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Humble, Il réalise son rêve de décorateur intérieur aux USA pour des célébrités – Philippe Puron

David Laroche : Bonjour à vous et bienvenue dans cette nouvelle interview ! Vous avez dû le remarquer : je parle français, cette fois, et pourtant je suis bien à Los Angeles. Je suis avec quelqu’un au profil vraiment atypique, vous allez adorer cette interview. Je suis avec Philippe Puron. Il est décorateur intérieur. Il est vraiment reconnu à Los Angeles, mais aussi en France pour avoir décoré de nombreuses maisons de célébrités françaises et américaines, beaucoup de personnes que vous connaissez et suivez, mais dont je ne peux pas citer les noms par souci de confidentialité. Vous allez maintenant pouvoir découvrir Philippe Puron, il est juste avec moi.
Salut Philippe.
Philippe Puron : Salut, ça va ?
David Laroche : Ben écoute, en pleine forme. Je suis très content d’être accueilli ici, chez toi. C’est magnifique.
Philippe Puron : Merci, c’est gentil.
David Laroche : J’adore les photos qu’il y a dans ta maison. Je ferai un petit tour juste après notre interview. J’aimerais maintenant te laisser te présenter, nous dire d’où tu viens. Tu es autodidacte et tu as une belle histoire. Quel est ton parcours ?
Philippe Puron : Mon parcours est assez simple : d’abord, un parcours d’autodidacte, bien entendu. J’étais auparavant commerçant.
David Laroche : D’accord.
Philippe Puron : J’ai eu de nombreuses boutiques. J’ai travaillé pendant vingt-cinq ans pour une marque qui s’appelait Chipie et qui était très reconnue en France ainsi que dans le monde entier. J’ai donc fait vingt-cinq ans de ma vie avec un monsieur qui s’appelle Jean-Michel Signoles et qui aujourd’hui a une très belle affaire qu’il a rachetée et qui s’appelle Goyard, établissement de bagages de Saint-Honoré, à Paris. J’ai appris beaucoup avec ce monsieur et aujourd’hui, je me retrouve à Los Angeles. Je vais avoir soixante ans, donc je suis parti il y a à peu près neuf ans sans parler un mot d’anglais, enfin avec un anglais très scolaire, plutôt. J’ai d’abord travaillé en tant que styliste, designer et, pour finir, dans la décoration, une passion qui m’anime depuis de nombreuses années.
David Laroche : Du coup, c’est assez énorme parce que, comme tu dois le savoir, tu es loin d’être le seul à être décorateur intérieur. Pourtant, il n’y en a pas beaucoup qui doivent arriver à toucher les gens que tu as réussis à toucher.
Philippe Puron : Ben, il y a aussi une part de chance, dans la vie. La chance des rencontres.
David Laroche : Moi, je crois que la chance, on la provoque beaucoup. Qu’est-ce qui fait selon toi, qu’à un moment donné tu as rencontré les bonnes personnes ? Quelles sont les coulisses de ton histoire, ce qui t’a permis d’en arriver là où tu es ?
Philippe Puron : Je crois que dans la vie, il y a toujours des hauts et des bas. Dans la vie, il y a des moments de chance et la chance, je crois effectivement que tu l’as provoques. Donc, il faut y aller. Il faut travailler, il faut être passionné. Et puis je pense que tout l’univers américain me plaisait énormément et me donnait envie d’y aller. Los Angeles est une ville qui est très agréable à vivre. Mais attention : ce n’est pas toujours facile.
David Laroche : Oui, ce n’est pas que magnifique.
Philippe Puron : C’est une très grosse ville : il y a dix-sept ou dix-huit millions d’habitants.
David Laroche : C’est bien plus grand que Paris !
Philippe Puron : Oui. Ce qui est bien, ici, c’est que tu as toujours au moins une personne que tu rencontres qui va te donner envie d’avancer et de faire quelque chose.
David Laroche : J’aimerais revenir un peu en arrière : tu dis que tu pars aux Etats-Unis. Est-ce que tu avais un contrat ou tu pars sans contrat ?
Philippe Puron : Ah, non. Je pars aux Etats-Unis sans savoir vraiment où je vais.
