Le premier jeune à avoir postulé pour les élections présidentielles – Maxime Verner

-Alors bonjour à vous, bienvenue ! Pour cette nouvelle interview, là je suis avec Maxime Verner, alors c’est le premier jeune à avoir postulé pour les élections présidentielles, il est aussi entrepreneur, il conseille des entreprises, vous allez le découvrir, il est avec moi, suivez l’interview !
Salut, Maxime
-Salut !
-Tu vas bien ?
-Très, très bien !
-Je suis bien content que tu sois là, ça fait plaisir parce que là on a fait pas mal d’interviews de « vieux », donc on repasse à un âge qui me parle un peu plus. Donc qui es-tu en fait? Parce que tu fais pas mal de choses, t’as fait pas mal de choses aussi.
-Je suis un jeune qui en fait, avance plutôt à l’engagement, avec toujours ce point central depuis que, moi je viens de Bron, je suis de Bron dans la région de Lyon
-Je connais bien
-J’ai commencé à faire de l’associatif, pas mal de politiques. J’étais candidat à la mairie à Bron quand j’avais 18 ans en 2008. Et derrière, je suis passé à Paris pour faire passer des lois, pour développer mon association qui s’appelle « l’association des jeunes de France »; et qui essaye de faire un peu ce que vous faites. C’est-à-dire, créer justement ce déclic dans les nouvelles générations parce que si on arrive à la fois à s’entraider les uns les autres, s’éclairer, je pense qu’on va quand même arriver à changer le système, à changer notre manière de vivre cette société. Et puis au final, derrière j’ai fait des études, j’ai fait un BTS, puis une licence à Paris 8. En sortant, je savais bien que je n’avais pas envie d’être salarié. Je suis fils d’artisan, petit fils d’artisan, il n’y a jamais vraiment eu de salariés dans la famille, c’était un peu logique dans mon esprit. Je ne suis pas de caractère très docile et résultat, je savais que je voulais monter une boîte. Et dans un premier temps, j’ai conseillé les grandes entreprises sur, notamment, les politiques d’intégration de compréhension des jeunes. J’ai très vite compris qu’en fait, ils n’en avaient rien à cogner, et que c’était un peu de la façade. On bossait bien, mais en réalité ils en prenaient très peu, donc j’ai décidé de changer complètement. Et de conseiller des gens qui me sont beaucoup plus proches; et avec lesquels on arrive à faire, selon moi, quelque chose d’utile. C’est-à-dire des jeunes entrepreneurs, qui vont sur, soit des marchés émergents, il n’y a pas encore tout à fait de business model efficace, ou il n’y a pas encore de technologie prégnante et diffusée partout, ou alors sur des business qui sont vus et revus : l’optique, la mode, la finance… Et où on va pouvoir aller fracasser des oligopoles, voir même parfois des monopoles, pour rendre du pouvoir d’achat, de la qualité, du service, rendre de la joie d’une certaine manière aux clients, aux consommateurs qui dans le cas, on en parlera peut-être toute à l’heure. Mais par exemple, notre dernier projet qui s’appelle « Lunettes pour tous », voilà c’est génial, la réalisation de mon boulot aujourd’hui. C’est au-delà du fait que plein de jeunes viennent nous voir en disant : « nous aussi on aimerait être entrepreneur »… C’est de voir des clients de tous les âges, de toutes les couleurs, de tous les niveaux sociaux, qui viennent acheter des lunettes au vrai prix ; c’est-à-dire 10 à 15 fois moins cher que chez les opticiens traditionnels. De casser des monopoles et d'emmerder des gens comme Silver ou Lux’otpica qui ont plus de 80 % de parts de marchés sur les verres et les montures. Et pour moi, ça c’est faire aussi de la politique, comme j’ai fait différemment…
-Alors, tiens justement parce que, là tu as quel âge ?
-24
-Tu as 24 ans. Qu’est-ce qui fait qu’à 24 ans, tu te sois dépassé, t’as mis en place tous ces projets, tu as créé ce réseau, tu dis que tu as commencé à conseiller des grandes entreprises, comment tu t’y es pris en fait pour (…)? Si on revenait sur les débuts, les premiers pas, j’adore les premiers pas. Ça a été quoi pour toi, comment t’as commencé à avoir des résultats qui, on va dire, sortent un peu du lot du jeune qui fait des études classiques ?
-Mes premiers pas ça a été très très tôt, ça a été l’associatif, j’ai eu de la chance d’avoir autour de moi des adultes, que ce soit des éducateurs, parfois même des profs, pas toujours, mais parfois des profs, et de grandir dans un milieu très modeste, et donc d’être en ZEP, on avait des moyens en ZEP pour faire autre chose que seulement des cours…et ça m’a permis très tôt… Je me rappelle quand j’étais petit, au foot, j’étais, j’adorais le foot, mais je n’étais pas très bon. Et le président de mon club de foot et les copains qui étaient un peu plus grands que moi ont dit : « On le veut entraîneur Maxime », donc j’entraînais les petits, j’étais petit je devais avoir 9-10 ans. Ensuite, j’ai eu de la chance, je voulais faire absolument du théâtre, on m’a dit : « t’es trop petit Maxime, trop jeune, trop enfant ». j’adorais lire, j’ai beaucoup lu quand j’étais petit et donc résultat dès que je suis arrivé au collège, je me suis engouffrée comme ça dans le théâtre. Et derrière, on avait envie de faire durer cette petite troupe qu’on avait développée dans le collège, j’étais gamin j’avais 13-14 ans, on est allés au festival d’Avignon et puis l’associatif m’a aussi permis de développer personnellement, intimement, mon engagement citoyen qui allait devenir politique ensuite donc l’associatif…
-Tu le savais ou pas que tu voulais faire de la politique derrière ou (…)
-Pour moi c’est toujours très compliqué parce que c’est toujours la veille que je prends des décisions. Les gens me disent : « tu savais que tu voulais aller aux présidentielles depuis que tu étais petit? », t’as fait ça, ça pour, pas du tout! Je l’ai su la veille avant de l’annoncer en fait! La veille au soir, j’étais à Lyon et la loi sur l’éligibilité à 18 ans dont je m’étais battu pendant des mois, des années pour faire passer, venait de passer à l’Assemblée dans le silence à peu près général. Les gens s’en foutaient à peu près et je me suis dit : « c’est dommage quoi! » Les présidentielles arrivent, ça va être l’occasion, c’est très serré, de porter la voix des jeunes, de faire entendre les idées sur les jeunes je me suis dit : « il faut y aller quoi! ». Deux, trois potes m’envoient des messages, des politiques, des journalistes qui me disent : « bah là Maxime, c’est maintenant hein !» alors moi j’étais à Lyon, je réfléchis à tout ça, je remonte à Paris, le lendemain matin on était chez Calvi sur RTL, et c’est parti !
-Tu as balancé le truc ?
-Oui, c’est-à-dire qu’au final, en fait, je me rends compte avec mon business. En fait, les gens, ça les fait marrer, mais dans le bon sens du terme. Mes potes me disent : « tu changes tous les 6 mois d’idée ». Là, aujourd’hui j’ai envie, j’écris des films pour le cinéma, que je ne faisais pas il y a 3 mois, mais j’en ai eu envie entre le moment où j’en ai eu l’envie et le moment où je rentre dans l’apprentissage et la réalisation de ce que je veux faire ; et là où je me sens utile, il n’y a quasiment pas de durée(…)
-C’est très court en fait ?
