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Développer un talent – Lorenzo Pancino

David Laroche : Alors bonjour à tous, ici David Laroche et bienvenue sur mon site AttitudeGagnante.com. Aujourd’hui j’ai la chance d’interviewer Lorenzo Pancino.

Bonjour, ça va ?

Lorenzo Pancino : Bonjour. Ça va David ?

David Laroche : Alors je vais te présenter un petit peu : tu es comédien voix off à l’origine, coach d’animateur radio – entre autre Michael Young, par exemple – et tu es aussi le créateur et le fondateur d’une méthode, une plate-forme en ligne qui s’appelle Le Maxxivoice ; tu pourras nous en dire un petit mot tout à l’heure ?

Lorenzo Pancino : Pas de problème.

David Laroche : Est-ce que tu aurais des trucs à dire pour te présenter plus en détail ?

Lorenzo Pancino :   Pour me présenter plus en détail : oui, je suis un homme (rires).  Quoi de plus naturel en somme. Ça fait maintenant plus de trente ans que j’officie à la radio, la télé, dans les médias. Donc j’ai commencé en 1983, j’étais animateur radio au début de la FM, et puis ensuite j’étais animateur télé ; j’ai travaillé sur les plus grosses FM françaises comme Fun Radio, j’ai fait les gros mornings sur Fun Radio, Skyrock. J’ai connu les belles époques de la FM, un peu plus fun qu’aujourd’hui.

Lorenzo Pancino : Oui, on faisait de gros délire ; j’ai pu faire tous les plus gros délires qu’on peut faire en radio…

David Laroche : Alors que c’est plus réglementé maintenant ?

Lorenzo Pancino :   Oui, disons qu’il y a… Déjà, moi j’étais en morning, donc les mornings sont les plus gros shows de la radio.

David Laroche : Réveiller les gens le matin ?

Lorenzo Pancino : Oui, voilà. Et aujourd’hui on s’aperçoit que c’est toujours les vieux de la vieille qui restent là : les Cohé, les Manu Lévi, tous les gens qui étaient là à mon époque, et finalement c’est très très dur de trouver de nouveaux animateurs qui sont capables de tenir un morning. Parce qu’être un morning man, c’est vraiment ce qu’il y a de plus difficile.  Donc j’ai fait partie de cette belle époque des mornings où on faisait les pires conneries, jusqu’à aller se faire manger par les requins au Bahamas en direct à la radio et …

David Laroche : Et filmer du coup ?

Lorenzo Pancino : Filmer pour Fun TV et Fun Radio. Ou alors rester accroché sur une Ferrari à 230km/h dans le bois de Boulogne.

David Laroche : Toi tu l’as fait ?

Lorenzo Pancino : Oui, oui, sur le capot.

David Laroche : Donc en fait, animateur radio est un métier dangereux ?

Lorenzo Pancino : Oui, non, j’ai voulu que ce soit dangereux, parce que j’adorais le côté adrénaline de la radio, et puis surtout de se dire qu’on est capable de tout faire, à partir du moment où on fait du show. Moi ce qui m’intéressait c’était de faire du show et donc voilà, tous les matins. J’avais une particularité, c’est que j’étais caméléon de la voix, donc quand j’ai commencé dans la radio, j’étais capable de faire plein de voix différences : « Bonjour, bonjour, on me demande des trucs incroyables que tu fais. Ah ah ha » (Lorenzo utilise plusieurs voix). Donc avec la voix, j’étais capable de faire n’importe quoi  et la voix a toujours été pour moi un vecteur d’amusement, de communication énorme, et j’ai travaillé… Et ce qui est rigolo, c’est que ma mère a retrouvé une cassette de moi, une cassette de l’époque.

David Laroche : Tu avais quel âge ?

Lorenzo Pancino :   J’avais cinq ans. J’avais reçu un petit magnétophone et je commençais à faire des voix. Des voix comme de Funès, j’imitais les Vietnamiens, les Blacks, je faisais tout plein d’accents et d’imitations avec une voix de « tout petit enfant ». Donc c’était assez rigolo.

David Laroche : Du coup, ta passion est née à cinq ans ? Quand est-ce que tu as su que tu voulais faire cela ?

Lorenzo Pancino : En fait, quand j’ai eu cinq ans, déjà ce qui est assez rigolo, ma mère m’a dit : « qu’est ce que tu veux faire ? » J’ai dit : « Moi je voudrais voir mon nom en haut d’une affiche et être très connu. » C’est fou ? Et alors ce qu’il y a de fou, c’est que j’ai tout fait pour avoir cette grande affiche 4×3 dans toute la France, que tous les gens me voient à la télé, à la radio, etc. Et le jour où j’ai eu mon affiche 4×3…

David Laroche : Alors il s’est passé quoi ?

Lorenzo Pancino : Il s’est passé un truc assez incroyable, c’est que justement, je me suis dit : « Bon, ça c’est fait. »

David Laroche : Donc du coup, ta vie est finie finalement.

Lorenzo Pancino : Non, pas « ma vie est finie », mais « ça c’est fait. » Donc j’ai kiffé. Parce que tu kiffes quand tu vois ton nom en gros et que tu vois « Lorenzo réveille le matin », tu kiffes grave. Tu te dis « Ouah, c’est génial. » Mais là, je me suis dit : « bon, est-ce que c’est ça l’épanouissement total de ma vie ? Et finalement je me suis aperçu…        

David Laroche : tu avais quel âge du coup ?

Lorenzo Pancino : J’avais la trentaine à peu près, trente, trente-cinq ans. Quand j’ai eu les premières affiches, j’avais trente-cinq ans ; je me suis dit « bon, OK, super, génial. And so what ? Est-ce que je veux aller plus loin ? » J’ai fait des émissions de télé.

David Laroche : Tu étais animateur radio à l’époque ?

Lorenzo Pancino : Radio. J’ai fait après TF1 pour Exclusifs, j’ai fait des chroniques, beaucoup pour M6, pour Fun TV, Disney Channel, Canal J. J’ai fait pas mal de deux petites chroniques, et puis un beau jour, je me suis dit : « qu’est-ce qui me fait kiffer le plus ? C’est de transmettre. »

David Laroche : Transmettre. D’où Maxxivoice alors ?

Lorenzo Pancino : Oui mais d’où Coaching Voix off avant parce qu’avant Maxxivoice , j’ai créé un centre de formation qui s’appelait « Coaching Voix off » ; j’ai eu envie de transmettre ma passion de la voix off ;   mais avant cela, c’est là où j’avais formé Michael Young et j’ai formé Fred de Fred et Omar, plein de journalistes animateurs de la FM d’aujourd’hui, c’était animateur radio, de télé et puis après j’ai formé des voix off qui aujourd’hui sont des voix d’Europe 1…

David Laroche : Alors comment ils venaient à toi à cette époque-là ?

Lorenzo Pancino : Sur Coaching Voix off ? Tout est parti d’un article de presse où j’ai un copain qui était journaliste qui me dit : « c’est quoi la voix off ? Il faut que tu nous parles de ça. » Il fait un article, et là je reçois 500-600 coups de fil de gens qui me disent : « je veux faire de la voix off ». Donc j’ai monté un centre qui s’appelait coaching voix off. Pendant quelques années, on était à Neuilly et puis après on est passé à Boulogne, et puis j’ai eu déjà la vision de me dire : « c’est bien beau de créer un centre de formation, mais si tu crées un centre de formation, c’est localisé sur Paris uniquement » et moi j’avais beaucoup de gens qui m’appelaient de province et même de partout, dans toute la francophonie ; j’ai eu des gens du Maghreb, des Antilles, du Canada, qui me disaient : « mais comment est-ce qu’on peut apprendre ? » Et j’avais déjà la vision….

David Laroche : Donc tu t’es dit, il faut faire un truc sur le monde.

