Pour le MEILLEUR de soi ! – Marc André Morel

David Laroche : Bonjour à vous et bienvenue dans cette nouvelle interview. Aujourd’hui je vais vous présenter un auteur, un conférencier, j’ai son livre d’ailleurs dans les mains. Donc, « Développer la meilleure version de soi-même » de Marc André Morel. Il est avec moi pour répondre à mes questions donc suivez cette interview, elle va vous plaire. Salut Marc André.

Marc André Morel : Salut David.

David Laroche : Tu vas bien ?

Marc André Morel : Oui très, très bien.

David Laroche : Eh bien moi aussi très, très bien et en plus « développer la meilleure version de soi-même », c’est un thème qui me passionne.

Marc André Morel : Oui.

David Laroche : Alors juste avant qu’on puisse rentrer dans ce cœur du sujet-là, en plus ton livre sort bientôt, il sera sorti quand je publierai la vidéo, qui es-tu ?

Marc André Morel : Qui suis-je ? En fait moi je suis un montréalais, évidemment québécois, et canadien ensuite, vraiment dans cet ordre-là. Et j’ai grandi ici, j’ai grandi dans un quartier francophone, mais aussi avec le début je dirais d’une nouvelle génération d’allophones, qu’on appelle ici au Canada, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas anglophones, parce qu’il y a une dualité francophone-anglophone, je pense que tout le monde le sait maintenant, tes auditeurs le savent, mais les allophones ce sont ceux qui ne font pas partie des deux premières catégories en partant. Donc moi il y avait des italiens dans mon quartier, et aussi à l’école il y avait aussi les haïtiens, donc j’étais tout de suite en, je dirais, j’ai baigné dans le multiculturalisme, l’ouverture d’esprit sur tout. Puis, donc aujourd’hui l’école secondaire où j’allais à l’époque où il y avait à peu près trois ou quatre cultures différentes ou ethnies différentes, aujourd’hui on en compte (j’ai donné une conférence là justement il y a environ quelques semaines) soixante-douze, David. Soixante-douze cultures différentes qui vont maintenant dans cette même école-là environ une trentaine d’années plus tard. Donc, je viens de là. Alors j’ai grandi avec autant l’aspect américain, évidemment, ce sont nos voisins, avec l’aspect québécois, folklorique un peu, bon, « on parlait québécois un peu comme ça, là, t’sais, qu’on parle là-bas », mais évidemment il y a différents dialectes de québécois ou de jouales qui est notre…

David Laroche : Oui, j’ai pu observer d’ailleurs en allant avec ma copine dans un bar québécois que ça n’était pas le même québécois que j’avais à l’hôtel ou en interview. C’était un peu plus corsé.

Marc André Morel : Tout à fait. Si vous avez des gens qui viennent du Saguenay, du Lac Saint-Jean, eh bien eux c’est comme s’ils chantaient, ils ont toujours un « là là » qui termine quand ils parlent, alors il y a quelque chose de charmant évidemment dans chaque région. Et donc grandi avec ces gens-là. Famille, je dirais classe moyenne, peut-être un petit peu plus élevé que la moyenne quand j’étais du côté de mon père parce que mes parents se sont divorcés quand j’étais assez jeune. Ma mère, bon, a refait sa vie avec un autre homme et tout ça, et j’étais jusqu’à l’université faire mon marketing, je l’ai fait en anglais, j’ai choisi de le faire en anglais, c’était difficile, je me mettais des bouchons dans les oreilles pour lire les livres de comptabilité, ou de statistiques, ou de management, et puis je regardais la définition dans le dictionnaire, mot par mot, ça me prenais dix heures pour lire un chapitre de trente pages, tout ça. Mais j’ai toujours été solitaire. J’ai toujours été quelqu’un qui aimait apprendre et qui s’est découvert un don pour, je dirais, l’enseignement, le côté de vulgarisation, les métaphores, ça fait partie beaucoup de mes conférences, aussi, comme par exemple dans ce livre-là, que tu viens d’avoir, c’est mon quatrième livre, et c’est beaucoup, je dirais, d’images, qui reviennent pour essayer de synthétiser des principes qui parfois sont assez profonds au niveau psychologique, moi je suis inspiré beaucoup de Karl Jung, et au niveau spirituel, il y a toutes sortes d’influences dans ma recherche, dans ma démarche. J’ai étudié toutes les religions du monde, au début j’ai évidemment eu ma propre histoire avec le christianisme ici au Québec. J’allais à l’église avec ma grand-mère parce que ça lui faisait plaisir, et puis elle allait voir son petit Jésus, et j’ai essayé de trouver là-dedans ma place, et j’ai étudié…

David Laroche : Et est-ce qu’aujourd’hui tu te considères religieux ?

Marc André Morel : Je ne suis pas religieux. Je ne serai jamais religieux. Mais je me considère une personne spirituelle.

David Laroche : D’accord, quel point commun, c’est juste une toute petite parenthèse mais qui peut inspirer des personnes, quel point commun tu as retrouvé entre toutes ces religions ?
Marc André Morel : L’amour. L’amour. L’amour. Et je dirais que l’humilité, qui est fait l’envers de l’égo, qu’on a besoin de plus en plus aujourd’hui, parce qu’en ce moment en voit qu’il y a une multiplication de ce narcissisme-là qui est dû, je dirais, premièrement notre fondement en tant qu’être humain, on a la dualité, l’égo ne mourra jamais, parce que si l’égo meurt, c’est qu’on meurt, mais en tant qu’être humain on est définitivement rattaché à l’égo. Cependant, ce qui nous définit nous en tant qu’êtres humains, c’est de lâcher prise sur cet égo-là, de le transcender comme disais Maslow, de transcender l’égo, et même Jung y a touché avec les quatre archétypes dont je parle dans ce livre. Et ça, évidemment, ça se fait à travers l’humilité, et l’humilité et l’amour sont évidemment juxtaposés, donc se recentrer sur cette source-là de vie, notre vie, notre essence-même et puis c’est un combat quotidien. La vie n’arrête jamais, David, la vie continue, la vie n’arrêtera jamais, c’est pour ça que la philosophie de mes conférences sont articulées autour d’un thème, un slogan si on peut dire, « destinées à réussir », destinées au pluriel, nous sommes destinés à réussir, point. Nous sommes destinés à réussir en tant qu’équipe, en changement, en affaires, etc. Et pourquoi nous somme destinés à réussir, eh bien il y a différentes choses qu’on pourra…

David Laroche : Justement alors, qu’est-ce qui t’a amené à devenir conférencier ?

Marc André Morel : Le début de l’histoire, ça a été vraiment que, ça revient un peu à quand je parlais de mon enfance, de mon adolescence, dans les quartiers montréalais où j’ai grandi, c’est que, étant même timide, même si je me faisais un peu intimidé à l’école, parce que j’étais vraiment timide, et j’étais plus petit que les autres, donc je me faisais traité de minus, j’avais des broches très grosses, les lèvres presque toujours gercées à cause de ça. Aujourd’hui c’est mieux fait, le silicone et tout. Et puis physiquement j’étais plus petit parce que j’étais un surdoué à l’école moi, donc j’avais sauté ma deuxième année, et on voulait même me faire sauter ma cinquième année et j’avais un décalage par rapport à ma date de naissance donc j’étais un an et demi, même deux ans plus jeune que certains garçons dans ma classe. Comme tu sais, quand la puberté arrive, ça fait une grosse différence, des jeunes dans ma classe qui muaient, il y avait du poil, de la barbe, une moustache, mais moi j’étais totalement imberbe. Ca faisait que en plus si j’avais peut-être, je ne sais pas moi, cinq, six, sept, huit, dix, quinze centimètres, même plus de moins en grandeur que les autres, et puis j’étais évidemment, comme je disais, plus timide et solitaire, j’étais une cible. Par contre, il y a eu un spectacle qu’on a lancé à un moment donné, un concours de personnalité où on pouvait chanter si on voulait chanter, danser… Moi, j’ai fait des sketchs, j’ai fait un monologue. Mon idole c’était Yvon Deschamps, j’avais commencé à écouter les groupes, tu ne les connais peut-être pas, mais…

David Laroche : C’est un humoriste ?

Marc André Morel : Oui, Yvon Deschamps c’est le père des humoristes ici, il est considéré le père des humoristes.

David Laroche : D’accord, donc tu le connaissais au travers de la télévision ?

Marc André Morel : Au travers de la télé, mais surtout des disques, parce qu’il y avait les disques en vinyle à mon époque qu’on pouvait écouter comme ça en famille, et on les entendait, et il y avait les cyniques, qui étaient un groupe comique. Et puis avec deux ou trois de mes amis, on faisait des simulations, comme si on était sur scène, et on faisait des bouts de cet… Non, c’était que là entre nous.

David Laroche : C’était à quel âge ça ?

Marc André Morel : J’avais 13 ans, 14 ans, et à un moment donné à 14 ans, une des tantes m’a appelé, m’a invité à participer à un concours que sa fille, ma cousine, avait participé à un gala personnalité. Et puis j’ai dit oui, alors je me suis embarqué là-dedans et j’ai fait mon monologue à moi.