-Il n’y en a quasiment pas.
-Alors comment tu vis ce truc? Parce que les gens disent : « ah toi tu es un peu girouette, tu ne sais pas ce que tu veux
-Non, il faut juste à la fois donner de sa personne, moi c’est, mais c’est depuis que je suis gamin, ça ne vient pas de ma manière de travailler c’est une question de principe. Si on n’est pas généreux, si on ne met pas tout sur la table, ça ne sert à rien, ça n’a aucun sens d’entreprendre. Si ce n’est pas pour tout donner, à ses clients surtout, puis à soi aussi, à sa manière de travailler. C’est une manière de se respecter aussi que de travailler dur, travailler dur, mais travailler bien, pas en garder sous la pédale. Moi je suis dans un métier de conseil, qui est quand même très spécifique et où il y a de grands groupes, mais pas seulement. Leur stratégie c’est justement de pouvoir déployer, une fois qu’ils sont chez un client. Ça veut dire, ne pas tout vendre d’un coup, en garder sous la pédale. Moi, c’est tout l’inverse,dès le début, je donne tout et surtout j’ai une politique assez précise qui est de ne prendre aucune part dans le capital des sociétés que je possède. Les gens disent : « c’est bête, car c’est des boîtes qui ont beaucoup de valeur ajoutée à apporter, qui rapidement peuvent prendre énormément de valeur »(…)
-Alors, qu’est-ce qui fait que (…)
-,Mais moi, ça ne m’intéresse pas, je pense que pour bien faire mon métier, conseiller, aider, c’est de me pousser avec, c’est de me battre pour, il faut que je sois extérieur au capital d’une entreprise. Il faut que je sois directement attaché aux dirigeants, aux entrepreneurs, à ceux qui font, et pas que je sois leur « égal ». Voire même, plutôt leur partenaire minoritaire
-Ce que tu veux dirent fait, c’est que le fait que tu n’aies pas un enjeu financier, que tu n’aies pas…
-Facilite ma position envers l’entrepreneur.
-De conseil en fait.
-Bien sûr!
-Tu es vraiment extérieur.
-Et ça, c’est primordial en fait.
-Tu n’es pas intéressé par tout ce qui va se passer.
-Non! Je le suis d’une certaine manière, mais pas économiquement. Je le suis parce que j’aime mon métier, j’aime ce que je fais, « j’aime ». Ça, c’est primordial, j’aime les gens avec qui je le fais. Là j’ai deux associés : JB et HN avec qui j’ai monté des trucs et on fait d’autres trucs à côté. On le fait parce qu’on s’adore et qu’on a envie de le faire, mes clients deviennent très très vite des copains, quand ça ne l’était pas avant alors c’est un peu iconoclasse. Les gens disent qu’il faut bien séparer, mais je crois que dans ma manière de travailler. Si on a pas un engagement humain avec l’autre et une connaissance très fine de sa psychologie, c’est impossible d’avancer longtemps dans le même bateau. C’est tellement compliqué d’être entrepreneur dans ce pays, et on est en proie avec le business que je conseille. Et même des choses que je fais en général à des choses qui sont assez subtiles, c’est-à-dire les idées aussi. Qu’il faut s’imaginer la motivation qu’il faut avoir pendant des années, voire pendant des décennies, pour arriver à transformer dans la société, à faire prendre une idée, ça prend des années! Et ça, si vous n’avez pas des gens qui à la fois sont avec vous dans le même bateau. Sauf qu’il n’y a pas vraiment de hiérarchie, je suis président de la société, je suis actionnaire majoritaire. Mais enfin, tous ceux qui sont dans ma boîte ont les mêmes droits au même titre. Et puis surtout, avec les clients, il faut mouiller le maillot. Alors pour répondre à ta question, l’expérience de réussite collective étant gamin, ça m’a sauvé la vie, ça! parce que je pense que sinon je n’aurais pas si fini si bien que ça!J’ai pas bien fini hein, mais quand t’as beaucoup d’énergie comme moi, tu es hyper déviant, tu peux très vite partir(…)
-Tu aurais pu passer dans un sens comme dans l’autre
-Très très vite
-Alors comment tu as créé, après, une fois que tu as réussi à plus affiner, comment tu as créé un peu ce réseau. Parce qu’aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup de jeunes, à 24 ans, qui sont connectés comme ça! Pour en voir un peu dans les écoles de commerces où j’interviens. Et je vois un peu les décalages de niveaux entre les étudiants avec le même cursus quoi! Des fois même, le même background familial, comment tu as fait pour te connecter parce que c’est souvent une question qu’on pose, comment tu as réussi à te connecter à telle personne, toi, c’est quoi un peu ton modèle pour te connecter auprès d’eux ?
-Bah en fait, alors c’est peut-être un peu pareil c’est pas très reproductif, mais cela étant, je ne cherche pas du tout à me connecter, je m’en cogne. Il y a des gens qui font des choses intéressantes, c’est ça qui est important. Il faut se connecter à ce qui se fait, évidemment on fait les choses avec des gens, mais il ne faut pas. Mais c’est ça le problème des conneries qu’on apprend dans les écoles de commerces, on ne dit pas mal de conneries dans ce genre de trucs, on dit : « ouais! C’est un réseau, c’est primordial », non! Si tu fais quelque chose, les gens qui ont envie de faire des choses vont te connaître, et toi, en tant que personne qui a envie de faire quelque chose. Moi j’ai envie de faire quelque chose, je vois autour de moi les gens faire des choses et, jamais, ma vie est courte pour l’instant, mais jamais une seule fois je ne suis pas allé voir quelqu’un qui faisait quelque chose qui me plaisait, qui m’intéressait, pour lui dire gentiment : « continues, courage, c’est vachement bien » eh bah souvent on arrive à faire des choses ensemble, mais c’est vraiment parce que je suis dans cette optique-là.