Lorenzo Pancino : Il faut faire un truc sur Internet. Et donc j’ai inventé une méthode pour apprendre aux gens le métier de voix off et aussi de radio donc par Internet. Et donc j’ai inventé une méthode de dingue, parce qu’il faut savoir que la méthode que j’enseigne, c’est la méthode que j’ai éprouvée moi, pendant toutes mes années de carrière.

David Laroche : Depuis 5 ans du coup ?

Lorenzo Pancino :   Depuis l’âge de 5 ans, en gros. Et surtout moi j’ai eu les meilleurs coaches : meilleur coach de techniques vocales, meilleur coach d’art dramatique, meilleur coach en radio, en télé, j’ai eu les meilleurs producteurs, les meilleurs réalisateurs, donc j’ai réuni…

David Laroche : Et qu’est-ce qui fait que tu as eu les meilleurs d’ailleurs ? À partir du moment où tu es connu, tu accèdes aux meilleurs ? Où tu les as eus… ?

Lorenzo Pancino : Non parce qu’en plus j’ai toujours eu cette envie de m’améliorer. Donc quand j’ai décidé d’être animateur radio et voix off, je me suis dit : « si je veux faire partie des meilleurs, il faut que j’aie les meilleurs, donc je me suis payé les meilleurs. »

David Laroche : C’est une clé intéressante que je note : si on envie d’avoir un résultat…

Lorenzo Pancino : Il faut prendre les meilleurs. Il ne faut pas prendre les petits, il faut prendre ce qu’il y a de meilleur. Ça coûte, ça coûte, c’est un investissement. Et c’est marrant parce que tout est lié : cet investissement, ça m’a coûté à l’époque l’équivalent de 400 € par mois ; quand tu démarres, tu vois, quand tu as 20 ans, 400 € par mois pour te former, c’est pas simple. Donc c’est pour ça qu’avec le recul, je me dis que j’ai voulu moi créer dans mes méthodes une formule qui permette aux gens de s’entraîner sans que ça leur coûte trop cher.

David Laroche : Sans que ça leur coûte 400 euros par mois.

Lorenzo Pancino : Et voilà. C’est-à-dire que je me suis dit : « ça ne sers à rien. Moi j’ai emmagasiné un package complet d’expériences, eh bien autant le donner ». Parce que moi mon truc, ce qui me fait kiffer, c’est de voir les gens progresser, c’est de voir les gens réussir. Ça c’est un truc qui m’a toujours fait kiffer. Et aujourd’hui quand tu sais que mes méthodes que j’ai mis des années à expérimenter, et bien elles fonctionnent : en quelques heures, on est capable de prendre mes méthodes et de transformer sa voix, de transformer sa manière d’être, transformer sa manière de parler, sa matière de lire un texte ou tout simplement de parler en public, tu te dis : « ouah, c’est génial ».

David Laroche : D’ailleurs, les célébrités dont tu parlais, quand tu les as eues, est-ce qu’elles avaient déjà débuté ou est-ce qu’elles démarraient ?

Lorenzo Pancino : Elles démarraient. Elles démarraient complètement.

David Laroche : Par exemple Michael Young faisait partie de ces personnes ?

Lorenzo Pancino : Michael Young, je l’ai eu au studio Ecole de France. Le studio Ecole de France qui est la première école de radio en France, moi j’étais prof à cette époque-là au studio école de France, moi j’entamais déjà mes propres méthodes d’entraînement où je faisais répéter, je les canalisais dans leur manière de parler, parce que lui de toute façon, il avait déjà le talent, je ne lui rien appris au niveau du talent ; je lui ai appris à canaliser la structure pour avoir un discours clair et comprendre comment fonctionne la radio et la télé. C’est-à-dire en gros…

David Laroche : Donc là ce que tu dis, c’est que dans le monde de la radio, il y a quand même un monde de ceux qui ont un talent et ceux qui ne l’ont pas mais qui peuvent malgré tout avoir des bons résultats. C’est ça que tu veux dire ?

Lorenzo Pancino : C’est dans la vie de tous les jours comme ça, c’est partout. Que ce soit dans la voix off, l’animation radio ou le business : tu as ceux qui ont le talent. Non, pas le talent mais le don. Parce que le talent c’est un don qu’on a travaillé. On ne naît pas avec un talent, on naît, on a un don et on le travaille. Il y a des gens qui ont un don et qui ne le travaillent pas, eh bien ils ne font rien leur vie.

David Laroche : Oui c’est intéressant.

Lorenzo Pancino : Moi je dis que le don que tu travailles devient un talent, parce que justement tu l’as bossé, tu l’as bossé, tu as eu envie de continuer. C’est ce que j’ai fait : j’avais un don avec les voix, j’avais un don avec l’animation, mais au début l’animation, j’étais pas très bon, j’avais juste un don ; et j’avais envie de transmettre des trucs. J’ai travaillé, j’ai écouté…

David Laroche : Est-ce que tu as travaillé beaucoup ?

Lorenzo Pancino : Ah ouais. J’ai travaillé des heures, des heures. J’ai travaillé des heures : j’écoutais la radio, j’écoutais la télé, j’allais aux États-Unis écouter les radios, je prenais à droite à gauche, je prenais et j’étais le buvard « pa pa pa pa pa ». J’Écoutais, je répétais, j’écoutais, je répétais. Pour ma voix, c’était quelque chose, j’écoutais les textes, je répétais, j’avais deux dictaphones au départ, j’écoutais, je répétais, j’écoutais, je répétais. C’était mon travail de tous les jours, tous les jours.

David Laroche : Ça me fait penser à une interview que j’ai vue aujourd’hui justement de Will Smith. Et le journaliste lui dit : « est-ce que vous vous considérez comme talentueux ? » Alors il rigole, il lui dit – tu la connais peut-être cette vidéo d’ailleurs – il dit : « Non je ne suis pas spécialement talentueux, par contre en gros, j’ai travaillé, travaillé, travaillé, et j’ai forgé une compétence ; quand les autres mangeaient, je travaillais, quand les autres faisaient l’amour, je travaillais, et il continue comme ça avec une liste où en gros, c’est parce qu’il a travaillé qu’il a réussi à avoir quelque chose. Et après il y a plein d’exemples : Michael Jordan qui dit aussi qu’il s’entraînait sans cesse.

Lorenzo Pancino :   Il y a le don. Moi j’ai des exemples typiques d’élèves qui au départ n’avaient aucun don. Mais vraiment je les ai mis derrière le micro, ils n’avaient pas le don, mais seulement ils avaient une niaque d’apprendre, ils avaient une envie telle qu’ils ont travaillé, ils ont pris mes outils, ils ont pris mes techniques, et moi, en formateur, je ne les lâche pas ; je sens que si quelqu’un est opiniâtre, c’est-à-dire qu’il s’accroche, il s’accroche,  je vais te le faire bosser.

David Laroche : Et alors ils sont devenus quoi ?

Lorenzo Pancino : Eh bien aujourd’hui, ce se sont des pros.

David Laroche : Alors est-ce que tu ne crois pas que certaines personnes peuvent avoir un don, mais dû à un manque de confiance ou une petite éducation, que le don soit enfoui, étouffé, et du coup pas visible.

Lorenzo Pancino : Certainement, certainement. Mais de toute façon, moi je reste persuadé que tout le monde a un don. Maintenant il faut le trouver. Mais dans mon domaine qui est l’animation radio, la télé, la voix off, savoir parler en public, tout le monde n’a pas forcément le don, tout le monde n’a pas le même profil pour parler devant des gens. Il y a des gens qui ont des profils extrêmement libérés dès le départ, ils vont parler en public, on n’a même pas besoin de leur apprendre, ils savent déjà raconter des histoires, ce sont des gens qui ont le don de parler, l’art oratoire, ça fait partie d’eux. Maintenant il y a des gens qui sont animateurs radio, qui sont de bons petits animateurs radio, et puis tu as des stars, ceux qui sortent du lot parce qu’ils ont quelque chose ; c’est comme les stars de cinéma, ou de la chanson, il y en a plein de gens qui savent chanter, et puis il y a ceux qui ce qui sortent du lot. On le voit aujourd’hui avec The Voice, dans les émissions ou la Star Ac, etc., on voit des gens qui savent chanter, et puis des gens qui sortent du lot parce qu’ils ont ce petit grain de folie à la Julien Doré. Voilà, lui il avait le don.

