Les 2 points communs des meilleurs sportifs de haut niveau – Stéphane Waite ( BlackHawks)

David Laroche : Alors bonjour à vous ! Donc là on est toujours à Los Angeles dans l’hôtel Four Seasons et j’ai un nouvel invité d’honneur donc vous connaissez surement la NHL, les équipes de Hockey de l’État Unis qui sont vraiment connues. Et donc là, j’ai avec moi un entraîneur qui est l’entraîneur des gardiens de l’équipe Chicago Blackhawks qui s’appelle Stéphane Waite, il est juste là avec moi. Salut Stéphane !

Stephane Waite : Salut, ça va bien !

David Laroche : Comment va l’équipe ?

Stephane Waite : L’équipe va bien en étant en avance dans la série 2 et puis on eu une saison incroyable ben c’est tout un challenge pour nous, une championne de la côte Stanley. Nous les Blackhawks sommes les champions de la côte Stanley. Il y a 2 ans en 2010 avec entre autres Cristobal Huet est de nos gardiens de but et qui vient de la France. Donc on était champion avec lui il y a deux ans. Donc là c’est 2 équipes championnes.

David Laroche : Il est toujours dans l’équipe ?

Stephane Waite : Non, Cristobal a rompu avec nous et a joué l’année dernière en Suisse mais on a une très très bonne saison

David Laroche : Donc là c’est très intéressant car là du coup il y a l’événement qui est très appréciable. Comment toi en tant qu’entraineur tu fais déjà pour garder la motivation et comment tu fais pour faire en sorte que ton équipe elle reste …

Stephane Waite : Écoutes, moi en tant qu’entraineur et gardien de but c’était très important que tout le monde sache qui est le gardien de but et peut-être les joueurs que comporte l’équipe. Et puis moi ce qui m’importe, c’est très important, là on est très positif avec lui et aujourd’hui on fait une séance vidéo. Justement je dois surtout lui montrer sa vidéo, beaucoup de bonnes choses qu’il a faites aussi . Et puis demain soir on joue et j’ai tout fait pour le préparer pour qu’il soit dans son maillot.

David Laroche : Et ça, c’est intéressant parce que t’es pas seulement en train de se focaliser sur “tiens, tu as fait ça mal, tu as fait ça mal” tu lui montres tout ce qui a été bien, c’est cela ?

Stephane Waite : Exactement, je travaille avec les meilleurs gardiens de but au monde, et puis ils font beaucoup de bonnes choses et pour moi c’est important de se fixer sur les bonnes choses qu’il fait et non de se fixer sur les erreurs les uns et les autres. Les erreurs, je peux faire des erreurs, dès que je perçois une justement. Et puis mes séances vidéos pratiquées avec lui ce matin et on se dit après “on va travailler sur ces points forts”,”faut que ça soit ton point fort” et puis exactement pour demain soir

David Laroche : Ca c’est intéressant ce que tu dis parce qu’on pourrait l’appliquer en entreprise, peut être que le manager qui a des équipes, au lieu de dire “ah, tu as fait ça de mal” il pourra dire “tiens mon équipe : quels sont ses points forts ?. Ca peut être un parent aussi, un parent vis à vis de son enfant, au lieu de dire “t’as raté là” “tu es nul en cours” il faut dire “tu sais bien faire ça et le mettre en avant”

Stephane Waite : Exactement, tu as raison. La manière que j’applique, comme tu dis, on peut le faire dans une entreprise ou dans la famille. Ton gosse fait quelque chose de bon il faut dire, faut bien faire ça. Même chose pour les employés, quand quelqu’un fait des bonnes choses tu lui dis. C’est bon pour la motivation, c’est bon pour l’entreprise. L’employé peut travailler pour toi et fière de t’accompagner parce que tu lui dis souvent les bonnes choses. C’est important !

David Laroche : Yes ! À ton avis, pour toi, ça sera quoi les clés, puisque tu travailles avec des sportifs de très très hauts niveaux. Ce serait quoi pour toi les clés de la haute performance en fait ?

