Le pouvoir de surmonter ses difficultés – Jean-Baptiste Hibon

Jean-Baptiste Hibon : Bonjour à tous, en effet je suis Jean Baptiste HIBON, psychosociologue.

J’ai tiré parti de ma faiblesse qui est mon handicap, combiné à ma force. Cela permet à chaque individu d’être open, en groupe ou individuellement, de dépasser ses propres préjugés, de voir que le handicap peut le toucher de proche ou de loin, mais devient intimement, potentiellement une partie de lui même. Et c’est cela qui est intéressant à dépasser pour redevenir le meilleur.

David Laroche : Excellent, et bien, merci pour cette présentation. Ce que j’aime bien dans ton approche, c’est que tu dis un petit peu : « il y en a marre », c’est moi qui le dis, hein, « il y en a marre, un petit peu, de voir la personne handicapée comme la personne que l’on doit soutenir, aider, la pauvre personne handicapée» et toi tu dis, c’est ce que je comprends en tout cas, « ok, je suis une personne handicapée, j’ai mon handicap, mais moi aussi je suis en mesure d’aider, un, les handicapés et deux, les personnes qui ne le sont pas ». Et ce que je trouve génial dans ce que tu fais, c’est que, finalement, il y a les handicaps qui sont reconnus, mais il y a aussi les personnes qui se trouvent quelque chose qui ne leur va pas : se trouver trop gros, trop grand, quelque chose qu’ils n’aiment pas en eux et toi tu leur apprends à transformer ça, pour gagner en force, pour y aller, pour se motiver, pour gagner en énergie. Et je trouve que c’est excellent juste ce que tu fais.

Jean-Baptiste Hibon : Oui, et c’est toi qui m’a dit comment attirer vers toi par l’idée, quand j’ai entendu ton histoire avec ta timidité, la timidité, c’est un handicap qui empêche vraiment l’épanouissement de la personne. Et un handicap, quel qu’il soit, n’est pas amené à empêcher la personne de réaliser son épanouissement, mais au contraire, lui permet d’en tirer quelque chose et de transformer ce barrage en électricité.

David Laroche : Excellent, donc là la clé pour nos visiteurs, c’est de dire que si vous avez quelque chose que vous n’aimez pas dans votre vie, s’ils ont quelque chose qu’ils n’apprécient pas en eux, peut être ce qui se passe, peut être le contexte, peut être leurs parents, quelque chose que vous n’aimez pas, au lieu de l’ignorer et bien d’appendre à transformer. J’aime bien ta phrase, ce barrage en électricité, c’est de se dire: « ok ! Qu’est ce que je peux faire de ça, pour que cela devienne une force?» Et du coup, en fait, tout le monde peut le faire avec ses propres difficultés.

Jean-Baptiste Hibon : Dans la mesure où pour reprendre l’analogie de l’électricité et le barrage, le barrage c’est simplement quelque chose qui va canaliser cette eau, cette force vitale qui est l’eau, qui passe dans des turbines d’un barrage pour en fabriquer de l’électricité, de l’énergie. Certains d’entre nous doivent trouver le processus, la construction de la turbine, des turbines, qui va permettre à l’eau de devenir courant, énergie, force.

David Laroche : C’est le fait qu’il y ait un effort, quelque chose qui se passe dans l’effort, qu’on transforme le barrage ? Quelque chose qui bloque en quelque chose, du coup, qui est de l’énergie c’est ça ?

Jean-Baptiste Hibon : Tout à fait. Et je viens de me rendre compte que, de par ma personne, mon expérience, je suis un aimant, un aimant à préjugés. Il y a plein de préjugés qui vont sur moi et à moi non pas de les évincer, de les éliminer, ils sont là, mais c’est à moi d’avoir, de trouver les moyens pour transformer ces préjugés et d’aider chacun à découvrir autre chose.

David Laroche : En toi ?

Jean-Baptiste Hibon : Oui.

