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Réussite et spiritualité – Marie Josée Arel – Son interview complète

Bonjour à vous et bienvenue dans cette nouvelle interview. Vous allez découvrir une nouvelle femme super inspirante. Accrochez-vous parce que là c’est une histoire vraiment unique, je la découvre avec vous. Elle est l’auteur aussi d’un livre qui a un nom, pareil, unique : L’effet Popcorn. Donc plein d’histoires inspirantes, de deux mêmes personnes inspirantes qui vous partagent leurs quotidiens, leurs difficultés, comment elles les transforment. On va parler de ça.
Donc c’est Marie Josée Arel, suivez cette interview, elle est avec moi.
David : Salut Marie !
Marie Josée Arel : Bonjour David
David : Comment vas-tu ?
Marie Josée Arel : Ça va très bien, et toi-même ?
David : Eh bien j’aime beaucoup l’énergie du Québec donc je suis bien ici !
Marie Josée Arel : C’est un peu comme chez vous là au Québec. C’est bien ça !
David : En fait pour nous, c’est marrant parce qu’on a l’impression que c’est un beau mélange entre l’énergie américaine et française donc bravo.
Marie Josée Arel : On est heureux de t’accueillir !
David : Parfait ! Alors, tu as une histoire assez étonnante, est-ce que tu peux nous raconter qui tu es…
Marie Josée Arel : Eh bien moi je suis une femme de 41 ans, je suis en couple maintenant depuis 12 ans, j’ai un garçon de 7 ans. J’aime bien le dire parce qu’actuellement ça contraste beaucoup avec ce que j’ai vécu avant. Ma famille est une famille d’entrepreneurs assez connue au Québec. Ils avaient un gros restaurant sur l’autoroute 20, le restaurant Madrid, qu’à peu près tous les gens du Québec connaissent. Mon père a construit le premier camion Monster Truck au Québec. Peut-être que tu as vu ça aux Etats-Unis, c’est très populaire.
David : Oui c’est les gros camions avec les énormes roues là…
Marie Josée Arel : Oui c’est ça ! Mon frère est aujourd’hui le promoteur de ce type de spectacle, le plus important au Canada. Alors je viens d’une famille très très très colorée, et tout me destinait à prendre la relève de l’entreprise familiale parce qu’il y avait plusieurs volets dans cette entreprise-là. Mais très jeune, à l’âge de 15 ans, j’ai commencé à me passionner de spiritualité. Je ne sais pas comment ça a commencé. Je sais juste que vers l’âge de 15 ans, j’ai commencé à me poser toutes sortes de questions existentielles comme « Est-ce que Dieu existe », « Quel est le sens de cette vie », « Qu’y-a-t-il après la mort ». Et j’ai eu un très grand besoin de trouver des réponses à ces questions-là.
David : Alors du coup pour resituer. Est-ce que tes parents étaient croyants ?
Marie Josée Arel : Moi j’avais, ici au Québec – à l’âge que j’avais à ce moment-là – reçu l’éducation religieuse catholique, à l’école. Aujourd’hui ce n’est plus comme ça au Québec mais à ce moment-là c’était comme ça. Et oui, mes parents étaient pratiquants. On allait à la messe tous les dimanches. J’habitais dans un petit village, je faisais partie de la chorale des jeunes. Mais reste qu’à 15 ans, je commençais à questionner beaucoup de ce qu’on m’avait enseigné justement dans cette éducation-là. Et j’ai commencé à faire toutes sortes de lectures, beaucoup dans le domaine du nouvel âge et de l’ésotérisme. J’ai commencé à beaucoup m’intéresser à ça, à la réincarnation aussi. Et ça m’a conduit à faire un voyage intérieur – que j’aime dire aujourd’hui quand même – très intellectuel. Parce qu’à ce moment-là ma quête était aussi de comprendre, de trouver des réponses. Moi dans ma tête de jeune fille de 16-17 ans, j’étais convaincue que Dieu pouvait se résoudre aussi simplement que des mathématiques, qu’à cette grande énigme, il y avait justement des réponses claires et précises. Et tout a basculé à l’âge de 22 ans où je suis allée faire une retraite de 5 jours dans un centre chrétien catholique. Une retraite majoritairement en silence.
David : Du coup ça t’a parlé quand je t’ai dit que j’ai fait 10 jours de méditation.
Marie Josée Arel : Oui ! Je comprends. Je pense que ce sont des arrêts dans une vie qui font extrêmement du bien. Et j’ai été surprise de ce qui m’attendait là. Puis en fait encore aujourd’hui, j’ai beaucoup de difficultés à l’expliquer. J’ai vécu une très grande expérience spirituelle qui m’a bouleversée intérieurement, profondément. Et les seuls mots que j’ai pour le verbaliser parce que le propre d’une expérience spirituelle c’est qu’on a de la difficulté à la décrire.
David : A mettre des mots dessus…
Marie Josée Arel : Voilà. Et la seule façon que j’avais de décrire ça à l’époque c’était de dire « J’ai rencontré Jésus », au plus profond de mon cœur. Il ne m’est pas apparu, je n’ai pas eu d’apparition, mais au plus profond de mon cœur j’ai fait vraiment une rencontre personnelle avec le personnage de Jésus. Et c’est tellement fort, qu’après 5 jours de retraite, je ne vois plus du tout la vie de la même façon, je me sais aimée, profondément, je me sens aimée. Je sens que j’ai une mission, quelque chose à accomplir ici. Je dirai même les couleurs et l’extérieur n’étaient plus pareils, on dirait qu’avant tout était terne et que là tout était un peu plus vif et coloré. Et surtout, je change complètement de système de croyance. Pour moi ça devient évident que tout ce à quoi j’adhérais jusque-là, qu’on parle de réincarnation ou de différentes croyances ésotériques, ça ne convenait plus, ce n’est pas ça que je ressens au plus profond de moi, et je retourne à mes racines chrétiennes catholiques. Un revirement incroyable écoute David, j’ai 22 ans à ce moment-là…
David : Oui ça fait un sacré… Surtout étant donné ce que tu disais vis-à-vis de tes parents et leur entreprise et tout…
Marie Josée Arel : Oui, mes amis, personne ne comprend autour de moi, personne ne saisit ce qui se passe. En fait on pense même que j’ai eu droit à un lavage de cerveau. Et c’est difficile d’avoir un lavage de cerveau dans une retraite en silence quand même (rires). Et c’est un moment de ma vie où je me cherche beaucoup professionnellement. J’ai pas envie de reprendre l’entreprise familiale, je me sens appelée à autre chose mais je ne sais pas quoi, et j’essaie d’aller faire du bénévolat dans cette communauté-là, à raison de quelques jours par semaine, qui est un centre en fait, où ils accueillent des gens continuellement comme ça, pour des retraites.
David : Gratuitement ?
Marie Josée Arel : Oui, il y a quand même un coût mais un très faible coût. Et là, après quelques mois dans ça, j’ai le sentiment, je ressens comme un appel à la vie consacrée. Et je décide d’y passer une année complète dans le but de voir, de dire est-ce que je suis vraiment faite pour la vie consacrée, est-ce que c’est ça pour moi…
David : Quand tu dis consacrée, parce qu’en France je ne sais pas si ça parle à…
Marie Josée Arel : Oui, la vie religieuse, vraiment…
David : Pour devenir sœur ?
Marie Josée Arel : Pour devenir sœur, exactement, la démarche pour devenir bonne sœur, je pense comme vous le disiez souvent en France. Au Québec, on parle de religieuses, de nonnes… voilà. Et finalement je vais passer une année là, puis une année devient deux, trois, quatre, cinq, six. Et j’ai passé, j’ai vécu 6 ans, de l’âge de 22 à 28 ans, en communauté religieuse, comme une sœur…
David : Et du coup c’est un engagement que tu avais pris ou ?
Marie Josée Arel : Oui, j’ai vraiment fait des engagements de pauvreté, de chasteté, d’obéissance. J’avais décidé de donner ma vie à Dieu de cette façon-là, et de le servir dans cette communauté-là, qui était une façon on s’entend… Aujourd’hui je repense à ça et je suis capable de comprendre ce que les gens autour de moi pouvaient ressentir parce que c’était tellement…
David : Un virage, oui.
Marie Josée Arel : Oui, un virage. Tu sais toutes mes amies étaient toutes au début de leur carrière, pensaient à fonder une famille, et moi je décide que je renonce à tout ça pour aller servir Dieu. Un choc !