David Laroche : Et donc tu avais appris par cœur… ?

Marc André Morel : Mais ça c’était, j’avais appris par cœur mes trucs à moi, à moi. Et là je suis arrivé, et j’ai gagné, le petit gars, le minus, a gagné. Alors là j’avais 300 personnes devant moi.
David Laroche : Comment ça se fait que tu as osé le faire ?
Marc André Morel : Ah ça, c’est une bonne question. Et c’est là que j’arrive avec cette prémices-là que nous sommes destinés à réussir. Le destin, au lieu de le pourchasser, on doit lâcher prise et le laisser nous pourchasser. C’est au-delà de la réussite, parce que quand je disais tout à l’heure qu’on ne meurt jamais, ça veut dire qu’il faut arrêter à tout prix de chercher la gloire, la perfection, le sommet à chaque fois. Il faut chercher la progression, c’est ça qui est important, on est ici pour aimer et pour grandir, pour apprendre. A chaque fois qu’on se casse le nez, et si tu rencontres des gens, mais tu dois en rencontrer des fois, que ce soit du côté de l’Atlantique, en Europe, ou ici, qui te disent : « ah moi, tout ce que j’ai entrepris, je le réussis ». Alors bon, premièrement il faut se questionner, mais deuxièmement, honnêtement, c’est parce que cette personne-là elle n’est pas en train de grandir, elle demeure toujours dans sa zone de confort, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans cette prémices-là, tu comprends ce que je veux dire ? A un moment donné il faut absolument avoir un moment où on doit se questionner, se remettre en question, c’est normal d’être confus, d’avoir peur et c’est avec ça qu’on se fait tirer par le bras dans la vie, sur le droit chemin, parce que c’est ça l’adversité. La vie veut pas nous mettre à terre pour nous écraser pour nous détruire, la vie veut simplement nous faire avancer donc des fois on a l’impression qu’elle nous propulse par terre, mais dans le fond tout ce qu’elle faisait c’était de nous donner une poussée, mais il est évident que si on la résistait, eh bien on tombait. Mais si on ne résiste pas, si moi je te donne une poussée dans le dos, si tu ne résistes pas, tu vas avancer plus vite, tu comprends. Donc c’est l’égo qui fait qu’on résiste, c’est l’égo qui fait qu’on interprète, je dirais justement, de façon narcissique ce qui nous arrive. De porter tout sur ses épaules, c’est impossible, il n’y a personne qui a porté tout sur ses épaules, et qui a réussi à faire de grandes choses. Les Mères Theresa, les Nelson Mandela, les Michael Jordan, les Céline Dion de ce monde, c’est im-pos-sible. Alors pourquoi moi on m’a donné ce don, on m’a donné ce cadeau, comme toi on t’a donné des cadeaux, je t’ai vu sur scène en vidéo, c’est formidable, tu es un prodige, j’ai rarement vu ça, ça fait trente ans que je vois des conférenciers, j’en vois des centaines et des centaines et des centaines, mais j’ai rarement vu quelqu’un comme toi, alors pourquoi toi tu as ça ? Tu as beau avoir étudié tout le monde des centaines de fois, il en demeure pas moins que tu as quelque chose, tu as quelque chose qui fait que c’est ta place. Alors là d’être sur son X, le Dalaï Lama disait qu’il n’y a personne de né sous une mauvaise étoile, seulement des gens qui ne savent pas lire le ciel.

David Laroche : Il est puissant…

Marc André Morel : Tu comprends ce que je veux dire ?

David Laroche : Oui. J’aime beaucoup ça.

Marc André Morel : Et ce n’est pas facile de…

David Laroche : De lire le ciel.

Marc André Morel : De lire son ciel, exactement. De lire le ciel pour être capable d’interpréter quel est son ciel à soi. Combien de gens doivent t’appeler, t’écrire ou quoi que ce soit : « mais moi je ne sais pas ce que c’est ma passion, Monsieur Laroche, moi je ne sais pas Monsieur Morel, c’est quoi ? Je ne sais pas, comment je fais pour savoir, est-ce que vous offrez du coaching pour ça, etc. » Ce n’est pas nécessairement facile parce qu’on est tributaires de toutes les sources d’influences autour de nous, que ce soit nos parents, « Ah lui on va en faire un dentiste plus tard ! Ah lui on va en faire un sportif ! Ah elle, elle va devenir une bonne comédienne. » Et là à un moment donné…

David Laroche : Alors justement, comment aider quelqu’un à trouver sa passion, sa mission presque, sa place ?

