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DE LA RUE à un Business à succès – Comment faire de ses DIFFICULTÉS un TREMPLIN Anthony Bourbon Feed

Je me retrouve à la rue parce que mon père est violent, ma mère dépressive.

Dès le premier mois, en janvier 2017, on lève 500 000 €, puis 3 millions, puis 15 millions. C’est une croissance qui est violente.

C’est la clé de la réussite.

– Moi, j’ai des parents qui ne m’aimaient pas, pas de famille, tout le monde savait ce qui se passe à la maison, que le père était violent, personne n’intervenait. C’est à l’âge de dix-huit ou dix-neuf ans que je rencontre une fille, et un soir elle me regarde dans les yeux et elle me dit : « Tu sais, je pense vraiment que tu vas faire quelque chose d’exceptionnel parce que tu es quelqu’un d’intelligent et que je crois en toi. » Et avec cette phrase, Mélanie qui bosse toujours chez Feed d’ailleurs, on est hyper-proche et c’est devenu une amie depuis … C’est, je pense, la personne la plus importante de ma vie. Ça va au-delà de la relation, c’est quelque chose d’inexplicable. C’est un parcours de vie qui fait qu’on se sticke un moment où tout va mal dans sa famille comme dans la mienne, et on s’accompagne, on va réaliser des choses exceptionnelles. Mélanie m’a apporté un regard bienveillant qui a changé complètement ma manière de voir la vie parce qu’au début j’étais seul à croire en moi, mais tu ne sais jamais si c’est que tu te sur-estimes ou si tu as raison. Quand une deuxième personne te le dit, il n’y a plus de hasard et j’ai des comptes à rendre à cette personne. Elle a cru en moi, et je vais lui montrer qu’elle avait raison. Et en fait, ce regard bienveillant qui va déclencher un destin, j’y crois profondément.

– On sent une violence en toi, on sent une détermination, un truc, une rage en fait, je ne pense pas que tu pourras avoir cette réussite sans ce truc-là. C’est quoi l’origine de cette énergie ?

– Je suis d’accord avec toi, il y a toujours une souffrance, un moteur qui fait que tu ne vas pas abandonner. Et parce qu’en fait, c’est tellement raide, l’entrepreneuriat, c’est tellement compliqué à certains moments que si tu n’as pas quelque chose qui est ancré en toi, tu vas baisser les bras. Donc, il faut que vous trouviez tous votre histoire et ce qui vous passionne au quotidien. Et on a tous des histoires au quotidien, et on a tous des histoires différentes, on a tous une bonne raison de se battre. J’ai une famille très compliquée, à l’âge de quinze, seize ans, dix-sept ans, je ne savais même plus, je me trouvais à la rue parce que mon père est violent, ma mère dépressive.

– Quand tu dis violent, c’est physiquement ?

– Oui, moralement, physiquement, la totale, tu vois, vraiment, le pauvre mec.

– Tu en veux à ton père ?

– Non, je ne lui en veux pas parce qu’il m’a permis d’être ce que je suis. Donc si tu veux, tu n’as pas le temps de faire du pathos, et de te dire, le monde est méchant avec moi, je n’ai pas les bonnes cartes en main ; il faut réussir à s’extraire de cette condition de victime, et se dire comment je fais de ces faiblesses et de ce qui aurait pu me détruire un véritable moteur pour prendre une revanche. Et quand j’ai une revanche, c’est quelque chose de sain, il y a des gens, autour de vous, qui vont être pathogènes, ça peut être des amis, ça peut être des professeurs, des gens de votre travail, et qui vont vouloir vous tirer vers le bas, mais en fait ce n’est pas parce qu’ils sont méchants contre vous, c’est parce qu’ils ont une vie qui est tellement triste que ça les rassure de voir autour d’eux des personnes qui ne sont pas capables de s’extraire de leur condition initiale ; et donc ils vont avoir tendance à vous tracter vers eux parce que c’est une manière de se rassurer. Moi, je suis alors quelqu’un d’extrêmement positif, et vraiment, c’est quelque chose qui m’a sauvé. Je suis toujours capable de projeter la situation.

– C’est quoi qui est le plus dur pour toi à ce moment-là, en fait ?

– C’est le manque de liberté, parce que tu n’as pas d’argent à cet âge-là. J’avais peut-être 1 000 € sur mes comptes que j’avais économisé depuis tout petit. Et bien, ils partent très vite parce que tu vas acheter à manger, mais tu ne peux pas stocker de la nourriture dans des frigos donc tu es obligé d’acheter à chaque fois un sandwich. Donc très vite, l’argent part, et en fait je suis dépendant des autres et ça, c’est horrible. Et c’est pour ça que j’ai fixé la liberté en promesse ultime, alors que pour moi, je veux être sur mon lit de mort et me dire : « j’ai vécu librement. » Et si j’ai vécu librement, je considèreras avoir réussi ma vie.