David : Je veux bien le croire ! (rires) Et tes parents, comment ils réagissent ?
Marie Josée Arel : J’ai des parents extraordinaires. Un père qui a la foi, une mère aussi qui a la foi et qui ont accepté de m’accompagner dans cette démarche-là.
David : Whaou ! C’est une belle preuve d’amour !
Marie Josée Arel : Oui, beaucoup. J’ai une famille assez… en fait très unie. Chez nous, on est tous très différents, même mon frère et ma sœur, c’est un choc plus important pour eux mais ils ont quand même accepté ça, et ils venaient me rendre visite régulièrement. Et tant que j’étais heureuse, ça allait. Tant qu’ils me voyaient heureuse, pour eux ça allait.
David : Est-ce qu’au Québec, vous êtes habillées comme en France au niveau des bonnes sœurs ?
Marie Josée Arel : On avait un certain costume qui était comme une sorte de longue tunique de couleur marine…
David : C’est pour aider les gens à t’imaginer…
Marie Josée Arel : Avec une blouse blanche manches longues, mais on ne portait pas le voile. Et surtout je ne me maquillais pas. J’avais une coupe de cheveux extrêmement sobre, vraiment.
David : Est-ce que tu as des photos que je pourrais mettre en même temps… Ça pourrait être drôle…
Marie Josée Arel : Oui, je pourrais t’en envoyer une, certainement. Et puis je la montre cette photo-là en conférence et les gens font toujours « wow ! ». C’est un gros contraste avec la vie que j’ai maintenant mais… Il y a une journaliste de la presse au Québec qui disait « Marie Josée a plusieurs vies », et c’est un peu ça effectivement.
David : Et donc qu’est-ce qui se passe à 28 ans au fait ?
Marie Josée Arel : En fait, les trois dernières années où j’étais en communauté, il y a une nouvelle supérieure qui a été nommée. Et cette femme-là avait des idées très arrêtées, très austères, et tout à coup, tranquillement, pas vite en fait parce que ça s’est fait vraiment lentement, elle a installé sa nouvelle vision des choses qui ne concordaient pas…
David : Au niveau de la religion tu l’entends ?
Marie Josée Arel : Oui, puis c’est assez radical comme approche aussi, et ça ne concordait plus avec la vision que moi j’avais de Dieu à ce moment-là. Et aujourd’hui je l’explique, c’est très clair, mais au moment où je l’avais vécu, ça s’est fait tellement graduellement, tellement lentement, ça a été un long combat. Ça a été difficile pour moi d’identifier ce qui était en train de se passer. Moi je le compare toujours un peu à une vie de couple. Tu sais quand ça commence à aller mal, une vie de couple, on a de la difficulté à mettre le doigt sur à quel moment ça commençait à mal aller. Et puis tout à coup ça se détériore, ça se détériore… Et c’est un peu ce qui est arrivé pour moi. Et un matin, je n’allais pas bien, je n’allais pas bien physiquement, je n’allais pas bien moralement, et j’ai décidé d’en parler à un prêtre qui venait nous rendre visite régulièrement. Et lui m’a tout simplement dit : « Marie Josée, c’est ta conscience qui est en train de mourir ». Et à ce moment-là, j’ai revu toutes ces fois où cette femme, cette supérieure, exigeait des choses et qu’au fond de moi ça disait : « Non, ce n’est pas ça Dieu », et que je faisais taire cette voix-là au nom de ma promesse d’obéissance.
David : C’est super intéressant ce que tu dis parce que ce n’est pas simple d’arriver justement à se positionner entre je dois écouter, ne pas écouter… Et c’est un sacré conseil qu’il t’a donné ce prêtre…
Marie Josée Arel : Pour moi ça a été comme une révélation, et là j’ai vu que je ne pouvais pas continuer comme ça et que j’ai vraiment choisi de quitter… soit l’Effet Pop Corn tome 2, mais dans le tome 1 je raconte…
David : Je l’ai aussi en main là, pas loin… il est par là-bas…
Marie Josée Arel : Oui. Quand j’ai quitté la communauté, ça a pris un peu des allures de roman policier parce que je me suis enfuie. C’était un contexte qui était très fermé, ça n’a pas été facile de quitter.
David : Du coup, comment ça a été vécu, puisque là cette fois, ça a été un nouveau virage, mais d’un autre sens cette fois, donc du coup, comment les gens autour de toi l’ont vécu ? Les autres sœurs, les…
Marie Josée Arel : En fait j’ai été complètement rejetée de la communauté parce que quand un milieu devient très fermé, David, et pas seulement une communauté religieuse, que ce soit un milieu d’affaires, je pense même à une entreprise. Des gens qui font des – moi j’appelle ça des Power Trip – des trip de pouvoirs, il y en a partout. Il y en a dans les familles, il y en a dans les milieux de travail, il y en a dans les communautés religieuses.
David : Dès qu’on ferme !
Marie Josée Arel : Voilà. Quand ça devient fermé, eh bien à ce moment-là, toute personne qui peut être une menace pour venir ébranler on va dire l’autorité, la personne en place, on va la rejeter. Alors ce qui est arrivé c’est qu’on m’a complètement rejeté. Là, imagine j’ai 28 ans, j’atterris chez ma mère, je n’ai rien, je n’ai même pas un jean, tout ce que j’ai c’est mes effets personnels. Je perds l’endroit où je vis, je perds les gens avec qui je travaille, mes amis que je côtoie un peu au quotidien, qui sont devenus ma famille. Et je suis chez maman, je n’ai pas un sou, et je n’ai aucune idée de ce que je vais faire de ma vie. Je ne vais pas bien parce qu’on s’entend que je quitte une période difficile, donc je suis en période aussi on va dire de crise personnelle, de crise spirituelle…
David : Et j’imagine que ça remet beaucoup de choses en question…
Marie Josée Arel : Plein de choses. Et c’est comme si on t’enlevait toi, tous tes repères du jour au lendemain. Et c’est ça que j’ai vécu. Et c’est encore aujourd’hui, je dirais, le moment le plus difficile de ma vie. Et quand je vis des choses difficiles maintenant, tu sais je remets toujours en perspective, je me souviens de ce moment-là, qui était un moment très sombre, où il n’y avait pas d’avenir devant moi. Où il m’a fallu beaucoup de foi, et surtout que je m’appuie sur la foi des autres. Et que j’accepte de me laisser aider dans notre société de performance et de productivité, on a tellement de la difficulté à demander de l’aide…
David : Et recevoir de l’aide…
Marie Josée Arel: Exactement. Et une chose que cet événement m’a appris, c’est que j’avais besoin des autres. Et j’ai dû accepter de demander de l’aide et d’en recevoir à tous les niveaux. Et parce que j’ai été bien entourée, vraiment les autres jouent un rôle vraiment important dans une crise comme celle-là, je te dirais que ça m’a pris… j’ai été capable de me relever quand même rapidement…
David : Rapidement pour situer, ça donne quoi ?
Marie Josée Arel : On va parler de 6 mois. 6 mois où j’ai été capable après de commencer une vie normale. Mais je te dirais que ça m’a pris 2 ans à me remettre de ce que j’avais vécu.
David : Intérieurement oui…
Marie Josée Arel : Oui. Et l’une des choses les plus difficiles pour moi c’est que j’étais sortie de là, et imagine, j’avais décidé de donner ma vie à Dieu, pour moi c’était MA décision, et tout à coup il y avait un autre être humain qui avait interféré là-dedans. Elle, elle pensait que ce qu’elle faisait c’était bien, et en fait pour moi j’ai eu l’impression que ça me détruit, alors elle avait comme défait mon plan de vie. Et là c’est de revenir à l’intérieur de soi et de dire : « Qui suis-je et qu’est-ce que je vais faire de ma vie ? ».
David : Est-ce que ça remettait en question tes croyances religieuses ?
Marie Josée Arel : Enormément. Et ce qui s’est produit pour moi à ce moment-là, et là j’en parle dans mon autre livre – qui est un essai sur la spiritualité, Dieu s’en moque – j’ai compris l’importance de toujours remettre en question nos croyances. Alors pendant 6 ans, j’étais revenue dans ce bain chrétien catholique, j’avais à nouveau… Parce que c’est ça qu’on fait, nous les humains, on cimente Dieu dans des croyances, c’est ce qu’on fait. Et j’ai compris l’importance de…
David : Et qu’on répète aux autres, qu’on perdure.
