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Le parcours de Lotfai – un homme qui a réalisé ses rêves

David Laroche : Alors, la personne que vous allez accueillir maintenant, j’en ai parlé à plusieurs reprises, des fois sans que vous sachiez de qui je parle. Vous allez découvrir encore, un profil vraiment vraiment vraiment étonnant. Je vais vous demander d’avoir encore plus d’énergie, mais attention, attendez attendez… attendez !

*présentation*

David Laroche : Là on arrive sur cette fin de séminaire. Là on arrive sur ces derniers millimètres. Et c’est possible que physiquement il puisse y avoir des fois de la fatigue qui arrive. Et c’est maintenant que ça commence. Mohamed Ali on lui a demandé : combien tu fais de pompes ? Et il répond : je n’en sais rien, parce que je commence à compter à partir du moment où ça fait mal. Là c’est maintenant que ça commence à compter. C’est dans les derniers instants ou vous allez pouvoir challenger votre système, challenger au niveau de l’énergie. C’est le dernier intervenant qui vient ici, et je voudrais qu’il se dise : j’ai bien fait d’être le dernier. Donc, à mon signal, vous allez mettre une putain d’ambiance pour accueillir Lotfai : YEEEEES !!!!

Lotfai : Merci ! Merci beaucoup ! Ce qui est intéressant c’est que la plupart ne sait pas qui je suis ! Je voulais d’abord quand même qu’on remercie David, pour toute l’énergie qu’il donne, pour être heureux, ainsi que Julie d’ailleurs. Toute l’énergie qu’ils se donnent pour être heureux, parce que c’est à vous qu’ils la donnent cette énergie. Merci David. Alors donc en effet je m’appelle Lotfai. Je vais sur mes 35 ans cette année. J’ai grandi en banlieue parisienne, dans une cité ou on pouvait découvrir énormément de choses. C’était un vrai safari. On avait le droit d’être dealer. On avait le droit de jouer au basket dans la rue. On avait le droit de découvrir des parents, certaines fois, heureux pour certains potes. Et pour les miens ce n’était pas le cas. C’était vraiment à travers la violence que l’amour se diffusait. Donc on a découvert énormément de choses. Ça me fait vraiment étrange je m’entends… oh putain j’ai réalisé mon rêve, je passe à la télévision ! Incroyable ! Et donc, de mes 4 ans en France – avant j’étais en Algérie – jusqu’à mes 19 ans, j’ai découvert donc énormément de choses. Mais j’ai aussi découvert une chose qui a été incroyable pour moi. À 4 ans, j’ai découvert Michael Jackson, avec le clip Thriller. Ah, merci ! Non c’est bien, il y a un fan de Michael Jackson apparemment ! Ah, voilà, merci ! Bon les autres vous sortez de la salle. J’ai découvert Michael Jackson avec le titre Thriller. Et pour moi ça a été une révolution incroyable. Artistiquement, dans la danse, dans le chant. Et il y avait autre chose, qui était invisible, qui m’a captivé. Et ça, ça m’a captivé jusqu’à mes… 35 ans, cette année, je crois. Et un jour je me suis dit, je vais bosser pour Michael Jackson. Alors tout le monde me disait : arrête de rêver. Bon, j’avais 8 ans. Mais je voulais absolument travailler pour Michael Jackson. Eh bien je me suis battu, je suis sorti de la cité. Pas avec les bonnes notes. Je voulais rentrer dans une voie artistique. J’avais 0.5 sur 20 en maths et donc je ne pouvais pas être littéraire. Et finalement je suis rentré par l’informatique, par Internet. J’ai fait un site internet pour Michael Jackson qui m’a permis de décrocher mon premier job, par la suite, en tant que monteur vidéo. Et avec les années qui se sont passées, donc là je vous fais un gros time lapse, vraiment un accéléré de tout ce qui s’est passé, j’y suis arrivé. Ça a commencé en 2005, Sony Music m’appelle et me dit : écoute Lotfai on sait que t’es fan, on sait que tu fais du très très bon travail, donc on a les prochaines campagnes de pub pour Michael Jackson à faire. Et donc ce que vous allez voir là, c’est, en gros, ma consécration à moi. C’est la demande personnelle de Michael Jackson. Il voulait absolument que cette vidéo soit faite avant qu’il puisse monter sur scène. Donc c’était un show avant le show. Donc je voulais vous le partager aujourd’hui, et je compte sur David pour la lancer, merci.