Stephane Waite : Ecoutes, il y a deux choses qui sont très important au niveau de ce que je travaille. C’est le XXX au travail et puis l’attention aux détails. XXX, il y a une raison pour cela. Bien sûr c’est très important mais il y en a beaucoup comme Stanley qui n’ont jamais réussi à jouer au Hockey. Tout le temps, c’est le tic de travail, c’est un gars qui travaille fort, tous les jours au niveau de la préparation mentale, de la préparation physique. Il y a des gars qui se soucient des détails que pour beaucoup de monde, ce n’est pas important. En tant que gardien de but, les gardiens de but ont le souci du détail donc c’est deux affaires que je travaille si je travaille avec des héros. Cristobal Huet c’est un bon exemple…

David Laroche : Tu as un exemple sur le genre de détails, pour les gens qui nous suivent, un détail qui sera important par exemple

Stephane Waite : Des petits détails comme, c’est très très technique et qui peut être important : garder les rubans en face de lui, lancer, jouer dans la bonne partie … il y a tellement de détails, des centaines de petits détails dont les gardiens de but et toute l’équipe qui joue tiennent compte. C’est quelque chose de très important pour réussir et puis surtout les XXX de travail. Tous les jours, les gardiens de but se présentent à l’entraînement, c’est très très important que tu donnes ton maximum sinon XXX, donc XXX maximum tous les jours, celui-ci pour le premier match et ainsi de suite selon la demande. XXX il y a tellement de bons gardiens de but, XXX. Et puis surtout pendant toutes les demandes, si t’n’es pas prêt à donner le maximum, quelqu’un d’autre attend ta place quelque part.

David Laroche : J’ai deux dernières questions là du coup par rapport à ce que tu dis. Mon avant dernière question c’est comment toi tu es devenu entraîneur d’une équipe qui est extrêmement reconnue

Stephane Waite : Ecoutes c’est une opération pour moi. Quand j’étais jeune je viens de la région de XXX en Québec et comme tous les canadiens, c’est quelque chose a déjà grandit avec le Hockey mais mon rêve depuis tout petit était d’entraîner des gardiens de but. J’ai été gardien de but moi-même, même mon but était d’être un entrainer dans la ligue nationale, la meilleure ligue nationale au monde. Et puis il y a des milliers de jeunes comme moi qui veulent intégrer la ligue nationale. Moi depuis que je suis jeune, je suis entraîneur depuis maintenant 32 ans ; et puis, j’ai tout le temps, fixé là dessus. Tout le temps, toute ma vie, j’ai fixé, j’ai eu mon école de gardien de but au Québec. J’ai déjà été un parrain en Suisse, avec mon école de gardien de but. Et puis, j’ai tout le temps fixé là dessus ; quand je dis tantôt…

David Laroche : Depuis quel âge?

Stephane Waite : Depuis que 16 ans, que je focus pour devenir un entraîneur de gardien de but, je fais ça à l’année, tout le temps. J’ai fait des recherches sur téléphone, des camps, des cliniques un peu partout, en amont. Et puis, bien sûr j’ai fait certains travaux sans être payé, et puis c’est très lointain, et puis, avec la persévérance, un moment donné, la ligue nationale m’a demandé 2-3 fois, si j’étais intéressé pour devenir entraîneur de gardien de but à ce niveau dans la ligue nationale. Et puis, à un moment donné, le timing était bon pour moi, je me sentais prêt. Et puis quand je me suis senti prêt, j’ai accepté le défi. Mais bien entendu, pour que j’ai l’appel de demande de l’équipe de la ligue nationale ou d’un particulier, ça XXX des résultats bien et tous ceux que j’avais entraînés au niveau junior au Québec sont devenus des gardiens de but dans la ligue nationale, pour plusieurs groupes, dont un qui était mon propre frère, mon plus jeune frère que j’ai entraîné quand j’étais jeune. Et puis il est devenu gardien de but dans la ligue nationale et gardien de but devenu indépendant. Et puis, j’ai toujours fait comme ça parce que j’ai entraîné des jeunes gardiens de but qui sont devenus des gardiens de la ligue nationale. Et puis il y a eu un temps en fait où l’Académie nationale s’est intéressée à moi. Et puis c’est comme ça que j’ai pu…

David Laroche : C’est intéressant parce que tu parles d’un rêve qui pour beaucoup de gens c’est impossible.