Marie Josée Arel : Oui, voilà. Une croyance c’est une star. C’est quelque chose qui nous accompagne pendant un certain temps et il se peut très bien qu’un jour, un matin, nous n’en ayons plus besoin et on doit les laisser aller. Alors pendant ces deux années-là, j’ai fait un gros ménage dans mes croyances. Je me suis permis de tout remettre en question. Tout ce qu’on m’avait appris sur Dieu jusqu’à maintenant, je l’ai remis en question, et j’ai choisi d’écouter ma conscience. Parce que ce que j’ai compris, et ça c’était une règle que je dirais, que je m’étais faite à ce moment-là, à partir de là, je n’ai plus jamais laissé personne s’immiscer entre ma conscience et moi. Et j’ai commencé à écouter ce que ma conscience me disait, et ça m’a amené à redéfinir complètement ce qui était Dieu pour moi. Et on a cette liberté de repenser et de redéfinir ce qui est Dieu, peu importe le nom qu’on lui donne.
David : Est-ce qu’aujourd’hui tu te considères toujours catholique ?
Marie Josée Arel : Je ne sais pas ! (rires) Je ne suis plus pratiquante en fait, je ne vais plus à l’église, pourtant Jésus est quelqu’un de très présent dans ma vie. Cette rencontre que j’ai faite à l’âge de 22ans, c’est comme si c’était hier. C’est mon guide, c’est mon mentor, dont les messages, les enseignements continuent de m’accompagner. Et j’avais toutes les raisons du monde, David, pour en vouloir à la religion à ce moment-là, parce que j’ai été blessée par des gens très religieux. Mais c’est drôle, j’ai compris à ce moment-là que Dieu n’avait rien à voir dans ce que je venais de vivre, et qu’en fait Dieu et la religion sont deux choses très très très distinctes, et que la religion n’est pas un problème en soi, c’est ce que l’homme en fait. Donc moi je suis très sereine par rapport aux religions. Je n’ai pas de problème à ce que quelqu’un pratique une religion parce que j’ai vu aussi que pour beaucoup de gens, c’est une façon extraordinaire de vivre leur spiritualité, c’est ce qui fait d’eux de meilleurs êtres humains. Mais on pourrait appliquer la loi du 80/20 hein ! Pour 80% des gens, la religion est quelque chose de bénéfique, il y a toujours 20% de gens qui vont essayer de s’en servir pour avoir du pouvoir sur les autres, et c’est là que ça devient un problème.
David : C’est l’outil, comment il est utilisé.
Marie Josée: Voilà.
David : Et donc du coup là c’est un énorme virage, et comment ça se passe pour toi après en fait ?
Marie Josée : En fait j’ai dû revenir vraiment au centre de mon être et commencer à me poser des questions fondamentales sur moi. Qu’est-ce que j’aime ? Qui est Marie Josée ? Qu’est-ce que j’ai envie de faire de ma vie ? Des questions qu’on ne se pose pas tant que ça quand on est jeune. Parce que quand on est jeune, on a envie de faire plaisir aux autres. Puis je dirais, encore plus quand on est une femme. C’est dans la nature des femmes dans la vingtaine de vouloir faire plaisir à tout le monde. Et je ne sais pas si on s’arrête vraiment de savoir ce qu’on veut ou non. On veut souvent ce que les autres veulent pour nous. Moi, j’approchais de la trentaine à ce moment-là donc je dirais, c’est probablement aussi toutes les questions qu’on se pose à 30 ans.
David : Je veux des enfants…
Marie Josée : Oui, et puis ça c’était quelque chose pour moi, pendant un certain temps je me disais c’est correct, moi je peux vivre sans enfants. Mais un an après avoir quitté la communauté, j’ai rencontré mon amoureux, celui avec qui je vis maintenant depuis 12 ans.
David : Est-ce que c’était dur du coup de t’autoriser à être amoureuse ?
Marie Josée : Pas du tout. C’est l’importance quand on prend une décision, de le faire avec tout notre être et de le faire sans retour. En fait, ce qui a été mon plus grand cadeau à ce moment-là quand j’ai quitté la communauté, c’est que c’était tellement clair que ma place n’était plus là, que ma place n’était plus dans une communauté religieuse, que je n’ai jamais eu de regrets. Alors de m’ouvrir à de nouvelles expériences ou à ce que la vie avait à m’offrir, ça a été facile. Mais ce n’est pas évident. Parce que souvent on prend une décision dans notre vie, et il y a une dose de regrets qui nous accompagne. On fait des choix importants puis on dirait qu’il y a une partie de nous qui tend à douter des choix qu’on a faits. Et il faut apprendre à assumer pleinement les choix qu’on fait et à se souvenir qu’au moment où on a pris cette décision-là, c’était clair comme de l’eau de roche, on avait la paix au plus profond de nous.
David : Faire confiance dans les moments où on a pris les décisions en fait.
Marie Josée Arel : Exactement.
David : Même si on doute après.
Marie Josée Arel : Même si on doute après, revenir à cette intuition de départ qui était tellement clair en nous. Alors moi, je n’ai jamais eu de doutes après. Alors c’est devenu facile de m’ouvrir à autre chose et d’envisager ma vie différemment.
David : Whaou, quel virage ! Et ta famille du coup, comme ils ont réagi ? Ils étaient plutôt libérés ?
Marie Josée Arel : Les autres étaient libérés parce que la dernière année ils voyaient que je n’allais pas bien et que je n’étais pas heureuse. Alors ils étaient très contents que j’ai quitté et ils ont été là aussi pour me soutenir, vraiment – en fait depuis ce temps-là – mais très très présents dans les deux premières années. Alors je me suis refait une vie, j’ai commencé à travailler. Mon premier emploi, j’étais dans une école secondaire privée, j’étais animatrice de pastorale – maintenant on dit au Québec – animatrice de vie spirituelle et d’engagement communautaire. Puis en même temps comme j’avais des études en communication et en administration, le directeur de cette école privé m’a demandé de m’occuper des relations publiques de l’école. Alors tranquillement j’ai réintégré le monde…
David : Réel…
Marie Josée Arel : Vraiment, j’ai recommencé à vivre normalement, tout simplement. Ça s’est fait lentement, il y a eu vraiment…
David : Par exemple quand tu parlais du maquillage. Aujourd’hui par exemple tu as du maquillage, est-ce que c’était dur aussi par exemple de t’autoriser…
Marie Josée Arel : Non, mais je l’ai fait vraiment graduellement. Ça a été quelque chose qui a été très très graduel. Tu sais, j’avais une amie qui me disait à quel point c’était important que je me replonge dans la vie. Et dans une période difficile comme celle-là, surtout quand on est très spirituel – moi je sais que surement parmi les gens qui te regardent il y a de gens très spirituels et pour qui ça prend une grande place dans leur vie – moi je crois en l’équilibre, et c’est ça que j’ai compris parce que ma vie spirituelle occupait beaucoup de place. Et ce que j’ai compris au fil du temps c’est qu’on a 3 grandes dimensions. On pourrait extrapoler et dire qu’il y en a d’autres, mais résumons à trois grandes dimensions : le corps (donc la dimension physique), le mental (la dimension intellectuelle) et l’âme (la dimension spirituelle). Et trop de choses, c’est mauvais. Pas assez de dimensions c’est mauvais aussi. Il faut trouver vraiment un équilibre entre ces 3 dimensions. Je pense que le bonheur repose là-dessus. On ne peut pas nier notre dimension physique, on vit dans un monde où tout est physique, matériel et temporel. Alors moi j’ai appris ça. C’est ce qui s’est fait pour moi, ce cheminement de rééquilibrer ces 3 dimensions dans ma vie, tranquillement, et ça a été – comme je dis dans mes conférences – ce qui m’a sauvé la vie à ce moment-là, ça n’a pas été d’avoir la foi ou de croire en quelque chose, ça a été de revenir sur terre, de revenir les deux pieds sur terre et de me replonger…
David : Parce que toi tu étais plutôt montée très haut, et là tu es redescendue sur terre. Il y en a peut-être qui ont besoin de monter…
Marie Josée Arel : Voilà. C’est l’équilibre toujours. Alors pour moi revenir sur terre me replongeait dans l’action. C’est ce qui a été le plus salutaire pour moi. Recommencer à travailler, recommencer à voir mes amis. Et tu sais que c’est une bonne façon de savoir qui sont nos vrais amis quand on décide d’aller vivre 6 ans comme une religieuse…
David : Tu as fait du tri naturellement.