– L’énergie que tu as maintenant, tu l’as toujours eu ou elle s’est déclenchée progressivement ?

– J’ai toujours eu quand même cette capacité, cette résilience parce que vu que je vois mon père violent au quotidien, tu es obligé de te créer une sorte de protection pour ne pas être impacté par ton environnement. Je pense que c’est la meilleure école pour un entrepreneur. « C’est une opportunité, une aubaine d’avoir vécu cette vie et je ne l’échangerais pour rien au monde, je considère que c’est une chance de n’avoir rien quand tu commences parce que tu connais la valeur des choses, tu sais ce que c’est que de partir d’en bas, tu sais comment créer du business, tu sais comment juger les gens très rapidement parce que dans la rue si tu te trompes tu peux te retrouver dans un très mauvais plan rapidement, j’étais capable de parler avec des mecs de banlieue où je vivais qui faisaient du business un peu chelou, avec des aristocrates qui avaient trop d’argent qu’ils ne savaient pas quoi en faire, et moi je laveragais l’argent de mes potes riches pour faire travailler mes potes pauvres, et moi je travaillais avec les pauvres pour aller faire les travaux dans les apparts et on faisait des clubs deal avec des mélanges sociaux qui étaient complètement ubuesques, et j’arrive à parler aux deux types de personne. Et j’arrive à les comprendre, donc mon rôle moi, c’est que j’arrive à les segmenter contrairement à ce que certains disent : « Anthony veut créer une guerre une révolution. » Oui, je pense qu’il faut qu’il y ait une vraie revanche et je pense qu’il va y avoir une révolution, il va se passer quelque chose, il va y avoir une rébellion, on peut le voir d’ailleurs même dans le cinéma ; les films qui fonctionnent en ce moment, c’est quoi, c’est « Parasite », « les luttes des classes », ça va être « Le joker », dans des situations un peu plus réelles, tu vois ce qui se passe aux États-Unis, tu voix ce qui se passe avec les gilets jaunes, ça montre un ras le bol qui vient du fond, tu vois qui vient d’en bas et si tu veux, pour moi, c’est hyper-compliqué parce qu’en même temps je comprends la souffrance de ces personnes parce que je viens du même milieu et je sais à quel point c’est extrêmement compliqué de t’extraire, extrêmement compliqué quand tu n’as pas fait les bonnes études que tu n’as pas les bons réseaux, que tu n’as pas les bons contacts. Et c’est pour ça que je dénonce au quotidien le manque d’ouverture de l’écosystème startup.

– Est-ce que tu veux des enfants ? Je me demandais si tu voulais des enfants, tu vas les mettre dans la rue, tu vas t’y prendre comment pour arriver à créer chez eux cette force.

– Ça, c’est un vrai problème. Parce que ce que j’observe, c’est que mes amis riches n’ont pas le même goût de la réussite que moi parce qu’ils ne réalisent pas à quel point c’est important et ils ne réalisent pas à quel point c’est dur en bas. Il n’y a que quand tu viens du fin fond de l’enfer que tu peux réaliser à quel point tu es chanceux quand tu as un peu d’argent, quand tu peux partir en vacances, quand tu peux t’acheter les vêtements que tu veux, et je trouve que c’est un vrai luxe d’apprécier tout ça. Pars d’en bas et fais ta réussite, il ne faut pas être là pour se comparer. Quand je dis qu’il faut gagner, c’est gagner contre toi-même. En fait, ton seul ennemi, ce n’est pas tes concurrents, ce n’est pas le marché, c’est toi, c’est ton égo, c’est ta peur et ton incapacité à travailler, à être régulier, ton incapacité à regarder en face tes faiblesses et tes forces, tu es ton seul ennemi. Donc, des enfants, c’est compliqué pour moi parce qu’en même temps je ne veux pas qu’ils vivent ce que j’ai vécu parce que c’est très dur, mais en même je n’ai pas non plus envie de les pourrir gâter parce qu’ils n’apprécieront rien, je veux qu’ils aient leur propre envie, leur propre destin, leur propre envie de se dépasser.

Transformer une crise en opportunité

– Comment la Covid ça t’a impacté ? Comment ça vous a impacté et quel changement vous avez opéré, je crois que vous êtes très fléxibles chez Feed ?

