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Le pouvoir du mentalisme – Giorgio le Mentaliste

Alors bonjour et bienvenue dans cette nouvelle interview du site attitudegagnant.com.

Aujourd’hui, nous sommes avec quelqu’un de mystérieux.

David : Bonjour Giorgio !

Giorgio : Bonjour David !

David : Giorgio est mentaliste.

Alors on va découvrir un peu plus sur ton spectacle et qui tu es.

Giorgio : D’accord.

David : Là, nous sommes directement dans les loges du spectacle. Je viens juste d’assister au spectacle pour la première fois. D’ailleurs, je vous invite à aller voir son spectacle si vous voulez découvrir ce qu’est le mentalisme, et également pour bien rire.

Ce n’est pas une publicité, je ne gagne pas d’argent pour cela.

Merci Giorgio de m’avoir invité à ton spectacle. J’ai vraiment apprécié.

Giorgio : Avec plaisir !

David : Alors, l’idée de l’interview, c’est qu’on la découpe en deux parties : une partie sur ton parcours, c’est-à-dire comment cela marche pour devenir mentaliste, pourquoi ? Comment ? etc. ; et ensuite des clés par rapport à l’expertise que tu as développée.

Alors, qu’est-ce que le mentalisme pour qu’on soit d’accord ?

Giorgio : Alors, il y a deux branches importantes du mentalisme. La première, c’est que nous sommes une branche de l’illusionnisme. Les ancêtres étaient ceux qui mettaient à mal les faux-voyants. Je fais un petit rappel historique : guerre de Sécession, le temps de pause, apparition de l’appareil photo, temps de pause très long, guerre de Sécession, beaucoup de morts, avoir du mal à profiter de ce temps de pause très long pour passer derrière les gens qui étaient en exposition et pour faire croire qu’il y avait des fantômes qui leur parlaient … Alors, encore, il y avait une main financière qui était derrière tout ceci ; c’était très mauvais. Et les premiers magiciens étaient appelés pour mettre à maximum ces faux médiums, ces faux-voyants, ces faux « spirits » … Ils se sont inspirés des techniques de ces personnes pour faire une autre branche de l’illusion qui est aujourd’hui, un « patchwork » qu’on appelle « mentalisme ».

Un mentaliste est quelqu’un qui va essayer d’amener les gens à faire ce qu’il a envie de faire, ce qu’on appelle un « frame » ou un cadre. Vous êtes dans le cadre …

David : C’est plus du conditionnement plutôt que la capacité à lire …

Giorgio : On n’est pas médium. Les mentalistes ne sont ni des médiums, ni des voyants, …

David : Donc, c’est de l’influence ?

Giorgio : C’est de l’influence. En fonction des comportements de chacun, on peut même savoir comment les gens vont se comporter.

David : D’accord. Donc, par exemple, ce qu’on fait dans le spectacle, tu vas être capable d’identifier, par rapport à différents signaux que le corps renvoie, ce qui peut se passer en lui, et interpréter par rapport à cela.

Giorgio : Par exemple, on va parler du spectacle : tu as choisi le numéro 14 quand je t’ai demandé un chiffre entre 1 et 16. La personne qui était dans le spectacle a choisi une chambre d’hôtel entre 1 et 100, et elle a également choisi le 14. Sans vous concerter tous les deux, c’est une fois qu’elle m’a donné le numéro 14 que j’ai dit : « Et toi David ? », et tu m’as dit 14 également. C’est ce qu’on appelle des inductions du conditionnement. Et après, c’est le secret. On ne peut pas le dévoiler parce que ce sont des secrets ancestraux.

Donc, c’était la première partie du mentalisme.

La deuxième partie, ce sont les gens qui vont s’inspirer de tout l’ésotérisme et de tout ce qui est un petit peu occulte pour en faire ce qu’on appelle « de la magie bizarre ou un peu différente ». Ce sont des techniques qui sont un peu plus « underground » comme, par exemple, le « cumberlandisme » où on commence à travailler sur les contacts musculaires. Ce sont des influences, des vraies expériences de télépathie parce que la télépathie est de l’intuition, et l’intuition se travaille.

David : D’ailleurs, il y a un livre qui s’intitule « la poulpe attitude » pour développer l’intuition sur le poulpe. C’est l’animal qui aurait le plus d’intuition.

Giorgio : D’accord. Eh bien tu m’apprends quelque chose. Je le dirai demain à mon spectacle, je ne le savais pas.

Oui, parce que les animaux ressentent les choses, ils ne les pensent pas. Souvent, les gens me disent – on en parlera peut-être après – : « Mais comment peut-on faire pour être heureux dans la vie ? » Il faut faire ce que la passion a, ce que le coeur vous dicte, et il faut oublier un petit peu la raison. Cette intuition est quelque chose qui se travaille avec le coeur.