-Donc, si on essaye de le rendre positif, il y a quand même un truc, c’est de dire tu regardes, qu’est-ce qui te plaît autour de toi
-Il faut comprendre, quand on ne comprend pas les gens(…) Moi ça les faisait marrer, comme je te disais toute à l’heure j’étais jeune, il y en a pleins qui disaient et pas forcément à tort : « tiens c’est bizarre ». Je suis né en 89 : « Mais c’est bizarre comment tu parles des trucs des années 50, 60, 70, mais t’étais pas né, enfin comment tu… » Parce que j’ai lu beaucoup de livres très bons et des moins bons. Et moi je dis toujours je suis un bébé de l’INA, en France on a de la chance. L’INA a été créée en France. Aucun pays au monde n’avait l’INA avant nous. Donc voilà des archives audiovisuelles, j’adore les archives, les documentaires, j’adore le cinéma, lire…et donc quand j’étais petit, on s'emmerdait un peu, en étant en banlieue. Tout ce que j’avais sous la main, je le prenais, j’étais insomniaque, je voulais m’occuper à tout prix quoi. Et donc au final, je ne savais pas que je voulais faire de la politique, je ne pensais pas du tout, j’étais fils de taxi, tu ne te dis pas que tu allais faire de la politique Maxime. Mais je me suis intéressé profondément aux choses, mais je me rends compte notamment beaucoup chez les jeunes, malheureusement, peut-être à cause des écoles, peut-être de plein de choses qu’il y a deux problèmes dans ce qu’on appelle la constitution d’un réseau : la première, ils ne savent pas ce qu’ils veulent. Ils veulent la sécurité d’être salarié dans un grand groupe et en même temps l’aventure de monter… Enfin… Dans la vie, il faut faire une chose pleinement, intégralement, et faire autre chose pour le plaisir. Mais il ne faut pas, on ne peut pas, si vous voulez, enfin, on ne peut pas avoir un double discours, c’est impossible. Et c’est le cas d’énormément de jeunes aujourd’hui. Donc comment voulez-vous qu’ils attirent dans le bon sens du terme quelqu’un, alors qu’eux-mêmes ne s’attirent même pas d’eux-mêmes sur quoi faire dans la vie. Et il y a un deuxième truc primordial, c’est que si vous n’apportez rien quand je dis ça ce n’est pas dans le sens d’intérêt ou d’intéressement c’est que vous n’apportez rien dans le sens d’intéressant, il y a pleins de gens dans ce pays pour qui le temps est compté ; parce qu’ils savent ce qu’ils ont à faire dans la vie, et ils le font extrêmement bien et leur temps sert à quelque chose, quand vous avez la chance de pouvoir d’une certaine manière bénéficier de leur temps, il faut être intéressant, on n’est pas loin pour baragouiner
-Pour juste bien le décortiquer, ça veut dire qu’il faut par exemple quand tu es au contact d’une personne que tu trouves intéressant de voir, comment toi tu peux être intéressant pour elle, c’est ça ?
-Au-delà de ça, il faut être acteur, il ne faut pas être passif, il ne faut pas être spectateur ; et c’est le problème de beaucoup de jeunes dans ce qu’ils appellent le réseau c’est qu’en fait. Ils sont spectateurs. Ils y vont pour leur dire : « c’est génial et tout. » Moi je n’ai jamais été impressionné par personne.
-C’est à dire ?
-C’est-à-dire, on est tous humains. En fait, il faut voir derrière l’individu social, l’homme ou la femme. Et quand vous essayez de vous intéresser à, on est dans une société très ouverte donc on sait ce qui constitue un homme et une femme. Pas tout, mais certaines choses. Tu vois quand on me parle de Bernard Arnaud par exemple, je n’entends pas l’homme le plus riche d’Europe, mais j’entends : « parcours intéressant d’un petit fils d’Auvergnat maçon, père industriel, enfin, entrepreneur dans le bâtiment qui a très bien marché. » Et qui a eu l’idée parce qu’il était attaché à la famille de dire à son fils à 26 ans : « ok, je te suis, je mets toutes mes économies, toute ma boîte en garantie. On va racheter Boussac. » C’est ça qui est intéressant chez ce mec, et derrière comment à chaque fois il monte des « montages » pour se créer un portefeuille de marques extraordinaire. Et mettre la main mise sur plein de grandes marques qui allaient péricliter . Et lui, comment il en fait des marques extraordinaires. C’est ça qu’il faut entendre, je ne sais pas si je me fais bien entendre, il faut aller au-delà.
-De l’étiquette un peu (…).
-De l’étiquette, pareil pour tous les jeunes entrepreneurs, on parle souvent de Xavier Niel, c’est un homme brillant, super intéressant. Mais il n’est pas intéressant seulement parce qu’il a fait la Freebox, c’est tout le reste qui est intéressant, c’est le « avant »… Et il a créé sa première boîte dans les années 90. Qu’il a revendu parce que justement pour faire Free.
-Justement tu connais bien leurs histoires, tu ne te dis pas : « c’est une opportunité, il ne faut pas que je la rate, faut que je sois bon devant lui… »
-Tu viens de tout dire, il faut comprendre une chose, je pense, pour arriver à faire, à ce que tu appelles créer un réseau, c’est d’être détendu quoi! On n’a qu’une vie, tout le monde est un être humain, on va tous mourir. Et tout ce qu’on fait est important pour nous, mais n’a aucun intérêt à l’échelle de l’humanité telle qu’elle a existé et va exister. C’est-à-dire qu’il faut être détendu, il faut être calme quoi! Et c’est un des problèmes, c’est vrai, il ne faut pas se prendre pour autre chose, on est tous dans le même bateau. On est dans notre cas, tous dans la même génération, donc on va coexister ensemble pendant, j’espère assez longtemps, il faut être ultra détendu. Et surtout il faut croire (…).
-Et tu l’as toujours été ça!
-Ouaie. De plus en plus. Et surtout, je pense et encore ; je pense que c’est très intime et personnel, mais je crois qu’il faut croire au (…) , alors il n’y a rien de religieux, de mystique ou je ne sais quoi! Mais il faut croire que si tu fais des choses biens, il t’arrivera des trucs biens, il faut mériter avant d’avoir. Et ça, ce n’est malheureusement pas ce qu’on explique dans les écoles par exemple. Et moi quand je suis sorti de la présidentielle, du CELSA, etc. Il y a beaucoup de gens que j’aime beaucoup et qui sont de grands professionnels et qui m’ont dit : « bah viens on monte des boîtes ensemble. » Et j’aurais pu gagner énormément d’argent j’aurais pu passer de boursier échelon 6, à 460€ par mois et merci l’État, ça m’a sauvé, ça m’a permis de faire des études, à 40 fois ça. Mais primo, je n’en avais pas le désir, et deuzio, ce n’était pas cohérent avec moi, ce que je veux faire. Et c’est ça qui me fascine quand je vois par exemple (…). Je regarde en ce moment tous les films du nouveau Hollywood : Spielberg, Copola, De Palmas, Scorzese, etc. Et ces mecs-là, à 20 ans ils étaient exactement comme ils sont aujourd’hui, ils savaient exactement ce qu’ils voulaient faire. Et ça, justement c’est l’autre problème ; c’est qu’il faut avoir la vocation, si vous êtes convaincus de ce que vous avez à faire, de ce que vous avez à dire pourquoi l’autre il ne prendrait pas en considération ce que vous avez à dire. Les gens font trop de complexes ; moi, je vois par exemple, j’entends tous les jours des gens qui me disent : « j’ai une idée sur ça, sur ça », bah va voir le type. Tous les jours, moi je fais que ça. Le matin, je me lève, je lis le journal, j’ai des idées comme ça pour des gens, des fois je ne les connais même pas, et ce n’est pas du tout mes clients, je leur fais un mail !
-Prenons un exemple, sans même donner de nom, par exemple tu vas sur Internet, tu tombes sur un article…
-Je lis les Échos, je vois une entreprise qui est en difficulté et sur laquelle il me semble qu’elle a un moyen de rebondir, je lui fais un petit mot !
-Alors tu vas lui dire « j’ai pensé à tel truc (…) ».
-Oui, j’ai pensé à tel truc, que ça l’aide ou que ça ne l’aide pas… Pareil, je ne sais pas, on vient me rapporter, me dire : « tiens il y a (…) je sais pas une association qui a envie de développer, moi en tant que lecteur moi je lis toute la journée, il y a des associations, des entreprises que j’aime bien et quand je vois qu’ils communiquent ultra mal ; qu’ils recrutent mal, je leur fais un petit mot, pas avec prétention, en leur disant voilà moi humblement je pense que tel truc il faudrait y réfléchir. Peut-être vous y avez même déjà réfléchi, mais ça ne serait pas mal, et ça n’engage à rien, et on s’en fout d’ailleurs et c’est ça qui est important dans la vie c’est…
-Au lieu de dire : « je suis le meilleur en conseil, embauchez-moi », c’est j’apporte en fait.