*clip vidéo*

Lotfai : Merci ! Donc en fait ce que vous avez vu là, c’est simplement le résultat d’un système de croyances. Simplement. C’est-à-dire que pour moi, travailler pour Michael Jackson c’était pas un défi, un mur à abattre. En fait, c’est vraiment à la fin, a posteriori, ou je me suis rendu compte pourquoi j’y suis arrivé. Simplement parce que je ne savais pas que c’était impossible. À aucun moment j’avais l’idée que c’était impossible. Pour moi c’était évident. J’avais la possibilité de travailler pour Michael Jackson. Et donc quand c’est arrivé, il a eu cette vidéo, et un jour je reçois ce livre chez moi. Donc ‘Love to Lotfai’, et donc à l’intérieur : « A Lotfai, merci de partager ton talent pour faire de ce projet un succès. Tu es le meilleur. Love. Michael Jackson. ». Et ce que j’ai fait là n’a en fait absolument rien d’exceptionnel. C’est exceptionnel à partir du moment où vous vous dites que c’est impossible pour vous. Mais cet exceptionnel il peut être simplement votre vie à vous. À vous. À vous Monsieur, à vous Monsieur, à vous Madame, à vous aussi Madame. On m’a demandé un jour en fait : comment tu fais en fait pour toujours repousser les limites, etc. ? Et à chaque fois je réalise ça a posteriori, c’est simplement que je pense que je ne peux pas m’arrêter de réaliser mes rêves aujourd’hui. J’ai eu la preuve et ça c’est une des nombreuses preuves. Et bien avant j’ai eu d’autres preuves qu’on peut réaliser ses rêves. Pour moi aujourd’hui, je respire pour vivre mais je réalise mes rêves aussi pour respirer. Parce que si je ne réalise pas mes rêves je sais que je suis mort. Alors peut-être pas physiquement, mon cœur va continuer à battre, mais je sais qu’intérieurement je serais mort. Et ça pour moi, ça c’est la vraie mort. Donc voilà, je voulais partager ça avec vous.

David Laroche : Ça vous a inspiré ? Elle est puissante sa vidéo hein ? C’est bon. Oui on te voit faire cette vidéo et effectivement ce truc c’est super inspirant. Et encore une fois j’aimerais savoir – moi je le sais mais j’aimerais que tu le partages, un peu d’où tu pars – ce moment-là ou il y a ta maman qui rentre dans ta chambre… et je te laisse raconter la suite.

Lotfai : Oui, je me rappelle très bien de ce moment-là et je crois que ça a été un déclencheur pour moi parce qu’il faut savoir une chose, c’est que je passais beaucoup plus de temps à écouter du Michael Jackson, à danser comme Michael Jackson, à me projeter…

*voix dans le public*

Lotfai : Ce qui est intéressant justement c’est que, dans cette chambre et c’était un temple pour moi parce que c’était le seul endroit où je me sentais bien, il n’y avait pas un centimètre carré qui n’était pas recouvert de Michael Jackson, ce qui était pour certains une obsession était une projection pour moi, parce que je voulais être avec Michael Jackson. Et donc un jour ma mère est rentrée, elle en avait un peu marre de Michael Jackson et elle m’a dit : arrête d’écouter cette merde, ce n’est pas Michael Jackson qui va te nourrir plus tard. Et c’est comme ça que tout a commencé en fait.

David Laroche : À 12 ans donc.

Lotfai : Oui, exactement, à 12 ans. Et donc pour moi ça a été un vrai déclencheur parce que j’ai utilisé l’énergie qui était je pense à ce moment-là assez négative : Arrête d’écouter cette merde ! Pour en faire quelque chose qui était au contraire quelque chose qui pouvait être très important pour moi. OK, tu n’es pas capable de faire ça, ou plutôt je ne suis pas capable de faire ça ? Tu vas voir.

