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Devenir plus PRODUCTIF & consacrer plus de temps à vos RÊVES – La méthode Jean de la ROCHEBROCHARD

Le monde n’a pas besoin de toi, toi et moi on disparaît demain. Dans trois mois, tout le monde nous a oubliés. Il faut que je trouve quelque chose sur lequel, tu vois, je peux me dire : « Ma valeur restera là dans 10 ans. »

Tu te mets beaucoup de pression par rapport à la routine que tu as fixée, c’est une recette de malheur.

Ma femme était enceinte d’un troisième enfant, on n’avait pas d’argent de côté, je savais que The Family n’avait pas de quoi me payer à trois mois après. On avait un appart, un emprunt sur le dos, je quittais un job dans lequel ma courbe de rémunération était en croissance.

La réalisation personnelle est mille fois plus importante que tout le reste. Le piège qu’on a, c’est que …

J'emmène mon fils à une compétition d’escrime et en arrivant là-bas, il y a un parent qui dit à son enfant : « Chéri, tu sais l’important, ce n’est pas de gagner hein, c’est de participer. » Je regarde mon fils et je dis : « Alors en fait, ce n’est pas exactement ça le sujet. » Bien sûr que tu viens avec eux, c’est essentiel de participer, mais si tu ne viens pas pour gagner, pourquoi tu viens. Il faut que tu viennes pour gagner. Il y cinquante gamins, tu as quarante-neuf chances sur cinquante-deux de ne pas être premier et ce n’est pas grave, d’accord, mais put*in donne ton max quoi, viens te battre. Moi je vais passer cinq heures à faire mes emails à te regarder – toi tu as des compètes toutes les 20 minutes, ce n’est pas pour te voir faire pic pic comme ça, tu vois. Il faut y aller quoi et gagner ce n’est pas grave et l’envie de gagner, il la faut.

– Ton métier, je le connais peu en réalité, alors je le connais de ce que tu fais dans la théorie, mais j’aimerais que tu me décrives un peu plus : qu’est-ce que tu fais, et surtout ce qui m’intéresse, c’est ce que tu adores, qu’est-ce que tu aimes dans ton métier, est-ce que tu sembles vraiment passionné ?

– Je m’occupe d’une partie d’un investissement de Xavier Niel, le fondateur de Free. On a deux missions, la première qui est d’investir dans une centaine de start-ups par an et on met des tickets de 150.000 euros par start-up. Aujourd’hui, ça représente un portefeuille de 900 boîtes, systématiquement, des boîtes Tech, du digital. Et puis après, on a un autre point d’activité qui sont des boîtes dans lesquelles on va investir entre deux et cinq millions d’euros à peu près, mais là ce sont des boîtes dans lesquelles on pense qu’elles peuvent transformer leur industrie et valoir au moins dix milliards au moment où on va les revendre où elles vont se coter ne bourse et là on n’en fait que deux, trois par an. Ce qu’il faut en trouver des boîtes dont on pense qu’elles peuvent devenir ça. Et ça, on en a maintenant une petite dizaine.

– Tu as des exemples de boîtes qu’on pourrait connaître ?

– Dice : qui permet de découvrir et de booker des tickets pour les événements live que tu vas adorer les concerts, et pour ça il se connecte à ton spotify ou à ton apple music, il détecte automatiquement les artistes que tu aimes ou les artistes proches que tu pourrais aimer. Et donc ça te permet de découvrir d’acheter les tickets. C’est une des start-ups dans laquelle on a investi le plus d’argent et pourtant quand on a présenté la première fois, donc c’était Tony Fadell, le fondateur de Nest qui a créé l’iPod et l’iPhone aussi, il me dit : « Il faut absolument que tu ailles voir Phil le CEO de Dice, tu vas voir c’est incroyable. » Je dis : « Mais, moi, jamais de la vie, je mets de l’argent dans une boîte de ticketing. C’est mort. » C’est ch**ant à mourir comme marché. En fait, c’était passionnant. Et je pense que ça a le potentiel de devenir aussi gros qu’un Netflix sur son marché.

– C’est la boîte qui te passionne, ce sont les entrepreneurs, c’est quoi te plaît le plus ?