David : Justement, là, tu parles de quelque chose qui est important pour moi, j’en parle souvent dans mon blog comment “être heureux, comment faire ce qui nous passionne ?, comment réussir au travers de ce qui nous passionne ?, comment en es-tu venu à décider, non seulement, de faire du mentalisme, mais également, un show par rapport à ce mentalisme.

Giorgio : Cela fait longtemps que je fais du mentalisme. D’abord, tous les gens sont mentalistes. Un mentalisme est comme un voyant, comme un médium, c’est quelqu’un qui a beaucoup d'empathie. À partir du moment où tu as beaucoup d'empathie envers une personne, …

David : Il faut qu’on définisse le mot « empathie » pour les personnes qui regardent.

Giorgio : L'empathie c’est vivre les choses à la place de cette personne.

Giorgio : Quelqu’un qui ne supporte pas la misère humaine, des choses comme cela. Ce sont des gens qui ont beaucoup d'empathie. Souvent, on dit dans les films qu’on est capable de déceler un « serial killer » parce que les “serial killers” n’ont aucune empathie. Donc, quand tu bailles en face d’une personne – un baîllement, c’est quelque chose de communicatif -, quand tu vois quelqu’un baîller, tu bailles. Eh bien, c’est de l'empathie.

David : D’accord. Un “serial killer” ne baille pas devant les autres ?

Giorgio : Non, parce qu’il ne se met absolument pas à la place de l’autre personne. C’est une petite dérive de l'empathie. Mais c’est pour cela que c’est intéressant. Donc, tous ceux qui aiment les gens sont des mentalistes en puissance. Mais il y a des techniques à apprendre et à développer, et beaucoup d’expériences puisque c’est un métier qui se base sur l’expérience empirique. Chaque soir, je suis un « stakhanoviste ».

David : Chaque soir, tu développes et tu apprends ton art.

Giorgio : Voilà ! Cela fait deux ou trois semaines, je tente une nouvelle expérience et cela n’arrivera à maturation que dans six mois ou un an. Mais c’est cela qui est intéressant.

David : Et alors, là, si tu évoques quelque chose d’intéressant, tu testes en live plutôt que de tester seulement avec des amis par exemple.

Giorgio : Tu ne peux pas tester avec des amis, tu les connais, ils sont déjà conditionnés, ils vont faire justement l’inverse de ce que tu attends d’eux parce qu’ils savent où tu veux les mener. Moi, je ne testerai jamais des choses sur ma femme ou mes enfants parce qu’ils savent très bien comment je suis. Ce n’est possible qu’en condition réelle avec un public différent chaque soir.

David : Le spectacle qui existe aujourd’hui, est-ce que tu as réussi à le poser avant et imaginer ? Ou tu t’es mis sur scène, tu as fait des choses, improvisé un petit peu, et après, petit à petit tu l’as peaufiné pour structurer un spectacle ? Comment t’y es-tu pris pour préparer ce spectacle ?

Giorgio : C’est une bonne question parce qu’un spectacle de mentaliste ne s’improvise pas. Au contraire, dans le mentalisme, la part la plus importante est la présentation. C’est cette présentation qui va conditionner les gens. C’est un peu comme de l’hypnose.

Dans un spectacle d’hypnose, tu as toujours au début des personnes qui sont extrêmement influençables et réceptives pour conditionner toute la salle. Si des gens se disent : « Tiens ! Il est capable d’hypnotiser des gens », donc, ils ont validé l’idée, le cerveau a validé l’idée, donc tu peux te faire hypnotiser. Si tu subis des échecs, cela ne marchera pas. Dans un spectacle de mentalisme, tu peux tout faire, sauf improviser parce que tout est calculé et conditionné ; tout est manigancé en fait.

David : Déjà dès le début, tu identifies les profils les plus réceptifs et travailles avec eux avant d’ouvrir aux autres.

Giorgio : Oui, voilà ! C’est ce qu’on appelle le temps d’avance. Pendant que je parle de quelque chose, je suis en train de réfléchir à ce qui va se passer par la suite.

David : Il te faut beaucoup de concentration.

Giorgio : Cela demande énormément de concentration. Je sors épuisé de chaque spectacle, et cela a besoin de concentration à chaque instant. Dès que tu te déconcentres, tu perds le fils.

David : D’accord. Pour revenir à ma question précédente, comment cela t’est venu ? Tu as dit que ce sont des personnes qui aiment les autres, qui aiment être en lien avec les autres, comment t’est venu l’idée de développer ces compétences et savoir-faire, de les expérimenter et d’en faire un métier – de vivre de ta passion – ?