– Forcément, c’est une surprise, quand ça tombe, tu n’es jamais préparé pour quelque chose d’une ampleur aussi forte et c’est assez négatif, parce que les gens sont en confinement, donc ils ont du temps pour cuisiner. Donc, nous ça a un impact très fort sur nos ventes, comme d’habitude, soit tu vois le verre à moitié plein, soit tu le vois à moitié vide, et nous on a décidé de faire de la Covid une véritable opportunité. Ce n’est pas du tout bullshit si je te dis que la Covid va sauver Feed sur le long terme pare qu’en fait on a repensé en profondeur nos valeurs, notre mission, notre promesse, et comment on devait les atteindre. Donc au final, on s’est posé sur des sujets qu’on avait peut-être un peu trop négligé depuis le début de l’aventure parce qu’on était concentré sur la croissance extrême, les levées de fonds, sans tenir compte des bons vieux basiques essentiels.

– Donne-moi des exemples concrets de changements, ça change quoi ?

– On lance l’aventure en janvier 2017, trois ans après, on est cent, on est présent dans quarante pays, c’est une croissance qui est violent, on a levé beaucoup d’argent, et la réalité c’est qu’on perdu un petit peu cet état d’esprit qui faisait notre force au début, à savoir une équipe de cowboy, de pirate, et on oublie l’essence de ce qui fait la réussite d’une start-up, le travail et l’implication extrême en fait. Et donc, quand je me suis retrouvé confronté à ces soucis, et que j’ai mis le nez dans les dossiers de manière un peu plus opérationnelle parce que j’avais du temps avec la Covid, j’ai réalisé qu’on négociait mal nos contrats, qu’il y a des gens qui ne travaillaient pas beaucoup, et là j’ai dit : « Attends, on va tout reprendre à zéro. » Ce n’est jamais facile et c’est un moment ultra-compliqué de couper des gens que tu as, toi-même recruté, mais je n’avais aucun doute sur le bien-fondé de cette décision. Donc c’était un moment très compliqué parce que tu les coupes dans un moment Covid où tu sais que ça va être difficile pour eux de retrouver un boulot, difficile de se relancer, mais si tu veux sauver la boite, tu es obligé de penser global et de penser aux autres personnes qui vont rester. Donc, la Covid, oui, c’est évidemment quelque chose d’extrêmement difficile, qui va tuer pas mal de boites, je pense.

– Oui, et en plus, il y a un effet en plusieurs temps, c’est-à-dire que les premières boites qui sont impactées direct, Feed par exemple, vous avez été impacté direct mais il y a des business, qui de base ne sont pas impactés, et vont être impactés parce que leurs clients ou leurs fournisseurs vont être impactés, et donc forcément, ça va prendre du temps avant que tous les business commencent à être impactés, l’économie qui peut collapser, quoi.

– Je pense que c’est une vraie chance, pour les pauvres, pour le peuple, que je « représente », je viens du même milieu, donc quand je dis « les pauvres, le peuple », ce n’est pas péjoratif. ce n’est stigmatisant, au contraire, c’est mon milieu d’origine. Mais les pauvres peuvent s’en sortir quand c’est la crise et quand c’est la guerre parce qu’il y a des opportunités qui se créent et les cartes sont redistribuées. Donc, si tu es malin, que tu es déterminé et que tu veux faire quelque chose de grand, c’est le moment où tu peux saisir ton opportunité. À vous de trouver la force le courage d’écrire votre destin pendant cette période compliquée.

Stratégie de l’entreprise de : de la vision à l’action

– Tu parles du verre à moitié vide, du verre à moitié plein, Il y a des personnes qui entendent ça sur le côté « et bien je suis positif », mais dans ce que tu dis ce n’est pas seulement en quoi c’est beau, en quoi c’est une opportunité, en quoi je peux faire quelque chose ? Et pour moi il y a une notion d’action et de mouvement, Ce n’est pas juste que je positive que ça va transfrmer en une opportunité en soi. La Covid si tu ne fais rien, dans le cas de Feed, elle peut te mettre par terre, elle peut te mettre en danger, elle peut te mettre en difficulté, mais c’est de dire : « OK, il y a une opportunité dans la situation, comment on se retourne, comment on l’utilise, comment on pivote ? »