– C’est systématiquement l’entrepreneur avec l’angle avec lequel il voit et il exécute son business. C’est toujours une question de perception. Et d’ailleurs tu vas à un dîner, si tu prends deux personnes qui ont le même savoir, c’est la manière dont il raconte son savoir qui change. En réalité, n’importe quel savoir peut-être intéressant s’il sait bien raconter. Et là, c’est la même chose dans l’investissement, tu rencontres des gens qui arrivent à te tirer vers leur passion, vers ce qu’ils sont en train de faire et qui te passionne. Et moi, c’est pour ça que je fais ce métier-là parce que la décision d’investir et l’investissement ça se fait super rapidement. Ce n’est rien et puis tu sais quoi, tu fais un virement, tu récupères des parts de l’entreprise, techniquement, c’est ch*ant à mourir, ce n’est pas que ça n’a aucun intérêt, mais prenons l’exemple de Zenly : une boîte qu’on avait financée dans lequel on a mis trois millions et demi, on a fait presque dix fois la mise, en 18 mois, histoires extraordinaires dans laquelle personne ne croyait, qui a très bien fonctionné. L’entrepreneur est devenu un ami très proche, un garçon incroyable. Le succès de Zenly en soi, il se dissipe très vite. Mais par contre, l’amitié avec Antoine, elle, elle est là pour des décennies et c’est ça qui est important.

3 CLÉS POUR ÊTRE PLUS PRODUCTIF

-La productivité, on l’entend souvent uniquement dans le côté abattre des centaines de tâches et de plus en plus, il y a cette idée aussi de trouver de l’oxygène dans ta vie.

-Ça, c’est vrai.

-Et donc, j’aimerais ta vision de ce que c’est la productivité et un peu les trois choses que tu as changé dans ta vie, qui, aujourd’hui, tu dis : « vraiment, heureusement que je le mets en place. Ça m’aide vraiment. »

-La productivité n’a de valeur que si ça te permet d’avoir un équilibre de vie. C’est juste pour abattre des centaines de tâches 15 heures par jour, ça n’a aucun sens quoi. Quand je suis arrivé en 2015, quand j’ai commencé à bosser avec Xavier Niel, on était avec ma femme, on avait déjà nos trois enfants. On avait toujours cette règle que moi je suis à la maison le soir 19 heures, 19 heures 30 tous les soirs. Et le problème, c’est qu’au moment où j’arrivais chez Kima, je me suis retrouvé avec des centaines d’e-mails et en fait tu es complètement débordé par ça. Et j’ai peut-être de la chance que le paradoxe qui, moi, me nourrisse, c’est que j’ai une déficience énorme à l’autorité. Et tout d’un coup, ce jour-là mon agenda a eu l’autorité sur moi. Ça m’a rendu – mais dingue. J’ai commencé par changer de manière incrémentale certaines petites choses. J’ai arrêté les rendez-vous le matin, pour être productif. Puis après, les rendez-vous d’une heure, je me suis rendu compte, c’était un peu long, je vais changer en 45 minutes, c’était un peu long aussi. Je vais changer en 30 minutes. Puis après, je me suis rendu compte qu’au bout de cinq meetings, j’étais moins efficace, moins percutant. Donc, la valeur que j’apporte aux gens était moins bonne, donc j’ai diminué le nombre de meetings. Je me suis rendu compte qu’il y avait des urgences qui arrivaient, que je n’arrivais pas à traiter. Donc, j’ai mis des plages horaires libres que je ne remplis qu’à la dernière minute. Et en fait, toutes ces petites améliorations incrémentales, même si moi je suis un garçon qui est bordélique, peu discipliné de nature, voire inconsistant, ça m’a quand même permis de trouver un certain équilibre. La première chose que j’ai faite, c’est que je me suis créé des routines et des routines que je respecte, mais avec une certaine souplesse et c’est vraiment cette notion de pression, d’estime de soi, etc. tu te mets beaucoup trop de pression par rapport à la routine que tu as fixée, c’est une recette du malheur quoi, parce qu’en fait tu passes ton temps à être fouetté de ce que tu n’as pas fait. Moi, tout le temps, j’accepte que les choses ne sont pas faites et tu regardes autour de toi et le monde ne s’arrête pas de tourner. Et d’ailleurs, le monde n’a pas besoin de toi, toi et moi on disparaît demain, dans trois mois, tout le monde va nous oublier.