Marie Josée Arel : Ça se fait tout seul. Et après j’ai déménagé, j’ai suivi mon amoureux et là j’ai renoué avec la vendeuse en moi, parce que profondément je suis une femme d’affaires, je suis une vendeuse. Alors je me suis trouvé un travail dans le milieu…
David : Tu as reconnecté les trucs qui étaient en toi.
Marie Josée Arel : Exactement. Et nous avons eu un enfant. Ça, ça a été autre chose, ça a été une belle…
David : Est-ce que ça a été compliqué parce que le message de la vente peut être des fois contradictoire avec le message spirituel ? Entre le don, le don de soi… Et même par exemple pour moi, j’étais 10 jours en méditation du silence et les enseignements étaient : Prenez d’avantage le côté « tout gratuit » quelque part, dont le don de soi, et c’est sûr que ça me faisait poser des questions par rapport à l’entreprenariat où on est sur un échange de services (argent contre service). Comment tu te positionnes avec cette histoire de vente ?
Marie Josée Arel : En fait tout est toujours dans le fait de toujours revenir à dire que nous avons 3 dimensions et elles doivent vivre en équilibre. Ce n’est pas vrai qu’on peut vivre juste de dons. Pas quand tu as une famille, quand tu as un enfant à faire vivre, quand tu as une maison à payer. Alors moi je suis très en paix avec cette notion, pour moi l’argent n’entre pas en contradiction avec ma dimension spirituelle.
David : Super, c’est bien que tu dises ça ! Est-ce que tu peux le redire ? (rires)
Marie Josée Arel : Alors je le redis : l’argent n’entre pas en contradiction avec ma dimension spirituelle. L’argent, ça dépend comment je décide de m’en servir.
David : C’est de l’énergie en fait.
Marie Josée Arel : Voilà. Est-ce que l’argent est mon maître, ou si je suis moi maître de l’argent qu’il y a dans ma vie. Et je décide de m’en servir à bon escient. C’est-à-dire de m’en servir avec intégrité, de m’en servir avec honnêteté, de décider aussi de partager. Est-ce que je m’accroche à l’argent pour le garder pour moi. Alors c’est comment je l’utilise dans ma vie, comme n’importe quelle autre chose, David. On pourrait dire comme la sexualité, on vit dans un monde hyper sexualisé, où les gens ont l’impression qu’ils ne vivent que quand ils ont du sexe, ils se sentent vivants quand ils ont du sexe. Trop de choses c’est comme pas assez, il faut décider comment on va se servir de tout ça. Alors avoir une vie spirituelle, ça fait en sorte qu’on pose un autre regard sur toutes ces choses-là. Et moi je choisis de faire de mon entreprise – aujourd’hui j’ai une entreprise dans la vente de Tupperware – et ça fait 6 ans que j’ai une grande équipe de vente, j’ai une équipe qui vend pour plus d’un million de dollars par année de produits Tupperware, et pour moi ça n’a jamais… je ne me sens pas en contradiction avec toute la dimension spirituelle de ma personne. Il faut apprendre à le vivre. En fait quand on est spirituel, c’est qu’on choisit…
David : Alors du coup pour préciser, puisque même si c’est très connu, c’est un bon exemple connu, est-ce que du marketing de réseau ou ça y ressemble ?
Marie Josée Arel : Oui, c’est du marketing de réseau le Tupperware.
David : Donc sur un format où toute personne peut devenir ambassadeur de la marque c’est ça ? Pour préciser pour tout le monde. Et du coup toucher des commissions sur les ventes que tu fais et que les gens de ton équipe font.
Marie Josée Arel : Tout à fait. Exactement. Et ça c’est très mal vu, tu sais souvent les gens ici disent que c’est une pyramide et tout ça. En fait tout le monde fait de l’argent, c’est ça qui est le plus important. Mais aussi, moi j’ai choisi d’utiliser cette entreprise-là pour aider des femmes à améliorer leur vie. Parce que c’est ça à la base, Tupperware, puis en fait bien d’autres de ces entreprises dans le marketing de réseau. Quand tu vois une femme intégrer ton équipe, qui arrive, et qui a son estime personnelle à moins 10. Et quand tu la vois bâtir son entreprise, vivre des succès, et que tu vois l’estime d’elle-même qui monte qui monte qui monte, faire de l’argent et elle comprend qu’elle a du pouvoir sur sa vie en faisant plus d’argent. Elle a du pouvoir aussi sur sa vie familiale. Combien de femmes dans mon équipe dont Tupperware parce qu’elles paient les vacances, elles permettent à toute leur famille de partir en voyage une fois par année. Et ça, ça contribuer à améliorer la qualité de vie de ses femmes-là. Puis quand tu améliores la qualité de vie d’une femme et d’une maman, tu touches directement la qualité de vie de toute une famille. Tu touches aussi le potentiel des enfants.
David : C’est clair que les femmes, et encore plus les mamans ont un rôle énorme sur l’humanité.
Marie Josée Arel : C’est clair ! Et si comme maman, moi Tupperware m’a permis de prendre une très grande confiance en moi, qu’est-ce que je transmets à mon fils ? Je transmets cette confiance en moi à mon fils. Tu sais la spiritualité n’est en opposition avec rien. Et c’est ça, on pense qu’il y a une espèce de dualité, on vit dans un monde où l’on pense que tout est dualité. Mais la spiritualité c’est quelque chose qui s’intègre dans notre vie et qui nous permet de voir en nous, ce qui est plus grand que nous. De voir en l’autre, ce qui est plus grand que l’autre. De voir dans une situation X, ce qui est plus grand que la situation. Pour moi c’est ça la spiritualité.
David : J’aime beaucoup ta vision de ta spiritualité, comment tu la définis et l’explique. Et je me rends compte qu’il y aura peut-être des gens qui se posent la question… Puisque dans la vente, il va y avoir plusieurs écoles, on va dire où tu peux apprendre des techniques de communication, d’influence. Comment arriver vraiment à trouver le curseur – et même c’est une question personnelle aussi. Je vois bien que j’ai deux dimensions très développées en moi. Une dimension qui est très portée pour aider les autres – je parle de ce que je fais en ce moment… J’ai une dimension aussi très entrepreneuriale où j’adore l’entreprenariat, la stratégie, le marketing, la vente, le côté communication. Et comment poser ce curseur où des fois, ça m’arrive je le sais, où j’ai été peut-être au-delà de mon système de valeurs. Comment arriver à trouver son curseur en disant : là je ne suis pas respecté, là je ne respecte pas l’autre, là je me respecte pas, là c’est super… Comment tu t’y prends, ou alors comment tu aides aussi les gens de ton équipe à s’y…
Marie Josée Arel : Oui c’est difficile. En fait moi je l’ai su tout de suite parce que je pars de mon équilibre intérieur. On a tous une façon d’aborder l’entreprise. Je ne suis pas une femme de chiffres. Ça fait rire toutes mes collègues de travail parce que je suis toujours celle qui apprend « Ah oui ! J’ai vendu pour tant » « Ah oui ! J’ai tel résultat ». Je suis toujours surprise ! Ça c’est pour moi. Et j’ai compris que quand je m’intéresse aux chiffres, je n’ai plus de plaisir et j’ai de la pression car je commence à faire des analyses et tout ça. Parce que ma personnalité à moi est très instinctive et ma plus grande force c’est d’entrer en relation avec les gens. Alors ce sur quoi je dois mettre le focus, c’est de continuer à garder ce plaisir d’entrer en relation avec les gens. Alors je pense qu’il faut accepter à la base notre nature. Ne pas essayer d’être quelqu’un d’autre. J’ai des collègues qui sont beaucoup plus analytiques, elles analysent leur stratégie, leurs chiffres et tout ça, et ça leur réussit parce qu’elles sont comme ça. Par contre elles apprennent de moi comment entrer en relation avec d’autres, et moi j’apprends d’elles parfois certaines analyses qui vont me permettre de pouvoir justement faire grandir mon entreprise. Alors à la base, je pense qu’il faut se connaître et miser sur nos forces. Et quand on n’est plus justement connecté à ce qu’on est profondément dans notre personnalité…
David : On se trompe d’objectif.
Marie Josée Arel : Voilà. Et puis là on parle de devenir déséquilibré, on devient obsédé par quelque chose.