David Laroche : Alors pour résumer ce que tu me dis : finalement, tu as un don, tu travailles sans cesse avec de la persévérance, tu travailles, tu copies les autres, tu t’écoutes, tu t’inspires des autres…

Lorenzo Pancino : Attention, un truc important : tu t’amuses !

David Laroche : tu t’amuses, donc dans le plaisir ?

Lorenzo Pancino : Voilà. C’est dans le plaisir que tu progresses. C’est pas dans la souffrance. Moi c’est la base de ce que je dis à tout le monde. C’est plus facile à dire qu’à faire, mais c’est dans le plaisir que tu t’amuses et que tu comprends les trucs et que tu progresses.

David Laroche : Donc rester un enfant finalement ?

Lorenzo Pancino : Voilà. Moi c’est ce que je dis toujours c’est : « amuse-toi comme un enfant, et soit sérieux comme professionnel. » Ça c’est essentiel, parce que l’enfant est insouciant et plus tu es insouciant, plus tu vas au-delà des frontières de ce qu’il faut, et c’est ça qui va faire que tu vas sortir du lot.

David Laroche : Justement on arrive à la question suivante que je voulais te poser : tu es un jeune ambitieux, motivé, tu travailles, tu travailles, t’es dans plaisir et comment tu fais pour te faire connaître ?

Lorenzo Pancino : Et bien tu viens de le dire. Moi je suis chef d’entreprise, j’ai deux entreprises. J’ai un jeune qui vient me voir, il est comme ça : « bonjour, je voudrais un stage » (dit d’une voix molle et peu enthousiaste). OK et puis t’en a un autre derrière qui vient en disant : « bonjour, je suis ravi d’être avec vous, je m’appelle David, j’aimerais vraiment tout apprendre du métier » (dit d’une voix gaie et dynamique). Ouah !

David Laroche : Et là, tu as envie de l’aider ?

Lorenzo Pancino : Ben tu as envie de l’aider, parce que le gars il a la niaque, il a la « grincha ». Il a envie (dit d’une voix espagnole), il a envie : « Mon seigneur, je veux travailler avec vous » et là, tu as envie de l’aider. Moi tous les gens qui sont venus à l’époque de la radio, ou même ici, qui avaient l’envie, la niaque, mais ils réussissent. Après, voilà, c’est la course. Mais tant que tu t’accroches, et que tu crois en ton rêve et que tu t’accroches à ton rêve, et que tu as « l’œil du tigre » comme je dirais, eh bien il n’y a aucune raison  que tu ne réussisses pas parce que justement c’est toi qui vas bosser pendant que les autres ils vont faire la bringue, comme dit Will Smith : c’est toi qui vas continuer de bosser et de bosser. Moi je vois certains de mes élèves qui disent : « Ah mais je ne comprends pas, j’y arrive pas, je ne vais jamais y arriver. »  Et je dis : « OK. Combien de fois est-ce que tu répètes les phrases que je te demande de répéter ? Combien de fois est-ce que tu répètes les sons que je te demande d’écouter à la télé, à la radio ? Combien ? »

« Ben je ne sais pas, je le fais au moins 10, 15, 20 fois de suite. »

Ah ouais ? Moi je l’ai fait des milliers de fois. Je l’ai fait des milliers de fois. J’ai répété un son, je l’ai intégré dans ma tête, et hop, je suis capable de le reproduire instantanément. Ça devient un réflexe instantané. Et aujourd’hui, quand on me demande de lire n’importe quel texte ou de présenter n’importe quoi, je peux le faire, parce que je ne réfléchis plus. En fait, qu’est-ce qui tue l’envie, qu’est-ce qui tue la conviction ? C’est parce qu’on réfléchit, c’est la réflexion qui fait que l’on se coupe de toute l’envie. La réflexion, ça ne te donne pas confiance en toi. Ça t'empêche d’agir.

David Laroche : Donc en fait agir jusqu’à ce que tu puisses agir avant de réfléchir, c’est ça ?

Lorenzo Pancino : En fait, ce qu’il faut c’est réfléchir à ce que l’on veut, visualiser clairement ce que l’on veut, penser vraiment. La réflexion est nécessaire…

David Laroche : Donc du coup on clarifie l’objectif.

Lorenzo Pancino : L’objectif, voilà, on se dit : qu’est-ce que l’on veut ? Qu’est-ce que l’on veut vraiment au fond de soi ? Et on réfléchit pleinement : est-ce que c’est vraiment ça qu’on veut ? Même quand on démarre dans la vie. Un jeune qui veut démarrer, au lieu se dire : « je vais suivre le créneau que m’a dit papa. » Mais non ! Qu’est-ce que l’on pense au fond de soi, qu’est-ce que je veux ?

David Laroche : Ce que l’on a dans les tripes.

Lorenzo Pancino : Et dis-toi que toi aussi tu as quelque chose au fond de toi. Je connais plein de jeunes de 16-17 ans qui disaient : « je ne sais pas ce que je veux faire. » Mais qu’est-ce que tu aimes dans la vie ? Même si tu aimes t’occuper des enfants, je vois que tu es bien avec des enfants. Ben occupe-toi des enfants si ça te fait plaisir. « Ah ouais c’est vrai que ça, ça me fait plaisir… » Et bien voilà, développe ça. Qu’est-ce que tu aimes d’autres ? T’aimes quoi ?

David Laroche : La peinture, par exemple.

Lorenzo Pancino : la peinture ? Peu importe, c’est pas obligé que ce soit de l’art, mais si tu aimes écrire, écris. Mais développe cela, ne t’arrête pas en pleine bourre. Ne t’arrête pas tout simplement parce qu’on t’a dit que tu étais nul.

David Laroche : D’accord, donc là si je résumais, s’il y a un jeune qui nous regarde, et qu’il y a un truc qui le passionne, donc la première chose c’est d’identifier ce qui le passionne. Deuxièmement c’est de travailler, peu importe ce que dit papa, maman, les autres ; de ne pas écouter « tu n’y arriveras pas, c’est bouché. »

Lorenzo Pancino : Il y a deux choses : identifier ce qui te passionne, mais surtout identifier tes forces, tes facilités, et tes dons de départ. Quand je dis tes forces : je te vois, tu es souriant, tu es enthousiaste, c’est une force. Tout le monde n’est pas enthousiaste. Tu vois un autre qui est plutôt réfléchi, il a une super réflexion, c’est une force d’accord ? Si tu es plutôt posé, ne dis pas que parce que tu posé et que tu ne dis rien, ne dis pas que c’est une faiblesse, au contraire c’est une force de pouvoir écouter, d’être posé, d’écouter. Prends en note toutes tes forces, tes facilités. Il y a des gens qui sont plus faciles pour mettre en rapport les gens. Il y en a qui sont plus faciles pour parler, d’autres pour écrire. Voilà, la facilité, c’est-à-dire ce qui ne te prend pas, ce qui ne te fait pas mal.

David Laroche : Pour le coup, ce que tu fais dans le plaisir.

Lorenzo Pancino : Voilà. Ce que tu fais dans le plaisir.  Et puis après, tu as le don. Le don, c’est je suis capable d’écrire, de dessiner, de parler, de faire des voix, peu importe, de faire du cinéma, ça c’est le don. Identifie-les, et même les pires : même je sais faire un œuf, je sais faire la cuisine, j’ai du plaisir à faire la cuisine, même « je sais faire super bien le repassage. » On s’en fiche, l’essentiel c’est d’identifier des forces en soi. Une fois que tu les as identifiées, et bien fais-les grossir, associe-les. L’enthousiasme, la sérénité, la confiance en soi, tous ces petits trucs qui vont faire qu’au bout d’un moment tu vas te construire un caractère, une personnalité. Et ça, c’est ça qui bout-à-bout… Et puis fais-toi aider. Va toujours voir… Regarde, c’est comme ce que tu fais : tu interviewes des gens qui sont des personnalités, ou des gens qui ont déjà réussi dans la vie, et bien c’est ça.  Va voir des gens qui ont réussi. Tu veux être comptable ? Et bien va voir un expert-comptable, il y a toujours papa qui connaît papa qui connaît quelqu’un qui connaît l’oncle etc. qui connaît quelqu’un. On connaît toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un. Joue à ça.

