.

Mais encore faut-il savoir modéliser efficacement.

2. Faire une analyse active des stratégies de décision

Lorsqu’un joueur d’échecs étudie les parties jouées par les maîtres pour progresser, il ne le fait pas au hasard. 

Se planter devant son écran d’ordinateur et regarder défiler le jeu est mieux que rien, mais ça n’est clairement pas la meilleure stratégie pour développer un modèle mental performant. Ce qu’il faut, c’est faire une analyse active des stratégies utilisées.

Par exemple aux échecs, tu analyses une position en détail sur l’échiquier, tu prédis le prochain move et si tu te trompes, tu reviens en arrière et analyses ce que tu as manqué. La recherche a montré que le temps passé à faire ce type d’analyse est l’élément qui prédit le plus la compétence future d’un joueur.

Ça n’est pas le temps passé à jouer avec d’autres joueurs.

Au football américain, les quarterbacks qui réussissent le mieux sont ceux qui passent le plus de temps en salle de visionnage à analyser leur propre jeu ainsi que celui de leurs adversaires.

En coaching, la pratique est similaire. Prends l’enregistrement d’un coaching réalisé par un expert, appuies sur pause régulièrement et tente de deviner ce qu’il va se passer. A chaque fois que tu te trompes, essaye d’expliquer pourquoi le coach a choisi cette stratégie.

C’est ce que font les meilleures écoles de coaching.

Il n’y a plus qu’à recommencer encore et encore, jusqu’à ce que ces représentations mentales soient imprimées dans la mémoire à long terme.

Devenir expert prend du temps.

Les études montrent par exemple qu’un grand master aux échecs a intégré plus de 15 000 situations de jeu différentes. Cela prend en moyenne 10 à 15  ans de pratique pour atteindre un tel niveau

Mais une façon d’accélérer son niveau d’expertise consiste à se faire aider.

3. Pratiquer avec un mentor pour ajuster ses modèles mentaux

Lorsqu’une personne étudie les modèles mentaux des meilleurs, elle les intègre dans sa mémoire à long terme pour pouvoir les réutiliser par la suite. 

Il y a une limite à cette pratique. Parfois, il est possible de passer à côté de certains détails qui font toute la différence et d’enregistrer un modèle mental incomplet voire faux.

D’où l’importance primordiale de disposer d’une analyse extérieure de nos propres modèles mentaux. En se faisant suivre par une personne experte dans le domaine qu’on cherche à développer, on s’assure de bénéficier d’un feedback immédiat qui permet d’ajuster nos modèles mentaux et de les affiner pour les rendre encore plus performants.

Développer ses modèles mentaux passe par la pratique délibérée

En étudiant nombre de tops performers dans leurs domaines, Anders K Ericsson s’est aperçu de deux choses : 

  • Les experts sont ceux qui ont développé le plus de modèles mentaux de qualité leur permettant d’apporter une réponse adaptée à une situation donnée.
  • Il est possible de développer ses modèles mentaux en prenant l’exemple des meilleurs.

Nous sommes donc TOUS CAPABLES de développer notre expertise dans un domaine en renforçant nos modèles mentaux. 

Mais Ericsson s’est aperçu d’un autre élément qui fait toute la différence : 

Les experts n’ont pas développé ces modèles mentaux par hasard. Ils ont appliqué une stratégie d’entraînement spécifique, appelée pratique délibérée, qui leur a permis de progresser rapidement là où d’autres stagnaient.

C’est en appliquant cette pratique délibérée sur les sujets qui t’intéressent que tu développeras une réelle expertise et de solides modèles mentaux. 

Sources et références

Anders Ericsson, Robert Pool, Peak: Secrets from the New Science of Expertise, Houghton Mifflin Harcourt, 2016

Modèles mentaux : Qu’est-ce que c’est et comment les utiliser ? ; Everlaab

0
0
votes
Évaluation de l'article

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (Soyez le premier à voter)

Loading...

Maintenant la partie plus importante : VOUS!!

Votre opinion est ce qui a le plus de valeur à mes yeux.

 

Alors que retenez-vous ? Qu’en pensez-vous ?

S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
0 0 votes
Évaluation de l'article
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x
Share This