David Laroche: Donc, là, en fait, ce que tu dis c’est que (je transpose pour toutes les personnes qui nous écoutent), c’est de se dire que, s’il y a des gens qui nous critiquent, des gens qui ont des préjugés sur nous, qui nous disent: « ah ! lui, il est jaloux; lui il est comme ça; il est comme ça; il est comme ça ».

De se dire, au lieu de se dire: « cela vient des autres », de se dire: « comment moi, je peux faire pour me montrer différemment et changer leurs préjugés». C’est ça ?

Jean-Baptiste Hibon : Oui, mais cela demande un gros travail sur soi, parce que tu es naturellement la personne qui reçoit ces préjugés, veut y répondre de la même façon.

David Laroche : Donc en attaquant ?

Jean-Baptiste Hibon : Oui.

David Laroche : Donc, toi tu fais quoi, c’est quoi la clé de Jean-Baptiste ?

Jean-Baptiste Hibon : Ces préjugés, je les connais, je sais qu’ils existent et immanquablement ça va l’être. Peut-être je peux me tromper. Moi aussi, j’ai des préjugés sur certaines personnes que je dois dépasser. Évidemment, ça va dans les deux sens.Mais c’est de prendre ces préjugés, d’y adhérer de dire : «ok… »

David Laroche :…Ok, il existe…

Jean-Baptiste Hibon : Tu penses ça, ok, tu as le droit de penser ça, mais tu t’es peut-être un peu trompé et je vais te montrer autre chose ». C’est aller chercher la personne, là où elle est pour l'emmener ailleurs.

David Laroche : Ah ! Excellent. Donc c’est on pourrait dire que, au lieu de te confronter avec elle, de lui rentrer dedans, c’est d’aller ensemble ailleurs. D’accord super ! Donc, là, on a parlé de comment dépasser les préjugés. C’est super, tu donnes plein d’astuces.

Comment on fait, selon toi, quand il y a quelque chose qu’on n’aime pas en nous, pour le dépasser ?

Jean-Baptiste Hibon : Quelque chose de très subtil, on est tous à la fois uniques et différents et appelés à répondre à sa vocation propre. Mais dans cette vocation, il y a des choses que nous n’aimons pas et c’est cela qui nous pousse à être comme l’autre, à désirer ce qui est l’autre, ce qu’a l’autre.

C’est ce qu’on appelle, c’est René Girard qui en parle très bien, du désir mimétique.

On a besoin de modèles d’identifications pour se développer, mais une tentation est grande de désirer tellement ce qu’a l’autre ou ce qu’est l’autre, de devenir comme l’autre et de prendre la place de l’autre. Et c’est là où il est nécessaire d’aller chercher en nous nos qualités, nos fragilités et prendre conseil par notre modèle. On en a tous des moyens pouvant affermir notre force, c’est là où c’est un équilibre subtil entre forces et fragilités.   Et on en a tous des faiblesses, des fragilités et comme on voit uniquement le négatif, il est important de se dire qu’il n’y a pas de faiblesse sans force. Et donc la force implique inévitablement une faiblesse, et ma faiblesse se voit en premier. Mais au même titre que tout le monde, si j’ai une faiblesse visible, il y a bien évidemment une force et c’est celle-là qui est à valoriser.

David Laroche : Donc là, en fait ce que tu dis, c’est que, quand on a une faiblesse, on en a forcement une, déjà, au lieu de vouloir la masquer, la cacher, c’est: – un l’accepter et – deux de se dire, non pas, je vais annuler cette faiblesse, mais : « Quelle force je vais valoriser ? Mettre en avant ?» Je vais travailler dessus pour que, finalement, quand on me parle, quand je me présente, quand on me voit, on se dise : « Ok, il a cette faiblesse, mais waouh ! Il a une sacrée force ».

Jean-Baptiste Hibon : Oui.

David Laroche : C’est ça, en fait ce que tu dis, c’est de se dire d’accepter et d’aller chercher ses forces, donc se connaître pour aller travailler dessus, pour qu’au final, il y est une forme de magie qui se crée et que les gens passent au-delà. Tu parlais de dépasser, donc passer au-delà de la faiblesse, qui est soit visible, soit invisible, mais en tout cas, il passe au-delà et qu’il se dise : « Waouh ! Cet homme, cette femme, cet enfant, ce vieillard, il a une force qui est incroyable ». Donc, du coup, que l’on ne retienne que ça.