-J’irais plus loin que ça. J’ai la chance, malgré que ça soit une petite boîte, de choisir absolument les projets sur lesquels je vais, les clients avec qui je vais. Je ne vais qu’avec des clients où je sais que ça va être une superbe aventure. Et mon rôle, c’est de les autonomiser le plus vite possible ; ce n’est pas comme avec les autres consultants, de les rendre dépendants, donc ça je suis assez libre. Mais moi, ce qui m’intéresse c’est au final presque tout ce que je fais à côté de mon activité professionnelle pure et dure, c’est ça que les jeunes doivent comprendre, on ne se fait pas un réseau seulement dans son activité professionnelle. Son activité professionnelle, c’est la manière de convertir ce qu’on sait faire, ce pourquoi on est bon, on se fait son réseau dans tout le reste. Je ne sais pas peut-être le foot, le ciné, je ne sais pas. Il y a tellement de gens qui aiment le ciné et c’est là où on se croise. Il faut échanger vraiment quoi ; et c’est ça qui manque dans les écoles de commerce où je suis allé aussi, pas pour étudier, mais pour faire des conférences, pour les rencontrer, pour échanger avec eux. Malheureusement on ne leur apprend pas à être intéressant, à être personnel, à être eux-mêmes, et je crois que c’est HEC, mais je suis pas sûr, dans le slogan, c’est « apprendre à oser » déjà là il y a une dichotomie énorme, apprendre à oser, on n’apprend pas à oser, on ose apprendre ou on ose! C’est « Sapere aude » je crois. Aimer le savoir quoi. Apprendre à oser, ça ne veut rien dire, et c’est ça le problème de ce pays c’est le bullshit. Qu’au final quand on arrive à faire le tri, les gens qui savent faire le tri se reconnaissent entre eux, et ce n’est même pas du réseau, c’est (…).
-C’est comme une forme de famille, il y a un truc de : « je te comprends, tu me comprends, on parle la même langue.
-Bien sûr !
-On est dans le même univers.
-Mais c’est exactement ça! Moi qui suis (…), pas clanique, parce que je suis ouvert comme garçon. Je vois par exemple les gens qui me suivent dans mon combat politique, me suivent pour certains depuis peu de temps, mais pour la plupart depuis des années ! Je bosse avec les mêmes personnes depuis 2006.
-Bah, tiens justement, qui dit groupe dit aussi critique, comment tu vis ou réagis par rapport à, bon déjà tu vas me confirmer ou infirmer si ça existe, mais toutes les personnes qui pourraient te critiquer? Déjà est-ce que ça existe qu’on te critique ?
-Bien sûr !
-Dans les deux sens, j’entends.
-Mais il y a deux formes de critiques. Ça me fait marrer en fait, encore une fois il faut être ultra détendu par rapport avec ces trucs-là, parfois des critiques ultra constructives, ça c’est bien! Même des copains, ils viennent me voir et me disent : « bah voilà, je pense…ça, c’est super ! » Mais malheureusement souvent une critique est l’expression psychologique de quelque chose quoi. Et quand j’étais candidat aux présidentielle, alors évidemment je recevais des trucs horribles, je recevais des insultes racistes, mais bêtes quoi. Une fois, mais souvent, juif arménien je suis d’origine arménienne ça n’a rien à voir, mais (…) Et tout le monde me traitaient de fils de ministre, et ceux qui me connaissent, ils savent que ce n’est vraiment pas le cas. Donc c’est drôle la dichotomie entre, dans l’insulte ce qu’il y a comme relan quoi. Il faut le prendre comme ça, sinon on le prend super mal! Et dans le boulot alors ça, ça m’a beaucoup fait rire en fait parce que c’est drôle, c’est que des concurrents, alors c’est pas vraiment des concurrents, mais d’autres gens qui font à peu près le même boulot que moi, et évidemment ils vont dire ouais, mais…mais en fait bah, il n’y pas de, c’est malheureux, mais il n’y a rien à dire, chacun est comme il est quoi…mais pour l’instant je suis comme ça, je suis ultra droit et personne n’a rien à dire donc au final c’est plus marrant qu’autre chose…
-Tu en rigoles plutôt qu’autre chose.
-La critique ce sont eux qui ont des choses à se reprocher et les politiques ont peur souvent de la critique parce que justement ils se sentent tellement peut-être parfois incapables de réaliser ce qu’on attend d’eux, ça leur fait mal, ça blesse, ça touche là où ça fait mal, moi quand quelqu’un me demande de réaliser quelque chose, je le fais donc je n’ai pas peur de la critique et à côté de ça, il faut être critique et c’est ça le génie des Anglo-saxons par exemple c’est de comprendre qu’on avance que dans la nécessité, dans l’adversité, s’il n’y a pas une force antagoniste, on avance pas ! Et c’est pour ça qu’en France, toutes les conneries self-made-man, de tout ça n’existe pas, on ne se construit pas tout seul. Mais en même temps on ne se construit pas contre rien, on est tous en opposition avec quelque chose et moi le premier, d’une certaine manière, je suis en opposition contre la rente, je suis en opposition contre le…En fait, dans le fonds, je me rends compte que je suis…Si un mot devait me résumer, alors ça fait très de droite alors que pas du tout, c’est vraiment le mérite, j’aimerais que chacun ait ce qu’il mérite dans le bon sens du terme, dans le mauvais pour ceux qui font du mal, mais…Je trouve que c’est une valeur super importante qu’on a pas que dans le travail, c’est pas qu’une question de travail, ma maman est mère au foyer, et dans ma famille les femmes étaient souvent mères au foyer, et c’est un métier mère au foyer, élever bien des gosses primo c’est ultra rentable pour le pays parce que les gamins sont après des gens qui créent de la valeur, et deuzio, mais c’est un métier dans la société!Ma mère a fait le boulot de 4 ou 5 assistantes de vie, psychologue, nounou enfin c’est hallucinant!Et au final, moi ce qui me chagrine un peu c’est que c’est ceux contre quoi c’est très simplifié, mais je lutte dans tout ce que je fais tous les jours, 24 heures sur 24, mais même quand j’écris des films ou que j’écris un bouquin, c’est à ça que je pense, inconsciemment…Chacun doit avoir une force antagoniste, c’est le problème aussi de ce qu’on apprend à l’école, c’est que souvent la force antagoniste c’est nous-mêmes, quand on sait pas ce qu’on veut faire, quand on a peur, la peur c’est le pire truc, tu parlais toute à l’heure de faire un réseau, pour faire un réseau, faut avoir peur de personne!Pourquoi avoir peur ?
-Alors comment tu développes cette confiance-là ?
-C’est un peu différent la confiance, parce que moi aussi je me trouve nul parfois, sur plein de sujets je suis nul, heureusement d’ailleurs, il faut apprendre plein de trucs et puis…
-Mais cette foi-là, comment on peut la développer? Imaginons qu’un jeune qui nous regarde et qui se dit ok.