Giorgio : J’ai toujours voulu savoir ce que les gens pensaient de moi. J’ai toujours voulu prévoir les coups durs.

David : Comment tu te décrirais quand tu étais petit ?

Giorgio : Justement, voilà une preuve de mentalisme, c’est de l'empathie, tu as compris là où je voulais en venir. Quand j’étais petit, j’ai beaucoup souffert.

David : Oui, c’est ce que j’ai pensé.

Giorgio : J’ai beaucoup souffert par rapport à beaucoup de choses, et je voulais prévoir et prévenir ces choses-là, les anticiper pour souffrir de manière amoindri.

David : Par rapport à ce que tu ressentais enfant, tu as développé une capacité à moins souffrir ?

Giorgio : Pas moins souffrir mais à se préparer, à se prendre le mur de biais, plutôt que de se le prendre de face.

David : À vraiment développer des talents d’observation, peut-être déjà chez tes parents, chez toutes les personnes que tu côtoyais. Tu te rappelles de ces moments où tu passais ton temps à dire : « Il peut penser et dire cela … »

Giorgio : En fait, tu as deux possibilités : soit tu refais toujours les mêmes erreurs, c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’analyse de ce qui s’est passé, soit tu progresses. Il y a beaucoup de gens qui refont les mêmes erreurs parce qu’ils n’ont pas cette capacité de recul et d’analyse. Cette capacité d’analyse, c’est ce qui te fait progresser et avancer dans la vie, c’est la chose la plus importante. La chose la plus importante dans la vie d’un homme/d’une femme, ce n’est pas la réussite, ce sont les échecs. C’est en fonction des échecs que tu te construis. Mais tu ne comprends pas cela tout de suite, tu le comprends après. Donc, c’est une somme de notions qui prennent dans la vie de l’homme dans les alentours de 30 à 35 ans, et de la femme, beaucoup plus jeune, vers 25 ans.

David : Si tu devais donner un conseil à une personne qui nous regarde pour bien vivre les échecs et pour transformer sa perception des échecs, comment on s’y prend concrètement ?

Giorgio : Chaque cas est différent. Evidemment, il faut …

David : Toi, comment tu t’y es pris ?

Giorgio : Un échec n’est pas une faim en soi. Schpuk disait que Churchill disait : « La réussite est peut-être à un pas de l’échec », c’est-à-dire que si vous échouez, alors vous échouez, puis un jour vous réussissez. Ce qu’il faut bien se dire, c’est que si vous n’avez pas été choisi, ce n’est pas à cause de la personne en face de vous, c’est à cause de vous.

David : Donc, responsabilité.

Giorgio : Responsabilité. Ne pas se défausser, ne pas dire  : « Ce n’est qu’un bon à rien ! Il ne connaît rien ! Public nul ! » Cela nous arrive parce que c’est facile de se défausser. Il faut se dire : « Ce soir, mon public n’a pas été réceptif parce que je n’ai pas su leur donner ce qu’ils attendaient. »

David : Il faut se focaliser sur les erreurs que tu aurais pu faire …

Giorgio : Capitaliser à fond. Si une personne vient te dire : « Je ne vous prend pas », ce n’est pas à lui qu’il faut en vouloir, c’est à toi parce que tu ne lui as pas donné envie de te prendre. Cela veut dire qu’il y a encore une marche de progression – ce qui est intéressant – pour progresser. Tant que les gens ne s’intéressent pas à vous, c’est que vous ne leur donnez pas des chances. Tout marche par intérêt dans la vie. Une fois qu’ils ont compris cela, il faut leur donner des cacahuètes et des biscuits, leur donner envie de s’intéresser à toi. Et cette envie de s’intéresser à toi se cultive et se travaille. Il ne faut pas attendre que cela tombe tout cuit dans la bouche. Par exemple, tout arrive tout cuit dans la bouche des belles filles ; c’est comme cela, c’est notre société …

David : Elles sont forcément plus heureuses d’ailleurs.

Giorgio : Elles ne sont pas forcément plus heureuses mais elles ne s’en rendent pas compte. Elles s’en rendent compte quand c’est trop tard. Aujourd’hui, j’ai envie de dire « il faut être moche, il faut être pauvre, il faut être dans la galère pour avoir cette volonté, cette harem de s’en sortir”. C’est une remise en question qui est encore plus difficile pour les gens qui ont tout ce qu’ils veulent. Donc, les gens qui veulent surprotéger leurs enfants et subvenir à leurs besoins en leur donnant énormément d’argent, c’est la dernière chose à faire pour la construction psychologique d’un jeune adulte.