– L’action mène à la stratégie et pas l’inverse. Donc effectivement, il faut être positif et avoir le bon mindset, mais après il faut travailler. Je vois beaucoup de start-up parce que j’ai la chance d’investir maintenant dans des boites et il y en a beaucoup qui viennent avec des business plan de dix pages et qui me disent : « Voilà, en 2025, dans cinq ans, j’ai prévu de faire tel chiffre d’affaires » mais qui n’ont toujours pas rentrer 1 Euro. Moi, je préfère les start-up qui vont se confronter au marché, plutôt que des gens qui vont itérer pendant six mois sur un business model alors qu’ils n’ont pas testé. Il vaut mieux perdre quatre à cinq mois à faire quelque chose à 200% et quand on essaye sur le marché et que ça ne marche pas, et se dire : « bon, et bien, j’ai perdu quatre mois, mais au moins je sais où j’en suis. » Plutôt que de réfléchir comme on t’apprend à l’école de commerce pendant je ne sais pas combien de temps, à faire des BP (Business Plan), qui sont complètement théoriques, tu ne peux pas prévoir l’avenir. Un business plan ne sera jamais comme tu l’as prévu. Feed, on n’avait pas prévu que ça soit comme ça, on n’avait pas prévu ces produits qui fonctionnent, le storytelling, il est venu naturellement au fur et à mesure parce qu’on a réalisé qu’en fait il fallait que le fondateur soit un peu la base de l’histoire et que sa boite soit la transplantation de sa propre énergie, que ça soit le prolongement de son histoire personnelle. Aujourd’hui, je suis convaincu, tu regardes tous les start-ups qui marchent, que celle qui fonctionne, il faut que le message soit ultra-authentique, et parce que les fondateurs ou fondatrices sont impliqués depuis des années dans ce mouvement-là. Feed est la conclusion de plusieurs années de ma vie. Ceux qui ne me connaissent pas vont dire, Feed, c’est des barres ou des boissons. Ils vont voir juste l’aspect produit, mais derrière le produit, il y a une véritable promesse beaucoup plus large qui est presque un combat personnel, et Feed vient être pour moi une arme, un outil de plus pour pouvoir passer ces messages.

– C’est quoi ce message pour toi ?

– Feed, c’est un repas complet, si tu le prends sur l’aspect très produit, mais la réalité, c’est que c’est surtout la preuve par l’exemple que tout est possible. Parce que nous on vient de tout en bas et si on a réussi à nous en sortir petit à petit, et bien, c’est la preuve que toi aussi tu peux le faire, parce qu’on n’est pas plus intelligent que toi. C’est pour ça qu’on met des mots très forts sur le packaging : réussir, oser, entreprendre, … C’est une sorte de coup de motivation au quotidien que tu vas prendre et tu vas te dire : « Moi aussi, je peux y aller. »

– Je pense que ça joue dans la réussite de Feed, c’est tout ce branding-là ?

– C’est sur, et moi j’en suis convaincu. Si vous êtes aujourd’hui un entrepreneur, les clients n’achèteront pas vos produits, ils achèteront votre marque, ils achèteront votre histoire, ils achèteront votre combat, en fait. C’est comme Nike, tu n’achètes pas des fringues Nike parce que tu les trouves belles, tu achètes des fringues Nike parce que tu appartiens à des gens qui font du sport, qui peuvent devenir des athlètes qui vont se dépasser. Et bien, Feed, c’est pareil, tu achètes Feed parce que tu fais partie de ces jeunes qui ont envie de s’extraire, qui n’ont pas forcément les bonnes cartes en main et qui veulent gagner du temps, qui veulent être actifs et qui renvoient un message au reste de la société.

– Imaginons, il y a un entrepreneur qui nous regarde, il dit : « J’ai envie de créer un mouvement, un effet communauté, et il est en B to C, il veut renforcer ça, ça serait quoi pour toi les conseils que tu lui donnerais pour amplifier cet Nike, cet effet Apple, cet effet Feed, dont tu parles.