Jean-Baptiste Hibon : Mais il n’y a rien de magique, ce n’est pas magique. C’est bien réel et ce n’est pas voir que la force, c’est voir les deux en même temps et trouver une cohérence.

Moi, j’aime beaucoup l’école de Palo Alto, comme toi d’ailleurs. Avec l’hypnose et cette vision systémique de l’être humain.

David Laroche : Là, ce qui excellent c’est ce, de ce que je comprends (je ne sais plus quel auteur dit ça d’ailleurs), c’est que, finalement, nos forces, elles nous permettent d’avancer, mais nos faiblesses, c’est aussi ce qui nous constitue en tant que personnalité.

Jean-Baptiste Hibon : Oui.

David Laroche : Ce qui fait qu’on est aussi unique d’avoir cette faiblesse. Je voudrais qu’on revienne sur un truc qui est important. Je parle beaucoup des échecs dans mes vidéos, dans mes conférences, dans mes séminaires, est-ce que tu as eu des échecs dans ton parcours, dans cette réalisation de ce rêve, est-ce que tu as eu des échecs ?

Jean-Baptiste Hibon : Parce que qui dit vocation, donc appel, un appel on se prend forcément des râteaux … et donc tu es amené à te prendre un échec, à échouer. Qui a envie d’échouer ?

Personne, évidemment. Mais cet échec permet de s’améliorer, d’analyser ce qui s’est passé, où ça a merdouillé et de faire mieux la prochaine fois. Et je crois que le handicap est une école, une école d’excellence, une école pour s’améliorer. La personne handicapée, quotidiennement, pour faire un geste, même une maladie invalidante dès trois ans qui handicape davantage la personne va, quotidiennement, elle va réfléchir sur elle, comment, avec le peu de capacité qu’elle a, elle peut devenir meilleure. Un petit geste de la vie quotidienne même. Et dans la mesure où ceux sont des petits gestes posés quotidiennement, ceux-ci permettront de poser des actions beaucoup plus importantes pour s’améliorer.

David Laroche : Pour moi, c’est excellent ce que tu dis. Ça s’applique aux personnes handicapées, mais ça s’applique à tout le monde ce que tu dis. C’est de se dire : « Peu importe comme je suis, peu importe la quantité de ressources que j’ai physiques, intellectuelles, en argent, en temps, en connaissances, en réseau, peu importe ce réseau-là, de prendre conscience que j’ai quelque chose quand même, et comment je peux faire avec ce que j’ai, pour faire mieux chaque jour », et de se dire

« Aujourd’hui j’ai tel résultat, aujourd’hui, j’ai cent, comment je peux avoir cent dix ? ». C’est ça l’idée de continuellement de se dire : « Comment je peux faire plus ? Comment je peux être plus ? Comment je peux peut-être aider plus ?»

Jean-Baptiste Hibon : Mais cela est possible et c’est important, c’est encore une fois très subtil, ce n’est pas une course effrénée à l’amélioration, à l’excellence. Parce qu’il y a beaucoup de personnes qui, dans le présent, dans l’ici et maintenant, refusent telle chose et pensent toujours à être mieux, mieux, mieux plus tard. Oui, mais en faisant ça, on oublie la réalité. C’est d’abord en apprenant à, et j’ose dire ce mot dans le leadership, de parler d’amour, c’est en apprenant à aimer ce que nous sommes maintenant, aimer vraiment en vérité qu’on peut vouloir meilleur, qu’on va pouvoir s’améliorer, c’est ça qui est merveilleux dans la vie.

David Laroche : Donc déjà moi ce que j’entends de fort là, dans ce que tu dis, (d’ailleurs je vais publier une vidéo là-dessus) c’est d’apprendre à s’aimer, mais déjà s’aimer comme je suis, maintenant. Donc, de prendre le temps de se dire : « Ok, je suis comme ça, qu’est-ce que j’ai de fort ? Qu’est-ce que j’ai de bien ? Comment je suis ? Et d’aller s’accepter et de s’aimer maintenant. Et en plus de s’accepter, de se dire : « Et bien voilà, qu’est-ce que je peux faire de plus ? Qu’est ce que je peux améliorer ? » Et de le faire.