Public : Yes !

Lotfai : Exactement : Yes !

David Laroche : Alors tu vois dans ce que tu me dis là je trouve déjà deux trucs intéressants. La première chose c’est qu’encore une fois hier on avait un intervenant qui parlait, qui connaissait la série Caméléon, je ne sais pas si tu connais cette série-là, avec Jarod ?

Lotfai : Ah oui oui, bien sûr, Caméléon, avec Jarod !
David Laroche : Tu connais ?

Lotfai : Non non mais je connais, c’est vrai ! Il était plutôt beau gosse en plus !

David Laroche : Et du coup, il parlait du fait qu’il était vraiment inspiré par Jarod parce que dans la série, Jarod passe beaucoup de temps à s’immerger dans l’environnement pour devenir la personne en fait. Et je trouve ça très riche et c’est pour ça la que je voulais absolument qu’il intervienne : encore une nouvelle personne qui a passé du temps à projeter et imaginer et ressentir la vie qu’il voulait créer. Vous êtes d’accord ? Je pourrais faire intervenir encore 10.000 personnes comme ça qui ont réussi, et qui ont ces trucs-là.

Lotfai : Vous avez encore 10.000 personnes qui vont passer là !

David Laroche : Voilà donc on a plusieurs jours ! 9.999 ! Alors du coup donc la deuxième chose que je trouve vraiment intéressante c’est que tu te dis : OK je vais le faire, je vais trouver des solutions. Alors j’aimerais revenir sur la partie où c’est la première fois où tu rencontres Michael Jackson.

Lotfai : La première fois où je le rencontre ? Alors ce qui est assez ironique en fait, c’est que je l’ai jamais rencontré dans le cadre professionnel. Moi j’étais vraiment un vrai fan… Voilà, Madame aussi ! Et moi en fait j’allais au bas de tous ses hôtels quand il passait en France. J’allais à Disneyland quand il était à Disneyland. La question tu veux en venir où exactement ?

David Laroche : La première fois que tu l’as rencontré, c’était quand ? Quand tu lui as parlé de ton site, tout ça ?

Lotfai : J’étais au festival de Cannes, Michael Jackson présentait son moyen-métrage « Ghost ». Et on s’est retrouvé tous les deux à la FNAC… Oui, à la FNAC avec Michael Jackson ! Et donc il faisait ses courses, il achetait des CD et moi j’essayais d’être le plus proche de lui. Finalement j’ai réussi à rentrer dans le cordon de sécurité. À un moment je lui ai demandé – parce que mon site internet s’appelait NBK – je lui ai demandé : Est-ce que tu connais NBK ? Il me fait : What ?! Je lui dis : Est-ce que tu connais NBK, le site Internet, Michael Jackson ? Il me fait : Oh yeah, Natural Born King Website ! Et là j’étais une flaque d’eau en fait, simplement ! Je l’ai laissé partir, je pouvais plus avancer ! Donc en effet il connaissait mon travail avant même qu’on ait pu commencer à travailler ensemble. Et ça c’était peut-être 6 ans avant.

David Laroche : Et tu avais quel âge à ce moment-là ?

Lotfai : Je crois que j’avais 19 ans.

David Laroche : Et donc t’avais créé un site Internet. Est-ce que ça te coûtait de l’argent, comment ça marchait à cette époque-là ?

Lotfai : Non, ce que ça coutait vraiment c’était du temps. Mais ça ne faisait qu’alimenter ma passion, j’étais un addict à ça. Je n’étais pas un addict à Michael Jackson. J’étais simplement obnubilé par, simplement… il est bien entendu que c’était pour rencontrer Michael Jackson, je voulais absolument travailler pour lui.

David Laroche : Justement, pourquoi ? C’est très très intéressant pour les personnes. Qu’est-ce qu’il y avait derrière le fait de rencontrer Michael Jackson ?