DavidLaroche : Donc il faut se connecter à cette personne pour être en lien avec elle, lui parler, discuter ?

Lorenzo Pancino : Le réseau ! Le réseau doit démarrer. Moi c’est un truc qu’on m’avait dit dès mon plus jeune âge quand j’ai démarré dans la radio c’est : constituez votre réseau le plus rapidement possible, parce que vous connaissez toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaîtra la bonne personne, et n’ayez pas peur d’aller le voir. Je connais très peu de gens, ou alors les gens qui sont trop imbus d’eux-mêmes, qui ne veulent pas transmettre, qui ne veulent pas raconter leur vie, ou raconter ce qu’ils ont fait dans leur vie. Je connais très très peu de gens comme ça. Sauf les gens trop imbus d’eux-mêmes et qui se la pètent un peu trop.

David Laroche : Donc là c’est intéressant ce que tu dis : c’est-à-dire que si tu veux faire quelque chose, tu rentres en contact avec cette personne pour lui demander comment tu as fait ? Est-ce que tu ne pourrais pas partager un petit peu comment tu t’y es pris ?

Lorenzo Pancino : Exactement. Mais sois précis. Demande vraiment ce que tu veux : « voilà je suis aujourd’hui à la recherche… J’aime ça, je suis passionné par ce que tu fais, et j’aimerais que tu me racontes comment tu as fait. »

David Laroche : Et du coup on apprend…

Lorenzo Pancino : Et on note, et on apprend avec humilité. Parce que ce que souvent ce qu’on peut reprocher aujourd’hui à des gens qui veulent démarrer, c’est « je veux tout de suite gagner moi, attention, je fais mes 8 heures et puis basta », parce que les médias ils te balancent dans la tête depuis des années et des années « qu’il faut faire 8 heures de travail, et encore il faut faire 7 heures, et puis il faut faire 35 heures et puis basta ; et attention il y a des règles… » Non. Faut bosser. Il faut être dans son flux comme je dis toujours, il faut être dans son flux. C’est-à-dire quand tu aimes quelque chose…

David Laroche : Tu ne comptes plus.

Lorenzo Pancino : Tu le vois bien toi quand tu travailles par rapport à ton site, tu ne comptes plus les heures, il t’arrive des fois de finir à trois ou quatre heures du matin : « Ah mince il est 4 h du matin ! » C’est ça ! Être toujours dans son flux, dans son envie de faire les choses parce qu’on aime ça.

David Laroche : Et pour le coup, ce n’est plus du travail en plus.

Lorenzo Pancino : Eh non, ce n’est plus du travail, et donc forcément, en retour l’univers te renvoie l’abondance que tu veux.

David Laroche : Ça, c’est excellent. J’ai d’autres questions à te poser par rapport à ton parcours. C’est une question que je pose souvent : est-ce que tu des échecs ? Des choses comme ça que tu considères, où tu te dis : « Ouah… comment je vais faire ? Comment je vais remonter ? »

Lorenzo Pancino : Ouais. Oui, oui, j’ai eu des échecs. J’ai eu des échecs au tout départ dans ma carrière, où je me suis planté, je me suis fait virer de ma première radio qui s’appelait Electrique FM, par un gars qui 10 ans plus tard, je faisais le morning de Fun, et il m’a félicité. (Rires.)

David Laroche : Et avec le recul, pour toi cet échec-là, est ce qu’il t’a servi ? Est-ce que tu considères que c’était une bonne chose finalement ?

Lorenzo Pancino : J’ai trouvé ça injuste, mais ça m’a servi, j’ai eu la niaque encore plus, j’ai eu envie de réussir et de montrer que j’étais capable. Maintenant c’est mon caractère : si je prends une claque, je me relève. Il y en a qui prennent des claques et ne se relèvent pas. Tout le monde n’a pas le même profil pour cela. Maintenant, d’autres [échecs], j’ai eu mon démarrage dans mes sociétés, dans mes entreprises, où je n’ai justement pas réfléchi suffisamment, c’est pour ça que je dis que la réflexion est importante en amont. La réflexion est importante pour poser les choses. Cette notion de vision, je l’ai apprise avec le temps. Je n’avais pas bien fait ma vision. J’étais parti sur un coup de tête, sur une idée, ma première entreprise c’était rigolo d’ailleurs, je faisais des vidéos, j’envoyais des vidéos : c’était des vidéos de strip-tease personnalisé. C’était soft, mais les gens, c’était au tout début de l’Internet, et il n’y avait pas encore l’ADSL, donc ça ne marchait pas très bien. (Rires.)  Donc je n’avais pas pensé à tout cela.

David Laroche : Tu étais un petit peu en avance sur ton temps.

Lorenzo Pancino : Ouais, c’était encore avec les 56K. Donc ça moulinait pas mal…

David Laroche : C’était une super idée qui n’était pas du tout.…

Lorenzo Pancino : Voilà, elle aurait été bien aujourd’hui, d’ailleurs si vous voulez la reprendre, vous m’appelez (rires). Et puis je me suis planté pareil au début de mon centre de formation, où j’ai vu trop grand tout de suite, je n’ai pas fait gaffe au niveau argent et tout ça, mais j’ai beaucoup appris. Avant, je pensais qu’une idée suffisait, aujourd’hui, j’ai compris qu’avoir une bonne gestion, une bonne comptabilité, et ça c’est un truc que je dirais à toute personne qui se lance dans une entreprise surtout, il y a beaucoup de gens qui se lancent à 20 ans aujourd’hui : « faites gaffe à la gestion et à la comptabilité. Il y a des gens qui sont très bons pour ça, ne négligez pas de prendre des gens qui sont spécialisés. Même si cela vous coûte un peu, cela va vous coûter moins cher que si vous vous plantez. »

David Laroche : Est-ce que là il n’y aurait pas une clé de réussite : le fait de déléguer aux personnes qui sont les meilleures dans ce qu’elles font ?

Lorenzo Pancino : Ouais, c’est exactement cela. Si tu ne sais pas faire, ne te dis pas que tu vas pouvoir tout faire. Parce qu’au début ça été mon erreur de vouloir tout contrôler.

David Laroche : « Je peux tout faire, je vais être le meilleur, je vais tout gérer…

Lorenzo Pancino : Voilà. « Je vais apprendre la compta » ouais, mais le problème c’est que pendant que tu fais ta compta, tu ne fais plus tes voix off, tu ne fais plus ton entreprise, tu ne fais plus ce que tu aimes faire, et donc tu es en souffrance.

David Laroche : En souffrance, et donc du coup, une heure que tu passes en voix off, ça une valeur qui est bien plus grande que une heure passée en compta en plus.

Lorenzo Pancino : Exactement.  Alors voilà, c’est pour ça qu’il faut bien réfléchir.

David Laroche : je parle par rapport à toi…

Lorenzo Pancino : Oui, oui par rapport à moi, mais même en tant que formateur, même dans mes centres de formation, si je passe mon temps à faire de la compta, toute l’essence de mon produit, de ce que je suis, je vais être tendu face à mes élèves, donc je ne vais pas être forcément au top. Donc c’est pour cela qu’aujourd’hui, j’ai appris, j’ai pris des tops financiers, des gens qui vont gérer mes tableaux de bord, qui vont savoir comment me dire : « attends, ne paye pas tel chèque tout de suite, fais attention à ça. » Une comptable qui est une bonne comptable, etc. etc. Se faire aider par des gens qui ont l’expertise, pas par des loosers.