David : Déjà, je crois vraiment à cela parce que ma mère m’avait dit qu’elle ne me paierait pas mes études alors qu’elle avait de l’argent. Et en fait, ce qui est intéressant, c’est qu’elle m’a laissé payer mes études pendant cinq ans, et c’est seulement au bout de cinq ans qu’elle m’a dit qu’elle allait me rembourser. Ce qui était intéressant c’est que dans les cinq ans, j’ai travaillé dur pour les payer, et ensuite …

Giorgio : C’est une très belle psychologie.

David : Tu as tout compris. Depuis, j’étudiais justement tout ce qui était « sciences humaines » et je me suis dis : « Waouh ! Ce que tu as fait était génial ! »

Giorgio : Et cela te donne envie de réussir. Si on te donne une belle voiture, eh bien tu es content sur le moment, et après tu t’en fiches parce que c’est une voiture qu’on t’a donnée. Si tu te bats tous les jours en ayant ce but parce que c’est cela qui est important dans la vie, alors tu auras un but ultime, et tu as une échelle graduée pour atteindre ce but …

David : Des checkpoints.

Giorgio : Exactement. Et lorsque tu arrives à ce checkpoint, tu as une belle voiture, une belle maison, et un beau mariage.

David : C’est une étape.

Giorgio : C’est une étape qui fait partie de la construction de la vie.

David : C’est un beau message. Merci. Dans ton parcours, tu avais été coach en développement personnel, tu t’y étais intéressé. Quel type d’outils as-tu utilisé ? Par exemple, as-tu étudié la PNL ?

Giorgio : Oui.

David : Aujourd’hui, est-ce que tu l’utilises en tant que mentaliste ?

Giorgio : Non, je n’utilise pas la PNL parce que ce n’est intéressant que sur les traumatismes. Tout ce qui est traumatisme pour revenir sur des problèmes, des ancrages, des choses comme cela, c’est intéressant ; cela permet de faire table rase. Aujourd’hui, la PNL ne fait plus partie de mon corps et de mon métier. La PNL n’est pas mal, mais c’est bien pour tout ce qui est traumatisme. Et aujourd’hui, comme je ne suis pas sur des traumatismes, je suis plutôt sur le côté positif, bénéfique. Il y a beaucoup de gens qui me demandent si je peux les aider à guérir de maux psychologiques, etc, mais ce n’est pas mon métier. Il faut voir un vrai psychologue, même si je comprends leur souffrance bien évidemment.

David : Justement, cela me fait penser à une question que j’ai envie de te poser. Dans cette ré-orientation – c’est-à-dire être en train de passer de la passion à vivre de ta passion – as-tu eu des doutes ? T’es-tu dis : « Je peux échouer » ?

Giorgio : Bien sûr !

David : Comment as-tu dépassé cela ? Parce qu’il y a beaucoup de personnes qui ont des passions et des rêves mais : « Non, cela, je ne peux pas. C’est pour les autres. C’est toujours pour les autres, il aura plus de chance, je n’ai pas la capacité.” Comment t’y es-tu pris pour y croire et passer à l’action ?

Giorgio : Je pense que ce n’est pas une question de capacité mais une question de travail. Les gens qui ont des dons, c’est bien, mais s’il n’y a pas de travail derrière, cela ne servira à rien. Donc, pour la réussite, il faut avoir le don, un peu de chance évidemment, mais c’est vous qui allez la provoquer. Il faut travailler d’arrache-pied, sans arrêt, matin, midi et soir, et y penser sans arrêt. Moi, après avoir fait des études de droit, de haute gestion, après avoir travaillé dans le commerce, un matin, je me suis réveillé et me suis dis : « Est-ce que le matin quand tu te réveilles, tu as envie d’aller travailler ? » et le constat était « non ». J’étais dans un imbroglio de …

David : J’ai eu une cliente tout à l’heure qui m’a dit cela justement.

Giorgio : Voilà ! J’étais dans un imbroglio de bienséance en se disant : « Il faut travailler pour payer le loyer et le reste”. Et je me suis dis : « Je vais faire quelque chose qui me plaît » parce que quand on fait quelque chose qui nous plaît, on n’a pas l’impression de travailler. Donc, je me suis lancé dans ce côté artistique avec tous les risques que cela engendre. Mais à partir du moment où tu y crois, que cela marche ou non, tu vis les plus bons moments de ta vie. Je suis loin d’avoir réussi, je suis dans un très beau théâtre, je suis dans un beau cheminement. Les gens m’encouragent parce qu’apparemment, je fais des choses qui leur plaisent. Donc, je suis content parce que j’ai réussi à trouver mon personnage et trouver ce que les gens attendaient de moi. Mais je suis encore loin d’avoir réussi. Et puis ma réussite n’est pas une réussite pécuniaire. Ce n’est pas une réussite financière. La réussite c’est être heureux dans la vie, faire ce que l’on aime et surtout ne pas se forcer à faire des choses qu’on n’aime pas.