– C’est clair.

– Donc la première chose, c’était direct parce qu’on a un périmètre de temps, mais dans ce périmètre, il faut savoir si on est dedans ou dehors, est-ce que tu es en maîtrise ou est-ce que tu es en perte de contrôle. Et déjà, ne serait-ce que cette notion de « je suis dedans, je suis dehors », ça te permet de voir si – en fait tu n’es jamais trop dehors. Du coup, donc pour ça, ça a été super utile. La deuxième chose que j’ai faite que j’ai beaucoup apprécié, c’était de me mettre au vélo, pour balader dans Paris, pour être en rendez-vous en rendez-vous et de marcher beaucoup, ça fait réfléchir, c’est bien. La troisième chose, ce serait probablement la prochaine chose qu’il faudrait que je fasse.

– Ce serait quoi ?

-Ce serait nourrir ma patience, c’est un truc, je n’ai pas du tout, moi j’ai une impatience maladive. Ce n’est pas juste tu es impatient que les choses se passent, c’est en fait ton impatience te rend indisponible aux autres, tu ne reçois pas l’information complètement parce que tu es déjà en train de penser au prochain truc ou à l’information qu’il t’a donné avant ou essayer de la traiter. Donc tu vas être dans le moment, donc tu vois être dans le moment, c’est essentiel.

– Comment tu vas t’y prendre pour bosser là-dessus ?

– Moi, je suis un contemplateur, donc de temps en temps, je peux me poser, et ne rien faire pendant un quart d’heure. J’adore.

– Donc, là tu y arrives ?

– Oui, mais comment est-ce que tu es dans le moment quand tu es avec les autres ? Moi, être dans le moment avec moi-même ça marche très bien, je sais ; mais c’est dans le moment avec les autres. Et d’ailleurs, la formation de coaching que je fais à INSEAD est très utile pour ça parce que le coaching, c’est ta capacité …

– À être présent avec l’autre

– À être présent avec l’autre pour que cette personne ait elle-même chercher les réponses pour qu’elles soient moteur pour elle, tu vois. Ça, c’est un bon exercice.

– Avec tes enfants, tu arrives à être présent ?

– Non, pas suffisamment. Pour être totalement honnête, ma fille est une pipelette, mais inarrêtable, mais inarrêtable et c’est une blague à la maison. Tu la mets dans la baignade, tu peux avoir deux heures dans la baignade, elle va parler deux heures non-stop-, mais de truc, mais je ne sais pas où elles trouvent tous ces sujets.

– Tu as l’enfant parfait pour te faire bosser en tout cas.

– On a des personnes dans la maison, tu vois. Notre aîné, c’est un artiste, il adore dessiner, créer, etc. Notre second, c’est plutôt un ingénieur quoi, matheux, il regarde tous les systèmes et tout. Et notre troisième, on dit que c’est la CEO parce que c’est la leader quoi. Elle décide et elle ne lâche rien tant qu’elle n’a pas gagné. C’est un truc de malade. Et je ne suis pas assez présent avec eux, après ils sont jeunes et il y a plein d’excuses, mais c’est difficile de garder de l’attention quand tes enfants te parlent de Minecraft ou Fortnite pendant 45 minutes, tu vois. Tu entends … j’ai dix minutes, tu sais chéri, Fortnite, ça ne m’intéresse pas. Je t’autorise à jouer une demi-heure ici une demi-heure là parce que je ne suis pas un papa castrateur », mais en réalité tu te rends bien compte que je m’en fous quoi. Parle-moi de tes copains, parle-moi de tes devoirs, parle-moi de tes aspirations, parle-moi de tes questions métaphysiques, parle-moi de tes peurs, enfin de n’importe quoi. Et en fait, c’est leur truc…

QUAND « MÉTIER » RIME AVEC « PASSION »

– Toi, pourquoi tu fais une formation de coaching aujourd’hui ?

– A l’origine, c’était parce que j’avais la frustration d’échanger avec des entrepreneurs et avec des quelques – je créais rapidement des relations sur lequel je suis capable de détecter quelques signes faibles, mais pour lesquelles j’ai l’impression que ma valeur s’efface très vite. Et donc tu as un syndrome de l’imposture qui grandit à mesure que ton portefeuille de boîtes grandit.

