1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (4,98/5 sur 438 votes)

Loading...

Vivre avec passion – Sophie Chiche

Vivre avec passion – Sophie Chiche

David Laroche : Alors démarrant cette nouvelle interview en français, on vient de le faire en anglais je trouve que l’anglais était toujours très intéressant toujours plus puissant je ne sais pas pourquoi, même si j’adore le français aussi. Donc Sophie, je vais te laisser te présenter rapidement même s’ils voient la vidéo en anglais aussi “je la sous-titrerai” rêve parce que c’était trop intéressant de la laisser qu’aux Américains et donc du coup on va parler d’un autre sujet, mais tu peux te représenter brièvement en français, ça sera super !

Sophie Chiche : Alors je m’appelle Sophie, je suis née en France et quand j’avais 25 ans je me suis installée au Los Angeles. Je suis entrepreneure dans le “sang”, mon père me raconte des histoires quand j’avais cinq ou six ans. J’étais vraiment incroyablement intéressé par faire avancer ce qui est dit humain, j’avais plein des idées de truc un peu simple quand j’étais à l’école où je jouais avec des petites filles et des idées vraiment comme quand je rentrais de l’école…il y a des gens qui n’ont deux cartables et il y a des gens qui ont deux cartables et moi je pense qu’on devrait prendre ceux qui ont deux cartables et partager parce que c’est un peu communiste de la façon de réfléchir, mais j’avais plein d’envie de prendre ce qui était, de le changer et le partager.

David Laroche : C’est le sens…

Sophie Chiche : Exactement,il y avait toujours ce désir de ne pas prendre les choses comme elles sont, mais de les questionner et de dire peut-être que c’est une bonne idée de “marcher sur les pieds”, mais je vais quand même demander si c’est pas une bonne idée de marcher sur la tête. Je prenais tout comme ça, je m’étais dans les deux sens et ce n’est pas facile d’être avec mes parents, d’être dans un environnement avec les parents.

David Laroche : Et avec les professeurs aussi peut-être?

Sophie Chiche : Ouais avec mes profs aussi, j’étais très curieuse, à l’époque, je pense que j’étais moins diplomate peut-être que je suis devenu ….

David Laroche : Et moins de sagesse?

Sophie Chiche : Un peu moins de sagesse, pourtant mon prénom est Sophie et donc ma sagesse j’aurai apparemment je l’aurai au tout début, mais j’étais virulente, j’avais de voix et j’ai des opinions et … Par tout et en fait je me rends compte que quand tu abordes le sujet avec trop d’intensité tu perds l’intérêt des gens. Les gens ont besoin de se défendre parce que tu les attaques surtout en France et je pense que je n’ai jamais senti à ma place en France et c’est pour cela que j’avais trop une grande gueule ou trop de cheveux, trop de poids, trop de tailles, trop d’idées. Je ne sais pas, j’étais toujours un peu, je ne sentais pas à ma taille tu vois symboliquement et physiquement et quand je me suis installée aux États-Unis à l’origine,

David Laroche : C’était le bon endroit?

Sophie Chiche : C’était vraiment le bon endroit parce qu’ici tout le monde parle de même couleur et … qui viennent d’autre truc, il y a des parents qui viennent d’ailleurs. Tu peux sortir dans la rue et tu ne sentais jamais bizarre parce qu’il y a plus bizarre que toi, plus différent que toi.

David Laroche : Il y a une forme d’acceptation générale en fait.

Sophie Chiche : Ouais ouais, et j’ai souvent cette sensation que quand je suis à Paris je sors dans la rue et il faut que j’allume la machine et que je parte un peu au combat. Et quand je suis à Los Angeles, j’ai beaucoup plus cette sensation que, quel que soit l’état dans lequel je suis si je vais dans la rue il va se passer quelque chose qui va m’élever : quelqu’un va être sympa, quelqu’un va m’aider à trouver mon chemin, quelqu’un va porter mon truc au magasin. Il y a plus de gentillesse et quand je pense que quand toi tu as un peu t’es pas au milieu de ta forme, tu vois ça te met des ailes un peu que je ressens moins à Paris.

David Laroche : D’accord, et aujourd’hui, il faut préciser on est à Los Angeles.

Sophie Chiche : Oui, c’est là que je vis.