David Laroche : Tu pars à Los Angeles.
Philippe Puron : Je pars à Los Angeles, normalement pour deux ou trois mois.
David Laroche : Je pense que tu ne te rends pas compte de ce que tu es en train de dire parce que tu en parles comme si c’était banal. Beaucoup de gens rêvent sans doute de faire pareil que toi, mais ne le font pas…
Philippe Puron : J’ai eu beaucoup de chance d’avoir un ami ici qui était déjà à Los Angeles.
David Laroche : Alors comment se fait-il que tu avais cet ami ? Comment l’as-tu rencontré ?
Philippe Puron : C’était vraiment un atout d’avoir cet ami ici. Je l’ai rencontré il y a très longtemps. Ça fait vingt-cinq ou trente ans qu’on se connaît maintenant.
David Laroche : Tu l’as rencontré en France ?
Philippe Puron : Oui. Et il m’a demandé de venir travailler avec lui. Donc, je suis venu. Je ne savais absolument pas si j’allais rester. Au début, c’était d’ailleurs très dur parce que j’ai quitté ma famille. J’ai quitté pas mal de gens en France. Puis je me suis accroché, tout simplement. Sachant que j’ai failli partir plusieurs fois !
David Laroche : Est-ce qu’il y a eu des gens qui t’ont dit, avant de partir : « Attends, Philippe, ne rêve pas : ça ne marchera pas » ?
Philippe Puron : Non, personne ne m’a dit ça. J’ai un profil qui fait que les gens ont toujours confiance en moi. Et pourtant, ce n’est pas toujours facile pour moi.
David Laroche : Commet ça se fait que les gens ont toujours confiance en toi ?
Philippe Puron : C’est parce que je suis un marathonien. Je monte, je descends. Je suis comme un chat : je peux être au fond du trou et remonter.
David Laroche : Donc les gens savent que tu ne lâcheras pas ?
Philippe Puron : Oui. J’ai toujours été comme ça, c’est dans mon tempérament.
David Laroche : Même dans le sport ? Puisque tu parles de marathon…
Philippe Puron : Ah non, je ne suis pas du tout sportif.
David Laroche : C’était une image, le marathon ?
Philippe Puron : Exactement.
David Laroche : Du coup : tu pars à Los Angeles, tu ne parles pas anglais et tu as juste un ami sur place ?
Philippe Puron : Je parle un peu anglais.
David Laroche : Comme un français !
Philippe Puron : Oui ! Mais ça plaît beaucoup, ici ! Ça a eu un avantage et un désavantage. L’avantage, c’est qu’en ne parlant pas bien l’anglais et en essayant de comprendre les gens, j’ai réussi à ne pas me confronter à eux, j’ai fait « low profil », comme on dit. Mais si j’avais parlé mieux anglais, peut-être que je serais allé encore plus loin aujourd’hui. Ça a été un avantage de rester calme, et ça a été un désavantage, au départ, de ne pas parler anglais couramment. Mais le désavantage, est-ce que c’est vraiment un désavantage ? Je ne sais pas. Au départ, j’ai ressenti un manque de confiance et tout d’un coup, je me suis dit « Non, c’est moi le meilleur ».
David Laroche : Enorme ! Tu te le répétais beaucoup ?
Philippe Puron : Oui, je me le répétais : « C’est moi le meilleur ! ». Dès que j’avais un doute « Mais pourquoi je… », je me le rappelais : « Non, c’est moi le meilleur ».
David Laroche : Est-ce que tu avais des trucs ? Par exemple, est-ce que tu passais du temps à t’imaginer que tu allais travailler avec des gens connus ?
Philippe Puron : Non. Je n’aurais pas imaginé, il y a dix ans, que je travaillerais avec des gens connus.
David Laroche : Comment ça se fait qu’ils ont eu envie de travailler avec toi ?
Philippe Puron : Ils ont eu envie de travailler avec moi parce que suite à la première maison que j’ai faite, j’en ai fait une deuxième, une troisième, une quatrième… j’en ai fait cinq pour le même client. Ça veut dire qu’en fait, ils m’ont fait confiance, tout simplement.
David Laroche : Du coup, ça a quand même fini par se savoir dans ce milieu-là et par t’attirer de nouvelles personnes ?