Marc André Morel : Sa place ? Il n’y a pas de développement personnel. Tu sais on est dans le domaine du développement personnel ici. Il n’y a pas de développement personnel ou développement de soi sans connaissance de soi. On ne peut pas développer quelque chose qu’on ne connaît pas. Donc souvent, les choses qu’on connaît de soi, on le sait… On sait ce qu’on sait. Mais on le met en doute. Pour les raisons que j’ai énumérées : l’égo, la façon dont on a grandi, nos croyances limitatives, tu parles dans ta conférence de confiance qui inspire, qui initie l’action, bon la confiance, la confiance en quoi ? La confiance en ses aptitudes, la confiance en ses habiletés, la confiance en sa manière de faire les choses, ou la confiance en soi, soi, La confiance que moi je suis ici pour une raison, que je suis ici pour vivre, et quand ça brûle, ça chauffe à l’intérieur, on le sait. Mais on résiste toute notre vie. C’est ça qui arrive : les gens finissent par finir toute leur vie dans la soixantaine, soixante-dix, quatre-vingt, ils n’ont pas dit « oui » à ce qu’ils ont ressenti. Il y a une génération de nos parents, grands-parents, arrière-grands-parents, etc., ils ne se posaient pas de question, il fallait qu’ils bâtissent, surtout ici au Québec, c’était que des arbres, il n’y avait pas de route, je veux dire il fallait absolument faire quelque chose à partir de zéro. Donc on ne se questionnait pas, il fallait faire des enfants, il fallait faire de son mieux, il y en avait qui suivait une vocation quelconque, etc. Mais aujourd’hui, quand je fais des conférences dans des écoles, c’est plus du tout le même portrait, c’est qu’on a des centaines, voire des milliers de postes disponibles. Donc oui, c’est plus difficile, mais la catégorie dans laquelle on figure, c’est-à-dire on est une personne qui est plus artistique, et ça souvent on le voit. Les gens qui ont un souffle artistique en eux ont plus de résistance de leur entourage que des gens qui ont un souffle disons plus entrepreneurial ou je dirais plus technique, dans un cadre qui va terminer dans une entreprise avec un salaire moyen, avec une maison moyenne, d’une classe moyenne, dans un quartier moyen, avec… bon. Mais c’est vrai comme ça, on a quand même ces paradigmes-là, nous, comme éducateur, comme parent, comme tuteur, on ne veut pas voir nos enfants, les gens que l’on aime se blesser, être déçu par ce que l’on projette, mais là on arrive dans un autre sujet. Tout ce que l’on déteste ou qui nous agace chez quelqu’un, ou tout ce que l’on juge chez quelqu’un, fait en sorte que ça dit de nous que nous somme quelqu’un, 1) qui juge. Ça ne dit rien sur l’autre. Je peux dire ce que je veux sur toi, ta façon de t’habiller, ta façon de me regarder, ta façon de parler, ça ne dit rien sur toi. Ça ne dit que sur moi comme étant quelqu’un qui a besoin de juger. Deuxièmement, je vais être chatouillé, agacé par des choses chez toi qui vont tout simplement être des projections de mes perceptions de toi qui sont en soi des perceptions de moi, de non-acceptation et de culpabilité, culpabilité souvent inconsciente de ce que j’ai mal accompli, pas accompli, pas choisi, pas fait, et puis aussi, je veux pas trop te lancer loin, on part dans un retour transgénérationnel. C’est Karl Jung qui parlait de ça, c’est que des fois on va traîner, même Jacques Salomé en français, bien de chez vous, qui en a parlé dans les Mémoires de l’Oubli, que des fois on va avoir mal, par exemple mal au nerf sciatique dans notre jambe droite, on va appeler le médecin, l’ostéopathe, le kiné, etc., mais on ne sait pas pourquoi on a ça, ça traîne un an, deux ans, trois ans, quatre ans, mais on se rend compte en parlant avec une tante ou une arrière-tante qu’on avait un grand-cousin qui avait ça aussi, que le grand-oncle l’avant, que l’arrière-grand-père l’avait. Donc on finit par fidélité, par besoin de fidélité, c’est de l’amour, pour nos ailleuls, et il y a un livre comme ça qui s’appelle Aïe, mes ailleux, ce que on a mal, on souffre, on traîne la souffrance de ce qui vient derrière nous aujourd’hui. Donc c’est assez puissant, c’est pour ça qu’il faut arriver à dire je ne peux pas porter ça tout seul, je ne peux pas porter ce poids là tout seul, je ne peux pas… ma propre volonté n’est pas suffisante, tu sais la volonté c’est 4% de la force chez l’être humain. Arrêter de fumer, perdre du poids, changer de vie, quoi que ce soit, c’est à peine 4%. Karl Jung parlait évidemment du subconscient, c’est en fait Freud, c’était un élève de Freud, Freud son professeur a parlait de l’inconscient, la psychanalyse c’était aller fouiller à l’intérieur dans ce qui est considéré maintenant « l’ombre » en chacun de nous, mais Jung, la raison pourquoi Freud et Jung se sont disputés et se sont séparés, on parlait tout à l’heure avant la caméra, on parlait justement des fois on prend des chemins, on est ensemble pendant 15 ans entre amis, entre collègues et à un moment donné, clac, il y a quelque chose qui fissure, mais entre les deux, c’est que Karl Jung se disait, « oui, c’est beau la psychologie, oui c’est beau la psychanalyse, oui c’est beau cette partie-là d’aller fouiller dans son ombre, son inconscient je le crois, il y a écrit là-dessus », mais il se dit « il y a quelque chose d’autre ». Et il a appelé ça le supra conscient. S’il avait appelé à « Dieu », il se serait fait rejeter du revers de la main par toute la communauté scientifique parce qu’on ne mélange pas évidemment Dieu et la science, du moins pas à ce moment-là. Aujourd’hui on est en train de voir des scientifiques parler de Dieu, et des gens plus spirituels, qui étudient plus la notion de la spiritualité, commencer à faire des liens avec la science, etc. Quand on regarde la tombe qui finit par être illisible et qui était à la base la table, le canapé sur lequel on s’assoit, etc. de relancer ça à un autre niveau, par exemple si moi j’ai une génération, je viens de cinq génération de mal au nerf sciatique, ou, comme on dit ici au Québec, de peureux, de pissous, de gens qui n’ont jamais assumé leur propre destin et qui ont continué la partie « confortable » ou « facile », même par exemple de devenir médecin, qui est tout à fait noble de devenir médecin, et c’est ce que je raconte dans ma conférence, c’est que le meilleur joueur de hockey, parce que oui ici c’est le hockey, le meilleur joueur de hockey ne joue pas au hockey. Comme chez vous le meilleur joueur de foot ne joue pas au foot. Imagine Zidane qui n’aurait jamais joué au foot. Pourquoi ? Parce que son père c’était un médecin, son grand-père c’était un médecin, son arrière-grand-père c’était un médecin, il vient d’une famille de quatorze générations de médecins, il ne se serait jamais posé la question, même avec tout le talent qu’il avait à la base, quand il était adolescent ou quoique ce soit, il n’aurait jamais songé, ne serait-ce qu’une fraction de seconde à ne pas devenir médecin. Alors il serait devenu médecin, un bon médecin, pas un excellent médecin, pas le meilleur médecin du monde, pas le meilleur médecin du monde comme il aurait été le meilleur footballeur du monde, mais un bon médecin. Mais parce que la médecine à l’université c’est contingenté, il y aurait peut-être un autre individu, qui aurait voulu devenir médecin parce que c’était sa place, sa vraie place, sa vraie passion, il aurait été le meilleur médecin du monde, il n’a pas pu entrer parce que justement il y a quelqu’un d’autre qui avait pris sa place. Alors qu’est-ce qu’il a fait ? Il est devenu ingénieur. C’est noble ingénieur, c’est merveilleux, on a besoin des ingénieurs pour les ponts et tout, mais, il est un bon ingénieur, mais pas nécessairement le meilleur ingénieur du monde. Mais toi peut-être justement David, tu aurais voulu devenir ingénieur, mais tu n’as pas pu entrer parce que lui a pris ta place parce que lui quelqu’un avait pris sa place en médecine, et c’était Zidane qui avait pris cette place-là, et il y a quelqu’un d’autre finalement qui va se ramasser à devenir footballeur. Tu comprends ce que je veux dire ? Que finalement, on finit toujours pas, en anglais on dit « short change », de ne pas donner la monnaie de son change à ses talents, à son potentiel, etc. Donc il y a plusieurs raisons, parce que tu m’as posé une question où je te donne une réponse de dix minutes, mais pourquoi ? Parce que je dirais il n’y a pas de réponse facile sur comment trouver notre voie. Moi, écoute, on est à Montréal, on a la montagne juste à côté de nous, le Mont-Royal, et juste de l’autre côté du Mont-Royal ici, il y a l’oratoire Saint Joseph, qui est un genre de basilique on peut dire, qui a été construite par le Frère André, tout ça, et puis aujourd’hui on appelle ça l’oratoire Saint Joseph, ça fait une centaine d’années que c’est là. Et ma grand-mère, qui était très pieuse comme je disais tout à l’heure, son petit Jésus et tout ça, me parlait souvent de Saint Joseph qui était le père, le patron du travail. Moi je me suis dit, je ne croyais pas à ça, toute l’histoire, mais je me cherchais. J’étais vendeur pour Xerox, un peu comme dans l’Alchimiste, Santiago, qui est vendeur dans une boutique au début du livre, et qui décide de partir, de laisser tout derrière, tu vois ce que je veux dire ? Et qui décide de partir à la recherche de sa légende personnelle, et il traverse le désert, et il y a eu des moments difficiles, et il y a eu des moments qui auraient pu, comme on dit dans le livre, « j’aurais pu redevenir vendeur ». Mais il a quand même décidé de continuer, de prendre le courage pour suivre sa légende personnelle.

David Laroche : La clé peut-être pour résumer, ça serait peut-être d’avoir le courage d’expérimenter de nouvelles choses et de continuer jusqu’à que la flamme s’ouvre en fait.

Marc André Morel : Mais en fait c’est de la savoir. Parce que ta question c’était « comment on fait pour savoir », donc oui c’est vrai par rapport au courage, c’est vrai c’est certain, mais ça c’est en deuxième étape je dirais, c’est après. Parce qu’au départ pour le savoir, et je me suis rendu à l’intérieur de la basilique, en haut, et je me suis assis et j’ai posé la question « Qu’est-ce que je fais, où je vais ? » j’avais 29 ans, j’étais perdu, j’étais malheureux dans ce job-là, je veux autre chose, qu’est-ce que c’est ma place ? Et j’ai dû être là une heure, je n’ai pas vu le temps passer, et à un moment donné, j’ai senti « discours », discours… C’est ça. Je vais donner des discours. Je me suis levé, je suis parti, et aujourd’hui, presque vingt ans plus tard, c’est exactement ce qui m’avait plus.

David Laroche : C’est-à-dire, pour bien comprendre, tu t’es posé cette question, ou tu as posé la question ?

Marc André Morel : C’est la même chose. Les deux c’est la même chose. Parce que quand tu te parles à toi, tu parles à quoi ? A moins que tu deviennes fou, tu parles à quoi ? Si tu te parles à toi, si tu te poses la question comme tu dis, si tu te poses la question, tu parles à ton âme, et puis ton âme c’est quoi ? Mais ça c’est de la sémantique, c’est du détail. Ce qui est important pour les gens de comprendre, c’est qu’ils sont destinés à réussir. Mais réussir ça ne veut pas dire avoir le gros bateau, d’avoir la grosse maison avec cinquante…

David Laroche : Ils sont destinés à faire quelque chose dans leur vie qui les anime.

Marc André Morel : Exactement, de faire quelque chose dans leur vie qui les anime, et comme disait Maslow, les gens qui se réalisent, premièrement quand ils deviennent un avec leur passion, premièrement ils sont certains de deux choses : c’est que 1) ils vont toujours être supportés, et que 2) ça va être sans effort.

David Laroche : Alors du coup toi ce que tu as fait c’est que pendant une heure tu as pensé, tu t’es posé la question, c’est ça ?

Marc André Morel : Je me suis laissé, je me suis ouvert, comme disait André Lavoie, c’est devenir ouvert, disponible aux réponses, si on peut dire, aux révélations. La révélation se manifeste chez ceux qui rendus disponibles pour la recevoir, c’est ça.
David Laroche : Okay, c’est une belle réponse, et je pense que c’est effectivement une belle façon de clôturer cette réponse. Donc tu as démarré dans cette démarche des discours. J’aimerais savoir, parce qu’il y a beaucoup de gens qui nous suivent, qui veulent se mettre dans le métier de conférencier, comment tu as eu tes dix premiers clients ?

Marc André Morel : Je ne sais pas. Ils sont arrivés.

David Laroche : Est-ce que tu peux raconter un petit peu comment ça s’est passé ?