David Laroche : du coup aujourd’hui, donc t’es entrepreneuse? je me suis dit entrepreneuse, entrepreneur en tout cas (j’entreprends). Tu entreprends. Tu entreprends des choses qui ont du sens avec le désir que tu avais enfant, de partager rapidement. Ton site internet c’est…

Sophie Chiche : mon site internet s’appelle Life By me, c’est en anglais, mais si tu vas dans google chrome ça traduit toutes les pages. Donc ça, c’est assez facile.

David Laroche : Donc ça motivera les gens à apprendre l’anglais?

Sophie Chiche : C’est une bonne idée. Et donc là, l’idée c’est vraiment d’aider les gens à avoir des conversations avec un peu plus de profondeur, un peu plus de gravitas parce que je me disais beaucoup à l’époque que quand tu rencontres quelqu’un pour la première fois, tu es un peu dans le truc : où est-ce que tu vas en vacances ?

David Laroche : C’est superficiel quoi.

Sophie Chiche : Et moi ça peut se faire en une minute 25 quoi, au bout de 1min 25 je m’éteins …

David Laroche : Tu t’es chronométré? Et après tu as remarqué qu’après c’est un …

Sophie Chiche : Oui vraiment une trente qui était un pauvre Michelin tout dégonflé. J’ai vraiment beaucoup plus de plaisir à, d’ailleurs un jour j’ai dîné avec un potentiel amoureux et qui pendant une heure et demie m’a parlait de vacances et du temps qui faisait, et de comment la plage, le sable et machin, mais au bout d’une heure et demie c’est le temps d’aller faire pipi et je lui ai dit je ne sais pas quand tu reviens, tu as dix minutes pour me dire un truc intéressant, un truc qui vient de toi, le mec il était vraiment …

David Laroche :Et donc il est resté trente minutes aux toilettes.

Sophie Chiche : Je ne l’ai jamais revu, il est parti par la fenêtre. Non il est revenu et il a commencé à parler d’un truc très super émouvant, super important pour lui qui était vachement présent en fait et lui même on est sorti dîner en disant, mais peut-être on ne va pas vivre ensemble, mais il y avait ce côté, on était allé ensemble dans un truc qui était plus profond, plus authentique, qui demandait plus de révélations de soi même tu vois qui … maintenant quand j’ai découvert ça c’est comme tu me disais tu vas pas manger des cailloux toute ta vie, et après tu manges un plat le plus extraordinaire dans un restaurant et tu me dis qu’il ne faut pas manger des cailloux. Non faut pas manger de cailloux, je vais manger des trucs délicieux tu vois quand j’ai des conversations avec les gens où il y a une vraie curiosité tu vois, une vraie envie quand je découvre qui tu es et que toi tu découvres qui je suis et qu’au milieu de ça on découvre un truc encore intéressant qui n’existait pas avant qu’on se rencontre c’est tellement intéressant je ne peux pas manger des cailloux quoi !

David Laroche : donc ton site c’est un mélange de plein de petits mets avec différentes personnes qu’ils sont le plus profond plus profond. Et du coup, j’ai envie de rajouter une question avant que celle que j’avais en tête au début en français, ce soit, alors il y a un truc assez bleufond pour moi quand je viens aux États-Unis, c’est la faculté que les Américains ont à créer des contacts, à créer des liens, à entrer des liens. Et le truc qui m’a étonné lorsque je t’ai rencontré tout à l’heure physiquement je me dis : tiens c’est une Américaine, mais il y a du français dedans, il y a un mélange un truc sympa, du coup je vais te poser cette question en français : ce serait quoi, parce que tu te connectes avec des gens vraiment intéressants, qu’est-ce qui fait que tu te connectes avec les gens? Comment ou quelles sont les recettes de Sophie pour rentrer en contact avec les gens?

Sophie Chiche : Écoutes, je crois que la première chose c’est que j’ai cette intention. J’ai une intention quand je démarre une conversation ou quand je mène une rencontre fugitive tu vois, j’ai une vraie intention de connecter, c’est un vrai désir pour moi, donc à partir du moment où j’ai cet intérêt, c’est comme si tu disais quelqu’un qu’on est très intéressé par sa voix, d’où viens les gens? Ben c’est la première question qui se pose c’est de quel pays tu viens? Ben moi ce qui m’intéresse c’est où est-ce qu’on va . Oui, et d’ailleurs ce weekend j’étais avec quelqu’un qui est très extraordinaire qui fait des négociations dans le monde entier qui s’appelle Bilieri et il disait que le grand succès de cette négociation vient du fait que quand il aborde la première chose lors d’une négociation c’est qu’il cherche même si c’est la taille d’une petite pièce de vingt centimes. Il cherche à avoir qu’est ce qu’on a en commun. Qu’est-ce qui t’intéresse et qu’est-ce qui m’intéresse qui fait tout à coup là on est sur la même pièce. Bien sûr c’est la taille de la pièce ça peut-être toute petite. Tous les deux on s’intéresse à l’éducation et on se rend compte qu’en exploitant l’éducation, que tout à coup on a tous ces autres trucs qui nous intéressent et donc je cherche ça. Quand je rencontre quelqu’un, j’ai une espèce de, comme si j’étais un petit lapin tu vois et je vais dans le champ et je cherche le pissenlit, je le cherche, je le cherche et je le trouve parce que les gens sont vachement touchés que quelqu’un soit aussi intéressé, comme la curiosité. La Curiosité est un truc qui m’allume totalement.