-Il faut relativiser. Moi, je pense souvent qu’on, ça n’a rien à voir, mais, chacun a un point de départ dans sa vie. Il y en a, c’est quand ils sont nés, ils pensent que le monde a commencé à ce moment-là, c’est un peu réducteur, mais il y en a beaucoup. Moi, dans mon cas personnel, je pense que mon arrière-grand-père, ses parents, ils ont été massacrés tout ça donc ils l’ont envoyé à la capitale, Constantinople. Ils lui ont dit : « va à dos d’âne, joue le Mangolien, va à la capitale, trouve un travail, quelque chose, sauve-toi, sauves ta vie quoi et pis la famille », c’était à peu près la même histoire en Italie avec l’anti-fachisme… Et quand ces mecs-là, sur un choix, une décision ne meurent pas et survivent et font un truc ; bah ça fait relativiser pas mal de trucs quand même! On a de la chance, mais au-delà de la chance, on a une responsabilité et je vois beaucoup de gens qui disent : « il faut être un jouisseur dans la vie, il faut jouir de la vie », bien sûr évidemment, alors oui je suis le premier à jouir de la vie et à être très heureux, mais il y a des gens qui sont faits plus pour être des constructeurs, et pour eux c’est là que c’est important, mais faut pas se mentir sur ce qu’on est et moi j’aurais beau envie d’être le plus grand jouisseur de la planète euh avant toute chose, j’ai ce côté-là de….
-Bâtir ?
-De bâtir et de bâtir en plusieurs la chose la plus fragile sur les gens, sur les hommes, je n’ai pas envie de bâtir un empire, des immeubles, moi j’ai vraiment envie que les choses aillent bien, s’entendent bien, comme dit (…) « Il faut reposer l’âme humaine », c’est du taf, ce n’est pas la foi, si c’est la foi, c’est un peu ça, quand tu as la foi, tu risques rien, tu n’as peur de rien, et puis il faut (…) Quand j’étais petit, j’ai eu le déclic, j’étais vraiment gamin, je ne sais pas 12-13 ans. Un truc comme ça, je lisais beaucoup et je me suis dit, je ne comprenais pas pourquoi tout le monde était déprimé, bon alors plus tard, j’ai rencontré plein de jeunes femmes anorexiques, je ne comprenais pas, j’hallucinais, je ne savais pas ce que c’était, je savais de nom, mais je ne comprenais pas la psychologie de ça, et j’étais choqué parce que je me disais que les gens de milieu favorisé sont encore plus malheureux que nous, qui étions de milieu défavorisé, donc j’étais complètement perturbé dans mon rapport aux choses de la vie, je suis en train de plaindre des gens dont objectivement leurs parents, leurs grands-parents étaient à la matraque, j’exagère un peu, mais presque pas, les mecs de chez moi donc c’était super perturbant et quand j’étais petit, j’ai compris que la meilleure défense c’est l’attaque, la meilleure protection c’est de tout livrer, de tout donner et là tu ne risques rien, c’est pour ça que les concurrentes, c’est marrant, elles font rire, elles ne comprennent pas, elles voient de grands patrons qui sont comme ça, et parfois je les croise, je suis là et les grands patrons, ils ont un rapport avec moi qui n’est pas du tout avec elles, elles ou eux, elles ils ont envie de les sauter quoi, non, mais c’est horrible, mais c’est un fait, c’est comme ça, alors que moi pas du tout, on est dans un autre truc, tu vois parce que, je ne sais pas comment t’expliquer, c’est trop concret pour l’expliquer, tu vois par exemple le plus grand parrain du capitalisme français, un des meilleurs banquiers d’affaires qui s’appelle Antoine Bernard, qui est mort il y a 3 ans, celui qui a créé les premiers montages, qui a poussé, qui a développé la carrière de Boloré, de Arnaud, de Pinaud, de Lagarde et de tous ces mecs-là. Sans eux, sans lui, il n’y a pas, ce mec-là, était un grand joueur de bridge, c’était un mec très drôle, moi c’est humainement que les gens m’intéressent, je m’en cogne du reste, c’est humainement que j’ai envie de comprendre les trucs. L’autre jour, on me parlait du possible rachat de T-mobile aux USA par Niel.
-Ouais j’ai vu ça, c’est fou.
-Et en fait, tout le monde s’intéressait aux chiffres et tout ça, moi c’était pas ça qui m’intéressait. C’est que c’était la première fois que Niel rachetait quelque chose, il n’a jamais rien racheté, il a investi, mais pas pour racheter, il a toujours créé…
-Oui pour lui c’est une extension de son(…).
-C’est une autre logique du capitalisme, qui est la logique Arnaud, qui est une autre logique, et c’est intéressant de comprendre comment cet homme-là, alors ça, c’est off, mais on le sait, comment cet homme-là qui est le gendre de Bernard Arnaud est en train de rentrer là-dedans, c’est en train de devenir un génie de la modélisation, il connaît le métier, il sait en 4 secondes si le business model va marcher…
-Tu parles de Xavier Niel là ?
-(signe de tête affirmant oui) avant, il n’était pas du tout comme ça !
-Donc là, c’est-à-dire, pour qu’on le décortique que(…).
-Ça, il faut le comprendre, ce n’était pas pour dire ça, mais c’était pour dire que le problème des mecs de nos âges, qui sortent d’écoles de commerce et tout ça. C’est qu’ils veulent tellement quelque chose qu’ils n’ont rien, il faut vouloir donner, c’est tout, si tu veux prendre, tu te fais baiser. Et heureusement d’ailleurs et c’est ça que les gens comprennent pas. C’est, comment veux-tu que les mecs intéressants s’intéressent à eux alors qu’ils ont d’autres choses à donner que de leur prendre, ils ne vont pas s’intéresser et moi le premier. Moi, c’est comme ça, j’ai une espèce d’engagement, je ne refuse jamais personne, ça ne veut pas dire que je contente tout le monde, c’est une question de principe depuis que j’ai l’âge de 14 ans et que les gens veulent me voir, je ne refuse jamais, alors des fois, je n’ai pas le temps donc on reporte, mais je vois tout le monde, question de principe et quand tu vois tout le monde, tu te rends compte vraiment qu’il y a cette dichotomie-là, entre le c’est simple entre ceux en une phrase, on réfléchit quand on parle, en fait tant qu’on a pas tué l’ego, on ne peut rien faire, et encore plus dans la société de maintenant, l’ego c’est le piège…
-Alors, explique-le un peu l’ego.
-Tant qu’on n’a pas enlevé sa volonté de magnificence, « l’extension de soi » qui est l’ego, tant qu’on veut vivre en-dehors de soi, ça ne marche pas, le jour où on veut vivre sa vie à soi.
-Alors là pour bien expliquer, à être dans un masque, vivre la vie de quelqu’un d’autre.