David : Oui, je trouve cela important.

Giorgio : Parce que c’est ce qu’il y a de plus important.

David : D’accord. Même si, effectivement, tu dis toi-même que tu n’as pas réussi, c’est très subjectif. Quels conseils aimerais-tu donner à des artistes, des personnes qui ont des salles à remplir, ou qui sont simplement au début, qui sont qui tu étais il y a deux ou trois ans par rapport à ce métier ? Quels conseils aimerais-tu leur donner pour se faire connaître ?

Giorgio : Je n’aime pas me citer en exemple mais il y a trois ans, j’étais dans une petite cave.

David : Le but de cette interview, c’est que tu utilises ton exemple.

Giorgio : D’accord. Moi, un mentaliste.

David : Giorgio, j’ai fait cela.

Giorgio : J’étais dans une petite cave, j’ai commencé à faire du mentalisme. Je faisais autre chose en même temps. Je me suis lancé dedans parce que c’était la mode, il y avait les séries télé, etc. Et je me suis dis : « C’est le moment ou jamais de se montrer. » – Même si le cela fait 20 ans que je fais du mentalisme -. J’étais dans une petite cave. J’ai envoyé des mails à plusieurs théâtres. Il y a un théâtre qui a répondu, qui est venu et m’a engagé, c’était « La Comédie Saint-Michel ». Ce théâtre m’a permis d’avoir toute la latitude pour avoir beaucoup de séances afin de peaufiner le spectacle que je voulais faire.

David : Donc, c’était déjà des séances que tu vendais ?

Giorgio : Oui. Et puis, il y a eu le « Théâtre de Dix Heures » qui est venu.

David : Tu avais préparé ton spectacle avant dans ta cave ?

Giorgio : Entre la cave, qui est un petit angle qui s’appelait “La Providence”, c’était vraiment une cave, des gens descendaient sur des escaliers comme ceci. Le spectacle n’a rien à avoir avec La Comédie Saint-Michel et Le Théâtre de Dix Heures. On est passé par trois phases différentes. On est passé de la phase « mentalisme pur » un peu angoissante, à la phase mentalisme …

David : C’est un peu comme le film « the illusionist » qui a une ambiance comme cela ? Je ne sais pas si tu l’as vu.

Giorgio : Oui, je l’ai vu. Avec Edward Norton ?

David : Oui.

Giorgio : Oui, je trouve qu’il y a un beau message dans ce film.

David : Oui, le message est bon. En revanche, l’ambiance ressemble-t-il un peu au film avec le côté mystique, très sombre ?

Giorgio : Oui. C’était comme cela. Parce qu’en fait, je pensais qu’on ne pouvait pas être crédible en étant plaisantin. Et puis un jour, ma metteur en scène – que j’ai rencontré dans un théâtre – m’a dit : « Mais, je ne comprends pas. Tu es drôle, alors assume-le » alors que jusqu’à présent, il fallait que les mentalistes soient sérieux. Et moi, je suis le mentaliste le plus décontracté de tous, comme ils m’appellent dans la profession, parce que j’aime bien …

David : C’est toi en fait.

Giorgio : Oui, c’est moi. Et à partir du moment où on a trouvé ce personnage, qui est en fait moi, mais c’est un « sur-moi » sur scène, tout s’est imbriqué comme il fallait.

David : Là, tu évoques l’humour, je voulais justement qu’on l’aborde. Est-ce que, selon toi, on peut développer l’humour ? Puisque tu l’as.

Giorgio : Oui. L’humour est une forme d’intelligence. L’intelligence se travaille et se cultive. Alors l’humour, bien sûr, se travaille. Les humoristes sont les plus grands travailleurs que je connaisse.

David : Alors comment on fait ?

Giorgio :On ne demande qu’à en rire avec les humoristes qui passent. Je ne sais pas tout-à-l’heure, je parlais avec Vérino et Greg Romano, ils travaillent 50 heures pour un sketch qui passe trois minutes.

David : Moi, je fais des conférences, donc c’est plutôt sérieux. Cela me fait penser à moi, c’est-à-dire que je fais pour l’instant des conférences qui sont assez sérieuses sur les objectifs, la confiance en soi, et je sens que j’ai envie d’aller de plus en plus. D’ailleurs, je me lâche de plus en plus dans mes conférences parce que je me dis : « Pourquoi le développement personnel devrait-il être sérieux ?” Donc, cela m’intéresse vraiment si tu peux me partager tes clés sur comment ajouter ce côté humoristique, le développer, peut-être le libérer, lors de mes conférences. Je voudrais passer des clés et des messages inspirants avec un peu plus d’humour.