David Laroche : De tourner avec (08:10) … Robinson

Sophie Chiche : Mais oui, bien sûr, parce que tu, et personnellement, oui ce qui m’intéresse c’est de rencontrer des gens qui s’intéresse à eux-mêmes et n’est pas dans le sens de narcissique, mais dans le sens de c’est qui cet animal? Qui est cette nana et qu’est-ce qu’elle veut ? Qu’est-ce qui lui fait peur ? Quand elle a peur, qu’est ce qu’elle fait? Quand elle fait flipper par quelque chose, qu’est-ce qu’elle fait pour dépasser son flip? Tu vois donc? Moi ce qui m’intéresse c’est de rencontrer des gens qui sont dans cette conversation, qui sont dans cet intérêt d’eux-mêmes et du coup quand tu t’intéresses à toi-même, tu connais l’autre. Moi je connais beaucoup mieux les autres maintenant que je connais cet animal et comment il fonctionne tu vois? Donc c’est ça le truc qui m’intéresse le plus.

David Laroche : En fait, t’as donné un super truc. Tu t’intéresses à la personne, tu as la curiosité et tu vas chercher un peu ces points communs. Du coup, j’aimerais entrer dans le détail là-dessus parce que tu vois dans mes formations je vais leur dire voilà chercher le point commun, trouver le point commun qui est entre la personne et vous. Et c’est marrant de le faire car c’est un peu maladroit c’est-à-dire ils savent, mais ils ont du mal à poser la question et du coup la personne lui dit, mais je l’ai fait et l’autre me dit c’est quoi? c’est un questionnaire? C’est une interrogation ? Et c’est vrai que du coup ça intéresse au point de façon fluide à la personne. Je veux savoir comment et qu’est-ce qui fait que c’est naturel , qu’est-ce qui fait que ça parait naturel ou comment une personne pour qui, aujourd’hui, ça ne l’est pas peut arriver à développer ça?