Stephane Waite : Oui exactement.

David Laroche : Et avec beaucoup de persévérance, de recherche, de rencontres, et continuer à payer le prix de ne pas être payé.

Stephane Waite : Exactement. C’est beaucoup d’efforts, c’était mon objectif, ça a tout le temps été mon objectif, j’ai tout le temps focusé là-dessus, j’y ai tout inclus.

David Laroche : Est-ce que tu l’as marqué sur un bout de papier ? Est-ce que tu as mis des photos ?

Stephane Waite : tout ce qui entourait la ligue nationale, je vivais là dedans

David Laroche : Et tu restais imbibé tous les jours de cet objectif ?

Stephane Waite : Exactement. Mais le plus important, en c’est que j’y croyais, je croyais en moi, je croyais en ce rêve ; puis, comme tu dis, c’est quelque chose qui pour la plupart des gens c’est inaccessible, parce qu’il a seulement 30 jobs dans la ligue nationale, et puis il y a des milliers et des milliers de personnes qui vont vouloir cet emploi-là, d’entraîneur dans la ligue nationale. Mais il faut y croire et puis toujours être prêt à payer le prix. Pour moi, le prix c’était, dans plusieurs années de le faire, pour presque rien, une rémunération ridicule. Et puis…

David Laroche : Ça a payé !

Stephane Waite : Ça a payé, donc…

David Laroche : Et tu as parlé tout à l’heure de préparation mentale. Qu’est-ce que vous faites avec les sportifs, ou qu’est-ce que les sportifs font pour se préparer mentalement ? Parce que je sais qu’ils font beaucoup de sport, pour avoir le corps qui est là.

Stephane Waite : Souvent pour la préparation physique, ils sont souvent dans le gymnase, sur la glace comme les autres . Mais au niveau de la préparation mentale, premièrement, c’est beaucoup de … donc de te reposer. C’est impossible, il faut que ce soit des petits détails, un job très précis si tu n’es pas mentalement reposé, ça, ça fait partie de la préparation mentale. Et puis, autre chose, on voit beaucoup de séance vidéo. On voit les réalisations et puis surtout, les bonnes choses que tu fais. Et ça, tu vois ta situation je dois faire ci, je dois être patient, je dois toujours faire ci, je dois lire le jeu de telle ou de telle façon. Et puis ça à force de te voir sur la vidéo tous les jours, ça devient une habitude, un instinct pour toi. Et puis, c’est beaucoup d’exercices mentaux. Et comme j’ai tantôt, pour un entraîneur, être le plus positif possible pour un gardien de but ; ça, ça fait partie de la préparation mentale de faire croire à mon gardien de but que c’est le meilleur au monde. Et puis, que lui croit, que lui-même, il se croit le meilleur au monde. Et ça, ça fait toute une différence, il n’est pas stressé, il est en contrôle de ses émotions, il est en contrôle de lui même. Et puis…

David Laroche : Et bien la dernière question, est-ce que tu aurais un message à donner aux jeunes pour réussir dans la vie ?

Stephane Waite : Moi, c’est premièrement, je dirais, c’est tantôt d’y croire. S’il y a quelque chose que tu veux faire dans la vie, crois-y. Ce qui est très important c’est d’y croire, pour que tu ne salis pas tes efforts, ça c’est certain. Donc, c’est d’y croire, et puis de dire c’est quoi qu’il faut que je fasse pour ce but. Et puis, mets des efforts pour le faire. Il faut que ce point, tu croies que ça va être nécessaire pour réussir. Et puis, à partir de la donne comme conditionnelle, just do it, focus sur ton point ! Et puis c’est la seule façon, mets les efforts si tu ne bats pas les efforts, loose.

David Laroche : Ah c’était super ! Merci beaucoup Stéphane !

Stephane Waite : Avec plaisir !

David Laroche : Je sais que ça va aider à inspirer beaucoup de personnes, c’était génial, franchement.

Stephane Waite : Ça me fait plaisir, si ça peut aider tout le monde.

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