Marc André Morel : Oui. Les premiers clients en fait… premièrement ce qui est important, c’est de s’impliquer dans l’industrie. J’ai participé en 2008 à l’instauration de l’association française des conférenciers professionnels à Paris, 2008 et 2009 je suis allé dans les conférences là-bas. 2008 c’était pas encore prêt, c’était tout simplement un cocktail qu’on avait fait pour essayer d’amener les gens, les coaches etc., les conférenciers à prendre conscience qu’il y avait une association qui pouvait justement naître, et elle est nées en 2009 et aujourd’hui ça fait maintenant cinq ans et je me suis impliqué dans l’association, j’ai cofondé l’association ici au Québec, en m’impliquant comme directeur des programmes, et comme vice-président et ensuite comme président et ça a fait que tout simplement, j’ai côtoyé des gens dans l’industrie, je les ai pris comme modèles, mais aussi en même temps, étant donné qu’ici c’est un modèle billingue, j’étais parfaitement bilingue, donc à ce moment-là il y a des conférenciers ou des formateurs anglophones qui m’ont demandé, ils ont vu que j’avais une belle façon de présenter, etc., et ils ont dit « est-ce que tu connais tel ou tel sujet ? », j’ai dit oui, ils ont dit « est-ce que tu pourrais faire mon programme en français pour mes clients, ça serait super. » J’ai dit oui, absolument.

David Laroche : Donc en fait, pour en extraire des clés, qui s’appliquent d’ailleurs largement au-delà du métier de conférencier, qui s’appliquent à tous les projets, dire que 1) tu vas au contact de gens qui le font déjà.

Marc André Morel : Oui.

David Laroche : Tu créées des relations avec eux, 2) tu vois comment leur apporter de la valeur, contribuer, les aider, c’est ça ?

Marc André Morel : Oui, en s’impliquant par exemple dans l’association ou en les aidant eux-mêmes dans leur business, en leur offrant tes services sans nécessairement vouloir être rémunéré, de les aider à faire des liens avec un autre marché qu’ils connaissent moins, ou avec un autre sujet, ou complémenter ce qu’ils font déjà, oui.

David Laroche : Et donc du coup ça te permet effectivement de faire deux choses. Tu apprends et tu créées un réseau du coup en faisant ça, et ça ça s’applique à tous les domaines, c’est-à-dire j’ai envie par exemple de réussir dans le cinéma, eh bien je peux voir comment m’approcher des gens qui sont dans le cinéma, qui peuvent être caméraman, qui peuvent être réalisateurs, voir comment je leur apporte de la valeur, apprendre d’eux et pourquoi pas créer petit à petit comme ça des réseaux en fait. C’est une clé importante que tu…

Marc André Morel : Oui. Et puis évidemment, bon. Aujourd’hui on s’entend, David, que la partie Web est tout à fait cruciale, importante, on est pas sur le Web, on existe pas. Donc être bien référencé…

David Laroche : Donc justement, et ça c’est vraiment un point important, imaginons que là j’ai une personne qui démarre dans le métier de conférencier, mais ça peut être la même si on parle d’être auteur, mais là je prends ton exemple parce que tu le maîtrise davantage, est-ce que selon toi je dois apprendre à faire mon site internet, ou je dois le faire faire ?

Marc André Morel : Bon écoute, moi je te dis là, c’est pas compliqué ça. Aujourd’hui, Internet ce n’est plus du tout une page, je dirais comme une brochure, sur le web simplement, c’est tellement devenu complexe que je dirais chacun son métier, donc oui il y a des choses qu’on peut faire dans le CMS, dans l’outil de gestion, comme dans WordPress, rentrer un blog, changer ses textes, ses textes de conférence, ou par exemple vous vous êtes ici et vous décidez d’inclure des photos, des petits trucs comme ça, du contenu. Mais pour le reste, professionnel. Ça prend des professionnels, absolument. Nous, on demande à nos clients de nous embaucher parce qu’on considère qu’on est professionnels et qu’on est meilleur que ce qu’ils peuvent retrouver à l’interne, dans leurs organisations, que ce soit chez Société Générale, chez Total, chez Century 21, chez Sanofi Pasta ou chez Carrefour. Et nous on va se retourner pour tout faire nous-même. Non ça fonctionne pas ça.

David Laroche : On n’incarne pas le message si on fait ça.

Marc André Morel : Exactement, on n’incarne pas le message, et puis tu te rends pas service non plus, parce que ton concurrent, il va prendre un professionnel et puis il va déjà être en avant. Donc il faut déléguer ce qu’on peut déléguer.

David Laroche : Donc ça c’est un super truc auquel tu peux peut-être apporter des réponses, aux gens qui sont justement dans ce début d’entrepreunariat, les apprentis entrepreneurs, ceux qui démarrent, ceux qui ont l’idée et qui sont un peu perdus avec tout ce qui a à faire, c’est qu’ils me disent, « oui oui, j’ai entendu, il faut déléguer, mais voilà ce que j’ai comme ressources, j’ai pas encore de clients donc je n’ai pas encore d’entrée d’argent, comment je pose le curseur entre me dire je vais déléguer la compta, je vais déléguer le site internet, et comment je fais pour financer tout ça, et surtout dans quelle mesure je le finance ? » par exemple si on prend une activité de conférencier, quelqu’un qui est assez établi, en fait on ne se rend pas compte de tous les détails qu’il a. il va avoir un logo, il va avoir des cartes de visite, il va avoir un site internet, il va avoir des vidéos, il peut peut-être même avoir des vidéos de présentations, de lui sur scène, et si on cumule les coûts qu’un conférencier de dix ans a, ça fait beaucoup de coûts en fait.

Marc André Morel : Alors écoute, moi ça fait…

David Laroche : Comment je choisis par quoi démarrer ?

Marc André Morel : David, très pertinent, et ça je pense c’est important de le préciser, c’est pour n’importe quel entrepreneur, okay. Dans n’importe quel domaine, mais nous on est des travailleurs indépendants, on est des entrepreneurs, mais je dirais un ou deux employés, c’est pas du zéro employé où nous on fait de tout, et donc c’est très pertinent et je dirais en fait cette année 2014, j’entame ma quinzième année dans ce métier-là, et je peux dire que ça va comme ça ce dilemme-là de parfois être au-dessus, parfois oui financièrement être au-dessus de nos exigences, par exemple au niveau matériel, d’acheter de l’équipement ou d’avoir des gens au service au niveau du net qui vont faire le référencement, c’est tout des choses qui coûtent. On disait on faisait une blague dans le réseau des conférenciers nord-américains, on disait que chaque décision, c’est 5000 dollars. Donc l’équivalent de 3000 euros pour vous à peu près. C’est que… changement sur le site : 3000 euros. Changement dans ma papeterie, évidemment papier en-tête de lettre et logo comme tu dis, d’image corporative, mon brand si on peut dire, ma marque de commerce : un autre 3-4000 euros. Tac tac tac et ça ça va effectivement très rapidement mais ça c’est sans compter toutes les activités qu’on veut faire à l’extérieur, d’aller se ressourcer, d’aller justement chercher de la formation… Parce que à la base, pour répondre à la première question qui était « comment tu as été chercher tes dix premiers clients ? », à la base les dix premiers, ou les dix derniers, ou les trois mille dans le milieu, c’est toujours la même chose, c’est la qualité sur scène. Donc c’est d’avoir la matière. MCC. Mériter de parler de ce qu’on doit parler en public. C, d’avoir la conviction, et l’autre C, c’est d’avoir le cœur, c’est d’avoir le désir, c’est d’avoir la passion. Donc justement si on a pas mérité le droit de prendre la parole, tu le vois, que ce soit au Québec ou en France, il y en a plein qui se lancent pour être conférencier, coach ou quoi que ce soit, et ils ont lu trois livres, et puis ils ont été renversés par ces lectures-là et ils considèrent qu’ils ont mérité le droit d’aller offrir leurs services à des entreprises pour ça, ou à des individus qui vont acheter leur billet dans les salles de conférences, dans les salles d’hôtels. Pour en revenir justement au point de dualité, le dilemme de comment je fais pour investir ici quand j’ai pas nécessairement les moyens, j’ai pas d’entrée au début. Au départ, il faut y aller selon les priorités. Si tu viens chez moi, tu vas voir qu’il y a dans mon bureau, il y a des petits cartons, j’ai fait ça très simple, parce qu’avant c’était tout sur l’ordinateur, mais je voyais pas toujours ce document, alors il faut le voir pour se rappeler c’est quoi la priorité. La priorité en ce moment, c’est de faire des changements sur mon site internet. Site internet Adwords. Une campagne Adwords, c’est avec Google, pour qu’à chaque fois qu’un client va cliquer, pour la motivation ou quoique ce soit qui est rattaché à ton expertise, à ce moment-là tu te donnes un budget. Si c’est 100 euros par mois, c’est 100 euros par mois que tu te donnes comme budget, et tu auras le volume qui vient avec, et ce volume-là va te permettre d’aller chercher 200 euros par mois dans six mois, et dans un an ça sera 500 euros par mois. Et le référencement naturel va aussi naturellement augmenter avec du contenu. Ça coûte rien écrire, ça coûte rien de faire une vidéo d’une certaine façon, toi t’es bien équipé, mais…

David Laroche : Oui, un iPhone suffit.