Giorgio : Je te conseille d’acheter des paquets de carambars, tu sais qu’il y a des blagues à l’intérieur des carambars.

David : Oui, d’en acheter beaucoup ?

Giorgio : Oui, d’en acheter beaucoup.

David : Donc, tu es devenu gros …

Giorgio : Oui, avant j’étais mince, maintenant j’ai doublé de volume. L’humour est quelque chose qui se travaille, mais c’est quelque chose qui est également inné. La répartie, c’est quelque chose que j’aie en moi. Souvent, on me le reproche, on me dit : « Oulala , ce soir tu as été cassant, etc. » Je ne m’en rends pas compte parce que cela part naturellement. La différence que tu vas avoir par rapport aux autres, c’est toi-même. Ta vraie valeur ajoutée, c’est toi. Donc, si tu le sens, vas-y ! C’est ce qui fera ta différence.

David : Donc, en général, ce sont les choses qui ont envie de passer.

Giorgio :  Eh bien tu le vois. Après, il faut être sûr parce que ce que tu fais est très policé : les conférences, … c’est toujours très policé. Il faut toujours avoir cette chape d’austérité autour, sinon on n’est pas crédible. Mais en même temps, là où tu peux faire ta différence c’est si tu es le premier conférencier plaisantin.

David : Je voudrais commencer cette branche en m’adressant uniquement aux jeunes parce que je pense que je peux leur apporter beaucoup plus s’il y a un côté humour pour les jeunes pour qui c’est inspirant de …

Giorgio : Eh bien on se rejoint sur ce point-là puisque dans mes spectacles, je commence toujours avec des blagues. Comme cela, je peux désamorcer tout de suite le côté sérieux du mentalisme parce que les gens se disent : « Il va aller dans mon esprit. » Je préfère que les gens pensent que je suis un grand guignol au début, ils se disent : « D’accord, on va rigoler. » et ensuite, pouvoir mieux les cueillir. Et toi tu peux faire la même chose. Mais attention, tu ne peux le faire que si tu connais parfaitement ton sujet. Tu peux te permettre d’être un guignol seulement si derrière, tu es un gros cador au niveau des thèmes. Mais c’est vrai que de toute manière, l’humour, surtout en France, est une composante qui est indispensable.

David : Je pense que c’est très puissant par rapport à l’apprentissage, des bons professeurs des fois sont drôles, donc je pense que c’est important.

Tu disais que tu étais timide. Tu n’as pas dit « timide » mais je reformule en disant « timide ». Est-ce que c’était le cas ?

Giorgio : Oui, je suis un grand timide.

David : J’ai beaucoup de personnes …

Giorgio : D’ailleurs, je ne veux pas être timide.

David : J’ai beaucoup de personnes qui viennent sur mon site qui sont timides ou seulement veulent développer leur confiance. Pourquoi ? Parce que je suis un ancien timide. Je partage des clés pour développer cela parce que je pense que la confiance en soi est quand même important pour la réussite, mais pas que financière. Quels conseils aimerais-tu donner par rapport à ton parcours pour aider la personne qui nous regarde à développer sa confiance en soi et ne plus être timide ?

Giorgio : Affronter ses peurs.

David : Et concrètement ? J’ai peur de parler à cette fille qui me plaît, comment je fais ? Comment on fait à long terme ? Tu n’attends pas forcément une clé. Quel état d’esprit il peut avoir ? Ou on va prendre autre chose ?

Giorgio : Non, c’est bien. En fait, il faut désamorcer la chose. Si tu vas voir une fille pour lui demander pardon et pour t’excuser, cela ne marchera pas.

David : Pas des conseils de séduction, mais …

Giorgio : Oui c’est lié. Par rapport à une fille, c’est lié, on est toujours dans la séduction. Si on est un homme par rapport à une femme, il y a toujours un rapport de séduction. De toute manière, tout l’univers est sexué. Si tu vas vers quelqu’un en ayant une idée derrière la tête, cette personne va le sentir. Si tu y vas en disant : « Je veux juste passer un bon moment avec cette personne”, alors tu vas être beaucoup plus libre. Il faut croire en soi, croire en sa personnalité, et se dire que si la personne n’adhère pas à ce que tu fais, eh bien tant pis, elle a raté quelque chose.

David : Donc cela qui marche également pour une femme qui a envie de parler à un homme ?