Lotfai : Je pense que, simplement, c’est une vraie source de plaisir et puis il y avait une vraie gratitude. OK, j’ai vécu dans une famille qui était très violente, j’en ai bouffé. Et quand je me retrouvais dans ma chambre, j’écoutais ses chansons, je dansais comme Michael Jackson et je voyais ses concerts, etc., et je me sentais bien. Et pour moi c’était un moyen de lui rendre ce qu’il m’avait offert, d’éprouver ma gratitude. Après derrière ça, je pense que c’est simplement aller vers ce vers quoi on aspire. Je ne saurais pas te donner…

David Laroche : Tu m’avais parlé du fait que tu étais sensible à te connecter à cette forme d’énergie pour la développer en toi ?

Lotfai : Oui c’est vrai. C’est une des raisons en effet. C’est que cet homme-là avait une telle énergie. Il avait des valeurs qui étaient vraiment pour moi – alors, en dehors de tout l’aspect folklorique Michael Jackson – forcément quand on apprend à bien connaitre Michael Jackson, on se rend compte qu’il y a des valeurs qui sont partagées dans toutes ses chansons comme l’humanité, le partage, l’amour. Ce qui peut paraitre à l’eau de rose, moi ça…

David Laroche : J’ai passé du Michael Jackson tout à l’heure.

Lotfai : C’est vrai ?
David Laroche : Oui, pour toi justement !

Lotfai : Je vais te rajouter sur Facebook !

David Laroche : Je voudrais aussi revenir sur : comment tu en es arrivé à passer de tes premières études, à aller justement dans la réalisation, la production ?

Lotfai : Alors mes premières études elles se sont terminées – enfin mes dernières études – elles se sont terminées très tôt, j’avais 19 ans à peu près. J’étais carrossier. J’avais fait un BEP carrosserie et un CAP Peinture en carrosserie. Et en fait simplement grâce à l’aide des parents de ma petite amie de l’époque, qui ont cru en moi parce que j’avais passé 24h à essayer de reproduire le génie d’Aladdin – je me tourne un petit peu par-là, pour ces Messieurs Dames – j’avais reproduit simplement le génie d’Aladdin sur un tout petit logiciel et ils ont vu en moi un potentiel artistique plus que, en effet, tertiaire. Et donc ils m’ont laissé la chance, cette chance en fait de partir de la carrosserie. Ils m’ont hébergé pendant plusieurs mois. J’ai dû trouver un job, j’ai été pizzaiolo et en même temps j’ai dû apprendre un logiciel que le beau-père, lui, développait. Il m’avait dit : si tu apprends à te servir de ce logiciel, qui était assez abstrait, je te présente à mon boss, chez IBM. Et c’est comme ça en fait que de la carrosserie je suis passé donc à l’informatique au bout de six mois. J’en voulais tellement, j’avais tellement faim que j’ai appris à me servir d’un logiciel qui est vraiment abstrait quoi.

David Laroche : Donc après, tu apprends à utiliser ce logiciel de bases de données, c’est ça ?

Lotfai : Oui, de bases de données oui.

David Laroche : Et après, tu en arrives à un moment donné ou tu découvres un petit peu l’infographie, mais comment tu en arrives à le découvrir ?

Lotfai : Alors donc, pendant que moi je travaillais, entre guillemets, sur ce truc de bases de données, parce que finalement je ne faisais pas grand-chose, c’est à ce moment-là que j’ai découvert Internet, en 99-2000. J’ai découvert Internet et je me suis dit : peut-être que je peux faire un site Michael Jackson, ça, ça me plairait bien. Et j’ai fait un site Michael Jackson donc, qui s’appelle ce fameux NBK.

David Laroche : Qui pour l’époque avait bien cartonné.
Lotfai : Oui, qui pour l’époque avait bien cartonné parce que l’idée c’était de faire quelque chose de différent. Et donc, à l’époque il n’y avait que des images animées qui faisaient ça, il n’y avait pas grand-chose, les vidéos étaient quasiment impossibles à mettre en route. Et puis finalement j’avais réussi à faire un site internet qui permettait de diffuser de la vidéo, et donc j’avais fait une émission de radio, j’avais fait une émission de web TV, et donc ça c’était il y a 13 ans. Et petit à petit donc la culture de l’image est entrée, et petit à petit je me suis éloigné de la carrosserie, etc.