David Laroche : Alors là, du coup, quelqu’un qui commence, il va se dire : « mais moi je n’ai pas l’argent, alors il faut déjà que je me forme, j’ai écouté Lorenzo ; Lorenzo il m’a dit qu’il fallait que je me forme avec les meilleurs. » Je contacte les meilleurs, je persévère. Donc il faut en plus, selon toi, se dire : « OK je me paye quelqu’un qui en vaut la peine ».

Lorenzo Pancino : Non, non. T’es pas obligé. Je dis que : pense-le, pense-le vite au début, en effet il y a de très bons logiciels de compta.

David Laroche : Mais dès qu’on va générer un peu d’argent, il faut se dire : « OK, je suis capable de… »

Lorenzo Pancino : Ben ouais, parce qu’en plus au moins un comptable… Aujourd’hui des comptables, ça ne coûte pas non plus excessivement cher. Je pense que quand tu te lances dans une petite entreprise, pour 150 € par mois, tu as un comptable. Si tu te lances dans une boîte, et que t’es pas capable de générer au moins 150 € pour payer un comptable, ne te lance pas (rires.)

David Laroche : Pas tout de suite.

Lorenzo Pancino : Ça ne sert à rien. Parce que si tu ne fais pas au minimum… Enfin si tu crées une EURL, ou une SARL, si tu es en auto entrepreneur, tu peux aller en dessous de 32 000 €, mais si tu crées une SARL, il faut au moins 82 000 € par an. Donc 82 000 €, tu peux mettre 150 €, enfin 2000 € par an dans un comptable. Et je crois qu’il y en a des moins chers encore. Donc c’est au moins une sécurité que tu ne fais pas de conneries. C’est : blinde l’argent. Parce que la trésorerie, c’est ce qu’il y a de pire. Moi au début, la trésorerie, c’est « Yallah ! » Au début, quand tu te lances tu te dis : « ah c’est pas grave la trésorerie. » On ne pense pas à l’URSSAF, on ne pense pas à tout ça. Pense à faire des provisions d’argent et puis à provisionner. Avoir de la trésorerie, c’est ce qu’il y a de plus important dans une boîte. C’est ce que tous les chefs d’entreprise te diront aujourd’hui.

David Laroche : D’accord. Ceux qui y arrivent en tout cas.

Lorenzo Pancino : Ceux qui y arrivent. Ben oui, parce que le nombre de fausses bonnes idées qui se plantent parce qu’il y a des mauvais gestions, c’est terrible. Et donc tu parlais d’échec, j’ai échoué pour cela, sauf que j’ai eu à un moment donné l’intelligence de me faire aider par des gens extrêmement compétents qui m’ont aidé à relever la tête, et surtout j’ai appris d’eux. Et aujourd’hui je fais plus les mêmes erreurs.

David Laroche : Stop !

Lorenzo Pancino : oui, STOP !

David Laroche : Alors merci pour ton parcours. Je te propose qu’on passe un petit peu sur ce que tu maîtrises le plus : la voix.

Lorenzo Pancino :  Yes ! Youpi ! (dit d’une voix d’enfant)

David Laroche : Alors du coup, quelqu’un qui, par exemple, a du mal à utiliser sa voix, quelqu’un qui nous regarde et qui se dit : « mais moi, jamais je ne pourrais utiliser ma voix, j’aime pas ma voix déjà. »

Lorenzo Pancino : C’est pas ça. Parce que tout le monde utilise sa voix, sauf que tout le monde ne l’utilise pas bien. Voilà.

David Laroche : Alors qu’est-ce que tu conseillerais à une personne pour commencer à travailler sur sa voix ?

Lorenzo Pancino :   il y a déjà trois choses. La voix, ce sont les cordes vocales.

David Laroche : C’est un instrument de musique.

Lorenzo Pancino : C’est un instrument de musique, c’est une flûte, avec une corde vocale, si on ne souffle pas dedans, il ne se passe rien.

David Laroche : Il n’y a pas de son qui sort.

Lorenzo Pancino :   Il y a pas de son. Donc en gros qu’est-ce qui fait qu’on a une voix qui sort, c’est parce qu’on a de l’air qui passe dans les cordes vocales, et là on peut, en fonction des cordes vocales que l’on a, on a une voix grave, plus aiguë, ou plus bizarroïde (Lorenzo utilise trois voix différentes pour dire tout cela). Peu importe la voix que l’on peut avoir. Mais tout part de là : du ventre. Donc de la respiration. Si on n’a pas une bonne respiration, on n’a pas une bonne voix. Et ça c’est la base de tout. C’est qu’en gros, même quelqu’un qui n’a pas une tessiture de voix… Moi j’ai coaché récemment quelqu’un qui a ce qu’on appelle « une voix à l’hélium » (Lorenzo imite la voie à l’hélium) « bonjour Lorenzo, comment ça va ? Je suis vraiment content d’être avec toi. » Pas facile. Alors le gars en plus est adorable, il est devenu comédien, il a joué de cela, il a eu beaucoup d’humour, il en a joué, et il est venu me demander des conseils et se faire coacher pour apprendre à utiliser cette voix là et qu’elle soit agréable. Et je lui ai fait comprendre qu’une fois qu’on a maîtrisé sa respiration ventrale, et pas là, pas dans les poumons – on réapprend à respirer comme un bébé – c’est le pouvoir de l’intention. Comme on le dit : c’est l’intention qui compte. En gros, une fois que tu as compris que pour avoir une voix séduisante, même si tu parles comme ça (Lorenzo le dit d’une voix bizarroïde) « bonjour je m’appelle Lorenzo, je suis très content d’être avec toi ». Tu vas te dire au bout d’un moment c’est un peu énervant. C’est fatigant. Mais si tout à coup, je mets une dose de charme et que je me dis voilà t’es une jolie fille, par exemple, ou j’ai envie de te séduire ou de te convaincre, je vais prendre cette même voix, mais au lieu de te parler comme ça, je vais mettre une dose de douceur, et une dose de séduction dans la voix, c’est-à-dire que tout à coup je vais décider de parler plus doucement, et je vais prendre conscience que tout simplement le fait d’appuyer sur les mots différemment, de leur donner un sens différent, et bien tout à coup, la perception que tu avais de ma voix un petit peu désagréable, tout à coup elle devient nettement plus agréable. Parce que tu ne fais plus attention au son de ma voix, mais à l’intention, au ton que j'emploie. Et donc c’est l’intention qui ensuite va donner véritablement l’essence à la voix.

David Laroche : Alors comment on travaille son intention ?

Lorenzo Pancino : Comment on travaille ? Ça passe par la respiration, et ensuite l’écoute. Les gens, à 99%, ne connaissent pas leur voix ; ils n’ont pas conscience du pouvoir de leur voix. Leur voix qu’ils entendent sur le répondeur, généralement ils ne l’aiment pas. Les gens ne l’aiment pas. Pourquoi ? Parce que quand on parle là comme ça, la voix elle part dans l’espace. Si on la fige dans une petite boîte, tout à coup on l’entend, et on se dit : « Ah ! C’est quoi ce truc là ? C’est moi ça ? » Ils ne se connaissent pas. C’est-à-dire qu’en gros, ils ne se connaissent pas. Moi, je m’entends n’importe où, je me connais parfaitement, je sais exactement comment est contrôlée ma voix, comment elle est maîtrisée. Si tu apprends aux gens à maîtriser leur voix en s’écoutant : écouter leur voix plusieurs fois à partir de quoi ? À partir d’une voix professionnelle, ou d’une voix qu’ils ont déjà entendue. Depuis qu’on est né, tu es d’accord avec moi qu’on entend nos parents, et on a répété…

David Laroche : Ce que disent papa et maman.