Tu parles d’amour, donc c’est s’aimer soi-même et aimer les autres. En fait, c’est ça. Et le dernier truc que tu as dit de fort, c’est de s’améliorer, mais pas en comparaison tout le temps des autres de se dire : « Ok, je veux être comme lui, je veux être comme elle ». De se dire : « Je suis comme je suis et comment, avec ce que j’ai, comment avec comme je suis, je peux m’améliorer ».

Jean-Baptiste Hibon : Pour réussir sa vie et être heureux, c’est déjà véritablement d’accepter ce que nous sommes.

David Laroche : Accepter ce que nous sommes

Jean-Baptiste Hibon : Accepter la réalité, d’accueillir le présent, de recevoir ce que « aujourd’hui » nous donne avec ses forces et ses faiblesses, pour ensuite pouvoir les combiner et cela demande de la stratégie, de savoir doser force et faiblesse et de savoir trouver des alliances.

David Laroche : Ah ! Donc là c’est utiliser ses forces et ses faiblesses, se connaître. Et donc là, tu parles de trouver des alliances et des alliances, tu me parlais tout à l’heure, c’est des personnes qui ont les talents requis à notre réussite que nous nous n’avons pas.

C’est ça que tu disais tout à l’heure.

Jean-Baptiste Hibon : C’est un peu comme toi David, toi et moi. J’ai pas mal d’alliances et heureusement ; c’est ça le réseau, le réseau non pas uniquement internet, mais réel, c’est savoir s’entourer de personnes …

David Laroche : Qui ont des ressources …

Jean-Baptiste Hibon : Qui ont des ressources, qui ont des ressources nécessaires, dans le domaine voulu pour combinées aux nôtres pouvoir réussir ensemble. Parce que trouver ce que l’on a de meilleur et ce que l’autre n’a pas, mais pour réussir avec nous.

David Laroche : Ah ! C’est excellent ce que tu dis. C’est-à-dire, donc, déjà, savoir en quoi on est fort et après de se dire : « cette personne-là, elle a envie de réussir, elle a besoin de quelque chose pour réussir et moi je peux être la pièce manquante, non pas pour que je réussisse tout seul, mais pour qu’on réussisse ensemble. » Donc là, la question, c’est de se dire : « Qu’est-ce que je peux lui apporter pour qu’elle, elle réussisse et du coup on réussit ensemble. » C’est ça que tu veux dire ?

Jean-Baptiste Hibon : Oui et là on est vraiment dans la réciprocité et dans le coopérant / coopérant. Parce que si on change combien et si on gagne ensemble, on sait que si l’autre part ou on part et bien on va évidemment continuer à exister et à se développer, c’est inévitable. Mais, on ne pourra pas faire la même chose, et avoir autant de réussites ? Donc, on n’a pas intérêt à ne pas coopérer. Et je rajouterai, par ma définition de l’autonomie, que j'emprunte à Gilles Le Cardinal qui est professeur de communication à Compiègne à l’UTC, c’est lui qui m’a énormément appris en systémique, et il dit que celui qui est autonome,

c’est celui qui arrive à demander de l’aide, au moment où il en a besoin. Á la personne qui peut l’aider.

David Laroche : d’accord …

Jean-Baptiste Hibon : à la personne pouvant lui donner.

David Laroche : Donc, là ce que tu dis, c’est qu’être autonome, et du coup, ça va avec la réussite, c’est oser demander quand on en a besoin à la personne qui peut nous aider. Là, c’est vraiment de se dire au lieu d’être un peu fier, je peux le faire tout seul …

Jean-Baptiste Hibon : Tout à fait ça …

David Laroche :… Je peux tout faire tout seul, parce que je suis un grand garçon, je suis une grande fille, je suis super fort. De se dire : « Ok, là, j’ai des personnes qui peuvent me gagner du temps, ou qui peuvent m’aider à faire ce que je sais pas faire, ou qui peuvent m’apprendre, ou qui peuvent me mettre en lien, » et de se dire : « Ok, je vais oser leur demander ».