Philippe Puron : Oui. Ça marche toujours par relation. De tout façon, il faut se faire un nom. Moi, j’ai travaillé avec beaucoup de Français. Quand un Français arrive ici et qu’il cherche un décorateur, on lui dit « Tiens, mais il faudrait peut-être que tu travailles avec Philippe Puron ».
David Laroche : C’est intéressant. Comment as-tu réussi à créer ça, justement?
Philippe Puron : C’est une question d’opportunité.
David Laroche : Et de saisir l’opportunité.
Philippe Puron : Oui. Il faut la saisir. Il faut en vouloir. J’ai eu des périodes difficiles, attention ! Le métier de décorateur n’est pas un métier facile. Il faut trouver des nouveaux contrats tout le temps, vous pouvez travailler pendant sept mois et pendant les trois mois d’après, vous n’avez absolument rien.
David Laroche : C’est un métier d’artiste.
Philippe Puron : Exactement.
David Laroche : Justement, c’est intéressant… Je n’ai pas l’impression que tu le mesures parce qu’il y a beaucoup de choses que tu as dû faire inconsciemment… Tu as parlé de « saisir l’opportunité ». Qu’est-ce qui fait que tu avais confiance en toi ? Par exemple, il y a beaucoup de personnes qui, si on leur propose de travailler avec une star, vont à la fois trouver ça génial et avoir peur une fois qu’elles seront devant la star. Est-ce que toi, tu étais intimidé par le fait de travailler avec une star ?
Philippe Puron : Non.
David Laroche : Comment ça se fait ? Parce qu’il y a beaucoup de gens qu’ils le sont. Est-ce que pour toi c’était : « Ah ! C’est extraordinaire ! » ?
Philippe Puron : J’ai été très content de travailler avec des gens connus, bien entendu.
David Laroche : Est-ce qu’il y avait une exagération de ta part ou est-ce que tu les prenais comme des amis ?
Philippe Puron : Je les prends comme des gens normaux. Ce sont des gens normaux, d’ailleurs !
David Laroche : Bien sûr !
Philippe Puron : Certains sont des gens normaux, certains moins, certains ont des egos plus ou moins gros… mais de toute façon, il faut nouer de bons contacts et il faut rester simple. Je crois qu’il faut rester simple, dans la vie. Je pense qu’il ne faut pas vouloir « tout casser ». Il faut rester simple et surtout être très travailleur et passionné.
David Laroche : Passion et travail, ce sont deux mots clés pour toi ?
Philippe Puron : Je ne sais pas travailler sans passion.
David Laroche : Moi non plus. Et du coup, est-ce que tu as des trucs qui te permettent de te redonner confiance ?
Philippe Puron : Quand je me lève tous les matins, déjà, je suis obligé de me booster ! Il y a des moments où on n’a pas envie d’aller travailler.
David Laroche : Tu fais comment ?
Philippe Puron : Comment je fais ? Ça dépend du temps ! Quand il fait beau, j’ai peut-être plus la pêche que quand il pleut, je ne sais pas… Je me booste, quoi !
David Laroche : Tu te boostes. Est-ce qu’il a des choses que tu te dis, est-ce qu’il y a des choses que tu manges ?
Philippe Puron : Je mange sainement. J’ai une vie assez saine, même si je ne fais pas beaucoup de sport.
David Laroche : Est-ce que tu vois des clés qui t’auraient aidé ? Que dirais-tu à un jeune décorateur de quatorze/quinze ans qui dit « Moi, j’ai un rêve : j’ai envie de devenir décorateur et de travailler avec des gens qui ont des gros projets » ? Parce que c’est ça aussi, l’intérêt de travailler avec des célébrités, c’est que tu peux t’amuser en tant qu’artiste, j’imagine. Quelles sont les clés de la réussite, selon toi ?
Philippe Puron : Il faut déjà avoir du talent.
David Laroche : Du talent. Est-ce que ça se développe ?
Philippe Puron : Ça se développe tous les jours, le talent. Moi j’apprends plein de choses tous les jours. Mais c’est aussi un peu inné, c’est un peu en soi.
David Laroche : C’est important de trouver son talent.