Lorenzo Pancino : Voilà. Et souvent on se dit « tiens, c’est marrant, l’enfant à la même voix plus ou moins ou le même ton que son papa ou sa maman ». On fait du pur mimétisme. Et ces codes-là, on les a depuis qu’on est né. Et depuis qu’on n’est né, on entend la télé, la radio, le cinéma, on entend des voix à la télé, de présentateur, on a tous ces codes-là enfouis en nous, sauf qu’on ne les a jamais révélés.

David Laroche : Et en plus, moi, la différence que je note, c’est que l’enfant s’amuse à répéter ce que dit maman, et la plupart des gens qui regardent la télé, ils ne répètent pas ce que dit le présentateur.

Lorenzo Pancino : Exactement. Mais ils l’ont en eux. Ils l’ont déjà. Si par exemple je te fais : « bonjour Mesdames et Messieurs, je suis ravi d’être avec vous » (dit d’une voix très monotone.) Et si je te fais : « Mesdames et Messieurs, bonjour à vous tous, je suis ravi être avec vous ! » (dit d’une voix pleine d’énergie). Instantanément, tout le monde sur terre saura reconnaître que le premier est nul et que le deuxième, il est bon. Parce que, il se dit : « Ah lui, c’est un présentateur. »

Si je te donne les codes, et que je te réveille en toi les codes pour te réapprendre tous ces codes que tu as au fond de toi, et que je te réapprends à faire, au lieu de faire : « Bonjour Mesdames et Messieurs » (dit d’une voix monotone.) Et je te réapprends à faire : « Bonjour Mesdames et Messieurs » (dit d’une voix plus dynamique.) Je te fais répéter des dizaines de fois, je te fais répéter un son, comme « repeat after me » en anglais. Et bien au bout d’un moment, ça va devenir un réflexe instantané. Tu vas le répéter comme ça. Et donc, si tu contrôles ta respiration, et que, en fait les musicalités deviennent un réflexe instantané, et que ensuite je t’apprends à utiliser la bonne intention, et il y en a pas 15 000 des bonnes intentions, qu’est-ce qu’il y a comme intention sur terre ?

David Laroche : Je sais pas, l’amour ?

Lorenzo Pancino : Ah ça c’est pas une intention. Ça c’est un sentiment, c’est une émotion l’amour. Non, les intentions de base, c’est quoi ? C’est vendre, donc convaincre ; présenter, je présente quelque chose : « Mesdames et Messieurs, bienvenue sur mon blog, je vous présente Lorenzo » je présente.

David Laroche : le rire ?

Lorenzo Pancino : Ça c’est autre chose, c’est une émotion ça. Non, il y a trois intentions de base : vendre-présenter, expliquer-informer et raconter-narrer une histoire, et la quatrième c’est jouer, jouer la comédie. Mais à partir du moment où tu as ces trois intentions de base : je vends donc je suis : « Monsieur, je vais vous vendre cette souris ! Elle est super, elle est pour vous ! » Je te fais un peu la caricature. Si tu veux présenter : « Mesdames et Messieurs, bonjour, bienvenue à vous tous, je vous présente David ! » Je te présente, mais j’ai toujours ce côté vendeur, d’accord ? Si j’explique : « bonjour, aujourd’hui je vais vous expliquer comment cette feuille de papier est rectangulaire. » Tu vois ? Tout à coup mon ton est beaucoup plus posé, et plus explicatif. Si je vais t’informer : «Mesdames et Messieurs, bonjour, aujourd’hui nous allons apprendre comment David parle avec sa bouche. Vous voyez, sa bouche elle est faite etc. » Là, tu es dans l’information, un peu comme un journaliste. Et puis ensuite tu as la narration. Qu’est-ce que tu fais quand tu fais de la narration ? Et bien, tu te rapproches des gens : « il était une fois une princesse belle comme un cœur, et un prince moche comme un pou. » Tu vois tu te rapproches des gens, pour être plus dans la confidentialité.

David Laroche : Quand tu es devant le micro, qu’est-ce que tu changes concrètement ?

Lorenzo Pancino : Je ne change rien.

David Laroche : Tu te rapproches ?

Lorenzo Pancino : Ça dépend de ce que je fais. Si je vends, si j’explique, ou si je raconte, ou si je joue. En fonction de cela, devant le micro ou devant la caméra, je ne vais pas me comporter de la même manière.

David Laroche : Alors quelqu’un qui travaillerait sur sa voix et – j’imagine que tu as peut-être déjà entendu cela- il te dit : « mais moi j’ai pas envie d’avoir la voix d’un présentateur ».

Lorenzo Pancino : Je suis d’accord avec toi, ce n’est pas avoir la voix d’un présentateur qui est important, c’est d’avoir les codes du présentateur, c’est-à-dire qu’on ne va pas te demander d’être comme le présentateur, on va te demander de garder ta personnalité. Si par exemple tu n’as pas une  personnalité tonique, eh bien je ne demande pas aux gens d’être comme moi, mais ce que je vais t’enseigner, c’est la base de la communication. C’est quoi la base de la communication ?

David Laroche : L’écoute ?

Lorenzo Pancino : C’est le sourire, la conviction que ce que tu racontes, c’est la chose la plus importante au monde. Toi quand tu fais ton blog, tu es persuadé quand tu donnes confiance aux jeunes, quand tu donnes des conseils sur la prise de parole, tu es persuadé de ce que tu racontes.

David Laroche : Bien sûr.

Lorenzo Pancino : Et c’est ça qui fait que ton blog il marche. Si tu apprends la base de ça : sourire, conviction, enthousiasme, c’est la base de toute communication. Même si tu es timide et réservé, tu fais la présentation des oraux, ton oral d’examen : « bonjour je voudrais vous présenter ça » (dit d’une voix molle). L’examinateur n’a pas envie de t’écouter, parce qu’il se dit que : « ouah, ça va être galère. » Alors que si tu fais : « bonjour Monsieur, je suis David, je voudrais vous présenter… » (dit d’une voix dynamique.)

David Laroche : Alors quelqu’un qui est timide, il pourrait dire par exemple : « mais moi, arriver comme ça, en étant les bras ouverts, écartés, souriant, avec enthousiasme, je ne peux pas. »

Lorenzo Pancino : Mais justement, tu pars de ton énergie de base, pas l’énergie haute, puisque toi t’es pas en énergie tonique ; si tu es réservé et timide, au lieu d’être comme ça, déjà tu te relèves, tu prends une respiration la plus basse possible et tu mets un sourire sur les lèvres. C’est possible ça ?

David Laroche : Ça c’est possible.

Lorenzo Pancino : Ça va ? Comme quand tu vas voir ta boulangère, au lieu de faire : « bonjour Madame, je voudrais une baguette s’il vous plaît » (dit d’une voix molle), tu fais : « bonjour Madame, je voudrais une baguette s’il vous plaît » (d’une voix claire, pleine de vie). Tu vois la différence ? Entre le gars un peu exubérant qui dira : « bonjour Madame, je voudrais une baguette s’il vous plaît », ça c’est tonique, le présentateur télé. Et : « bonjour Madame, je voudrais une baguette s’il vous plaît » (dit d’une voix claire et neutre). Qu’est-ce qui empêche quelqu’un de timide de faire : « bonjour Madame, je voudrais une baguette s’il vous plaît » (d’une voix claire et pleine de vie) ?

David Laroche : Est-ce que tu crois qu’en changeant ces trois éléments – la conviction, l’enthousiasme et le sourire – est-ce qu’un timide en répétant cela, il pourrait sortir de sa timidité rien qu’avec cela ?