-Tu voulais maximiser ton impact.

– Oui, sachant que je n’ai pas d’expérience opérationnelle. Donc moi, je n’ai pas monté de boîte, enfin j’ai monté une boîte de conseil quand j’étais jeune, mais « ça ne compte pas », je n’ai pas monté d’équipe. Il n’y a pas un sujet sur lequel je suis obsédé, sur lequel je suis très bon, en fait je suis un bon généraliste, tu vois. Je me suis dit : « Il faut que je trouve quelque chose sur laquelle je peux me dire : « Ma valeur restera là dans dix ans ». Et le coaching, c’était ça parce que comme on le dit en coaching : « Ce n’est pas le coach qui fait le job, c’est le coaché. »

– Le fait d’aimer le coaching et la psychologie, je vois bien que chacun a son système de valeur, chacun a ses rêves, on est tous très différents et là on rentre un peu dans une ère où « si tu n’es pas entrepreneur, tu as un problème, » quoi, presque. C’est quoi justement ta vision entre le salariat, l’entrepreneuriat aujourd’hui, demain pour toi, enfin ça m’intéresse d’avoir ta lecture.

– Moi je suis persuadé que c’est un sujet de passion. En fait, si tu t’assois à table avec n’importe qui, ça peut être un menuisier, un plombier, un électricien, un entrepreneur, un CEO. Si ce qu’il te raconte, il raconte avec la même passion, avec laquelle il la fait, c’est sûr que ça va te passionner. Je suis sûr qu’un ébéniste raconte comment il a appris à sculpter le bois, c’est extraordinaire, tu vois. Tu as envie de l’écouter. C’est vraiment un sujet de passion, quoi. Et moi j’invite tous les gens pas qu’ils sont entrepreneurs, mais peu importe qu’ils font, qu’ils trouvent le truc qui les passionne. Et alors, le piège qu’on a c’est que depuis qu’on est enfant, on nous a toujours dit : « Fais ce que tu aimes et tu le feras bien. » Moi, il y a plein de trucs que j’aime faire, que je fais très mal. J’adore cuisiner, je ne suis pas très bon. J’adore dessiner, je suis assez médiocre. Tu vois ? Il y a- en réalité c’est un piège. Quand tu avances dans la vie, tu sais dans quoi tu es bon et ce dans quoi tu es bon te permet en fait de découvrir ce qu’il faut que tu fasses et c’est sûr que tu vas aimer ce dans quoi tu es bon. C’est là que ta passion, elle se nourrit. Et donc moi, j’invite souvent quand je vais donner des cours à l’université où on me demande de parler de VC, je ne vais pas passer les deux heures avec du VC, on raconte du métier de VC pendant une heure. Mais l’heure d’après, je leur demande qu’est-ce qu’ils foutent dans cette pièce ? Et donc c’est génial, tu les vois, tu en as ceux qui sont là « Ah ! Moi, je ne sais pas. J’ai postulé à cinq masters et puis c’est celui dans lequel j’ai été pris » puis tu leur demandes ce qu’ils veulent faire. « Moi je veux entrer en banque. » -Pourquoi tu veux entrer en banque ? -« Euh, je ne sais pas. » -C’est comme si on avait annihilé la passion, les envies des gens pendant tellement longtemps et qu’ils arrivent à la fin de l’université ou de l’école, quoi que ce soit. Et en fait, c’est fini la flamme, elle est éteinte depuis longtemps quoi. Donc c’est une question de flamme, c’est une question d’envie, n’importe quel métier tu le fais avec passion. Tu vas faire dix heures par jour, ces dix heures de kif en termes de dopamine, de kif intellectuel, de plaisir et tout. C’est dingue !

– Ce que tu dis, c’est que la question, elle n’est pas sur : est-ce que je veux ou dois être entrepreneur ou salarié, mais trouve la forme, le métier, l’activité qui m’inspire le plus, qui me passionne le plus et je fonce vers ça en fait.

– Mais bien sûr !