Philippe Puron : Oui, absolument. Je dirais à un jeune qui veut démarrer : « Il faut y aller ». Moi, ça fait maintenant quarante ans que je travaille, depuis l’âge de vingt ans. Donc j’ai aussi de l’expérience. Il faut surtout être sérieux. Travailleur, passionné. Et aimer son travail. C’est ce qui est le plus important.
David Laroche : Peux-tu me dire, même si je sais que ne souhaites pas forcément te comparer, qu’est-ce qui fait la différence entre quelqu’un comme toi qui a réussi à réaliser ce rêve-là et peut-être plein de décorateurs qui n’y arrivent pas du tout ?
Philippe Puron : Ou ils sont mauvais décorateurs, c’est possible. Ou… je ne sais pas comment je peux interpréter ça…
David Laroche : Ton relationnel, est-ce que tu l’as travaillé ?
Philippe Puron : Oui, il faut le travailler, le relationnel, absolument. L’Amérique m’a apporté beaucoup de ce point de vue-là.
David Laroche : Est-ce qu’il y a des petites choses que tu fais ? Par exemple, est-ce que tu relances régulièrement tes clients? Est-ce que tu leur donnes des nouvelles ?
Philippe Puron : Absolument.
David Laroche : Tous les combien ?
Philippe Puron : Enfin mes clients, les clients. J’en ai perdu, des clients. J’ai des clients que je gagne et j’ai des clients qui restent avec moi. Je ne peux pas dire que j’ai toujours eu des clients très faciles.
David Laroche : Tu leur envoies des nouvelles ? Tu leur dis quoi, par exemple ?
Philippe Puron : Je garde de bonnes relations avec certains… Je leur souhaite la bonne année, par exemple. Pourquoi pas ?
David Laroche : Par un message ?
Philippe Puron : Oui, par un texto, un message. Et puis aujourd’hui, il y a internet, les mails…
David Laroche : Est-ce que ça t’arrive d’envoyer quelque chose ? Un vrai cadeau ?
Philippe Puron : Un vrai cadeau ? Par exemple ?
David Laroche : Ben je ne sais pas…
Philippe Puron : Je fais des cadeaux à tous mes clients. Je fais beaucoup de cadeaux.
David Laroche : Quels types de cadeaux ? Une bouteille ?
Philippe Puron : Pas du tout, non. Des cadeaux de décoration, des livres. Je leur fais des cadeaux dans mes prestations, c’est déjà pas mal.
David Laroche : Du coup, est-ce que tu penses que ça peut être une bonne idée, par exemple, d’envoyer un livre à un bon client pour Noël ?
Philippe Puron : Absolument, oui. Je pense que c’est une question de politesse et puis un client reste un client et le client est roi. Donc quand vous avez de bonnes relations avec lui, c’est toujours très agréable de continuer à garder ces bonnes relations.
David Laroche : Une dernière question : est-ce qu’il y a eu un moment où tu as eu peur de faire quelque chose, mais où tu l’as fait quand même et ça t’a bien servi ?
Philippe Puron : Ah oui. J’ai toujours peur, au départ, quand j’ai un projet.
David Laroche : Tu aurais une histoire à raconter où tu as eu peur et où tu t’es finalement lancé ?
Philippe Puron : Oui. Ce sont toujours des défis.
David Laroche : Par exemple ? Donne-nous en un.
Philippe Puron : Quand un certain client m’a dit : « Voilà les plans, le terrain est vide, débrouille-toi. Il faut que tu me fasses ma maison ». Alors oui, au départ, j’ai eu peur… Ce ne sont pas des petites maisons, mes projets, ce sont souvent des grosses maisons.
David Laroche : Le budget décoration, ça leur coûte combien, à peu près ?
Philippe Puron : Il y a la partie décoration et il y a la partie aménagement de la maison…
David Laroche : Toi, tu fais les deux ?
Philippe Puron : Moi, je suis tout. Je suis un chantier entier. Je livre une maison clé en main, c’est-à-dire jusqu’aux bougies, jusqu’à la petite cuillère. Le client entre et il y a les fleurs…
David Laroche : C’est énorme ! C’est là où tu te plais le plus, quand tu fais tout comme ça ?