Marc André Morel : Oui, un iPhone exactement, avec l’ordinateur, avec la caméra intégrée, c’est HD aujourd’hui, donc on peut faire une vidéo par jour. Une vidéo par jour, c’est 200 vidéos par année. Donc on est capable d’entrer du contenu vraiment pertinent au volume, qui va changer complètement l’algorithme que Google va utiliser pour référencer ton site. Ensuite, tu as à la prochaine étape qui est, est-ce que je publie un livre ? Mais publier un livre aujourd’hui, c’est pas comme il y a quinze ans, vingt ans, où tu devais absolument aller vers un éditeur. Tu peux le faire toi-même, au numérique. J’ai un de mes livres que j’ai fait, c’est exactement le même genre de couverture, c’est… Tu ne pourrais jamais dire que c’est du numérique, et j’en avais fait faire seulement 300 copies parce que c’était un test pour ce titre-là. Je voulais tester le titre avant de savoir si j’allais à fond avec un éditeur. C’est avec un éditeur, c’est lui qui m’a dit. Voilà, ça m’a peut-être couté 5 dollars par copie, mais 500 dollars c’est peut-être trop pour certains, il y a simplement besoin de réduire à 100 copies. Mais au moins t’as un livre à présenter. Tu peux le présenter sur ton site internet, Tu peux le présenter en conférence, parce que tu ne veux pas tous les liquider, tu en gardes quelques-uns, pour gagner en crédibilité. Et le livre peut aussi être offert en ebook seulement. Donc pour montrer que oui tu as écrit, oui tu as de la matière, tu as quelque chose à dire, mais ça a rien coûté, ça a pris du temps, tout simplement, une correctrice, un réviseur. Donc quand on les voit comme ça, par étape, par priorité, quand on est rendu à la troisième, quatrième, cinquième étape, on peut réinvestir dans la première, et ça recommence. Mais là aussi ça dépend, chacun à sa façon de consommer personnellement dans sa vie, si tu aimes les voyages, que tu vis au-dessus de tes moyens, eh bien c’est certain que la poche de business qui est à droite, et la poche gauche de ton pantalon, qui est ta vie personnelle qui est ta gauche, c’est un vase communiquant, et quand on est entrepreneur, c’est être capable de dire non, je ne vais pas en vacances cette années, je vais prendre quelques jours ici pas loin de la maison, mais je vais investir dans le business pour que ça me rapporte l’an prochain, et l’an prochain et l’an prochain. Et les clients, juste pour dire, au Québec, aux Etats-Unis, au Canada, il y a des clubs sociaux d’affaires, c’est-à-dire comme Rotary. Bon écoute, un conférencier qui a vingt minutes de contenu, il va aller demander à un club Rotary de l’accueillir lundi matin prochain, dans leur réunion, ils ne diront pas non. Ils ont besoin de contenu, ils sont heureux de te recevoir. Moi c’est comme ça que j’ai commencé. Les chambres de commerce, j’allais donner des conférences gratuites, les jeunes chambres de commerce…

David Laroche : Il ne faut donc pas hésiter à faire du gratuit ?

Marc André Morel : Il faut y aller à fond. Et puis moi je continue d’en faire aujourd’hui. J’en fais pas autant que j’en faisais, c’est certain, mais c’est comme les écoles…. Les écoles c’est certain que c’est pas le même gratuit, mais c’est surtout pour ma satisfaction personnelle, ça fait partie de ma mission de redonner quelque chose aux jeunes, surtout moi je vais voir beaucoup de raccrocheurs qu’on appelle, c’est-à-dire des jeunes qui ont abandonné l’école et qui reviennent ou qui sont en difficulté, qui n’ont pas été capable de terminer leur secondaire pour pouvoir aller plus loin. Donc je vais leur donner espoir et des choses comme ça. Mais le gratuit, on appelle ça une conférence stratégique. Donc il n’y a pas de gratuit, c’est une conférence stratégique, c’est un événement stratégique.

David Laroche : Oui, parce que les gens qui te suivent, s’ils aiment ils vont en parler, etc.

Marc André Morel : Mais ne pas penser que c’est gratuit. Parce qu’eux en reçoivent la valeur, et toi tu en retires aussi. C’est important aussi de le dire à ce client-là, on le traite comme un client, on dit « Monsieur, Madame, je vous offre ça, pour vous c’est gratuit, mais sachez que moi ce que j’en retire, c’est ça, ça et ça. » Et là on leur propose d’avoir un formulaire d’évaluation de ta conférence, avec en bas une option pour s’inscrire à ton newsletter.

David Laroche : Tu créées un échange en fait ?

Marc André Morel : Oui, exactement. Parce que eux ils veulent savoir, pourquoi est-ce qu’il viendrait faire une conférence gratuite, c’est quoi l’attrape ? S’il est si bon que ça, si elle est si bonne que ça, pourquoi elle viendrait ? Alors il faut leur dire, moi je suis en train de développer…

David Laroche : Par exemple, j’ai mon livre que je veux promouvoir, je veux bien à condition qu’il y ait un stand avec les livres.

Marc André Morel : C’est ça, et ils vont se dire « okay, c’est ça qu’il veut, je comprends qu’il veuille ça. Il veut se faire une crédibilité, c’est bon. Peut-être qu’il veut avoir notre logo sur son site internet comme quoi…

David Laroche : Donc il ne faut pas hésiter à le dire.

Marc André Morel : Non, pas du tout.

David Laroche : Parce que c’est qu’il y a beaucoup de gens qui pourraient se dire « non, je ne vais surtout pas le dire… » D’accord.

Marc André Morel : Est-ce que vous acceptez ? Il faut demander la permission. Et pour moi ça revient au thème destinés à réussir, on parlait d’humilité, mais l’humilité ça va aussi beaucoup avec l’authenticité. C’est qu’on gagne en authenticité à partir du moment où on devient plus humble aussi. Et on devient plus humble à partir du moment où on a eu une rencontre face à face avec les vrais aléas de la vie. La personne, je disais tout à l’heure, qui a toujours tout réussi peut difficilement être humble, tu comprends ce que je veux dire ? Quelqu’un qui a vraiment bossé pour avoir ce qu’il a, ce qu’il est, va être plus humble parce qu’il a eu…

David Laroche : Plus de claques.

Marc André Morel : Oui, exactement, donc plus mal et tout ça. Donc de revenir à la partie authentique, et si je suis authentique, je n’ai pas peur de dire à mon client potentiel : « je me sers de votre plateforme que vous m’offrez pour vendre mon livre, pour aller chercher une crédibilité auprès de ma clientèle grandissante, aller chercher de l’expérience aussi, parce qu’on veut aller chercher du millage, comme moi j’appelle, du kilométrage, ce qui manque beaucoup chez les conférenciers en devenir. Ils veulent faire tout tout de suite, mais ça prend du temps. Comme Jack Enfield dit « You gotta pay your dues », il faut payer ses dus, il faut faire le chemin, moi je l’ai fait, je veux dire tu as parlé avec d’autres conférenciers ici au Québec, la plupart l’on fait, c’est-à-dire de devenir formateur, moi j’étais formateur pour une entreprise comme Tellus, j’étais aussi chez …

David Laroche : Vu que le talent, dans le cadre de l’exemple, c’est vraiment qu’un exemple, de conférencier, vu que le talent repose quand même sur l’art oratoire, le message que je vais avoir en tête, c’est « je dois absolument peaufiner ce talent » et donc parler, peu importe les circonstances, un maximum au début, et à la limite je parlerai moins gratuitement quand les clients commenceront à venir. La priorité que je dois avoir en tête, avant même le marketing et tout ça, c’est comment je deviens un maître de ce que j’enseigne et ce que je fais.

Marc André Morel : Exact. Exactement.

David Laroche : Alors je voudrais revenir sur un truc que tu as dit d’important et qui va aider des personnes, tu as dit tu gardes visibles tes priorités. D’accord ?

Marc André Morel : Oui.

David Laroche : Simplement, je pense que, un truc que j’observe chez beaucoup d’entrepreneurs, surtout débutants, mais même après, simplement ils ont appris à le gérer différemment, et je pense qu’on est tous entrepreneurs, même si on n’a pas l’étiquette « entrepreneur ». Surtout quand on est créatifs, je pourrais me dire « je vais faire la campagne Adwords », « je vais faire des conférences gratuites dans les écoles », « je vais écrire un livre par mois », « je vais faire des vidéos », je vais faire des interviews, je vais frapper aux portes, je vais faire de la prospection téléphonique, je vais faire des mailings payants et en bref, je peux avoir tout un tas d’idées de développement, et j’imagine que tu es une machine à idées, je peux faire ça, et je peux faire, je peux faire ça, comment tu arrives à choisir tes priorités ?