David Laroche : Tu t’es mis à faire des sites web, tout un tas de trucs comme ça, et je voudrais que tu me racontes ce que tu racontes aux gens, le moment où tu fais cet entretien d’embauche, où tu vas à l’ANPE, qu’est-ce qu’il se passe dans ta tête ?

Lotfai : Donc j’arrive à l’ANPE – à l’époque ça s’appelait l’ANPE – je venais d’être viré par l’un de mes boss parce qu’il trouvait que je n’arrivais pas assez à l’heure le matin. Parce que je travaillais beaucoup la nuit pour NBK. Et donc je vais à l’ANPE, parce qu’il y avait une chose qui était évidente pour moi c’est que je ne voulais pas être au chômage. Pour moi c’était impossible. Donc je vais à l’ANPE, et il se trouve que c’était l’ANPE du spectacle. J’avais réussi à avoir le statut d’intermittent, et donc je me retrouve face à une annonce qui demande un postulant pour du montage et de l’habillage vidéo. Donc le montage c’est ce que vous avez vu, l’habillage vidéo c’est, concrètement c’est de la 3D, etc., c’est tout ce qui se passe sur l’image et dans les émissions de télé. Mais je ne savais pas faire ça moi. J’ai pris l’annonce, et puis je suis allé voir le mec, mon conseiller ANPE, et je lui ai dit : voilà je voudrais absolument postuler pour cette annonce. Il me dit : OK, cool, j’aimerais bien en avoir des gens aussi motivés que vous, super. Il faut donc bac +2, il me faut votre CV. Je n’avais pas bac +2. Je lui ai dit : je vous promets, je vous l’amène demain. Je vous le promets. Parce que là je l’ai oublié, je ne pensais pas tomber sur cette annonce. Et finalement, je repars avec cette annonce, j’ai réussi à le convaincre quand même de me donner l’annonce avec les coordonnées de la société. Et en sortant de l’ANPE en fait ce qu’il s’est passé c’est que je me suis rendu compte que je n’avais pas le choix : soit je décrochais le job, soit je revenais à l’ANPE et je risquais de me faire radier parce que j’avais menti. Un mensonge pieux. Donc je suis allé à la société en question le jour même, je les ai harcelés, j’ai harcelé la secrétaire, je leur ai dit : il faut absolument qu’on se voit aujourd’hui. Donc une fois, deux fois, trois fois…à chaque fois elle me disait : les boss ne sont pas là, les boss ne sont pas là. Finalement à 18h elle me rappelle, elle me dit : écoute, il y a un des deux boss qui est ici, viens, mais je ne te promets rien. Enfin, je ne vous promets rien. Donc j’y suis allé, et c’est là où justement je me retrouve finalement face à ces deux boss, qui m’accueillent et qui me disent : bon alors OK, on s’est déplacés, qu’est-ce que tu as à nous proposer ? Je leur ai dit : je veux travailler pour vous. Ils m’ont dit : OK d’accord, mais est-ce que tu sais ? tu as les compétences, etc., j’imagine ? Et je leur ai dit : oui, de toute façon laissez-moi un petit moment pour… Non, non, est-ce que tu as vraiment les compétences pour ça ? Et là, je me suis remis la question en tête et je me suis dit : OK, est-ce que tu retournes à l’ANPE où tu risques de te faire radier, ou tu l’as ce job ? Alors je leur ai dit : OK, laissez-moi un mois, je travaille pour vous gratuitement pendant un mois et je vous promets que dans un mois vous allez m’embaucher.

David Laroche : Ce n’est pas de la certitude ça ?

Lotfai : Et j’ai été embauché.

David Laroche : Alors du coup après un mois, est-ce que tu étais bon ?

Lotfai : Non. Non, je n’étais pas bon, je faisais plein d’erreurs, alors ils ont eu le courage quand même…

David Laroche : Pourquoi ils t’ont gardé ? C’est intéressant.