L’ESTIME DE SOI ET LA FORCE DU SOUTIEN

– Je suis sur un projet, j’aimerai arriver à créer une application avec du coaching. Je voudrais arriver à créer des trinômes qui avancent ensemble vers leurs objectifs et dont l’application tête par la gamification à faire ce qui est ton One Thing du jour, toute l’année vers tes rêves. Effectivement, il y cet enjeu de si je n’accomplis pas mon One Thing de la journée, je peux me sentir nul. Et moi combien de jour j’ai fait des listes de tâches et j’ai avancé et j’ai bossé comme un acharné, mais à la fin, je vais dire : « Je suis nul, je n’ai pas réussi à faire ça. » Ça serait quoi une application de comment je maintiens l’estime de soi de la personne ?

– Moi, j’aime bien ton idée de trinôme et de créer des groupes parce qu’on a tous été un moment donné en mal-être face à quelque chose et la seule chose qui peut nous aider ce n’est pas nous devant Netflix, nous devant une bonne glace ou une tartine de Nutella, tu vois, c’est avec quelqu’un d’autre qui est là, qui dit : « Ne t’inquiète pas. Ça va. Il n’y a rien de grave, tu es en bonne santé. »
Ouais, regarde tout va bien. C’est cette espèce de boost moi – ma femme a un soutien par exemple extraordinaire du quotidien à chaque fois que ça ne va pas, je sais qu’elle est là. Et ce sentiment de savoir qu’il y a toujours quelqu’un à côté de toi, derrière toi, qui est là pour prendre soin de toi quand ça ne va pas, c’est extraordinaire. Tu vois, c’est ce sentiment de soutien qui est important. Et donc dans ton trinôme, l’estime de soi, elle passe par le fait d’avoir confiance dans les personnes qui font partie de ce trinôme. Et ce sentiment d’appartenance fait que quand ça ne va pas, tu sais que tu peux appeler cette personne-là, et lui dire : « Aujourd’hui, ça ne va pas, etc » et en fait, juste le fait de parler, de raconter, etc, ça te remotive, ça te rebooste, tu n’as pas accompli tes tâches, mais par contre tu ne vois plus comme un poids. Et ça c’est assez incroyable. Et la difficulté en revanche, c’est d’éviter le « qui est meilleur que l’autre, qui est le leader du groupe », tu as toute la dynamique de groupe quand tu as un trinôme qui fait que ce n’est pas des egos.

BALANCE DES PARADOXES : OBSESSION ET AMBITION

-Qu’est-ce que tu regardes chez un entrepreneur, chez un projet pour pouvoir dire : »Allez, on y va. » Il y a quelques éléments qui sont essentiels, tu as un sujet d’obsession et d’ambition, un truc sur lequel tu es passionné et sur lequel tu vas y aller très très loin. Et je veux des entrepreneurs qui a la gagne, qui ont envie de gagner. Et tu sais que neuf fois sur dix, ça ne va pas le faire parce que la compète, c’est dur, que des Michael Jordan en puissance, il n’y en a pas, ça ne court pas les rues et au moins il faut y mettre l’énergie, quoi. Donc ça c’est important.

-Vraiment le désir viscéral de…

– Ouais, le désir pur de gagner, parce que désir viscéral, il va te pousser à faire des choses que tu ne devrais pas faire. Faire attention à ça. Je vois des entrepreneurs qui ont cette hargne de gagner et cette rage de gagner fait que ça devient des personnages dominants pas seulement dans leur business, mais vis-à-vis de leurs employés, vis-à-vis de leurs proches. Et donc, en fait, ça crée énormément de distorsion dans leur vie de tous les jours. Et nous ce qu’on cherche quand on finance un entrepreneur au-delà de cette ambition, cette obsession, cette envie de gagner, c’est moi ce que j’appelle une bonne balance des paradoxes. Donc, les paradoxes, c’est quoi ? C’est typiquement – un bon entrepreneur, il faut que ça soit quelqu’un d’optimiste. Si tu n’es pas optimiste, tu es mort, tu vois ? L’entrepreneur, il passe sa vie à résoudre des emmerdes, s’il n’est pas optimiste, il n’arrivera pas. Le problème de l’optimisme, c’est quoi ? C’est que tu vois tout rose tout le temps. Ça te crée une espèce de filtre devant toi qui font que tu es en train de rater la réalité. Donc il faut qu’il soit aussi clairvoyant qu’il soit optimiste. Et cette dualité, elle est difficile à piloter de la même manière que tu vas chercher des gens qui vont essayer de se nourrir des apprentissages, des bouquins, des autres, de tout ce qu’il voit passer. En même temps, s’ils ne font aucun choix singulier, ils ne vont rien faire d’original ! Donc, du coup, ça va devenir un peu sans saveur. Donc ça, c’est essentiel et la dernière chose c’est sur l’exécution, tu as besoin d’être rapide et d’être excellent à la fois et c’est impossible de faire les deux. Si tu vas vite et mal, si tu fais très très très bien, il y a peu de chances que ça soit très rapide. Et les bons entrepreneurs, ils ont une balance de leur paradoxe entre l’optimisme, la clairvoyance, la singularité des choix qu’ils font et les gens dont ils récupèrent le savoir et qui est incroyable à percevoir et c’est ce qu’on cherche.