Marc André Morel : C’est certain qu’il y a des gens qui sont plus stratégiques que d’autres. Qui sont plus, comme on dit en anglais, « predictables ». Qui aiment les choses prévisibles et qui le sont eux-mêmes. Qui se laissent moins emporter ou prendre par l’émotion. Ce qu’on voit souvent dans les congrès de conférenciers, où on a une multitude d’ateliers qui sont toujours plus intéressants les uns que les autres, il y en a qui vont sortir de là tout excités, et puis ils tassent tout ce qu’ils avaient déjà entrepris depuis un an, deux ans, trois ans, pour mettre en place une idée qu’ils ont entendu ce weekend. Une idée, ou deux, ou trois. Ça c’est une erreur. C’est important de garder un 80/20 je dirais. Donc d’avoir un 80% qui est là, qui est fixe, j’ai besoin de ça pour les cinq prochaines années. J’ai pas le choix. Aujourd’hui, les cinq prochaines années, c’est beaucoup, on peut parler de trois, peut-être plus que de cinq maintenant, parce que ça change rapidement, personne n’avait pensé que la vidéo pourrait être aussi forte à remplacer la photo, et le mail, et même l’audio, les articles et tout ça. Donc c’est certain que ça pourrait faire partie du 20% où je pourrais dire, voilà là j’ai besoin de tasser quelque chose pour remplacer ça par la vidéo. Parce que je l’ai entendu le weekend dernier, on me dit que c’est la voie de l’avenir, c’est le marketing de demain, c’est le marketing même d’aujourd’hui. Si tu ne fais pas trois vidéos par jour avec YouTube, t’es derrière, bon ou quoique ce soit. Donc quand le message est clair, que c’est pas une tendance, que c’est, comme on dit en anglais, un « spur of the moment », un esprit du moment, où on dit « oh oui, c’est beau ! Le vert est à la mode ! » Non, il ne faut pas y aller avec les modes non plus. Donc il faut vraiment y aller avec les choses qui sont mesurables et qui vont être soutenues dans l’avenir, qui vont rapporter. Donc d’avoir une partie, oui, de passion, d’émotivité, toujours garder cet esprit quand même vivant, mais d’avoir un chemin éclairé. C’est pour ça que c’est important d’être entouré, d’autres qui font la même chose que nous en même temps, pas seulement ceux qui ont fait avant nous, parce que ceux qui ont fait avant nous, c’est nécessairement des gens qui sont un peu dépassés d’une certaine façon. Tu comprends ce que je veux dire ? C’est bien beau de dire, j’ai quelqu’un de quinze ans plus vieux que moi en termes de carrière, mais je ne veux pas nécessairement être… Oui, je veux m’inspirer de cette personne pour plusieurs erreurs qu’il a faites ou qu’elle a faites, et que je ne ferais pas, mais en bout de ligne, ce sont de gens qui vivent et qui consomment le même monde que moi aujourd’hui, et qui sont quand même au même niveau. C’est certain que c’est hiérarchique. C’est comme on disait tout à l’heure, il y a des gens qui ont lu trois livres et qui se considèrent conférenciers, et puis il y en a d’autres qui sont plus à ton niveau, et puis il y en a d’autres qui sont plus au niveau des Wayne Dwyer, des Deepack Chopra, des Tony Robins, etc. et c’est peut-être un peu difficile de s’identifier à eux et on peut pas les appeler, « hey écoute, j’avais une idée pour toi ». Ses six millions de fans Facebook, et puis je pense que oui, avec ses centaines de vidéos, il va se dire « oui, je prends ça en note ». Il faut y aller avec des gens qui font partie de notre… C’est comme des classes sociales.

David Laroche : C’est intéressant ce que tu dis, parce qu’il peut rapidement y avoir une confusion qui est créée avec le message qui dit « inspirez-vous des gens au-dessus de vous », une rapide confusion à se dire « il faut que je m’inspire de Deepack Chopra », ou si on prend le métier de la vidéo de Spielberg, et puis se dire effectivement, je ne peux pas les contacter, et ne pas réaliser qu’entre Spielberg et moi, il y a tout un tas de réalisateurs qui sont déjà excellents. Effectivement, ça ne va pas être les stars mondiales, mais même déjà le réalisateur qui fait le téléfilm, même si ça paraît moins « sexy » le téléfilm, il a déjà fait un téléfilm. Et peut-être que j’ai jamais rien fait et que du coup il va pouvoir m’apporter des super réponses et donc ça peut être pas mal de réussir à créer un équilibre entre oui, effectivement, idéalement Spielberg pourrait, mais dans un premier temps c’est mieux que je m’entoure de gens qui sont peut-être deux étapes au-dessus de moi.

Marc André Morel : David, tu as raison, c’est ce que je voulais dire, t’as pas exagéré. De garder quand même dans sa couche à soi, avec toujours une marge pour étirer sa zone de confort et étirer un peu. Et toujours de la place pour sa propre créativité. Parce que le danger avec des associations de conférenciers, etc., c’est que à un moment donné, après un certain temps, on devient tous pareils.

David Laroche : C’est comme une norme qui s’installe.

Marc André Morel : Moi je dois dire, il y a quelque chose qui m’a aidé beaucoup quand j’ai commencé, c’est que j’ai tout de suite été entrepris par la plus grande agence de conférenciers au Canada, qui est à Toronto, qui est une agence anglophone, j’étais le seul québécois sur leur équipe, le seul francophone.

David Laroche : Tu y es toujours ?

Marc André Morel : Oui.

David Laroche : Comment ça s’appelle ?

Marc André Morel : « Speakers Spotlight ». Et eux…

David Laroche : Et parce que tu parles anglais, c’est pour ça que…

Marc André Morel : Non. Il y en a d’autres qui parlent anglais, mais ils n’étaient pas là, parce qu’ils ne considéraient pas… je ne veux pas parler pour eux, je veux dire, je ne sais pas ce qui a fait que d’autres n’ont pas été choisi, mais moi je sais que j’ai été choisi. Et puis ils m’ont donné beaucoup beaucoup de business, c’est certain. Mais comme dans tout, à un moment donné on devient la saveur du mois, donc ça a duré trois and, quatre ans, le haut volume, et puis après ça, ça s’est calmé. Ça c’est comme ça.

David Laroche : De leur part ?

Marc André Morel : De leur part à eux, évidemment, parce que moi j’ai continué avec mon business de mon côté, il y avait d’autres agences aussi, etc. Mais ce que je veux dire, c’est que eux, cette agence-là, et puis il y a plusieurs agents à l’intérieur de l’agence, tu comprends ce que je veux dire, plusieurs individus qui ont contacts avec des clients et des conférenciers, me disait : « on le voit tout de suite quand c’est un conférencier qui est impliqué dans l’association des conférenciers au Canada. »

David Laroche : On m’a dit la même chose.

Marc André Morel : C’est vrai ? Oui, parce que je les chargeais toujours un plus cher qu’ils valent, ils ont toujours le même genre de discours, au niveau des thèmes qui reviennent, les titres de leurs conférences se ressemblent…

David Laroche : On m’a dit aussi que l’introduction est toujours pareille. On m’avait dit que la structure de la première minute est…

Marc André Morel : Oui, c’est ça ! Parce que c’est ça le danger, donc oui, c’est bon d’avoir des modèles et tout ça, mais faut faire attention de ne pas copier. Pas copier, parce qu’on fait exprès, parce qu’on veut copier, mais parce qu’on devient influencé, on perd sa créativité. Parce qu’on prend moins de risques. Moi, j’ai un thème dans ma conférence, c’est de se réinventer, et puis j’étais à Niagara donner une conférence cette semaine, et puis ils me disaient : « vous ! Vous semblez être quelqu’un qui vivez vraiment votre thème de se réinventer », « mais pourquoi vous dîtes ça ? » « Mais parce que c’est clair, toute la recherche que vous avez fait sur nous, notre organisation, et puis c’est clair, ce que vous avez fait, même dans votre présentation, vous avez rajouté des photos de notre industrie, de notre site internet et puis vous avez utilisé de nouveaux exemples, vous avez ajouté un thème qui ne fait pas partie du thème de votre conférence, vous avez amené quelque chose qui vient de la vente, c’est clair ! » J’ai dit « je suis content que vous le voyiez ». Mais j’étais content qu’il le reconnaisse, parce qu’effectivement, c’est plus de travail pour moi, mais je suis conscient que de toute façon, je ne le fais pas parce que je veux absolument qu’on dise ça de moi, ce n’est pas ça du tout, c’est comme ça. A chaque fois, je trouve quelque chose de nouveau à dire, ou une nouvelle façon de le dire, et puis je la change, la conférence. Il faut quand même garder son… mais quand on est trop entouré de pareil, on devient pareil.

David Laroche : Je comprends.

Marc André Morel : Et puis du pareil, ça vend pas. Ca vend pas du pareil.

David Laroche : Oui, c’est effectivement libérer sa créativité. Alors du coup j’ai deux dernières questions, alors une question plus générale qui s’adresse vraiment à tout le monde, toi tu vas pouvoir te baser sur ce livre ou d’autres choses que tu as faites par rapport à cette idée de destinés à réussir, quels seraient les facteurs-clés de la réussite ? Si tu pouvais en choisir autant que tu veux, entre deux à dix en fait, maximum, mais cinq c’est un bon chiffre pour les vidéos. Alors voilà, quels pourraient être, parce qu’il y a beaucoup de clés, on pourrait en lister cent cinquante si on veut, si on devait choisir l’essence-même des choses que certains ne comprennent pas… Ou alors même je vais poser la question différemment, ça sera même encore plus intéressant pour ceux qui me suivent. Quelles pourraient être les clés dont les gens ont déjà entendu mais qu’ils n’ont peut-être pas bien comprises ? Qu’est-ce qui pourrait manquer aux gens ?