Jean-Baptiste Hibon : C’est un équilibre, c’est toujours un équilibre, l’être humain, quand nous touchons à l’être humain, ça demande beaucoup d’équilibre, des subtilités d’entraînement. On n’est pas professionnel dans les relations humaines si on n’a pas un passé, une expérience de la formation évidemment, mais une expérience d’accompagnant, où on a pu faire des erreurs, c’est vrai, mais en tirer profit pour s’améliorer et devenir meilleur. Et le handicap m’a permis de développer ce sens de sentir, de sentir les choses et de pouvoir les dire, à dose homéopathique, quand cela était nécessaire, au moment voulu.

Pas avant, pas après, à cet endroit là. Et j’ai appris de par mon handicap à avoir, pour prendre une autre analogie, qui est la voiture (que j’aime beaucoup d’ailleurs, je voulais être pilote avant, à la fin de l’enfance, au début de l’adolescence, c’était le pilotage. J’adorais et je ne pouvais pas être pilote) bon, mais, maintenant, je pilote des stratégies, des relations humaines, c’est comme du pilotage, et personnellement, c’est comme si j’avais un moteur de Ferrari dans une 2CV. Et, évidemment la puissance d’une Ferrari, elle peut faire exploser la carrosserie de la 2CV. Bon, elle ne s’est pas encore coupée en deux, parce qu’ au niveau du châssis, parce que mes « deux pattes » sont vraiment solides.

Mais j’y veille, je la bichonne, pour ne pas aller trop vite, pour quelques fois aller faire des accélérations, évidemment, mais veiller à l’entretenir, pour aller le plus loin possible.

David Laroche : C’est excellent tout ce que tu dis, je voudrais qu’on aborde deux derniers sujets. Qu’est ce que tu conseillerais à nos auditeurs, pour oser passer à l’action ? Parce que c’est quand même une magnifique performance de parler aux gens en public, j’adore ça, tu adores ça, il y a plein de gens qui ne le font pas, juste parce qu’ils ont peur et qu’ils sont à deux doigts d’adorer ça, s’ils le faisaient. Qu’est-ce que tu leur conseillerais, pour aller appuyer ce que je leur dis ?

Jean-Baptiste Hibon : Et bien que face à vous, il y a « vous » multiplié par, soit un groupe, soit une foule. Mais c’est ça qui fait peur, c’est ce regard devant. Mais ce regard de personnes devant vous, s’ils étaient à votre place, ils seraient pareils, pareils que vous. Donc, on parle du même niveau, mais que votre chose est tellement importante et qu’elle doit être dites, vous devez la dire vous n’avez pas le choix, vous devez dire ce que vous devez dire, ce que vous avez à dire aux autres. Donc, dites-le et ça, ça permet de dépasser la peur.

David Laroche : C’est là, c’est l’idée que si, vraiment on a un message à donner, on a quelque chose à donner aux gens, on peut plus avoir peur parce qu’on va se concentrer sur ce qu’on a à donner, et pas sur le regard des autres. Parce qu’on est tous pareils en fait, tous pareils, dans le sens, au niveau de la peur.

Jean-Baptiste Hibon : Ce qui fait peur dans nos débats c’est les préjugés, mais on en a tous des préjugés.

Il est sûr que dès que quelqu’un nous voit, et surtout quelqu’un qui prend la parole,

il y a plein de préjugés qui viennent à l’intérieur de l’auditoire, « ah ! il est comme ça. Il est pas bien habillé, ah ! C’est bizarre. Ah ! la ! la ». Bien, il y a ces préjugés et alors ? Et alors où est le problème ? Un préjugé n’est pas paralysant, un préjugé est appelé à être dépassé donc dépassons-le.

David Laroche : Donc, finalement, c’est une bonne nouvelle quand les gens ont des préjugés. C’est le meilleur moment de leur montrer qu’ils se sont trompés, en fait ?