– Le travail, pour moi, il doit venir de plus loin que sa propre marque, il doit d’abord se poser les bonnes questions en tant que fondateur : qui il est, quelle est sa mission, il est là pour faire quoi dans la vie ? Et c’est hyper-dur de répondre à ces questions. La meilleure chose, c’est de s’entourer, il faut que tu ailles voir ta famille, tes amis, les gens qui te connaissent vraiment et tu leur dis : « quels sont les trois mots clés qui te viennent quand tu penses à moi. » Et il y a forcément un pattern qui va sortir. Moi, c’était tu es déterminé, tu es ambitieux et tu es résiliant. Et on me dit, tu es un phénix, à chaque fois tu chutes, parce qu’aujourd’hui tout le monde parle de Feed, c’est incroyable sauf qu’on ne voit pas tous mes échecs. Mais par contre, je n’abandonne jamais. Et quand je me fixe un objectif, je travaille à 1000%, ces trucs-là, c’est les gens qui me l’ont fait réaliser, et il faut trouver les personnes qui vont vous renvoyer un regard bienveillant pour faire émerger votre authenticité. Et on a chacun notre histoire, parce que ton concurrent il va pouvoir copier tes produits, copier ta communication, mais ton histoire, vu qu’elle est personnelle, et qu’elle t’appartient, même s’il essaye de se l’approprier, il la fera moins bien que toi. Donc, les entrepreneurs, ils doivent se poser, se demander pourquoi ils combattent, et pourquoi la boite doit être le prolongement de ce qu’ils ont fait et de ce qu’ils ont commencé à réaliser dans leur histoire personnelle.

– Tu as regardé « The last dance » de Mickael Jordan ?

– Bien sur ! … J’adore !

– Comment tu te sens quand tu as regarde ça, il est vraiment en mode « je veux gagner à tout prix ».

– il veut gagner, mais il n’y a pas de secret. Autour de moi, quand je vois les réussites, il n’y a pas de débat. Ils peuvent prendre une sorte de côté mignon en interview parce qu’ils n’osent pas aller comme moi dans le dur. Mais quand tu parles avec eux en privé, ils veulent tout eclater. Il n’y a pas de secret, tu es là pour gagner, pour écraser, et ça ne fait pas de toi un mec méchant, un capitaliste, pas du tout. Ça fait de toi quelqu’un de déterminé, de résiliant, d’ambitieux. Cette énergie, elle ne vient que si tu as souffert ou que tu as quelque chose à prouver,

Équilibre entre retours et insctinct

– Dans le parcours de Feed, ça a été quoi pour toi le coup dur le plus violent pour toi ?

– Un qui a été super-dur, c’est un changement de site internet. Tout allait bien sur Shopify pour ceux qui connaissent, on a décidé de passer sur Magento 2 parce qu’il y a plein de gens qui nous disaient vous grossissez trop vite, il faut préparer la suite et on s’est un peu trop projeté, on a été trop loin alors que tout allait bien dans notre business. Du jour au lendemain, il n’y a plus rien qui marchait. Les gens ne pouvaient plus commander online, les gens gueulaient sur le site, L’UX, l’expérience utilisateur était devenue nulle, le château de carte s’est un peu écroulée d’un seul coup, et on a réalisé qu’on n’était pas seulement sur une croissance linéaire, mais qu’il allait falloir se battre, et on a du reconstruire, se reformer, repartir sur Shopify, réinvestir de l’argent, et ne pas se dire : « ce n’est pas parce que j’ai investi 1 million d’Euro sur ce site internet que je dois rester de suer. » C’est complètement contre intuitif parce que quand tu as mis beaucoup d’effort sur quelque chose, tu te dis : « Bon, il faut encore lui laisser une chance, il faut attendre. » Et en fait, le business s’est coupé vite.

– C’est un vrai problème ce côté, « je suis engagé dans un process, ça fait déjà deux mois qu’on est dessus, six mois, on a mis beaucoup d’argent », comment je sais quand arrêter ?

– C’est valable pour l’ensemble des choix selon moi, c’est le « guts feeling » (intuition), c’est-à-dire, ce que tu ressens à l’intérieur de toi ne te trahit jamais. il faut s’écouter, et c’est un des grands conseils que je peux donner aux entrepreneurs ou à n’importe quelle personne qui a envie de réussir : « Écoute-toi et ne perd pas de temps à tenir compte de l’avis des autres ». C’est bien d’avoir du feedback, attention, c’est important, mais quand tu es au stade embryonnaire, quand tu es au stade de l’idée ou que tu es sur un sujet très précis, c’est ton guts feeling qui doit fonctionner. Et malheureusement, même tes très proches ne seront pas des bons conseillers, tes parents ne seront pas des bons conseillers, tes amis ne sont pas des bons conseillers, parce qu’en fait ils t’aiment, donc ils vont vouloir pour toi le maximum de confort, ils vont te pousser à aller acheter ta maison avec un crédit sur vingt cinq ans, à aller prendre un petit CDI dans une boite classique, sans tenir compte de ce qui t’anime vraiment, de ce qui te fait vibrer, alors que tu ne peux être bon que quand tu aimes et que tu prends du plaisir.

– Vous aviez recruté des, employer plein de termes, mais dans une interview, j’ai vu guerriers aussi. Comment les quinze tops premiers talents que tu as trouvé, tu les as trouvé comment ?