Marc André Morel : Je vais revenir avec la dimension de l’égo et du narcissisme. Quand j’ouvre ma conférence maintenant, je dis : « trente ans après avoir étudié ça, la réussite, je me suis dit qu’il était peut-être temps d’avoir ma propre définition. Voulez-vous l’entendre ? » Ils me disent oui. Alors moi, ma définition de la réussite aujourd’hui c’est que quand ta vie, ta carrière, ta vie personnelle est égale à ton profil Facebook de réussi. Tu comprends ce que je veux dire ? Tu vois sur les profils Facebook « c’est beau la vie, c’est merveilleux, merci la vie, tout est beau, tout est heureux, j’ai passé de belles vacances, il fait toujours soleil, tout est extraordinaire, ils ont toujours réussi à traverser toutes les étapes… », Tu comprends ce que je veux dire ? C’est la vie. C’est une partie de la vie. Mais c’est pas la vie. Alors cette narcissisation de notre société c’est, d’après moi, quelque chose qui répond à la question que tu m’as posée, le résultat de quelque chose qu’on n’a pas compris. On n’a pas compris ce que c’était d’être un bon ami, parce que Facebook c’est supposé être pour des amis. Pour être un ami, ou avoir des amis, je dois être un bon ami pour les autres, et pour être un bon ami pour les autres, je devrais peut-être être à l’écoute. Mais j’en ai rien à foutre des autres sur Facebook ! Tout ce que je fais c’est que je parle de moi ! Je parle de moi et puis je regarde combien de personnes ont aimé ce que j’ai dit de moi ! Pas de toi ! De moi ! Tu comprends tout ce que je veux dire ? Donc quelque part, ça, c’est la capitulation de l’égo sur l’être humain moderne. Parce qu’on s’entend qu’il y a des pays dans le monde, que heureusement, ils n’ont pas été contaminés par cette partie-là. Je ne veux pas dénigrer l’outil du tout, puis les gens qui sont là, ce n’est pas ça du tout, je le sais parce que je peux moi-même comprendre comment c’est facile de vouloir soumettre ses états-d’âme, de partager son point de vue, d’une certaine façon de se trouver important. Parce que l’égo, c’est quoi ? C’est « je », « je suis ». Je suis ce que je pense, je suis ce que j’ai l’air, je suis ma réputation, je suis mes possessions, je suis mon nombre de « j’aime », je suis mon nombre d’amis, je suis la voiture que je conduis, je suis le quartier dans lequel je vis, je suis le diplôme que j’ai, etc. Et c’est que ça ! Que ça ! Sur les réseaux sociaux, LinkedIn, Facebook, quoique ce soit. On a beau dire que LinkedIn c’est beaucoup plus business, je veux dire c’est de jouer au coq et au paon, mais dans un cadre beaucoup plus corporatif si on peut dire, mais c’est la même chose quand même. C’est beaucoup plus poli mais c’est de faire face à ses réalisations et à les partager envers les centaines de personnes qui nous « suivent ». Donc ça c’est une chose qu’on a mal compris, je pense, de la réussite. Ecoute j’étais au Maroc il n’y a pas longtemps, et puis j’ai été fasciné à Casablanca, comment les marques, Gucci, Louis Vuitton, Bulova, etc., se sont comme carrément greffées, comme des sangsues sur les édifices vieillots. Quand même, on s’entend, Casablanca c’est pas une ville d’hier… Et on accroche finalement des parties très neuves, très bling bling, et on voit des Audi Q7 rouler dans les rues, etc., mais on voit aussi des femmes, comme ça, mendier, et pour qu’un peuple où l’homme prend en charge les choses est rendu qu’il envoie sa femme mendier dans la rue, sur le terre-plein, c’est parce que ça va pas bien, il y a de la pauvreté. Ça s’entend bien qu’on vit pas comme ça paraît. Donc on voit que même si eux, de par leur structure politique, mais aussi économique, ils résistent à la contamination de cette bête qu’est le superficiel et ce qui brille, il y a quand même une partie de la bête qui a réussi à entrer à faire sa place, avec les grosses bagnoles, avec les gros hôtels, j’ai vu un… je ne sais pas si tu es déjà allé à Casablanca…

David Laroche : Je suis allé à Marrakech, donc je peux imaginer.

Marc André Morel : Tu vois qu’il y a des capitaux qui arrivent et qu’on voit que le pays et les commerçants là-bas et le peuple n’a pas du tout de contrôle là-dessus. Et ça leur arrive malgré eux, et ça ne leur appartient pas, ça n’appartient pas à leur propre culture, ils n’ont même pas les moyens d’être avec ça eux-mêmes, c’est pour le touriste qui vient. Donc c’est pervers d’une certaine façon où voit qu’il y a quand même quelque chose qui se produit. Donc ça, cette définition-là de la réussite, moi je pense qu’on est passé à côté. Je suis pas con. J’ai une belle montre, j’ai des beaux habits, j’aime les tissus, des marques, il y a pas de problèmes, j’aime les choses qui sont belles, j’aime le confort, avoir une belle vie, je considère que c’est important que tout le monde soit le plus riche possible. Je suis très sérieux quand je dis ça. C’est important, absolument important. Mais ce n’est pas de ça que je parle. Je parle de la partie vide, de la balloon, de la bulle, je parle de cette conception qui vient de l’égo, de ce que c’est la réussite. Alors je reviendrai avec les points que tu m’as demandés. Destinés à réussir, oui, mais peut-être aurions-nous été programmés pour l’échec ? La partie la plus fragile de nous, qui sera toujours là, c’est celle qui va avoir peur, celle qui va être anxieuse, celle qui va être angoissée, celle qui va douter, celle qui va être confuse… Elle sera toujours là. Ce n’est pas de l’éliminer, c’est de surfer avec, ce n’est pas de demander à la vie d’arrêter la pluie. C’est que quand il pleut, qu’on sache comment danser sous la pluie. Donc ça, ces croyances-là, parce que il y a des gens qui ont été abusés psychologiquement, t’es trop petit, t’es un con, t’es stupide, t’arriveras à rien, mais voyons donc, toi, aller aux Etats-Unis, faire ta carrière, mais t’es fou… Ça marche pas, tu parles pas anglais, ton anglais est pourri, tu parles toujours avec des Z, « ze ze, ze ze », comme tous les français, non ! Non ! Ça c’est quoi ? Ça c’est les croyances, donc les croyances que l’on a acquises évidemment avec le temps, ont fait que l’on va développer 96% évidemment de notre force et de notre subconscient et donc ça va se projeter dans nos perceptions sur nous-même, sur le monde extérieur, et évidemment ça va nous bloquer, et en bout de ligne, on fait en sorte que on ne réussit pas comme on le devrait et donc le « destinés à réussir », le seul vrai frein, ce sont nos croyances limitatives. Et c’est pour ça qu’il faut apprendre à redéfinir ou à reprogrammer ces croyances. Comment on fait ça ? Tu le sais. La visualisation, la méditation, tu es allé faire dix jours de silence, moi aussi je fais ça, je veux dire on doit absolument se couper du monde extérieur, il faut arrêter de regarder, d’écouter, de visionner les bulletins de nouvelles, il faut fermer la radio où on entend les trucs, les invités qui sont là pour écraser les énergies, il faut toujours rester dans une énergie qui est toujours plus haute, c’est la même chose, c’est comme un bol d’eau. Le bol d’eau, si prend une pensée négative, que je la mets dedans, c’est comme, on va dire, une encre, ou un liquide noir, mais ça va teinter l’eau. Mais si l’eau que je rajoute est la pensée positive, ça ne se réglera pas en une, ou deux, ou trois pensées positives avant que l’eau ne redevienne claire. Ça va en prendre beaucoup plus de pensées positives que j’ai eu de pensées négatives donc d’une certaine façon c’est une programmation comme ça qui devient importante. Par exemple toute l’idée quand on revient au discours de religion ou de spiritualité autant dans la religion chrétienne que musulmane, qui a été inspirée des chrétiens de toute façon, c’est les cinq fois qu’on s’arrête par jour. « Okay, je suis rendu où aujourd’hui ? Est-ce que j’ai peur en ce moment ? Est-ce que mon énergie est bonne ? Est-ce que… ? Comment est ma posture ? Comment est ma pensée ? A quoi je pense ? A qui je pense ? De quelle façon j’y pense ? Quels sont mes projets pour demain ? Est-ce que je suis vraiment aligné sur mes objectifs ? Okay c’est bon, on continue. » C’est pas plus compliqué que ça. Mais on n’a pas appris ça. Donc c’est certain que le modèle de croyance est bien important, être à sa place, le hockeyeur, le fameux hockeyeur, vous vous souvenez, et du médecin, et de l’ingénieur… Céline Dion, est-ce qu’elle est chanteuse parce qu’elle chante, ou elle chante parce que c’est une chanteuse ? Céline Dion, si elle n’avait pas fait d’albums, aucun spectacle, qu’elle ne serait pas connue, cette femme chanterait quelque part dans sa maison, dans sa cuisine, dans son salon, parce que c’est une chanteuse. Et une chanteuse, ça chante, c’est tout. Moi, quand on me demande comment je fais pour écrire un je livre : écris ! Oui, mais pour que je sois publié ? Ecris ! Oui, mais moi je veux que mon livre soit complet et puis 450 pages… Ecris ! Oui mais si… Ecris ! Tu passes vingt-deux heures par semaine devant la télé… hey ! Réveille-toi, lâche la télé ! « Oui, mais je n’ai pas le temps, je n’ai pas le temps… » Ecris ! Lâche la télé, écris ! Comprends-tu ce que je veux dire ?