Giorgio : Bien évidemment ! Il faut être soi-même. Il ne faut pas essayer de jouer un personnage parce que c’est dans le faux-self, en psychologie, on se perd. Il faut être soi-même et naturel. Lorsqu’on n’ose pas parler à une fille ou lorsqu’une fille n’ose pas parler à un homme, il faut savoir qu’il y aura quelqu’un d’autre qui va le faire à sa place. Donc si vous n’avez pas envie d’être la personne qui constate ce qui passe, il faut agir.

David : Donc, cela s’applique également si je veux créer mon entreprise, mais je n’ose pas ; eh bien il vaut mieux que ce soit moi qui crée cette entreprise …

Giorgio : Oui parce que quelqu’un d’autre va le faire à ta place.

David : Et tu disais « affronter tes peurs », cela veut dire concrètement « je ressens que j’ai peur de cela, mais je vais quand même le faire ».

Giorgio : Affronter ses peurs est important parce qu’à partir du moment où tu les fuis, lorsque tu es dans la fuite, tu es dans la démission, et à force d’être dans la démission, tu tombes dans la dépression.

David : Donc, cela va s'empirer.

Giorgio : Cela va s'empirer. Tu vas nourrir des remords et des regrets. Alors, il faut y aller, il vaut mieux se planter. Cela rejoint ce qu’on disait au début, il vaut mieux y aller,  il vaut mieux se planter, et se reconstruire. Il vaut mieux y aller en se disant : « Cela ne va peut-être pas marcher mais je vais tout faire pour que cela marche. » Et à partir du moment où cela ne marche pas, se dire : « Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Quels sont les étapes qui ont échoué ? On recommence”. Il faut partir dans une logique de gagnant où on va y arriver. Cela va peut-être mettre du temps, peut-être 10 ans, mais on y arrivera.

Au niveau de la séduction, j’étais un garçon qui n’avait pas beaucoup de succès avec les filles, pourtant je connaissais mes points forts, et je savais comment faire pour mettre en avant ces points forts. En boîte de nuit par exemple, je savais que je n’avais aucune chance parce que je n’avais pas un physique qu’on remarque en boîte de nuit, je ne savais pas danser, donc je n’y allais pas. En boîte de nuit, je n’avais que des choses négatives qui me revenaient en face. Les filles ne s’intéressaient pas à moi. J’allais dans les endroits où on pouvait converser, discuter et échanger. À partir de ce moment-là, je savais que j’avais un point fort à ce niveau-là ; pour parler de séduction.

David : D’accord. J’ai une dernière question parce que je te trouve épatant à ce niveau-là, et cela m’intéresse.

Giorgio : C’est vrai, il a raison.

David : Dans mes conférences, une des difficultés que j’aie, c’est retenir les prénoms, et je mémorises beaucoup de choses. Est-ce que tu as développé des techniques pour développer ta mémoire ? Comment tu t’y es pris ? Est-ce que c’est naturel pour toi de retenir facilement beaucoup d’informations ? Il y a des informations que je retiens facilement dans mes conférences, et d’autres où j’ai beaucoup de mal à les intégrer et à les retenir. Est-ce que tu as des techniques ? As-tu développé des choses ?

Giorgio : Si tu ne retiens pas les prénoms d’une personne, c’est que cette personne ne t’intéresse pas. Donc, prends le temps de t’intéresser à cette personne, pose-lui une question sur sa vie, prends le temps de regarder, de la décrire psychologiquement comment elle est. Si tu demandes le prénom à une personne en pensant à ce que tu vas lui dire derrière comme question, cela ne marchera pas ! Prends le temps de la présence, de connaître cette personne, d’assimiler son prénom, et puis normalement, cela devrait se faire tout seul.

David : D’accord. Donc, je n’utilise pas spécialement la technique mis à part le fait d’être présent.

Giorgio : Dans le spectacle, je parle de mnémotechnique qui est une table de rappel par rapport à des objets ou autres. Mais pour se rappeler des prénoms de personnes, il faut juste s’intéresser à cette personne.

– Salut bonjour, je m’appelle Giorgio, ça va ? Comment tu t’appelles ?

– David.

– David. Oui. Salut ça va ? Euh, c’est quoi ton prénom ?

Voilà, ce n’est pas moi.

– Bonjour ! Comment tu t’appelles ?

– David.

– Enchanté David ! Tu fais quoi dans la vie David ?

Tu répètes plusieurs fois le prénom, est-ce que c’est l’idée ?

Oui, si tu veux mais tu n’es pas obligé.

– Qu’est-ce que tu fais dans la vie David ?

– Formateur.

– Formateur. David formateur.