Lotfai : Pourquoi ils m’ont gardé ? Je pense sincèrement qu’ils ont vu un potentiel qui était prêt à exploser à ce moment-là. Ils n’avaient pas quelqu’un avec des diplômes, ils n’avaient pas quelqu’un avec des compétences, ils avaient quelqu’un qui avait faim.

David Laroche : Est-ce que vous avez faim ?

Lotfai : Qui a faim ici ?

Public : Ouais !

Lotfai : Alors vous allez avoir le job.

David Laroche : Il a un job pour vous. Donc du coup, tu commences à travailler l’infographie, comment tu en arrives finalement à Michael Jackson ? J’aimerais que tu racontes le moment où tu commences à avoir une certaine renommée et qu’est-ce qui fait que tu as une certaine renommée et que tu commences à être connu ?

Lotfai : En fait moi ce que Mickael Jackson m’a appris c’est qu’il fallait toujours être différent dans ce que tu fais. Et surtout il fallait donner de ton cœur. Moi c’est toujours tout ce qu’il m’a appris. Depuis tout petit, même dans les discussions qu’on a pu avoir, ça a toujours été ça. Donne ce que tu as sur le cœur et écoute ton cœur, écoute ton instinct. Moi c’est tout ce qu’il m’a appris. Je crois qu’après c’est un long chemin en fait, on ne peut pas dire du jour au lendemain : OK, je sais que là je vais… Non, c’est juste un long chemin, jusqu’au jour où, voilà, Sony Music m’appelle.

David Laroche : Justement, qu’est ce qui fait que Sony Music t’appelle ? Pourquoi ils t’avaient identifié ?

Lotfai : Parce que je pense que je donnais tout ce que j’avais à donner sur la vidéo, je pense que le résultat en fait de mon travail n’était que la somme de cette… oui, je crois simplement que le résultat de mon travail était apprécié parce que c’était simplement la somme de cette faim. Il y avait une faim en fait dans le travail que je donnais. Je ne pouvais pas vivre autre chose que ça. Ce n’était pas une option pour moi. C’était simplement ma voie, et je pense que les gens qui ont fait appel à moi encore il n’y a pas si longtemps – maintenant je travaille avec pas mal d’artistes – je pense que c’est ça qu’ils ont vu. Je pense que si vous voulez obtenir ce que vous avez en tête, si vous voulez réaliser vos rêves… en fait je pense que vous connaissez déjà la réponse. Mais le tout c’est pas simplement de connaitre la réponse, c’est d’y aller. Donc, en réalité même ce que je vais vous dire là, même ce que vous a dit David, au final c’est vous qui êtes tous responsables de votre destinée. Je pense que c’est ça en fait : c’est le chemin. Tout ce chemin depuis on va dire mes 18 ans, où j’ai commencé à être indépendant, c’est simplement de montrer que j’avais faim et montrer aux autres, à tout le monde que j’avais faim. Et surtout, une fois que vous avez réussi à avoir tout ça, partagez-le, parce que ça c’est encore plus fort.

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David Laroche : Ça vous parle ? C’est bon ça hein ? Vous vous rendez compte que vous êtes à une personne de toutes ces personnes-là ? Par Lotfai ! C’est magique. Et ce qui était vraiment magique dans son parcours c’est que, quand moi j’ai pu l’interviewer et le rencontrer, c’est qu’on se dit vraiment : s’il peut le faire, je peux le faire.

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Nina Habault
6 années il y a

cette vidéo est de loin ma préférée ! Elle est tellement illustratrice des idées que tu partages ! Quand on est enfant on a cette foi de croire en ses rêves puis les premières notes en dessous de la moyenne au collège démotivent environ 80% des élèves qui revoient leurs rêves à la baisse : tenter de devenir salarié d’une boîte plutôt que d’être médecin comme il le voulait à la base Une mauvaise n’a pas le droit de vous dicter votre vie ! Foncez vers votre rêve !! Lotfai en est la preuve qu’est c’est possible ! Bravo à… Lire la suite »

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