David Laroche : Je pense que j’ai entendu.

Marc André Morel : Donc : croyances à changer, être à sa place, la passion, faire un avec sa passion, faire un avec son savoir, faire un avec toutes ses compétences. La partie aussi qui est bien importante que tu racontes, c’est l’aspect de la confiance. La confiance ça se bâtit victoire par victoire, mais la confiance pense ses habiletés nécessairement. La confiance en soi, de sentir, d’avoir la foi, d’avoir la foi aussi que son projet va être mené à terme, avoir la foi que la vie ne nous abandonnera pas et que la vie ne le veut pas quand elle nous fait mal, elle ne veut pas nous casser. Elle ne veut pas nous jeter à terre, elle veut simplement nous donner une poussée.

David Laroche : Donc là, c’est la foi en la vie presque que tu proposes ?

Marc André Morel : Oui. La foi en ses projets, la foi en la vie, oui, absolument.
David Laroche : Alors justement c’est un point, une toute petite parenthèse, parce que c’est un truc important, tu as parlé de spiritualité et avec Julie on croise tout un tas de personnes autour de nous qui des fois vont un peu rejeter cette idée de la spiritualité. Moi personnellement, ma vision de la spiritualité m’aide à avoir une foi qui va au-delà de la foi en moi et qui va dans la foi dans un système plus global et qui va l’accompagner, et je me rends bien compte que si je n’avais que la foi en moi, ça serait trop limité par rapport à certains trucs que je ne comprends pas à l’extérieur. Est-ce que tu penses qu’on peut aider ces personnes qui disent : « ah moi, la spiritualité, c’est bizarre ! », à développer cette foi en la vie ?

Marc André Morel : Bah oui.

David Laroche : Comment on peut faire ?

Marc André Morel : En l’étant.

David Laroche : Juste en incarnant ce… ? Okay, belle réponse.

Marc André Morel : Un dernier point que je te dirais, c’est l’humilité. On le dit, je voulais juste terminer avec ça.

David Laroche : Alors du coup, pour préciser l’humilité, comment tu fais la différence entre humilité et par exemple…

Marc André Morel : Faiblesse, ou être un peu mou ?

David Laroche : Pas forcément, pas forcément. Comment tu positionnes le curseur entre tout ce qu’on peut être amené à faire dans l’entreprenariat, ou le marketing, qui est par exemple de se mettre en avant, le compteur Facebook a malgré tout un impact sur l’activité, le compteur de vues a un impact sur l’activité, comment je positionne ce curseur, ne serait-ce que sur ma plaquette, entre « je suis la super star » et… voilà.

Marc André Morel : Je suis prêt pour ta réponse… pour ta question, à te répondre. Dans ma conférence je présente une dizaine, une douzaine d’individus. Qu’est-ce qu’ils ont en commun ? « Ils font de l’argent ! Ils sont ruches ! Ils ont du succès ! Ils sont connus ! » Et là ça commence : « ils sont heureux ! Ils croient en leurs rêves ! » Et il n’y a pas autre chose ? Et ça sort jamais. Mais j’ai dit : est-ce que eux vous considérez qu’ils sont pédants, hautains ou humbles ? Là j’ai Céline Dion, Mandela, Oprah Winfrey, Guy Laliberté, tu sais c’est qui ? Le cirque du Soleil. Celui qui va sur la Lune et puis il se promène, il se met un nez rouge sur le nez. Il est milliardaire. JK Rowling, Harry Potter. Là je viens de te nommer trois milliardaires. Quatre milliardaires avec Céline Dion. Michael Jordan. C’est tous des gens qui sont humbles. Mais aussi en même temps qui sont des modèles pour les autres, des inspirations, et qui nous fascinent. Ils sont tous très riches. Et ils font tous ce qu’ils aiment. Ils ont tous été persévérants, ils ont tous leur parcours, leur histoire. Mais ils sont tous humbles, même s’ils rayonnent. Même s’ils ont beaucoup d’amis Facebook, ils sont humbles, et c’est ça, c’est pas facile l’humilité, ça m’a pris du temps à moi aussi. J’ai pas tout compris. Je suis loin d’avoir tout compris. Mais ça m’a pris du temps à avoir un petit déclic qui a fait en sorte que « ah oui c’est ça ». Parce que moi j’étais considéré, et je me considère aujourd’hui quand je regarde en arrière, comme quelqu’un qui était, en anglais on dit « cocky », qui était un arrogant, qui se pensait meilleur que les autres. Moi j’étais spécial. Tu comprends ce que je veux dire ? J’étais spécial. J’étais pas comme les autres et je voulais aller sur scène, et puis je voulais montrer comment j’étais spécial. Mais en dedans de moi, je me sentais vraiment petit malgré tout, parce que le minus de l’époque avait pas vraiment grandi. Il y avait une aura qui s’était construite, il y avait quelque chose, et c’est de ça que je parle, la narcissisation, la Facebookisation, c’est ça ce que les gens font. Ils construisent quelque chose parce qu’ils aimeraient être ça mais ils pensent aussi que c’est ça qu’il faut faire pour faire en sorte que quoi ? Que les gens vont les aimer ! Parce que tout ce que je voulais c’est qu’on m’aime. Tout ce que je voulais c’est qu’on m’aime, toute ma vie, j’ai passé toute ma vie, toute ma carrière à vouloir être aimé. Et c’est pour ça qu’au départ, quand on a commencé l’entrevue, je ne me souvenais pas exactement où… C’est l’amour. C’est ça, ça part de là et ça termine là, ce qui fait que tout lâche, l’égo va lâcher avec l’amour, la tension, le stress va lâcher avec l’amour. Et puis en même temps c’est certain qu’il faut passer à l’action, oui c’est certain qu’il faut faire ce qu’on a à faire, il faut travailler, faut s’associer, il faut donner, donner, donner constamment. Ce sont toutes des choses qui sont importantes. Mais tu me demandais par rapport à la nuance, j’ai beaucoup aimé ton terme, le « curseur », parce que c’est ça, c’est un peu ça, où est-ce qu’il se situe ? 50/50 ? Et les personnes que je t’ai nommées, est-ce que ça fait du sens pour toi ? Les personnes que je t’ai nommées ?

David Laroche : Oui, et je tiens même à préciser que la réponse, que tu me proposes de faire un retour, ce que j’ai vraiment trouvé de puissant, et je te remercie de l’avoir fait, et tu viens de le dire, ce n’est pas forcément simple dans une interview de parler de comment tu étais et de qui étais, et pour moi tu fais un beau cadeau aux personnes qui nous écoutent, tu me fais un beau cadeau aussi, et je te remercie d’avoir osé cette vulnérabilité de parler de ce truc qui effectivement n’avait rien contre les autres mais qui était juste pour remplir un vide, qui ne se remplit pas d’ailleurs. Et pour aller appuyer là-dessus, moi-même j’ai passé énormément d’énergie et de temps et de lecture à combler ce vide, du fait que j’étais timide, et faire tout au point de le maîtriser parfaitement, comment réussir à obtenir de l’attention, mais pas forcément pour la bonne raison. Et merci, pour clôturer l’interview, c’est parfait.

Marc André Morel : Et moi je suis pas parfait.

David Laroche : En tout cas, ce qui vient de se passer est parfait pour moi. Alors du coup on peut te retrouver sur marcandremorel.com, c’est ça ? Et je vous invite à foncer, il sera sur Amazon, c’est ça ?

Marc André Morel : Ouais, il y est déjà sur Archambault.com, je pense et sur Quebec-livres.com et sur, voyons voir, oui, sur Amazon, c’est parfait. Amazon c’est partout. Et à la Fnac en France probablement, début 2015.

David Laroche : D’accord, je ne sais pas quand on va publier l’interview, mais ça sera un peu plus dans le futur. En tous cas, allez-y, au moins sur le site internet, vous allez découvrir plein de vidéos, plein de clés, des articles, et à bientôt.

Marc André Morel : Et sur Facebook.

David Laroche : Et ton Facebook. Donc si on tape ton nom sur internet et on te trouve.

Marc André Morel : Merci.

David Laroche : Merci à toi.

0 commentaires

Laisser un commentaire

Share This