Lorenzo Pancino : Rien qu’avec cela ? Oui. Alors il faut gagner en conviction. En confiance en soi. La confiance en soi, elle passe déjà par une attitude corporelle, c’est en gros : au lieu d’être comme ça, (les épaules en arrière) c’est se redresser, la tête haute, se redresser, ne pas avoir peur du regard des autres, c’est important, donc pour cela, eh bien, petit à petit chaque jour, déjà prendre une attitude. Ensuite il y a la notion des mots que l’on utilise : « je vais essayer, oh là je ne sais pas si je vais y arriver. » Tout cela, c’est : « non je fais, je fais tout simplement. » Regardez autour de vous le nombre de personnes qui te disent : « ah je vais essayer. » Moi aussi, j’ai des gens qui me disent : « ah je vais essayer de lire ce texte. » Non, tu n’essayes pas, tu le fais. Tu le fais et puis tu ne te poses pas de question. Voilà, ce mot là. Et puis ensuite, se mettre en situation de « up », d’énergie corporelle qui te booste. Au lieu de faire : « pffff », c’est : « allez yes ! » Tu vois ? « Je vais y aller, je vais y arriver, je suis au fond de moi, je sais que je peux y arriver, et je ne pense qu’à ça. Je ne pense qu’à la réussite au lieu de penser à l’échec. » Si on focalise sur sa respiration, on se dit : « j’y arrive, j’y arrive » au lieu de : « je vais y arriver », si on se dit : « j’y arrive, j’y suis » déjà, ça fait monter en soi dans son corps une énergie de conviction. Mais avant de prendre la parole, sur scène, ben tu te fais ça : (inspiration) tu vois tu te fais une petite respiration avant et puis tu te dis dans ta tête : « c’est bon, j’y arrive, je monte sur scène, j’ai la grande banane, je souris, et tous les gens devant moi vont sourire avec moi. » Déjà tu te mets cette image là, tu fermes les yeux, tu te mets cette image là, quand tu arrives sur scène, tu vas voir que les gens ils vont sourire.

David Laroche : Ça change tout. Alors si je résume : l’étudiant il est dans son couloir, le premier truc qui fait, il se redresse, il commence à s’activer un petit peu : « yes, yes ! » pour se monter en énergie, « je vais y arriver » je le répète « je vais arriver, je vais y arriver » je respire calmement, je rentre avec le sourire, je suis enthousiaste, je suis ouvert.

Lorenzo Pancino : Sans forcément un gros tonus. Juste « je suis ouvert ». Tout simplement, je suis ouvert.

David Laroche : Une respiration, « ça le fait, ça le fait, je vais leur propager mon sourire, et je démarre ».

Lorenzo Pancino : Parce que le fait de respirer, ça va te libérer ton cerveau. Souvent, qu’est-ce qui fait que dans le cerveau on a l’impression d’avoir tout oublié, c’est parce qu’on a coupé la respiration, on est plus oxygéné. Si tu respires par le nez, ou par une respiration ventrale, tu vas ré-oxygéner ta colonne d’air, et tu vas être plus à l’aise. Tout simplement.

David Laroche : Ben du coup, expérimentez si vous avez un oral.

Par exemple, quelqu’un qui est formateur, il est à l’aise avec sa voix, il l’a écoutée, il l’aime bien, il est habitué avec cette voix là, il a envie d’avoir de la puissance ; par exemple il passe sa journée à faire des formations, et à la fin de la journée il n’a plus de voix. Comment il gagne en puissance dans sa voix ?

Lorenzo Pancino : On gagne en puissance avec, à la base, la respiration. Plus on va avoir une respiration basse, plus on va prendre conscience du poids que l’on a là – tout est là – plus sa respiration est contrôlée, plus on a de l’assise. C’est-à-dire que si tu contrôles et je te pousse, normalement il n’y a aucune raison que tu bouges.

David Laroche : A partir du moment où je respire bien…

Lorenzo Pancino : Voilà. Et un exercice que je vais faire à pas mal d’élèves qui est le « a, e, i, o, u ». Tu commences par  : « a, e, i, o, u »

David Laroche : Je vais faire une vidéo.

Lorenzo Pancino : Et ensuite tu tiens la note : « aaaaaaaaaaaaaaaa » (ton montant), jusqu’au bout.

« eeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee » et « iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii » etc. « o », « u ». Tu tiens la note, le plus loin possible. Tu vas voir que d’ailleurs si tu le fais en faisant « aaaaaaaa » (ton descendant, en forçant), tu tires sur les cordes vocales. Le truc que je donne à tout le monde, ça c’est très important, si vous voulez avoir du poids, ne parlez pas en inspirant ; parlez en expirant.

David Laroche : Pour cela il faut inspirer avant alors ?

Lorenzo Pancino : Ah non, justement. Parce que tout l’air dont tu as besoin est dans ton corps. Tu n’as pas besoin de faire (Lorenzo prend une inspiration forcée) pour parler. Parce que regarde quand tu fais cela, qu’est-ce qui se passe ? Ce sont tes poumons qui se remplissent et tu es déstabilisé.

David Laroche : Donc il faut vider un petit peu avant ?

Lorenzo Pancino : Non justement. Regarde : là on parle là, est-ce que tu  as l’impression que tu prends des grosses respirations ? Même pas. L’air est en toi. Tu as tout là sauf qu’il faut amener tout l’air que tu as dans le bas du ventre qui est stable ; et là tu t’apercevras que très régulièrement, moi j’ai mon ventre qui fait « pouf, pouf. » Comme un bébé qui peut crier pendant des heures et des heures sans se péter la voix. Et bien c’est ça, il faut apprendre cela. Si déjà, vous avez cela, les cordes vocales vous ne tirez pas dessus. Alors bien-sûr, si tu parles pendant des heures, à un moment donné, tu es fatigué. Il y a la fatigue, faites attention à l’alcool, etc., dormez, dormez aussi.

David Laroche : Alors tout à l’heure, on parlait d’animateur radio, tu disais qu’il y en a qui sont très bons. Il y en a qui vont briller. Qu’est-ce qui fait un bon animateur radio ?

Lorenzo Pancino : C’est comme le chasseur. Qu’est-ce qui fait la différence entre un bon chasseur et un mauvais chasseur (dit avec un accent belge) ? Et bien il y a les bons chasseurs, et il y a les mauvais chasseurs (rires). Il y a les bons animateurs… Qu’est-ce qui fait la différence entre un bon animateur radio et un mauvais animateur radio, je dirais que c’est l’animateur radio qui ne pense qu’à lui, qui ne pense plus aux auditeurs, qui ne parle plus aux auditeurs. Celui qui ne parle plus aux auditeurs est un mauvais animateur ; celui qui est formaté justement à parler, à dire : « dans un instant on va retrouver ça et ça. » Ça ne sert plus à rien. Un bon animateur, c’est quelqu’un qui va s’intéresser aux gens.

David Laroche : Il est dans le lien en fait ?

Lorenzo Pancino : Il est dans le partage, dans l’envie, dans la générosité. Pour moi, que soit comédien, animateur télé, si tu es dans la générosité, et même dans ta vie de tous les jours, si tu es dans la générosité, il ne peut rien t’arriver, même si tu butes, même si tu chmeurfe, les gens ne t’en veulent pas, parce que t’es là, t’es présent, t’es sincère.

David Laroche : Alors du coup, j’ai une question un peu personnelle à te poser : il m’est arrivé d’avoir à intervenir sur des Web radios, moi qui suis habitué à être en conférence dans le lien avec les gens, ça m’a fait très bizarre de n’avoir plus aucun feed-back. Quelle astuce tu pourrais me donner pour être plus à l’aise ?

Lorenzo Pancino : C’est-à-dire, en Web radio, tu parlais tout seul ?

David Laroche : Alors je parlais tout seul.

Lorenzo Pancino : Ah oui, tu étais animateur, speaker.

David Laroche : J’étais animateur, je devais parler de « comment fixer son objectif » donc avec bien-sûr une introduction, pourquoi c’est important.

Lorenzo Pancino : Comme une chronique en gros ?

David Laroche : Comme une chronique d’une demi-heure et j’étais un petit peu déstabilisé vu que je n’avais pas les regards des gens pour savoir s’ils m’écoutent, savoir si je vais trop vite, trop lentement, en tant qu’animateur radio on n’a pas de feed-back, comment on fait ?