-Dans le faux « self », l’espèce d’ambition un peu névrotique qui ne sert à rien, ça ne marche jamais ou alors ça marche. Mais ce n’est pas une vie intéressante, et quand on tue l’ego, moi je n’ai aucun ego, c’est-à-dire que les critiques, ça me fait rien. Car je sais qu’elles ne sont pas justifiées, les mecs qui me critiquent c’est des mecs que je ne connais même pas. C’est difficile comment ils peuvent me critiquer, ils ne me connaissent même pas, c’est compliqué, non?Moi il m’arrive de critiquer des mecs, mais des mecs que je connais, sur des trucs précis, ça sert à quoi, je n’ai aucun ego, il ne faut avoir aucun ego surtout il faut être ultra au fait que ce qu’on fait ne vaut que par les interrelations que ça fait, c’est-à-dire ce que tu fais toi par exemple, surtout ça donne confiance parce que ça veut dire que tout ce qu’on fait c’est utile, ce qu’on est en train de faire, peut-être on sait pas, sur tous ceux qui vont regarder, même s’il y a 4-5 jeunes qui disent putain c’est bien ce qu’il fait ça m’intéresse et tout puis que peut-être l’engagement politique…
-Pourquoi pas, ouais.
-Pourquoi pas ouais, peut-être que(…).
-Entreprendre, pourquoi pas.
-Eh bah, c’est très bien, ça nous aura pris quoi? Quelques minutes de notre temps. Eh bah, ça vaux vachement le coup, hein! C’est ça qu’il faut comprendre, il faut comprendre la réelle efficacité de ce qu’on fait et puis surtout il faut lui donner une intention, pour moi c’est ça vraiment le mot clé : tuer l’ego et avoir des intentions, de bonnes intentions, des intentions puissantes, fortes, des désirs, si on a ça, je vois pas même pas pourquoi les gens…C’est pour ça que j’ai créé Forward qui est un média, que je fais avec mes potes de JBHN, c’est pour faire des portraits, mais vraiment poussés de personnalités, qui nous, nous inspirent, il y a des types, des potes à moi que j’ai interviewés à New York en novembre, je ne vais pas sortir les portraits avant septembre ou octobre de cette année, pendant un an, j’ai maturé le truc, plus personne ne fait ça dans la presse, tout ça, parce qu’on a envie de faire découvrir ces gens intimement, sans parler de leur intimité, mais intimement à nos jeunes, et tout le monde a leur contact tweeter et peut les contacter, et voilà c’est ça la logique en fait, c’est vraiment une logique, il faut toujours aller de l’avant, on n’a pas le choix de toute manière, on est jeunes, on a même pas 25 ans et ça a même et ça me met un coup tu vois, je ne sais jamais mon âge, je connais que les dates de naissance, je ne connais pas les âges des gens, là je vais avoir 25 ans dans quelques jours et….
-Ah là tu passes en mode vieux, c’est fini !
-Même pas!Mais je me dis : « putain, je viens de tilter que je vais avoir 25 ans », dans ma tête, j’ai encore 18 ans et je me dis que : « tiens, il y a des trucs que j’aimerais faire avant mes 25 ans », tu vois donc je fais avant mes 25 ans, j’écris pas mal de trucs et tout, c’est marrant, c’est la première fois que le temps me rattrape un peu. Mais ça ne va pas durer, ça va durer une semaine et c’est ça qui est intéressant !
-Tu n’en sais rien.
-La notion de temps et d’espace quand tu sais ce que tu veux et que tu n’as aucun ego, elles n’existent plus donc c’est l’extase, c’est génial, tu te marres, tu fais des trucs vachement intéressants, moi il n’y aucune notion de temps ni d’espace, il n’y en a quasiment pas, on peut parler à qui on veut aujourd’hui, je te donne un exemple, pour moi l’un des meilleurs entrepreneurs aujourd’hui, il s’appelle Mahbod Moghadam, celui qui a créé Rap Genius.
-C’est Français.
-Non, c’est Américain. Mais lui, les choses étant ce qu’elles sont, je te donne un exemple précis, non c’est pour expliquer donc Rap Genius. Moi qui adore le hip-hop, le rap, la musique en règle générale, qui adore la poésie, j’adore Rap Genius. J’ai passé des nuits entières à noter commenter, à regarder les commentaires sur les lyrics de rap et tout. Bah un autre mec aura juste adoré, moi je me suis dit : « mais qui est derrière ce mec ? », et le type qui est derrière ce truc est un type qui connaît un autre type que je connais, logiquement. Et qui en plus est un mec qui est extraordinairement passionnant, qui adore la France, qui est un Iranien de Los Angeles, qui a fait des études de droit. Et qui, pendant ses études de droit, a eu une bourse Fulbright pour venir à Paris, qui connaît très bien la France, qui est venu travailler notamment sur les porteurs de valises, pendant la guerre d’Algérie, qui a une vraie connaissance, un vrai amour de ce pays. Et finalement, c’est devenu un pote et en fait c’est ça qui est primordial dans la vie, c’est derrière ce qui nous intéresse, ce qui nous plaît, ce qui nous touche, ce qui nous intrigue, bah il faut chercher quoi! C’est un mystère…
-Je peux me permettre de te couper, je vais jouer l’avocat du diable, moi je n’y crois pas, mais je veux juste que tu expliques ta réponse, mais t’as eu de la chance Maxime !
-Bien sûr, bien sûr !
-Alors quand, alors justement, je fais exprès, mais pour toi c’est quoi la chance dans ce cas-là, mais est-ce qu’on peut créer la chance ? Qu’est-ce que….
-Ouais, tu la crées. J’ai eu de la chance parce que je suis préservé par la santé, j’ai plutôt bonne santé, ça va, et ça, c’est la plus grande chance de ma vie. Si tu n’as pas la santé, malheureusement tu peux pas, même si t’as l’envie, malheureusement tu ne peux rien faire, et je suis préservé parce que j’ai eu de la chance, car j’ai été élevé par une famille qui m’a appris des trucs de base, mais vraiment de base, et qui te sauve la vie, c’est-à-dire ils m’ont appris par exemple que le plus important dans la vie, c’est d’avoir besoin du minimum, tu es riche, tu as besoin du minimum, si t’as beaucoup et que tu veux plus, t’es pauvre, et quand tu veux pas plus que ce que tu as…
-Tu es riche.
-Tu es riche, tu es super, alors moi qui viens d’un milieu très modeste, je n’ai jamais été, je ne me suis jamais senti un pauvre, je ne me suis jamais plaint de rien tu vois parce que j’avais cette éducation-là, on m’a appris que c’était important, que c’était le plus important de parler avec tout le monde, que c’était là où il y a de vraies découvertes, de parler avec tout le monde, de ne faire aucune différence, d’aider les gens, on m’a appris sans dire « fais-le », c’était une logique implacable, et ça m’a, évidemment je suis ultra influencé par ça, et j’y pense de plus en plus, plus le temps passe, et plus j’essaye de trouver pourquoi je suis comme ça, et clairement je l’étais déjà gamin…ouais..