David : Pareil, par rapport à ce métier qui est un métier de services et des fois effectivement de vente, j’ai pas mal de femmes dans mon audience donc qui me suivent, et qui sont des fois dans le marketing de réseau, et c’est vrai que j’ai remarqué qu’il y a beaucoup de femmes qui, une fois que je les ai aidées sur la dimension de confiance, qui deviennent vite à l’aise à créer du lien. Et souvent il y a un truc qui remonte c’est qu’elles ont créé plein de liens mais par contre au moment où il faut signer ou payer…
Marie Josée Arel : On dit « closer »
David : « Closer » comme disent les américains, là tout à coup tout part. C’est-à-dire qu’elles ont créé plein de petites relations, il y a cette forme de peur ou de charge, de « Non, ça ne se fait pas », « Ce n’est pas bien », la culpabilité qui commence à monter et forcément quand il y a la culpabilité, il n’y a pas grand-chose qui se passe…
Marie Josée Arel : C’est tellement féminin comme comportement ! Moi, avec mon équipe de vente ce que je leur explique…
David : Ça te parle alors ! J’ai observé ça.
Marie Josée Arel : Très certainement ça me parle. Peu importe ce qu’on choisit de vendre, il faut y croire à la base. Je vends les produits Tupperware. Je ne t’énumèrerais pas toutes les raisons pour lesquelles je vends ce produit-là mais j’y crois. J’y crois parce que je pense que ça a vraiment un impact dans le budget familial d’une famille, d’avoir un bon système de conservation des aliments. Alors je suis convaincue que je rends service à mes clients. Et j’y crois profondément parce que je l’expérimente moi-même et je vois la différence dans mon budget d’épicerie à chaque mois. Alors je suis convaincue, et c’est cette confiance qu’il ne faut pas perdre quand arrive le temps de « closer », c’est de dire : « Je suis convaincue que je te rends service ». Et c’est pour ça que j’arrive à « closer » à la fin. Et ça, ça va bien se faire parce qu’il faut se dire une chose : les gens vont consommer de toute façon, les gens vont consommes des produits, c’est comme ça. Par exemple, moi si je ne vends pas mon produit Tupperware, qu’ils vont vraiment avoir toute leur vie, qui ont vraiment un impact parce que tu vas garder, exemple, ton céleri pendant un mois, David, alors même quand tu pars en voyage, tu reviens, ton céleri est encore bon dans ton plat Tupperware, n’est-ce pas fantastique ? (rires)
Alors quand on a cette confiance en notre produit – moi je sais que la cliente, si elle n’achète pas ce plat-là, elle va en acheter un autre qui n’a pas du tout la même qualité et qu’elle va probablement s’en servir pendant quelques mois et qu’après elle va le mettre au recyclage – alors moi j’ai cette confiance en mon produit. C’est très difficile de « closer », de fermer une vente si on ne croit pas profondément à ce que l’on fait.
David : Ça c’est clair !
Marie Josée Arel : Et puis il faut garder en tête que de toute façon, les gens vont acheter, s’ils n’achètent pas ton service, ils vont acheter un autre service. S’ils n’achètent pas ton produit, ils vont acheter un autre produit. Alors l’important c’est ce que l’on vend, on doit y croire. Moi j’ai trois livres, je crois en mes livres profondément. Et je crois aux messages qu’il y a dans mes livres et je n’ai pas de problème à les vendre à quelqu’un et de dire à quelqu’un « Fais-moi confiance ».
David : C’est marrant ce que tu dis parce que les gens me demandent souvent de rentrer dans les marketings de réseau et souvent mon problème, ce n’est pas de croire que je ne peux pas y arriver, alors je suis à une certitude à 1000% que je pourrais réussir dans le marketing de réseau, et je dis, voilà, pour l’instant, c’est vrai que si on faisait du marketing de réseau sur mes produits, là je serais très bon puisqu’instinctivement j’y crois tellement au fait qu’on peut aider les gens etc. et ça ne m’étonne pas que tes livres ce soit la même chose. Donc ça c’est un truc important, bien valider est-ce que le service, le produit me parle, me touche, est-ce que je l’ai testé moi-même…
Marie Josée Arel : Voilà. Donc il y a une démarche d’intégrité. Moi je ne serai pas capable de vendre quelque chose en quoi je ne crois pas. J’ai été approchée aussi par d’autres, tu sais quand tu réussis dans un marketing de réseau, les gens dans le marketing de réseau veulent te recruter, mais il n’y a rien qui colle à moi. Alors il faut toujours la démarche d’intégrité et se rappeler que nous vivons dans un monde matériel, dans un monde où les gens vont consommer de toute façon…
David : Est-ce que ce n’est ouvert qu’aux femmes, parce qu’il y a quand même beaucoup de femmes ou il y a des hommes ?
Marie Josée Arel : Il y a quelques hommes. Nous au Québec en tout cas on a quelques hommes, de plus en plus d’ailleurs parce que les hommes quand même cuisinent beaucoup au Québec.
David : Donc c’est un nouveau marché qui va s’ouvrir avec… (rires)
Marie Josée Arel : Oui, oui.
David : Alors du coup, moi je pense que les gens qui nous suivent ne sont pas déjà beaucoup surpris par ton parcours alors pour en rajouter une couche, il y a eu une histoire avec Secret Story, qui est quand même une émission assez connue en France, alors qu’est-ce qui s’est passé, qu’est-ce que c’est ?
Marie Josée Arel : Ça c’est tellement drôle. Tu sais comment la vie fait les choses…
David : Tu t’es dit : ce n’est pas assez surprenant ma vie, je vais rajouter un peu de piquant…
Marie Josée Arel : Oui Secret Story… voilà. Tu sais, l’Effet Popcorn les textes je les ai écrit avec une grande…
David : Il était sorti déjà ?
Marie Josée Arel : Il n’était pas sorti à ce moment-là. En fait ce livre-là, il n’est pas écrit que par moi, il est écrit aussi avec ma grande amie Julie Vincelette. On est deux auteurs et on a commencé en écrivant ces histoires-là sur un blog qui s’appelait « En amour avec la vie ». Et on a toutes les deux à ce moment-là, on va dire, il y a 4 ou 5 ans, le rêve de devenir auteur et d’écrire des livres. Mais on ne sait pas comment s’y prendre puis on se dit : on va écrire sur un blog pour pratiquer. C’est un peu ça.
David : Ça va être un bon conseil.
Marie Josée Arel : Voilà. Passer à l’action. Tu sais dans la vie on a un rêve, moi je crois profondément qu’il faut un jour passer à l’action et si on ne fait rien, il ne se passe rien.
David : J’aurais du mal à ne pas être d’accord !
Marie Josée Arel : Voilà ! Et à un moment donné je publie sur ce blog mon histoire d’ex-religieuse. Et il y a une recherchiste de l’émission Secret Story en France qui a trouvé ça. Et ils m’ont contacté parce que ça faisait longtemps qu’ils recherchaient ce genre de casting pour l’émission, une ex-religieuse…
David : Et ce n’est pas souvent…
Marie Josée Arel : Oui et puis une ex-religieuse qui n’a plus l’air d’une ex-religieuse aujourd’hui parce qu’on se rappelle que le principe de la Maison des Secrets c’est que tu as un secret et que les autres vont essayer de le découvrir…
David : Et c’est vrai que toi, ce n’était pas facile…
Marie Josée Arel : C’est ce qu’on me dit. Sur le coup, j’ai vraiment refusé parce que je trouvais ça trop drôle puis en même temps, quelques semaines avant, j’avais dit à Dieu, à l’univers, à la vie, peu importe le nom, il faut vraiment qu’il se passe quelque chose avec ce blog-là, avec nos écrits. J’en demande quelque chose de beau qui s’ouvre à nous et tout ça. Mais les choses ne se passent jamais comme on pense dans la vie. La dernière chose que je m’attendais à recevoir c’était une invitation à participer à une télé-réalité.
David : En France en plus !
Marie Josée Arel : En France ! Que je ne connaissais pas, Secret Story… Et là j’essayais de voir des extraits au Québec, je n’étais pas capable d’en voir. Ils m’ont appelé 3 fois, ils ont été très insistants. Et là, il faut que tu imagines, je suis une mère de famille, j’ai une entreprise, j’ai une position, j’ai un statut social, et est-ce que je vais aller faire une « superficielle » télé-réalité en France ? Moi qui ai déjà été religieuse, tu comprends, il y a tout ça qui se joue et vraiment, c’est une drôle de situation.