-Tu sais que j’adore ça, parce que le nom de ma boîte, c’est « Paradoxe »

– Ah ouais ?

– Et la raison pour laquelle c’est « Paradoxe », c’est parce que je crois profondément que le maître maîtrise les opposés et que c’est dans la nuance dans la finesse d’opposer que tu excelles en fait.

– Bien sûr.

– Au début de ma boîte, j’ai fait le choix et je pense que j’ai vraiment bien fait d’être beaucoup plus sur la vélocité : sortir des trucs, sortir des vidéos …

– Chopper la taille critique.

– Ça m’a vraiment servi. Là, je suis dans une phase où je suis un peu obsédé par la qualité, l’excellence. Donc, il y a d’un côté un truc qui me passionne moi et de l’autre côté plus stratégique pour rentrer dans des univers où ils vont être plus critique.

-C’est intéressant, ça vient d’où ce désir d’excellence si on ne met pas en opposition à la vélocité, mais si on cherche avant que tu commences et que tu deviennes véloce, à quel moment l’excellence est apparue dans ton parcours et quelle relation tu as avec l’excellence puisque c’est ça qui est intéressant aussi ?

– Alors, je ne sais pas si c’est la réponse, mais ce qui est sûr c’est qu’il y a un truc très ancien de la relation avec mon père. J’ai associé « Excellence, qualité » avec « être le meilleur ».

LE POUVOIR DE LA VULNÉRABILITÉ

– J’ai lu ce matin, justement dans le bouquin de Netflix, une étude qui est fascinante par rapport à la vulnérabilité qui m’a intrigué en fait. Ils prennent donc ces deux ou trois groupes qui sont un groupe de contrôle. Ils prennent des personnes qui sont filmées et ils sont en train de faire un test où ils répondent à des questions. Les deux premiers groupes, les personnes répondent quasiment à toutes les questions de la bonne manière. Le premier groupe, la personne se lève une fois qu’elle a répondu à tout le monde, à toutes les questions, elle se lève et tu l’entends dire : « Ah mince, j’ai fait tomber mon café sur moi ». Le deuxième groupe, c’est le groupe de contrôle, il ne se passe rien. Et le troisième groupe de personnes que tu vois, la personne répond mal à 70% des questions, se lève et dit : « Ah mince, j’ai fait tomber mon café ». Et ensuite, ils prennent des gens qui regardent ces vidéos-là et leur demandent de dire ce qu’ils pensent des trois types de personnes. Dans le cas de la première personne, celle qui a tout déchiré et qui ensuite dit : « Ah mince, je me suis raté », sa likeability, elle explose, c’est-à-dire qu’il y a des gens qui se mettent à se dire : « Ah, je l’adore, elle est vraiment trop cool ». À l’inverse, si à la base, tu es perçu déjà comme un peu un loser, être vulnérable c’est dangereux parce que du coup, ils l’aiment encore moins. Et donc c’est intéressant parce que, je me suis dit : « Ok, la vulnérabilité, ça demande d’abord, d’avoir être perçu comme ayant de la valeur » et ça m’a fait réfléchir par rapport à des contextes où si la personne déjà elle est en posture haute par rapport à toi, ce n’est peut-être pas le meilleur moment tant que tu n’estimes pas d’être vulnérable.