Jean-Baptiste Hibon : Eh bien, oui, et c’est là que tu peux aider à dépasser la peur. C’est de faire dire aux autres qu’ils se sont trompés.

David Laroche : Alors Jean-Baptiste, j’ai une dernière question à te poser et je profite que tu sois là, dans mon studio. Je sais que dans mon public, j’ai des personnes qui sont handicapées, qui ont un handicap et qui des fois, ont du mal à avancer des difficultés. Alors, certains y arrivent très bien, certains y arrivent même mieux que des personnes valides, et vraiment réalisent leurs rêves. Et, je sais que je ne suis pas la meilleure personne, la plus adaptée, pour leur parler, parce que moi je ne vis pas ce qu’elles vivent et toi tu es un exemple vivant du fait que l’on peut transformer, que l’on peut dépasser son handicap, et réaliser en plus une belle vie. Si tu es ok, on parlera deux mots sur le fait que pour casser une croyance limitante, qu’on a beau être une personne handicapée, que l’on peut se marier, qu’on peut avoir des enfants, en plus si tu me permets de le dire ta femme est une personne valide et que vous êtes en couple depuis onze ans. On y reviendra juste après, qu’est-ce que tu pourrais dire aux personnes qui ont un handicap, qu’est-ce que tu aimerais leur dire ?

Jean-Baptiste Hibon : Qu’avec votre handicap, il y ait des forces, il y a forcément des forces que vous n’avez pas forcément identifiées, mais il est important de les identifier et de s’entourer de personnes pouvant vous aider à valoriser ces forces, en considérant votre handicap. Les deux à la fois, sans en oublier un. Souvent on a envie d’oublier la faiblesse, d’où on oublie le handicap erreur, erreur parce qu’en faisant ça, la première personne qui va vous rencontrer, vous inquiétez pas,

elle va vous rappeler votre handicap, elle. Et si vous l’avez oublié, sans le considérer, vous vous le reprenez dans la figure. Alors que si vous l’avez pris en compte, ben, il y a certes le handicap, mais il y a une force, vos forces.

David Laroche : Alors est-ce qu’il faut se battre, est-ce qu’il faut se battre pour ses rêves ?

Jean-Baptiste Hibon : Et bien, de toute façon je n’ai jamais entendu quelqu’un  de valide ou handicapé, mais surtout valide me dire : « oh ! la vie il ne faut pas se battre ». Tout le monde dit que dans la vie, il faut se battre pour vivre.

Rassurez vous, ça ne rassure pas du tout d’ailleurs, mais on ne va pas vous donner votre place, on pourra vous donner votre chance, mais la place on ne la donne pas, la place que nous occupons c’est celle que nous avons, notre place nous devons la trouver, la tenir, on ne nous la donne pas.

David Laroche : Donc, là, c’est l’idée qu’il faut se battre pour prendre sa place, trouver sa place que les gens vont nous donner des opportunités, des chances, et c’est à nous de les saisir, qu’on soit handicapé ou non. C’est à nous de faire les choses et qu’on doit y aller.

Et bien merci beaucoup Jean Baptiste

Jean-Baptiste Hibon : Merci David

2 Commentaires

  1. MarcAndre Morissette

    Merci!!! Comprendre la synergie dans la relation, l’intersubjectivité. Ce dernier souligne que la personne devient un subordonné à la réussite de l’autre, mutuellement, être sujet propulse l’idée en acceptant de se soumettre aux indications de l’autre qui est dans ce contexte, un maître. M. Hibon a su expliquer que le frein est intérieur et que le handicap est le premier pas d’introspection pour épanouir son potentiel.

    David a indiqué dans un WUC que la personne qui nous aime est celle qui est la meilleure pour trouver les faiblesses. Il faut prendre cette information critique pour orienter nos efforts. Bravo pour ce partage inspirant.

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  2. sagesseduciel

    Wahou ! Magnifique témoignage, émouvant et inspirant. Jean-Baptiste Hibon m’a fait penser à l’une de mes tantes qui est une personne handicapée et qui a une force incroyable.

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