David : Oui, j’imagine que même là si on me contactait, ce ne serait vraiment pas simple de me positionner…
Marie Josée Arel : Eh bien par rapport à ça ! Et finalement, je décide d’y aller. Parce qu’ils sont tellement insistants, et je me dis, en fait c’est peut-être ça. C’est peut-être ça la situation qui va m’amener ailleurs…
David : Et à la limite, tu étais libre d’arrêter quoi.
Marie Josée Arel : Voilà. J’avais une grande liberté de pouvoir partir justement quand je voulais, et j’ai décidé d’aller faire la télé-réalité en me disant aussi que les télé-réalités on ne pourra pas les éviter. Ils vont toujours faire partie de notre décor télévisuel.
David : Et de plus en plus.
Marie Josée Arel : De plus en plus. Est-ce que c’est possible pour moi, qui suis une personne spirituelle, d’apporter mon message dans une télé-réalité.
David : Super !
Marie Josée Arel : Je l’ai vraiment vu comme ça, j’ai choisi de le percevoir comme ça.
David : Est-ce que ce ne serait pas une occasion finalement de changer les choses, quelque part…
Marie Josée Arel : Quelque part, je crois que c’est ça. On est quand même, tu sais, une goutte d’eau dans l’océan. Et comme je suis une personne qui aime vivre quand même des expériences, je pense que tu l’auras compris, je me suis dit, tiens…
David : Je n’en étais pas sûr, mais…
Marie Josée Arel : Tu n’en étais pas certain… Une autre expérience humaine qui pouvait aussi favoriser quand même l’écriture. Quand on écrit, il faut vivre des expériences. Alors j’ai décidé d’aller faire Secret Story en France, c’était en été 2011. Et j’ai vécu, David, une expérience extraordinaire ! Je ne m’attendais pas à ça, j’ai rencontré un groupe de jeunes fabuleux. Et je suis tombée en amour avec la jeunesse. Ils m’ont fait un bien immense parce que de côtoyer un groupe de jeunes, de 18 à 25 ans, pendant une semaine…
David : Oui, ils sont tous jeunes en plus !
Marie Josée Arel : Ils sont tous jeunes. Pendant une semaine où là tu es vraiment enfermé, tu vis en ermitage quasiment avec ces gens-là, ils m’ont rappelé à quel point quand on vieillit on se prend au sérieux ! Ils m’ont rappelé que je prenais la vie trop au sérieux, qu’il fallait que je retrouve un peu cette insouciance…
David : Ils te l’ont dit ou tu l’as vu ?
Marie Josée Arel : Moi, je l’ai vu à leur contact ! Ils ne me l’ont pas dit mais je le voyais à leur contact. De retrouver cette espèce d’insouciance, quand on est jeune il y a comme une confiance naturelle par rapport à la vie qui est là, de retrouver ça. Et je dis toujours qu’ils ont été une fontaine de jouvence pour moi, ils m’ont fait du bien…
David : Est-ce que tu avais tendance des fois à les critiquer intérieurement, à les juger…
Marie Josée Arel : Non, pas du tout. Non, puis en fait je suis devenue leur maman. C’est ce qui s’est passé. C’est comme si en quelques jours, ils venaient se confier à moi, ils me parlaient…
David : Tu avais quel âge ?
Marie Josée Arel : J’avais 38 ans. Alors je suis devenue comme la grande sœur, la maman de la maison. Puis là c’est un contexte qui ne m’était pas totalement inconnu. J’ai déjà vécu en communauté religieuse, c’est-à-dire que je sais ce qui m’attend…
David : Ah, quelque part le côté enfermé, finalement, tu étais la mieux préparée de tous !
Marie Josée Arel : Probablement. Alors les autres, il y a quelque chose qui vient les fragiliser au début…
David : Ah oui, et est-ce que la caméra, ça te perturbait ?
Marie Josée Arel : J’y pensais toujours. Ça ne me perturbait pas mais j’étais consciente qu’il y avait des caméras tout le temps, et les jeunes, c’était drôle…
David : Ils oubliaient…
Marie Josée Arel : Après 24 heures c’était fini. Ils avaient complètement oublié les caméras. Mais moi j’en restais consciente quand même toujours.
David : Et du coup ils avaient des comportements qui…
Marie Josée Arel : Et bien leur comportement naturel et j’ai eu beaucoup de plaisir. Et quand j’ai quitté, j’ai décidé de partir après 8 jours parce que c’était plus difficile que ne le pensais de me retrouver à ne rien faire, moi qui suis une personne tellement active. Ne rien faire premièrement, cet état-là je l’ai trouvé très difficile. Et mon fils me manquait beaucoup, alors j’ai vraiment décidé de quitter après 8 jours. Et j’ai été tellement étonnée quand j’ai décidé de quitter. Les gens de la production m’ont dit : On n’a jamais vu le départ d’une candidate, un départ aussi touchant et aussi émouvant de toute l’histoire de Secret Story. Ils pleuraient tous, même les grands pleuraient. J’ai reçu de beaux témoignages de leur part. Et j’ai là j’ai vu qu’ils s’étaient beaucoup attachés à moi, peut-être parce que justement je ne les jugeais pas, puis que je leur parlais.
David : Oui, puisque c’est un contexte où le jugement est propice. Enfermés comme ça, avec la médiatisation en plus…
Marie Josée Arel : Oui. Et moi je suis quelqu’un qui croit profondément au potentiel de l’autre. Depuis que je suis petite c’est comme ça, je crois dans le potentiel de l’autre et aux possibilités de l’autre. Et je leur parlais comme ça, je leur parlais de leur potentiel, je leur parlais de leurs rêves. Et tu sais quoi David, je me suis rendue compte que les 15-25ans, c’est vraiment une génération oubliée. On ne leur parle pas suffisamment de leur avenir, de leur potentiel et de leurs possibilités. Et je pense que c’est une des raisons pour lesquelles ils se sont beaucoup attachés à moi.
David : Ecoute, ce que tu me dis, ça me parle. On a une fondation en France qu’on a créée qui s’appelle « Les Déclics » et qui a justement pour cible les 15-25 ans…
Marie Josée Arel : Whaou !
David : Et de rentrer dans les écoles, les lycées et les universités et partager justement le message que tu viens de dire c’est : « Vous avez un potentiel, vous pouvez croire en vos rêves et il est temps maintenant d’agir ». Donc oui, ça me touche ton histoire et je vois en plus beaucoup d’amour pour les gens et de non-jugement, et je trouve que c’est… même pour moi hein, qui honnêtement quand je vois des fois dans des émissions de télé-réalités comme ça beaucoup de jugement. Et ça me travaille parce qu’à côté de ça je travaille mon rapport à l’autre et d’amour, et j’ai des fois du mal à comprendre comment on peut se critiquer comme ça etc. Et merci en tout cas de ton authenticité…
Marie Josée Arel : C’est un plaisir !
David : Et donc oui, tu es sortie de ces 8 semaines et qu’est-ce que ça a apporté finalement ?
Marie Josée Arel : Ces 8 jours en fait…
David : Ah oui, pardon, 8 jours.
Marie Josée Arel : 8 semaines, je n’aurais pas été capable, oh non non non…
David : Ça dure combien de temps d’ailleurs au total ?
Marie Josée Arel : 10 semaines ! Incroyable ! Alors 8 jours c’était suffisant pour moi. Quand je suis revenue au Québec, ce qui s’est passé c’est que je suis allée faire…
David : J’étais en train de me dire mais, les gens autour de toi, ta famille doivent se dire : elle est la pro des… Ils commencent à s’habituer, ils ont développé la…
Marie Josée Arel : Tu sais David, si tu rencontrais ma famille, tu comprendrais parce qu’on est tous spéciaux un peu…
David : Tu sais que c’est rare que je pense à ça mais, là je me suis dit : Tiens, j’aimerais bien interviewer son père…
Marie Josée Arel : Mon père, écoute, se fera un plaisir fou à être interviewé, vraiment. Et c’est un homme qui a encore aujourd’hui toujours travaillé sur des projets inusités, des entreprises inusitées. Et ça fait 14 ans qu’il travaille à développer un moteur à énergie libre…
David : Ah et bien je veux le rencontrer alors !
Marie Josée Arel : Il faut absolument que tu le rencontres ! Vraiment. Il est fascinant.
David : Surtout qu’il y a quand même pas mal d’interdictions, de trucs compliqués par rapport à… J’aimerais bien voir comment il s’y prend.