Voilà, David est formateur. Très bien. Dans ma tête, je me dis que David est formateur.

– Formateur en quoi ?

– Confiance en soi, etc.

– Formateur en confiance en soi. C’est intéressant !

Tu vois ? Je m’intéresse à toi. Et je suis sûr que je ne t’oublierai pas.

David : D’accord. Merci pour cette clé.

Pour faire court dans cette interview, la dernière chose que je voudrai te demander, un moment qui est solennel, c’est …

Giorgio : Je sens la blague.

David : C’est simplement le message que tu voudrais donner et partager aux personnes qui nous regardent. Sache que les personnes qui nous regardent sont intéressées soit par la réussite, soit par gagner plus d’argent, soit par développer leur confiance, soit pour être plus heureux. Qu’as-tu envie de leur dire ? Tu as tout le temps que tu veux.

Giorgio : Encore une fois, on est dans une société qui est tronquée de mensonge ; la vraie vie, ce n’est pas marcher sur les autres, ni réussir, ni écraser son prochain. La vraie vie c’est progresser en tant qu’homme. J’essaie de me rappeler une phrase de Socrate ou Platon qui dit que la seule manière de bien vivre sa vie c’est de chercher à progresser et de constater cette progression. Donc, cela peut paraître un petit peu réactif ou vieux jeu, mais je pense que dans la vie, il faut se mettre des principes, avoir des valeurs, et trouver ses valeurs. Il ne faut pas les fouler aux pieds, il faut vraiment les respecter. C’est comme une discipline physique, lorsque tu fais un sport, souvent, les gens me disent : « Comment être bien dans ma tête ? » Eh bien il faut déjà être bien dans ton corps. À partir du moment où tu n’es pas complexé par ton corps, ou tu n’es pas toujours en train de te dire : « Mais les gens … moi j’ai un complexe … » – il faut accepter son corps, il faut faire une véritable introspection -, tu vas être beaucoup mieux dans ton esprit. Et là, c’est la même chose, c’est-à-dire qu’il faut savoir qui on est vraiment, ce qu’on veut, ne pas hésiter à se séparer des gens qui sont des parasites, parce que souvent, j’entends des gens me dire : « Oui, mais cette personne pourrait t’apporter .. » Je n’en ai rien à faire. Cette personne m’énerve, je ne veux plus la voir. Parce qu’à chaque fois que je la vois, …

David : Donc, c’est sélectionner ton environnement.

Giorgio : Sélectionner son environnement.

David : Dans mes conférences, on peut être la meilleure graine du monde, si on a des interrogations difficiles, on ne poussera pas.

Giorgio : Exactement ! Il faut t’entourer de gens positifs, de gens qui sont en osmose avec tes pensées et tes envies. Il y a beaucoup de personnes sur terre, donc il ne faut pas se limiter à un petit cercle, il faut élargir son cercle. Il ne faut pas avoir peur de l’échec, ni de ne pas gagner sa vie. Aujourd’hui, les dictatures c’est gagner sa vie, gagner beaucoup d’argent, avoir une belle maison, ce n’est pas cela. Ce n’est pas la vraie vie. La vraie vie, c’est progresser en tant qu’homme ou en tant que femme. Cela passe par des étapes, par des moments néfastes et négatifs. Mais le but c’est d’arriver à la fin de sa vie, se dire « qu’est-ce que j’ai fait ? Je suis allé au restaurant ? J’ai mangé ? Je me suis rassasié ? J’ai dépensé une fortune dans les vacances ?” C’est quoi ? Qu’as-tu fait pour les autres ? Moi, pourquoi je suis content d’être sur scène ? Tu sais pourquoi ?

David : C’est un effet de mentaliste ?

Giorgio : Oui. Je me sens sur moi-même parce que je vois les gens qui rigolent, et je leur donne du bonheur avec mon art et ma discipline. Les rires, c’est comme pour les humoristes, ils me reviennent en moi. Ce sont des choses qui me font beaucoup de bien. Donc, entourez-vous de gens qui vous hissent vers le haut.

David : Donc, savoir qui on est, où on veut aller, travailler et développer ses passions.

Giorgio : Travailler, toujours travailler.

David : Et surtout faire attention à son environnement, et je pense qu’avec cela, on est bien parti.

Giorgio : Et surtout ne pas avoir peur de ne pas gagner sa vie. Le but dans la vie, ce n’est pas que pécunier.

David : Il y a beaucoup d’autres choses qui sont beaucoup plus importantes.

Giorgio : L’amour.

David : C’est une belle fin. Merci à toi !

Giorgio : Merci David.

David : Eh bien voilà, c’est fini. Je rajoute des mots-clés.

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