– Feeling, encore une fois, gut feeling, on a mis des annonces, assez classiquement sur « Welcome to the jungle » qui est un site assez sympa pour les start-ups, ça permet de fédérer une communauté, et dès le départ tu peux mettre des photos, des vidéos, tu peux créer un ADN, tu vas sur mon Welcome to jungle, il y a marqué guerre, warrior, revanche. Donc les gens qui viennent savent à quoi s’en tenir, donc c’est déjà un premier filtre qui est intéressant. Et puis après, c’est qu’est-ce qui se passe entre deux humains ? L’énergie, les yeux qui brillent, c’est le plus important pour moi. Je n’en ai quasiment rien à foutre de ton CV, de tes skills, si tu arrives avec une mentalité de combattant et que tu me dis on va tout éclater, déjà tu marques des points. Parce que je suis persuadé que l’humain peut évoluer très vite et que quand tu recrutes des jeunes entre vingt-cinq et trente ans, dans tous les cas ils ne sont pas expérimentés, ce n’est pas des séniors, ils n’ont pas bossé dans cinquante boite avant mais ça me plait parce qu’ils sont formattables, et quand je dis « formattable », ça ve dire que ce n’est pas que je veux, moi les manipuler, c’est qu’ils n’ont pas de convenance sociale, ils sont vierges. Quand je leur dis qu’il faut battre Danone, des grands groupes qui font 20 milliards de chiffre d’affaire, ils me disent OK. Quand je parle à un sénior qui a quarante ans et je lui dis ça et il rigole en fait, il croit que c’est une blague.

– Tu as une grosse énergie, comment ça se passe pour ton bord de direction. Ils osent de dire des choses ou pas ?

– Oui, on est hyper-proche, et on a réussi, je pense, à créer un lien qui est assez sain.

– Ils arrivent à te faire du feedback en disant : « Là, tu abuses, … »

– Ils disent : « Je sais pertinemment que la réussite de Feed dépend de nos équipes. » Si tu veux, moi je suis aujourd’hui le porte-parole, je suis un peu le leader de la boite, je mets cette énergie, j’essaie au quotidien de montrer l’exemple, de coacher, mais la réalité, c’est que ce n’est plus moi qui suis dans les sujets opérationnels. Et si je n’arrives pas à créer un lien très fort avec mes équipes, Feed sera un échec. Chaque personne qui a un CDI chez Feed a l’équivalent de quatre ans de son salaire en part de la société, et si on multiplie la valeur par dix, ça équivaudra à quarante ans de salaire. Ce sont des entrepreneurs, moi j’ai zéro salarié, je n’ai que des associés. Et moi je ne me considère pas comme un patron, je me considère comme un leader, un coach qui est là pour pousser vers le haut. mais au final, je suis à leur service plus qu’ils ne le sont pour moi. Et donc, il y a un rapport hyper-franc entre les managers et moi-même, fait que quand ils ont un sujet, ils viennent, ils l’ouvrent, ils le disent. J’essaye toujours de rencontrer les profils pour voir si tout va bien dans leur vie que ça soit perso, business, on est à leur disposition. Il y en a, ils sont en train d’acheter un appartement, on va les arranger, on va faire en sorte de pouvoir supporter les cautions ou de leur arranger un peu le salaire, on est entre pote en fait. Une équipe de sport professionnel, pour rebondir encore sur Jordan tout à l’heure, chacun est à son poste, et parce que chacun est au max de son poste, quand quelqu’un a une faiblesse, comme dans un des épisodes, il y en a un qui fait un match alors qu’il est un peu fatigué, mais les autres sont là pour le supporter, mais ils arrivent à compenser cette fatigue. Et bien, nous c’est pareil, quand il y en a un qui va mal, il faut qu’il le dise, tout le monde va être là pour l’aider et faire un peu de son travail. Et c’est ça qui est exceptionnel, cette agilité et cette énergie bienveillante qui est en interne et ultra-fédératrice et ultra-créatrice.

Recrutement : motivation et potentiel

– À quelle vitesse tu te dis : « Là, en fait, ça ne va pas, il faut qu’on arrête tout de suite. »

– Quand je ne le sens pas, je coupe très vite.

– Les difficultés que je trouve en tant qu’entrepreneur c’est que surtout, tu es dans l’urgence et que tu as un problème à gérer tu peux facilement te dire : « Allez, je prends, parce que c’est mieux que rien, en fait. » Et avec ce raisonnement-là, tu peux vite te créer une entreprise avec plein de profils moyens. Comment tu gères ce truc-là, surtout à la vitesse à laquelle vous voulez croître ?