Marie Josée Arel : Il possède un nombre de brevets incroyables. Tout ça pour dire que je viens d’une famille où j’ai eu l’autorisation par mon père, par mes parents… Mon père est un homme qui est sorti des sentiers battus tout jeune. Il m’a permis, m’a donné la permission de faire la même chose.
David : Il incarnait ce truc-là quoi.
Marie Josée Arel : Oui, exactement. Alors ce qui est arrivé c’est que quand j’ai quitté Secret Story j’ai été invité à faire deux plateaux télé au Québec et je disais ouvertement qu’on cherchait un éditeur pour nos livres, pour nos écrits et quelqu’un s’est manifesté. Alors ça nous a conduits… En fait j’ai quitté la télé-réalité, je l’ai fait l’été 2011 puis en mars 2012, notre livre L’Effet Popcorn était sur les tablettes.
David : Donc tu as eu exactement ce qu’il te fallait.
Marie Josée Arel : Voilà. Et c’est ça qui est fantastique quand on accepte aussi de prendre des risques et de sortir des chemins conventionnels. Et là ça m’a vraiment donné la piqure. Pour moi et pour mon amie Julie aussi c’était pour toutes les deux un très grand accomplissement de dire : on y est arrivées, on a écrit un livre ! On a un livre qui se vend. Et c’était comme un rêve, moi ça fait 10 ans que j’en rêvais. Et j’ai compris à ce moment-là que tout était possible. Tu sais, tout était possible c’est quelque chose qu’on peut savoir avec notre tête, jusqu’à ce qu’on expérimente…
David : Quelque chose qu’on pensait impossible qui devient possible.
Marie Josée Arel : Voilà. Et là moi j’ai compris que tout était possible. Et que si j’étais prête à travailler, parce qu’on s’entend, il faut quand même de la détermination, du travail, l’intégrité, un regard sur soi, si j’étais prête à ça, je peux réaliser n’importe lequel de mes rêves. Et ça m’a conduit à écrire mon livre sur la spiritualité qui était LE livre que je rêvais d’écrire depuis longtemps. Et ça aussi ça s’est fait… je l’ai écrit en 4 mois et à partir du moment où j’ai fini de l’écrire, je l’ai présenté à des maisons d’édition. Trois se sont manifestés, et 6 mois après avoir fini l’écriture, mon livre était en vente dans les librairies, qui est un processus très rapide parce que d’habitude c’est plus long que ça.
David : Oui c’est long hein… et je sais que c’est juste.
Marie Josée Arel : Alors trouver notre voie… Puis je te dis ça, je suis toujours à la recherche parce que j’ai compris que la dernière chose qu’il faut faire dans la vie c’est se mettre dans une case, dans une boîte et dire : « Ça y est, j’ai trouvé ».
David : Oui, je suis d’accord avec ça.
Marie Josée Arel : On doit toujours être appelé à sortir de cette case, à sortir de cette boite.
David : Je ne sais pas ce que tu en penses, j’aime bien dire des fois dans mes formations et de mes séminaires… qu’on me demande « Oui mais moi je ne trouve pas ma mission de vie »… Et en fait je dis : « Ecoutez, j’ai fait énormément d’interviews, et je pense honnêtement qu’aucune des personnes que j’ai interviewées n’a trouvé sa mission de vie ».
Marie Josée Arel : Ah, je suis d’accord avec toi !
David : Ils me regardent tous… « Mais comment ça David ? ». Et après je vais plus loin, je leur dis : « Je pense même que Martin Luther King n’avait pas trouvé ». Ils me disent : « Non, mais tu ne peux pas dire ça ». Je dis : « Je pense qu’il a un peu plus trouvé que les autres et qu’en fait, notre seul but c’est de trouver un peu plus qu’hier ». Et donc, qu’est-ce que tu penses de cette vision ?
Marie Josée Arel : Eh bien en fait c’est que je suis d’accord avec toi parce qu’on souhaite avoir une mission, et puis moi je pense qu’à certains égards je l’ai peut-être trouvé mais je pense aussi « pas tout à fait »… En fait que je suis toujours à la recherche…
David : C’est ça l’approche en fait ça.
Marie Josée Arel : Et mon questionnement de ces dernières années en fait c’est vraiment : « Avons-nous une mission ? ». Et moi c’est à ça que je m’intéresse dans mon approche, dans mon questionnement au niveau de la spiritualité parce que tu sais, l’idée de mission de vie c’est très spirituel, c’est un constat spirituel. C’est un constat qui vient de notre dimension spirituelle, c’est un désir qui vient de notre dimension spirituelle la mission de vie. Mais avoir une mission implique un plan. L’idée du plan est très populaire actuellement. On en parle tu sais « Le grand plan », « Le grand plan divin », « Le grand plan cosmique » ou le « Le grand plan » peu importe le qualificatif… Et moi je me disais, mais s’il y a un plan, où est notre liberté ? Où est la pleine liberté de l’homme ? Et s’il y a une mission, où est ma pleine liberté ? Alors mon questionnement il est là. Je ne dis pas que j’ai trouvé une réponse, mais je pense que nous faisons le plan. Nous faisons la mission au fur et à mesure des choix que nous faisons. Je crois qu’on a la responsabilité d’être heureux, c’est notre vocation ici-bas.
David : C’est peut-être ça notre seule mission.
Marie Josée Arel : Tout simplement. Et comment on est heureux ? On est heureux en connaissant nos rêves et en posant des actions vers nos rêves. Parce que nos rêves parlent de ce qu’on est profondément. On est heureux en connaissant nos priorités de vie aussi, David. Actuellement demande aux gens s’ils connaissent leur priorité de vie et tu vas voir que c’est très difficile.
David : Je me suis amusé à le demander dans la rue…
Marie Josée Arel : Les gens ne connaissent pas. Ils connaissent les priorités de la société, ils les connaissent…
David : D’Hollywood (rires).
Marie Josée Arel : Exactement ! Mais connaître nos 5 priorités de vie, moi c’est mon mentor à Tupperware qui m’a appris ça, Maria Meriano. Ça m’a pris 2 ans d’établir mes priorités de vie. Mais à partir du moment où ça a été clair, David, mes priorités de vie…
David : Tout s’ouvre.
Marie Josée Arel : Oui. Ecoute, c’est comme si j’étais devenue beaucoup plus productive en faisant moins de choses. Et en même temps il y a une paix intérieure aussi qui s’installe parce qu’on se couche le soir puis on se dit « Je vis selon ce qui est vraiment important pour moi ». Et l’autre clé, je pense aussi, pour être heureux c’est être capable de répondre à la question : « Si j’avais tout l’or du monde, si je n’étais pas obligé et de faire de l’argent, à quoi consacrerais-je mes journées ? ». Je pense que ça, ça nous met sur la piste…
David : Oui, j’aime beaucoup cette question… J’aimerais avoir ta vision d’un truc justement… Par exemple quand je prends la fondation, Les Déclics, pour aider les jeunes, c’est un truc qui me nourrit et je vois bien que ça me dépasse au point qu’il suffise que je parle à la petite sœur de Julie pour que j’aie des larmes aux yeux… Ou que je rentre dans une école et qu’il se passe un truc… Il y a beaucoup de gens qui me disent : « Mais pourquoi toi tu as trouvé ce truc-là ? ». Effectivement j’ai démarré sur une entreprise qui a plus pour cible des adultes qui ont plutôt entre 30 et 50 ans on va dire, les gens que j’ai en formation. Et il y a ce truc à côté que je n’arrive pas à expliquer, et je vois bien que quand je rencontre des gens qui ont trouvé ce type de truc-là, ils n’arrivent pas non plus à expliquer. Ça dépasse le mental et il y a un truc de… Selon toi comment on peut – c’est souvent une question qu’on me pose – comment on peut trouver ce truc-là ?