-Donc là ta maman a joué un rôle important…
-Pas que ma maman! Puis mes frères, j’adore mes frères! Mes deux frères sont super, on est dans des trucs complètement différents, mais mes frères sont comme moi, à leur manière!Et c’est là où je me dis j’ai eu de la chance parce que j’ai fait des rencontres, ça, c’est vrai, j’ai rencontré des gens que moi j’ai trouvé extraordinaires, mais qu’eux aussi m’ont trouvé intéressant, et on a pu faire des choses extraordinaires!Par exemple, quand j’étais gosse, j’avais 16-17 ans, j’ai rencontré Rachid Nekkaz qui est un mec d’une intelligence phénoménale, et qui a des couilles quoi. Et il s’est présenté aux présidentielles en 2012, j’avais 16-17 ans et il m’a pris sous son aile, et moi je l’adorais, je l’adore Rachid et donc résultat j’ai découvert vraiment ce que c’était qu’une campagne présidentielle. On est allés voir des maires ensemble, on a organisé la campagne, on a créé un parti et donc quand je suis me présenté à 18 ans, au conseil municipal à Bron, je n’étais pas du tout enfant, je n’étais pas du tout un débutant en réalité, malgré mon âge et c’est ça la chance que j’ai eue. Ouais, la chance que j’ai c’est que personne ne me juge sur des choses qui ne me correspondent pas, enfin qui ne veulent rien dire : c’est-à-dire sur mon âge, mon milieu social d’origine, mon niveau de vie, on s’en fout quoi, les gens ne jugent que sur les idées, l’intensité, l’émotion, la sincérité quoi tous ça, et ça c’est une chance, car je sais que ce n’est malheureusement pas le cas pour tout le monde et qu’il y a beaucoup de gens qui ne peuvent pas être jugés sur leurs talents, au sens large du terme, et ça, c’est triste…
-Est-ce que tu penses que ça se développe ça ?
-Bah franchement, malheureusement, quand vous tombez sur quelqu’un qui est raciste, ou quelqu’un qui es obtus, qui est con quoi, on ne peut rien faire, vous avez beau être vous-mêmes là-dedans, moi ça m’est arrivé une seule fois, c’était un très grand patron, je ne le citerais pas et je voulais donner un coup de main sur un truc comme ça, et je l’ai vu pour ça et je ne mets quasiment jamais de cravate. Et je sais plus, il m’a dit un truc là-dessus et je sais plus enfin bref, très vite j’ai compris qu’on n’était pas du même monde, et donc pour lui ce que j’avais à dire avant même que j’ouvre la bouche pour lui n’avait aucun intérêt, je me suis levé, je suis parti et au final je me suis dit « c’est lui qui est con ». Bien sûr que c’est lui qui est con, donc je pense que la chance que j’ai eue c’est ça. Et surtout c’est d’avoir des parents qui m’ont décomplexifié de tout, de tout, je n’ai aucun complexe, sur rien, et c’est élémentaire dans la vie, quand je vois dans les jeunes générations, dans notre génération…
-Alors comment ils ont faits ? Imaginons qu’il y a des parents qui nous regardent…
-Comment ils ont faits? Bah en fait, mes parents ils m’ont enfin ils m’ont eu très tôt, ils ont eu mes grands frères très tôt, et ils avaient 18 ans, ils se sont mariés à 18 ans ensemble, et c’est des gens qui dans leur famille déjà à eux, dans leur fratrie, ils sont les bonnes poires dans le bon sens du terme, c’est eux qui s’occupent des autres, toujours, ils sont nés pour ça, ils font ça tout le temps, ils s’occupent des gens, ma mère, mon grand-père était en maison de retraite pendant 4-5 ans, ma mère allait le voir tous les jours, tous les jours, ça fait plus que 35 heures hein?Tous les jours…Elle connaissait tous les vieux, dès qu’il y avait un enterrement, elle y allait…Ça lui faisait plaisir, c’était important, et je lui disais pourquoi tu fais ça, mais qui va le faire? C’est ça la logique de mes parents, il y a deux logiques, il y a la logique de « J’y ai le droit » qui veulent prendre parce qu’on y a le droit, ils veulent prendre, ce n’est pas du tout mes parents, et qui viennent de milieux très modestes, ils n’ont jamais rien demandé à personne. Eux c’était la logique qu’est-ce qu’on peut faire, qu’est-ce que je peux faire pour toi, « c’est beau ça! Qu’est-ce que je peux faire pour vous » (…) un peu artisan, mon père génial, ça fait con de dire ça, mais c’est vrai, mais j’adore, j’ai appris dans le taxi de mon père, mon père était chauffeur de taxi, et c’était génial, déjà pour la musique, je mettais Louis Prima, j’écoutais Ray Charles, j’écoutais Jerry Lewis, James Brown et tout. Et puis parce qu’il y a de tout dans un taxi, il y avait des enfants malades, des mamies et tout. Et mon père de la première semaine où il a travaillé à 18 ans jusqu’au jour où il pouvait plus travailler, il a du vendre sa licence, c’était trop dur, ça lui faisait c’est-à-dire 30 ans après, pendant 30 ans, il avait les mêmes clients, les clients de la première semaine, c’est drôle hein?Eh bah je me retrouve là-dedans tu vois, dans ma manière de travailler, et souvent dans ma manière de travailler, je me dis « putain tu travailles comme ton père était dans le taxi », et je trouve que, bien sûr, c’est l’éducation, l’éducation ce n’est pas un exemple, on parlait tout à l’heure du double discours, c’est la meilleure éducation qu’on m’a donnée, de dire toujours sa vérité, et la vérité, qui peut être une connerie, hein, mais au moins c’est sa vérité…
-C’est ce qu’on croit.
-Bien sûr…
-Alors juste un autre truc, parce que tu t’exprimes très bien, je trouve que tu t’exprimes très bien, est-ce que tu l’as travaillé, est-ce que c’est conscient, comment tu t’y es pris pour développer ta communication et autre question aussi est-ce que tu penses que c’est un atout aujourd’hui pour toi, d’avoir développé cette communication ?
-En fait, non j’ai jamais développé ça, et je vais même aller plus loin, j’ai volontairement pas fait ça, parce que, mais c’est très bien, mais pour moi ce que font très bien les gens comme toi par exemple, c’est avant toute chose d’expliquer à tout le monde, il y a des gens qui sont en position de pouvoir inspirer par ce qu’ils font dans la vie, leur donner non pas la confiance, mais la connaissance d’eux-mêmes, nécessaires à bien s’exprimer. Quand tu sais ce que tu veux dire, bah crois-moi tu le dis, plus ou moins bien quand même c’est vrai, mais, moi en fait je n’ai jamais, non jamais parce que je ne sais pas, ça sort comme ça sort quoi…Et au final je préfère ça parce qu’au final je suis en accord avec tout ce que je dis, l’autre jour je relisais mon bouquin pour une raison politique que j’avais faite pendant la présidentielle, il y avait mes 89 propositions, puis une partie plus sociologique, j’étais d’accord avec chaque virgule, c’est bizarre hein, j’ai écrit ça il y a au moins 4 ans, j’étais d’accord avec tout! TOUT! Et c’est ça, moi j’ai un rapport très archéen à ça et je pense que le discours vient vraiment de ta psyché, de ton rapport à la vie, de ta manière de voir la vie, moi je pense que, c’est comme ce que font certains psychanalystes, moi je ne fais pas ça, mais je n’ai rien contre, j’ai des potes psychiatres et qui me disent toi ça sert à rien, t'emmerderais le psychologue, ah, mais je sais (…) 43’08 il dit ça, j’ai lu trop de trucs pour bien me mettre dans ça…
-La lecture t’a peut-être aidé sur (…).