– Je ne prends que des gens que j’ai confiance à 100%, si j’ai un doute, je ne recrute pas. Ce que j’ai pu observer maintenant avec ma petite expérience pour avoir recruté quand même pas mal de monde, c’est que les entretiens, c’est une vraie base de décision, néanmoins la réalité, elle est sur le terrain, je mets des doubles périodes d’essai, moi, pour tout le monde, je regarde ce qui se passe et si la personne est à 200%, on la garde, si je vois que c’est des skills qui manquent, je la conserve parce que je sais qu’on va lui payer une formation, lui payer un coach, elle va y arriver. Mais l’envie, le courage, la fidélité, la loyauté, ces valeurs qui, pour moi, sont fondamentales, et ça s’explique par l’histoire de ma vie, je ne peux pas passer outre.

– C’est quoi les trucs qui te font dire : « Elle est déterminée, là! »

– C’est du feeling tu vois, il n’y a pas un truc en particulier mais c’est de l’implication de manière globale. Tu vois vite les gens qui sont fait pour réussir et ça c’est ma grande force. Vraiment c’est une chance incroyable quand je parle à quelqu’un je peux immédiatement savoir ce qu’il a au fond de lui et ce qui doit devenir, plus vite que la personne en général. Et j’adore quand je rencontre des profils avec du gros potentiel mais qu’ils ne réalisent pas encore, les pousser, et je ne leur dis pas, parfois je les recrute et je sais que ça va être des personnes incroyables. Au-delà de ton business et de ce que tu as apporté à ta boite comme valeur, tu déclenches un destin.

– Tu as quel style de leadership ?

– Je suis persuadé qu’avoir un regard bienveillant sur toi, c’est la clé de la réussite. Et c’est ce que j’essaies de reproduire au quotidien avec les équipes. Quand je parle avec eux, je veux comprendre ce qui les anime, je veux savoir quel est leur combat. Et il y a des gens, en entretien, qui me disent des trucs de ouf, ils me racontent qu’ils ont été attouchés par leur parents, qu’ils ont une revanche à prendre sur un prof qui les a frappé qui a dit qu’ils n’y arriveront jamais. Des vraies fêlures, et là il n’y a plus de notion de classe sociale, c’est des histoires de vie, quelqu’un a une revanche à prendre. Et là, j’interviens et je l'emmène dans la bonne direction.

– Aujourd’hui, j’imagine qu’il y a du recrutement qui se fait sans que toi tu sois dans la boucle ?

– Je l’ai fait un moment, j’avais une RH et j’ai coupé, parce qu’en fait, on perdait de mon ADN. Tu as posé des bonnes plateformes, expliquer tes valeurs, tes promesses, il y a des trucs que tu ne peux pas expliquer, ton feeling tout au fond de toi, des trucs perso, et quand tu connectes avec quelqu’un c’est de l’humain.

– Vous vous y prennez, justement, à la fois dire, voilà, on est la boite hyper-sexy, il faut venir travailler avec nous, et en même temps, que ça repousse bien correctement ce que tu ne veux pas.