Philippe Puron : Oui, tout à fait. Moi, ce que j’adore, c’est quand le client peut partir pendant deux mois en me laissant carte blanche et que quand il revient, tout est terminé. Quand le client est sur place, c’est plus difficile parce qu’il surveille les travaux, il regarde…
David Laroche : Il a peur, parfois, parce qu’il ne voit pas le résultat final ?
Philippe Puron : Ah ! Il y a des gens qui ne savent pas anticiper, qui ne voient pas ce que ça peut donner.
David Laroche : Donc ils s’affolent ?
Philippe Puron : Oui, mais ça c’est mon rôle, de savoir ce que je vais faire.
David Laroche : Dernière question bonus : comment tu t’y prends pour faire sortir du client ce qu’il veut ? Parce que j’imagine qu’ils ont entendu parler de Philippe Puron, qu’ils savent qu’il fait du bon boulot, mais…
Philippe Puron : J’ai mon style.
David Laroche : Comment le décrirais-tu ? Si les gens veulent travailler avec toi, ce serait quel style ?
Philippe Puron : Moi, j’ai une priorité dans mon style : il faut que ce soit chic. Je peux faire n’importe quoi, je voyage dans le monde entier depuis trente ans, j’ai vu beaucoup de choses… Ma priorité, c’est de faire quelque chose de chic et qui plaît, ça c’est très important. Parce qu’il y a des décorateurs qui vont imposer leur style, mais ce sont les gens qui vivent dans leur maison.
David Laroche : Tu poses beaucoup de questions, avant ?
Philippe Puron : Absolument. Je pose toujours des questions pour savoir ce qu’ils aiment, les couleurs qu’ils aiment, ce qu’ils n’aiment pas, etc. Et à partir de là, je leur fais des propositions, je leur fais des boards, je leur présente des idées… Ils me disent « Ça j’aime, ça je n’aime pas », etc. Néanmoins, ils me font confiance quand je leur dis « Ça serait mieux de faire comme ça ». C’est un échange, en fait, entre vous et le client. Mais il faut respecter son client.
David Laroche : J’imagine bien. Comment est-ce que les gens peuvent te contacter s’ils ont envie de travailler avec toi ?
Philippe Puron : J’ai un site internet.
David Laroche : Est-ce que tu fais toujours des projets en France ?
Philippe Puron : Je ne fais pas beaucoup de projets en France.
David Laroche : Est-ce que tu aimerais en faire ? Parce que j’ai beaucoup de gens en France.
Philippe Puron : Oui, j’aimerais bien faire des projets en France, pourquoi pas ? J’en ai fait, attention.
David Laroche : Est-ce que tu voudrais en refaire ?
Philippe Puron : C’est toujours plus compliqué de travailler en France, malheureusement. Là, je suis en train de faire une maison. J’ai fait tout le bas d’une maison en deux semaines. En France, il me faudrait deux mois.
David Laroche : Pour avoir les équipes ?
Philippe Puron : Pour avoir les équipes, déjà. Pour avoir les devis, je crois que j’attendrais quinze jours/trois semaines, avec des gens qui ne sont pas disponibles. Non. Travailler en France, je vais dire que c’est très difficile. Beaucoup plus difficile qu’ici. Ici, on a des équipes, on a des gens qui travaillent et moi j’ai un service où c’est rarement « Non, je ne peux pas » ni « Non, je ne veux pas ». C’est toujours « Oui, on va essayer ».
David Laroche : On va le faire, quoi. A l’américaine !
Philippe Puron : A l’américaine, je ne sais pas. Mais en tous les cas, les gens travaillent, ici. Les gens travaillent du lundi au dimanche, il n’y a pas de problème. De toute façon, ils sont obligés de travailler, ils n’ont pas le choix. Même moi, je n’ai pas le choix : je suis obligé de travailler. Donc c’est beaucoup plus facile de trouver des équipes et puis il y a du service, ici. En Amérique, il y a une notion de service que vous n’avez pas en France.
David Laroche : Non, c’est clair. En tout cas, merci beaucoup pour l’interview, c’était super inspirant.
Philippe Puron : Je t’en prie.

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