-Oui, énormément! Ah ouais alors ça, il y a deux trucs : primo les adultes, l’écoute des gens, l’écoute positive et généreuse, correctrice hein, mais positive des adultes, c’est super, ça sauve les gosses!C’est ce qui sauve les gamins dans ce pays, ce n’est pas qu’il y ait à bouffer, qu’il y ait des bagnoles, on s’en branle, c’est qu’il y ait des adultes, pas forcément les parents, mais les adultes qui écoutent les enfants pas comme des imbéciles, mais comme des enfants qui ont des choses à dire, pas l’enfant roi, mais qu’on t’écoute quoi! Moi quand j’étais petit, j’avais une grande tante extraordinaire, je ne sais pas on fait de la psychanalyse, mais j’avais une grande tante, qui était extraordinaire, elle était très à gauche et tout, et on faisait pleins de petits débats politiques, mais c’était comme ça, et j’avais 5-6 ans, mais chez moi, je n’ai jamais eu le sentiment d’avoir 5-6 ans de ma vie, personne ne m’a jamais dit tais-toi Maxime, les adultes ils parlent, je ne sais pas quoi, jamais de ma vie, et les autres adultes, les potes de mes parents, c’était pareil, ils me connaissent, depuis, disons que j’ai des potes qui me connaissent depuis l’âge de 5-6 ans, je n’ai jamais changé, j’évolue, mais je ne change pas, et je crois que c’est ça aussi qui fait qu’on peut s’exprimer, c’est qu’en réalité, il y a une sorte de constance en soi qui fait que ce que tu dis, tu le penses et tu pourrais le redire, ce que je t’ai dit là, on coupe, on refait et je peux te le dire c’est moi quoi, je peux te le redire dans 5 ans, dans 10 ans si tu veux c’est pareil et ça, c’est super important, c’est-à-dire avant toute chose penser à ce que tu veux dire, et c’est ce que tu dis d’ailleurs aux gens, c’est ce que tu leur apprends, c’est-à-dire avant toute chose, avoir un message qui soit personnel, dire quelque chose de personnel, les trucs impersonnels ça ne marche pas, parce que c’est mal dit, parce qu’on ne comprend rien, parce que le type qui le dit, il ne comprend déjà pas ce qu’il veut dire! Non, mais c’est vrai!Ça m’arrive, le pire c’est les concours d’éloquence dans les grandes écoles, et les trucs de droit, vous voulez rigolez vous tapez sur Internet « concours d’éloquence », moi j’aime bien rigoler, de grandes écoles de droit ou de commerce, alors là vous devenez fou, vous comprenez ce qu’est pour eux l’éloquence, et ils comprennent pas que dans éloquence, il y a la notion de cause, on est éloquents quand on est convaincus, être éloquent sur la chasse au canard, ça n’a aucun sens quoi! Et je pense vraiment que c’est cette intensité, cette sincérité, et pourquoi ça marche par exemple, quand on vient me voir, parce que, quelqu’un qui vient te voir, il a déjà fait cette épreuve de sincérité, c’est vrai non ?
-Oui, c’est ça !
-Et donc derrière ça passe, ça marche quoi et pour moi, moi je me la suis faite envers moi-même quand j’étais vraiment gamin, non pour être très sincère avec toi, je pense que c’est mon enfance qui m’a donné ça,c’est qu’en fait je pense que j’ai été tellement touché, frappé, dégoûté, dévasté par les, les, les injustices que je voyais autour de moi, qu’on faisait à mes parents, à tout le monde quoi, à tous les gens autour de chez moi, ça m’a tellement dégoûté que si tu as le verbe, tu peux tous les défendre, si t’as le verbe dans ce pays, tu es, il n’y pas de, avant même de riche, pauvre, grand,moche, petit, toutes les distinctions qu’on peut faire, il y a ceux qui ont le verbe à ceux à qui tu la fais pas, et à ceux qui l’on fait. Et moi je vois mon père est un des plus grands punch leaders que je connaisse, il a des supers expressions mon père, non, mais c’est vrai, il a des expressions géniales, ma mère aussi, ils ont un langage super mes parents, et les gens autour de moi, mais j’adore ce langage-là et les gens dans mon quartier ils ont une forte expression, mais malheureusement on s’écrasait trop devant le verbe tu vois, et bah je pense que pour être très sincère avec toi, je pense que c’est ça en fait, qui m’a fait, étant très gamin, je parle de ça, il y a 15-20 ans, c’est que dès mon enfance, dès ma petite enfance, je savais le poids des mots et à quel point les mots pouvaient être super dangereux, super graves et à quel point nous on se faisait baisé avec ça, tu vois, et quand j’étais tout petit, il y a toujours des enterrements tu sais, quand tu perds ta grande tante, tes grands-parents, c’est toujours moi qui faisais le discours dans les enterrements, c’est un peu…
-Ce n’est pas le poste le plus glamour.
-C’est un peu comme ça dans ma famille, j’étais un peu le porte-parole, tu vois et dans beaucoup de choses de la vie, j’étais un peu le porte-parole et ça m’est venu de là, c’est-à-dire d’une certaine manière, je ne le conscientisais pas comme ça, mais il fallait avoir le verbe pour tous les autres qui ne l’ont pas, et aujourd’hui je trouve ça encore pire tu vois, c’est pour ça quand je suis allé aux présidentielles, il n’y a rien de personnel, tout ça parce que la vérité, demandes aux gens qui vivent avec moi, mes potes et tout ça, pendant un an et demi, tu n’as pas de vie, tu n’as pas de vie, le message que j’ai le plus envoyé pendant un an et demi c’est « ok », les gens me demandaient comment ça va, je disais ok, je n’avais pas le temps j’étais tout le temps avec quelqu’un, tout le temps en train de faire quelque chose, je n’avais pas de vie, c’est très dur, mais faut le faire quoi, « qui va le faire » comme diraient mes parents, mais qui va le faire? Ça c’est un truc, ouais je suis vachement, tu vois je descends très peu à Lyon voir mes parents, tout ça, je suis un vrai fils indigne moi, mais en même temps je pense tous les jours aux gens dont je viens, à ma famille, tout ça, je me dis être fidèle à ça, c’est le plus important, ça vaux plus que d’avoir une réussite professionnelle, et de s’en énourguellir, être fidèle à soi, plus grande réussite du monde, et ça, ça se sent et ça crée les opportunités, c’est ça qu’il faut expliquer aux jeunes, aux moins jeunes qui nous écoutent, l’opportunité ne vient pas par l’envie, elle vient par le désir, et l’envie et le désir c’est deux choses très différentes, et le désir de s’exprimer, bah là tu vois, j’aurais pu m’asseoir et répondre à tes questions, dire des conneries, des trucs qui ne servent à rien, bah non ça se fait pas, comment vous avez déployé tout ça, les trucs et tout, ça se fait pas, dans la vie, faut être ouvert à tout ça, quand t’as ça, franchement tu peux passer entre toutes les mailles du filet, moi je n’ai pas peur, je devrais avoir peur, c’est hyper dur ce que je fais dans la vie, je suis entrepreneur donc je gagne très peu ma vie, c’est super instable peut-être que dans 3 mois ça puisse couler, je pense pas, mais on sait jamais et bah c’est pas grave, je me relèverais, toujours, faut pas avoir peur de l’obstacle sinon l’obstacle il est déjà là, comme dit Nietzche, si tu regardes la Bible trop longtemps, tu es dans la Bible, il faut avancer quoi !
-Parfait!C’est une belle fin !
-Merci !
-Merci Maxime !

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