– Il faut être soi-même, il faut dire vraiment ce qu’on a au fond du cœur, même si c’est clivant. Et Feed en sait qu’on est aimé ou détesté. C’est une boite qui est clivante de par son produit et de par son histoire. Et le fait d’être authentique me permet de filtrer les gens naturellement et de savoir que les gens qui vont nous rejoindre, en général, ils ont regardé nos interviews, ils ont écouté nos podcasts, ils ont lu nos articles, ils savent très bien où ils mettent les pieds. Je n’ai pas de souvenir d’avoir en entretien quelqu’un qui me dit « ah mais moi, voilà mes valeurs c’est faire la sieste, je ne suis pas trop ambitieux », non, je n’ai vraiment que des combattants. En France, vu où j’ai grandi, ce que j’ai fait, ce que j’ai traversé, c’est difficile de faire pire que moi. Et si moi j’ai réussi, tu peux le faire aussi en fait. On a créé une fondation qui s’appelle « Feedback » où on va mettre 1% de notre chiffre d’affaires chaque année dans des projets de jeunes qui n’ont rien, qui sont vraiment malchanceux avec le destin. Soit ils sont handicapés, soit ils sont des immigrés, soit ils viennent d’une famille violente, quelque chose qui fait écho à mon histoire personnelle, et ces gens-là on va les aider, les financer, le seul truc qu’on leur demande c’est d’avoir un rêve très fort, très puissant, on ne veut pas un petit truc en mode je veux faire du foot et m’épanouir dans le football, non ! On veut que tu dises : « je veux jouer au Real Madrid, je veux être meilleur que Ronaldo. ». Ça, ça nous excite, on veut des gens qui rêvent grands malgré leur histoire. Et le fait d’avoir mis en plae cette fondation, ça a donné du sens à notre travail au quotidien pour l’équipe, parce que l’équipe quand ils se lèvent le matin, ils comprennent qu’ils ne sont pas là pour vendre des barres, des bouteilles, mais un rêve, un espoir. Donc, c’est quelque chose de beaucoup plus profond, donc ça fédère. En externe, c’est hyper-intéressant parce que c’est du marketing ; au lieu de dépenser de l’argent sur Facebook, on dépense de l’argent pour aider des jeunes et ça nous permet d’expliquer la mission de Feed, donc les gens comprennent qu’en fait quand tu manges du Feed, tu ne fais pas que pour toi ou pas que parce que le cahier des charges est bon parce que c’est végane, sans gluten, sans lactose, tu le fais parce que ça a un impact sur les autres, en plus de te mettre un boost sur le quotidien, et ça a aussi un impact sur moi parce que ça me rappelle d’où je viens. Et il ne faut surtout pas que je m'embourgeoise, et il ne faut surtout pas que je déconnecte de ma réalité. ET quand je vois des jeunes qui sont dans la souffrance, comme je l’étais à l’époque, ça me rappelle et ça me fait une piqure vraiment incroyable en mode souviens-toi pourquoi tu te bats et surtout ne tombe pas dans le luxe et l’opulence, parce que es jeunes vont te dépasser.

Conseil aux entrepreneurs

– C’est quoi, pour terminer, le conseil qui est donné beaucoup aux entrepreneurs qui, tu penses, est mauvais en soi ?

– Ce serait le fait d’être trop théorique, de trop réfléchir à son business plan, d’étudier trop le marché. Évidemment, tu ne vas pas faire un marché qui fait 50 millions d’Euros mondialement où il n’a pas un gros potentiel de sortie. Mais ne passe pas trop de temps à réfléchir, ne passe pas trop de temps à itérer. Teste ton marché ! Et il vaut mieux faire ce qu’on appelle un start-up founder, donc c’est une start-up qui n’a pas vocation à lever des fonds où tu vas faire peut-être que 10 ou 20 millions de chiffre d’affaires, mais tu n’as pas d’actionnaire, tu es tout seul, et tu vas pouvoir verser de grosses dividendes, plutôt que de rentrer sur un marché qui fait des centaines de milliards mais où tu vas devoir lever des dizaine ou centaine de millions d’Euros et il te restera 5% d’equity, après tu es fundraising. donc, le conseil c’est lance-toi vite, fais des business qui te passionnent. Tu n’as pas besoin d’être un expert dans ta verticale, moi typiquement je ne suis pas nutritionniste, ingénieur agro-alimentaire, mais par contre je fais du business depuis que je suis tout petit, je sais comment générer de l’argent, je sais quand un business model est fiable ou pas et ça m’a permis de ne pas me mettre de barrière et de ne pas me dire « ce n’est pas possible de faire un repas si on met dans une barre ou dans une bouteille. » Sois juste passionné, trouve un véritable sens à ce que tu fais, trouves une mission encore une fois, fais en sorte que ta boite soit un outil, une arme pour réaliser tes propres rêves.

Reste positif.
Suis tes intuitions.
Ose attendre tes rêves.

« Croyez en vos rêves et ils se réaliseront peut-être. Croyez en vous et ils se réaliseront surement » Martin Luther King

J’espère que la vidéo t’a plu. En tout cas, ça a été beaucoup de boulot, je souhaite vraiment, que peu importe le regard des autres, peu importe la peur d’échouer, tu fonces et tu ailles réaliser tes rêves. J’ai identifié 6 obsessions contre-intuitives que les gros entrepreneurs ont qui font leurs résultats. Quand je dis gros, je parle d’Elon Musk, Steve Jobs, Jeff Bezos, Warren Buffet. Ces 6 obsessions ont permis à mon entreprise de décoller et ont permis à certains de mes clients de faire jusqu’à fois dix ka même année. Donc si ça te dis, tu as envie de recevoir ça, je te l’envoie dans ta boite mail, clique juste ici et tu vas le recevoir. Fais-le maintenant, car je change régulièrement de vidéos gratuites, Rappelle-toi, cette année c’est notre année et on avance ensemble.

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