– Moi, j’aime bien la vulnérabilité même vis-à-vis des gens hauts parce que je pense qu’ils ne s’attendent pas à ce que tu te mets à poil devant eux. Je pense que démontrer sa vulnérabilité, c’est accepter de se mettre en communion avec des gens qui vont l’accepter et qui vont vouloir partager avec toi et aussi de très vite détecter ceux qui, en fait, ne veulent pas de toi, ne veulent pas de ta vulnérabilité. Dans ce cas-là, ce n’est pas grave, tu sais qu’ils aillent faire autre chose. Il y a ce bouquin qui s’appelle « The Five Dysfunctions of a team », l’histoire est fascinante et tu te rends compte que dès lors que les gens partagent leur vulnérabilité, ceux qui sont en face deviennent plus tolérants, dès lors que tu commences à avoir de la tolérance au sein de l’équipe que les gens partagent la vulnérabilité, etc. Tu peux avoir un système de confiance qui se crée avant ça, c’est compliqué. Donc déjà tu te poses la question aux fondateurs : « Est-ce que vous vous êtes partagés des trucs perso un peu tu vois », le truc d’ordi, PC et tous. Et les gens vont dire : « Non, ce n’est pas l’objet. » Si si c’est l’objet là. En fait ce que vous ne vous rendez pas compte, si vous passez plus de temps ensemble qu’avec vos conjoints donc peut-être il va falloir commencer qu’on se mette à poil.

-C’est quoi le « un des meilleurs conseils » qu’on t’ait donné ?

-De dire quand tu ne sais pas. Et ça, c’était en 2011. C’était un de mes – mon premier boss, mon premier vrai boss, il s’appelait Pascal Mercier. un jour, j’ai fait des trucs et j’essaie de me justifier : « Mais Jean, arrête. Quand tu ne sais pas, tu le dis ». Les gens, ils sont contents quand tu ne saches pas, ça va leur permettre de t’expliquer un truc. Dis-leur que tu ne sais pas. Pourquoi tu t'emmerde à devoir te justifier. Arrête de dire que tu sais, quand tu ne sais pas, ce n’est pas grave.

-C’est quoi un des moments les plus durs ou challengeant dans ta carrière et qu’est-ce que tu en as appris ?

– Moi, le moment le plus « challenging » c’est quand j’ai rejoint The Family parce que c’était en septembre 2013. Ma femme était enceinte d’un troisième enfant, on n’avait pas d’argent de côté, je savais que The Family n’avait pas de quoi me payer à trois mois après. On avait un appart, un emprunt sur le dos, je quittais un job dans lequel ma courbe de rémunération était en croissance.

– Pourquoi tu l’as fait ?

– La réalisation personnelle est mille fois plus importante que tout le reste. Ce que j’ai dit à ma femme plus tard parce qu’à l’époque parce que je ne lui ai pas dit que The Family n’avait pas à quoi me payer, je ne voulais pas rajouter le stress du travail, tu vois, couplé avec le stress familial, je préférais prendre un poids sur une épaule et je m’étais dit : « À l’époque, si ça ne va pas, qu’est-ce qui se passera, on va un peu se mettre sur la gueule puisqu’elle va m’en vouloir ; puis on va aller dormir chez mes beaux-parents, puis on va revendre l’appart et puis je ferai autre chose. Puis ce n’est pas grave. » Ma phrase préférée c’est : ce n’est pas grave. Tu vois, tant que tu n’es pas mort, tant que les gens autour de toi sont en bonne santé, ce n’est pas grave.

J’espère que la vidéo t’a plu, en tout cas, ça été beaucoup de boulot. Je souhaite vraiment que peu importe les regards des autres, peu importe la peur d’échouer, tu fonces et tu ailles réaliser tes rêves. J’ai identifié six obsessions contre-intuitives que les gros entrepreneurs ont et qui font leurs résultats. Quand je dis gros, je parle d’Elon Musk, Steve Jobs, Jeff Bezos, Warren Buffett. Ces 6 obsessions ont permis à mon entreprise de décoller et ont permis à certains de mes clients de faire jusqu’à fois 10 la même année. Donc si ça te dit, tu as envie de recevoir ça, je te l’envoie dans ta boîte mail, clique juste ici et tu vas le recevoir. Fais-le maintenant, car je change régulièrement de vidéos gratuites. Rappelle-toi, cette année, c’est notre année et on avance ensemble.

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