Marie Josée Arel : C’est un processus je pense. C’est un cheminement. Je crois qu’il faut commencer par se questionner. Quels sont mes rêves ? A quoi je consacrerais mes journées si j’avais tout l’or du monde ? Ça ce sont des questions essentielles…
David : A se poser, à se poser, à se poser…
Marie Josée Arel : Et réfléchir à ça. S’ouvrir aussi, je crois à la dimension spirituelle parce que… Pour moi tout ce qui relève de l’inspiration, parce que ce que tu as eu à travers ça, c’est une inspiration. Et pour moi, ce qui relève de l’inspiration relève de la dimension spirituelle de l’être humain. Donc il faut que, peut-être juste, accepter qu’on a cette dimension-là, réfléchir à cette dimension-là aussi. Comment on se positionne par rapport à ça. Parce que dès qu’on est dans l’idée qu’on est infini, qu’on a un potentiel infini, qu’on a des possibilités infinies, on est dans la dimension spirituelle quand on pense à ça, quand on adhère à ça. Donc s’ouvrir, et accepter que les choses aussi viennent à nous. On est tellement, je dirais, obsédé par créer les choses par nos actions, qu’on oublie qu’en fait souvent les grandes choses, ce n’est pas nous qui les avons provoquées, elles sont venues à nous. Les grandes choses qu’on accomplit dans notre vie, elles viennent à nous. Oui, on fait des actions, mais les grands mouvements, ça vient à nous. Tu sais Mère Teresa, j’aime beaucoup l’exemple de Mère Teresa. Quand elle a adhéré à sa première communauté religieuse, parce qu’avant de faire sa communauté à elle, elle était dans une communauté religieuse. Et je pense qu’elle n’avait aucune idée qu’elle allait créer un jour une communauté.
David : Je pense aussi, oui.
Marie Josée Arel : Et ça s’est présenté à elle. Puis elle a accepté d’entrer dans le mouvement.
David : Oui, elle ne s’est pas dit « Je veux faire ça ».
Marie Josée Arel : Oui, « Je vais créer une communauté, « Je veux faire ça »… C’est venu à elle.
David : Oui c’est comme Gandhi, il ne s’est pas dit « Je vais inspirer le monde sur plusieurs centaines d’années… »
Marie Josée Arel : C’est la même chose. Mais tu sais, notre société de performances et de productivité, et tous ces livres… Ils sont beaux ces livres-là, de comment se créer une vie. Mais on pourrait aussi écrire un livre « Comment laisser la vie venir à nous » ou « Comment laisser les choses venir à nous ». Il faut un équilibre entre les deux. Il faut, oui, de l’action, passer à l’action. Mais à un moment donné aussi, être capable de lâcher prise et de s’ouvrir à plus grand que moi.
David : A ce qui se passe. Cool !
Marie Josée Arel : C’est ma vision des choses.
David : Non mais j’aime bien ta vision et du coup, je vais te poser une question par rapport à ça. Tu as parlé justement de ce potentiel qu’ont les êtres humains, qu’ont les gens. Et il y deux types de personnes. Il y a des personnes qui ont un manque de confiance ou qui ont du mal à avoir ce potentiel-là, et même à accepter qu’elles l’ont. Et c’est vrai que je passe beaucoup de temps à aider ce genre de personnes. Et il y en a beaucoup d’autres types de personnes, peut-être un peu moins, qui sont certains qu’il y a un potentiel, mais presque ils ont peur de leur propre potentiel. C’est-à-dire qu’ils se disent : « Je vois ce que j’ai à faire, je sais que je peux le faire, mais presque ça me fait peur des conséquences de tout ce que je vais créer, si j’y vais en fait. » Et c’est une autre forme de peur en fait. C’est… Est-ce que tu aurais un message…
Marie Josée Arel : Eh ben si tu connais le texte de Marianne Williamson qui dit…
David : Si si si si…
Marie Josée Arel : « Notre peur la plus profonde n’est pas d’être inapte, notre peur la plus profonde est d’avoir un pouvoir extrêmement puissant ». Ça c’est notre peur la plus profonde. Alors je pense… Quand j’ai lu ce texte-là…
David : D’ailleurs Mandela l’a repris…
Marie Josée Arel : Mandela l’a repris dans un de ses discours. Moi quand j’ai lu ce texte-là j’ai compris ce qui m’habitait. Et j’utilise beaucoup la phrase « Laisser notre lumière briller ». Pour laisser notre lumière briller, il faut de petites actions. C’est que nous on s’imagine que tout à coup il faut changer de vie, du jour au lendemain. Ce n’est pas ça ! C’est juste de commencer à identifier un rêve, une activité, un projet qu’on a envie de faire depuis longtemps mais qu’on se trouve toutes sortes d’excuses pour ne pas le faire. Et de se dire ça suffit… Exemple, mettons dirait quelqu’un dirait : « Moi ça fait des années que je rêve de faire un voyage en Europe »… Eh bien commence à faire un plan d’action maintenant. Assieds-toi et commence par y arriver à faire ce voyage en Europe. Quand aimerais-tu partir, quel serait ton itinéraire… Ça prend de l’argent pour y aller, qu’est-ce que tu vas mettre en place dans ta vie pour aller chercher cet argent supplémentaire.
David : Mettre en place les premiers petits pas pour…
Marie Josée Arel : Et faire ces petits pas là, tout simplement.
David : Mmmh, j’adore ça…
Marie Josée Arel : Arrêtons de penser qu’il faut de grandes choses… non. Des petites choses et au fur et à mesure de toutes ces petites réalisations, eh bien on trouve le courage d’une plus grande réalisation. On trouve le courage, la force, la confiance…
David : Alors du coup peut-être qu’il y a une question qu’on pourrait se poser c’est « Qu’est-ce que je suis prêt à faire maintenant ? »
Marie Josée Arel : Ah ça c’est un fait, oui.
David : Alors du coup, puisque ça m’amène à une deuxième question dans le même genre. Une personne, imaginons qui sent qu’elle a ce potentiel et qui a une bonne créativité, une bonne inspiration, très connectée à la spiritualité, a plein d’idées. J’aimerais, par exemple, je ne sais pas, devenir auteur, conférencière, faire des formations, faire un tour du monde, faire une comédie musicale, faire un film… tous des trucs quand même, qui prennent du temps.
Marie Josée Arel : Oui, beaucoup.
David : Et comment savoir par quoi commencer ?
Marie Josée Arel : Bonne question ! (rires). Peut-être par le désir qui est le plus pressant. Moi j’ai commencé par le désir le plus pressant, c’était écrire un livre. Je sais qu’une grande partie de ce que j’ai à faire c’est donner des conférences parce que je suis une bonne communicatrice. Mais le désir le plus pressant pour moi était d’écrire un livre…
David : Oui voilà, la conférence c’est cool, mais le truc le plus stimulant c’était le livre…
Marie Josée Arel : C’était ça. Je devais mettre sur papier, particulièrement avec mon livre sur la spiritualité « Dieu s’en moque », je devais mettre sur papier tout ce qui était là, au fond de moi, qui était là depuis des années, ma réflexion sur la spiritualité. C’était mon besoin le plus pressant. Alors c’est comme ça que je l’ai fait, que je l’ai entrepris. Puis après je pense que… après ça il y a d’autres choses qui arrivent parce que tu le publies ce livre-là, il y a d’autres avenues qui s’offrent à toi…
David : Et on te propose des conférences, haha !
Marie Josée Arel : Alors là tu dis, Ok je vais aller faire une conférence, je vais en bâtir une, je vais aller vers ci… d’autres propositions qui entrent et… Pour moi en tout cas je regarde mon chemin d’avenir, j’ai toujours dit que Tupperware était une transition dans ma vie, c’est clair pour moi que c’est une transition. J’y trouve beaucoup de bonheur, j’y ai trouvé beaucoup d’accomplissement, mais je sais qu’avec mes livres c’est une autre carrière que je suis en train de me construire. Et puis des fois on a cette urgence d’aller dans cette prochaine carrière mais tout ce qu’on vit actuellement est nécessaire à cette prochaine carrière.
David : Ah, j’aime bien ça !
Marie Josée Arel  : Alors il faut accepter que les choses, des fois, prennent du temps.
David : Du coup pour le redire différemment, ce n’est pas qu’il ne se passe rien, mais c’est qu’en fait on est en préparation à la suite.
Marie JoséeArel : Oui.
David : Cool !
Marie Josée Arel : Puis on est impatient, David. On est dans une société où les gens ne sont plus patients. Il faut apprendre la patience. Parce que la patience fait partie de la sagesse aussi. Il faut apprendre que les choses prennent du temps et que ce temps-là, c’est un temps de formation, c’est un temps de gestation, c’est un temps qui nous prépare. Et puis moi, eh bien j’ai écrit « Dieu s’en moque » mais écoute, ma réflexion a tellement explosé depuis que j’ai écrit ce livre-là. Et c’est après que c’est devenu clair que «moi, j’ai envie de consacrer ma vie à quoi ?», je veux consacrer, en tout cas mes prochaines années, à essayer de comprendre la dimension spirituelle de l’être humain, quelles que soient les croyances de cet être humain.

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