Lorenzo Pancino : Comment on fait ? Et ben c’est très simple, c’est que tu t’imagines toujours que ton micro, les gens qui sont derrière ton micro – ça c’est le secret du truc – tu t’adresses toujours à une personne. Tu t’adresses à cette personne-là, même si elle ne te regarde pas, tu l’imagines. Alors ça peut être un truc, ça peut être d’avoir une petite photo en face de toi de ta petite amie, de qui tu veux, et tu lui parles comme si c’était ton auditeur.

David Laroche : D’accord tu ne parles pas à 10 000 personnes…

Lorenzo Pancino : Non. Jamais en fait, c’est le truc. Tu ne parles jamais à 10 000 personnes, et d’ailleurs le petit secret même en prise de parole : quand tu es face à une salle, au lieu de regarder tout le monde qui peut t’impressionner, et bien sers-toi toujours du regard ami, du premier regard ami qui va te sourire dans la salle, regarde-le, souris-lui, parle-lui, et ensuite tu changes, tu vas en voir un autre.

David Laroche : Quand tu dis le regarder, c’est vraiment qu’il y ait une vraie connexion.

Lorenzo Pancino : Ah ouais. Une connexion dans les yeux, tu le regardes dans les yeux, et tu lui parles comme on fait là. A la radio, c’est la même chose. Imagine-toi la personne qui est derrière son poste, et tu lui parles à elle.

David Laroche : Comment tu sais si au niveau du débit, tu es trop haut ou pas.

Lorenzo Pancino : Ça c’est la technique. Ça s’apprend. C’est ce que j’enseigne (rires).

David Laroche : Du coup il va falloir que je te pose des questions. Tu as répondu à toutes ces questions. J’ai entendu que récemment tu as travaillé pour un film. Comment ça se fait ? Comment t’est venue l’idée, puisque c’est la première fois que ça arrivait ?

Lorenzo Pancino : C’est-à-dire qu’il y a Alain Chabat qui a demandé pour le Marsupilami à ce que je fasse plusieurs voix dans son film.

David Laroche : il te connaissait ?

Lorenzo Pancino : On se connaissait de nom ; on ne se connaissait pas forcément bien, mais j’ai quelqu’un qui lui a rappelé mon souvenir, et puis on m’a appelé, et puis il a commencé à me demander de faire une voix,  celle du perroquet au début du film qui se prend un doigt par Djamel (rires) et puis après il m’a demandé de faire une autre voix de bandes-annonces qui le présente, Dan Geraldo, dans son film et puis, une autre petite voix. Voilà, ça a été un plaisir immense de travailler avec un Monsieur aussi génial que Alain Chabat, parce que moi, déjà à la base j’étais fan

David Laroche : Moi aussi, je l’adore.

Lorenzo Pancino : Quand tu te retrouves face à Alain Chabat, même si tu as toute ton expérience, que tu es un professionnel, tu te retrouves comme un gosse face à Alain Chabat, parce que lui-même est toujours un gosse, et qu’il a cette grande humilité d’être toujours le même ; c’est le même dans les films, c’est le même dans la vie, et il n’a rien à prouver ; c’est un mec qui s’amuse tout le temps. Une grande, grande expérience. J’ai appris beaucoup en 4 heures de doublage avec lui.

David Laroche : C’était la première fois que tu faisais des petits sons comme ça pour des films ?

Lorenzo Pancino : Non, non. J’en avais déjà fait. J’ai fait beaucoup de CD-ROM, des jeux vidéo, beaucoup, mais bon, après j’ai dû focaliser mon attention… J’ai fait beaucoup de pub, beaucoup de bandes-annonces, mais les films, ça n’a pas été mon cheval de bataille. Je l’ai souvent fait quand on m’a demandé en fait.    

David Laroche : Donc là ce qui est intéressant c’est que, le fait que tu aies percé dans ton métier, maintenant c’est plus à toi d’aller voir les gens, c’est les gens qui viennent à toi.

Lorenzo Pancino : Oui. Aujourd’hui, ça a été le grand plaisir, c’est qu’aujourd’hui je ne vais plus démarcher, en tout cas en ce qui concerne la voix off, je ne vais plus démarcher, mais c’est surtout aussi que j’ai laissé de côté le métier de voix off. C’est-à-dire que ce n’est plus mon activité à 100%. Avant il y avait la radio et la voix off. Moi c’est un de mes secrets que je donne à des gens qui veulent démarrer, c’est toujours avoir un projet d’avance. C’est-à-dire que quand j’étais animateur radio, je faisais des voix en parallèle pour doubler mon salaire, et voire le tripler. Quand j’étais voix off, j’ai monté une boite pour avoir un salaire supplémentaire au cas où. Quand j’ai fait cela… J’ai toujours un pion d’avance, voire deux, pour pouvoir être tranquille. Et aujourd’hui, la voix off ce n’est plus mon activité principale.

David Laroche : C’est pour le plaisir du coup.

Lorenzo Pancino : Voilà, ça devient presque mon plaisir, quand je suis la voix du Diner presque parfait, ça me fait plaisir, c’est sympa, en plus, on gagne sa vie avec, mais j’ai d’autres projets. Aujourd’hui, je préfère me consacrer à Maxxivoice, qui est beaucoup plus un projet d’épanouissement personnel énorme, parce que je vais toucher tout le monde, parce que c’est la communication orale, la prise de parole, savoir mieux s’exprimer, ça touche tout le monde, tous les secteurs, et surtout, mon grand projet, c’est d’aider les enfants à mieux s’exprimer dès leur plus jeune âge.

David Laroche : Excellent. J’ai une vraie question à te poser par rapport à ton parcours d’entrepreneur. Tu disais que tu étais sur deux projets à la fois. Est-ce que tu penses que faire plein de choses par exemple, vouloir multiplier les sources de revenus avec 4-5 sources de revenu, c’est une mauvaise idée de faire cela ?

Lorenzo Pancino : Tu sais que t’es très intelligent toi ? Il est bon. Je ne veux pas dire, mais il est bon. T’as tout à fait raison, c’est mon type de personne, j’ai du mal à m’arrêter. C’est à dire que moi je suis un créatif, donc j’ai toujours une idée d’avance sur tout le monde. T’as tout à fait raison, à un moment donné, il faut savoir dire stop, et se consacrer à un projet et creuser le projet jusqu’au bout. Parce que moi ce que je te disais, c’est surtout d’avoir un projet d’avance, pour ne pas être tributaire d’une situation. C’est à dire que quand j’étais animateur radio, avec un mauvais sondage, on pouvait te virer. Voix off : s’il m’arrive un truc à la voix, qu’est-ce que je fais ? Donc, c’était surtout dans ce cadre là.

David Laroche : C’est comme un sportif qui commence à monter sa marque.

Lorenzo Pancino :   Exactement, donc c’est d’avoir toujours un truc à côté qui te permet de ne pas être à la rue. Et donc, je suis d’accord avec toi qu’à un moment donné, moi aussi, je me suis dispersé, j’ai fait beaucoup de choses, et cela m’a justement un peu éparpillé, et on a une tendance souvent à négliger forcément deux ou trois projets quand on s’éparpille. Donc tu as tout à fait raison.

David Laroche : Et bien merci beaucoup pour toutes ces réponses Lorenzo.

Lorenzo Pancino : Je t’en prie David.

David Laroche : Je vous invite à aller sur son site Maxxivoice.com, avec deux « X » il me semble.

Lorenzo Pancino : Et justement, s’il y a beaucoup d’étudiants, on sort justement une méthode pour la préparation des oraux, qui permet justement d’apprendre à gérer son stress, maîtriser sa voix et être plus à l’aise et plus captivant.

David Laroche : Et bien, en dessous de la vidéo, vous trouverez un lien, deux liens du coup, pour ta méthode Maxxivoice.

Lorenzo Pancino : Avec grand plaisir, merci David. En tout cas, c’était un vrai plaisir.

David Laroche : Merci beaucoup à toi. 

Lorenzo Pancino : Bravo.

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