Sophie Chiche : Très intéressant. Ah mmm, je dirai que t’as posé beaucoup de questions? Je crois que fondamentalement pour moi c’est que j’ai un vrai amour pour les gens, j’ai vraiment une espèce de tendresse pour l’humanité où les gens me touchent vraiment et je suis très facilement ému par quelqu’un d’autre. Et donc, comme j’ai accès si tu veux à cette compassion dont j’ai accès à cette empathie, quand je suis en présence de quelqu’un je ne dis pas : bon aller je vais apprendre qui ils sont, quand je suis dans un truc je suis beaucoup plus dans une énergie de chercher ce qui est mieux chez lui et de lui laisser voir ce qui est en lui chez moi. J’ouvre cette porte plus facilement parce que je pense que les gens dont tu parles là qui sont un peu maladroit, d’autres qui répondent là c’est quoi cet interrogatoire tu vois c’est pas, on apprend à faire ça, c’est le contraire, je crois qu’on a appris à faire ça pour se protéger. Je pense que tu prends les enfants dans les jardins, ils ne se posent pas la question : est-ce que je vais jouer aux potes là-bas, je ne les connais pas, il est d’une autre couleur. Ils s’en foutent parce qu’ils veulent jouer, ils veulent mettre un paquet de sable et c’est ça qui est intéressant tu vois je pense que c’est intéressant qu’en grandissant qu’on s’inquiète qu’on commence à être vigilant tu vois quand on nous a dit qu’il ne faut pas parler avec les gens qu’on ne connaissait pas tu vois il y a toute une espèce de lourdeurs sociales un peu qui nous force à sortir de notre règle naturelle. Justement naturellement un enfant a envie de jouer avec l’enfant à côté et peu importe son statut social ou sa couleur ou son appartenance politique tu vois. Ce serait sympa qu’on obtienne ça, qu’on vienne avec l’intelligence peut-être avec une intellectualisation qu’on a en grandissant, on ne va pas se mettre tout un pâté de sabre, mais ça pourrait être sympa, mais je pense que cette idée de revenir à …
C’est peut-être ce que j’aime tellement dans ma boite actuelle comme j’aide les gens à en parler, mais j’aime cette idée d’aider les gens à transpirer, parce qu’il y a la même façon qu’on coupe le doigt et moi je coupe le mien et on n’est pas née dans le même village, on n’a pas le même âge. Si un mec était là et un chinois était là et aussi un sénégalais, une fois que tu ouvres c’est tout de la même couleur. On a tous les mêmes os, on a tous du sang, on a toutes les mêmes sueurs, on est tous pareils dans l’intérieur. On a tous un coeur qui bas, que tu es ou pas avec nous. On a tous de point commun si tu veux, on tellement plus de points communs que pas. La petite différence qui est la pigmentation de la peau. La langue à laquelle j’étais élevée ou l’appartenance politique de mes parents tu vois et c’est tellement moins quand tu penses que comme un être humain qui a du coeur qui bat, des pensées. Il y a de milliards de points communs et bizarrement c’est le petit truc qui n’est pas commun qui nous sépare tu vois je, disant que ça quand moi, je rencontre quelqu’un je suis tout de suite dans une espèce de … dans une petite boîte. Je suis comme un enfant et je me dis que surtout quand il y a quelqu’un qui vient en moi avec une espèce de désir de ne pas se révéler ou un peu timide ça m’amuse encore plus. C’est comme je suis à la chasse au trésor et des gens te traitent comme du genre : ne t’approches pas tu vois il y a une espèce d’énergie tu vois t’as pas intérêt à te rapprocher de moi. Mais moi ça me bouleverse parce que je me dis que tu ne fais pas ça quand ta vie a été simple et tendre. Tu as fait ça parce que t’as pris de claques dans la figure. Et il y a de la compassion qui arrive et quand tu fonctionnes avec de vrais intérêts, de vraies gentillesses, de vraies affections pour les gens tout de suite les gens, ils posent leurs valises.

David Laroche : oui il pourra te dire, mais qu’est ce qu’elle a cette connasse ou?

Sophie Chiche : Surement il y en a surement qui te dise d’ailleurs que, mais bon! toi tu es avec tout le monde, tu as la chance qu’il y a des gens qui se disent celle-là elle aime tout le monde, c’est quoi ce…

David Laroche : oui je pense que pour quelqu’un qui ne s’ouvre pas, ça pourrait facile justement de te critiquer : tiens elle n’est ouverte à personne ….

Sophie Chiche : Non, ça, c’est comme, il y a un magnifique truc de …. Il dit… et il n’y a pas de plantes, si c’est tellement sec, il n’y a pas d’eau, pas d’eau pendant des années. Il y a trois printemps ou quatre printemps où il y a de l’eau ; et le truc s’en met à germer dans un endroit où vous n’avez rien depuis des milliers d’années il y avait rien, mais il y avait les graines qui étaient sous-jacentes, sous cette terre tellement sèche et avec un peu d’eau tout à coup ça a commencé à pousser et il y avait des feuilletons incroyables de ce moment où tout à coup il y a du vert au plein milieu de la vallée de la mort tu vois. Les gens sont comme ça, les gens peuvent être facilement la vallée de la mort parce qu’il lui est arrivé des trucs affreux dans leur vie et les gens ont été terriblement destructeurs. Ils ferment, ils mettent un peu d’eau et qui …… En fin moi je ne vois rien de mal je dirai que quand les gens ont …. Je m’amuse souvent quand les gens surtout les hommes peut-être qui sont obsédés d’aller sur la lune … qui ont été sur la lune, c’est un grand machin …. Moi ce qui m’intéresse c’est d’aller dans la lune là, tu vois ce qui m’intéresse c’est de …. Dans ….. C’est quoi ce qui fait que quand toi tu lèves le matin et que tu traverses le monde tu vas acheter tout ça tu m’appelles et tu ne connais même pas pourquoi ton, c’est quoi ton why exactement, je ne sais pas, tu ne peux jamais avoir une conversation qui t’ennuie c’est une chasse au trésor comme tu as dit tout à l’heure…

David Laroche : Waouh, ça fait une belle vidéo en tout cas. J’adore ta façon d’exprimer comme ça et je pense que t’as répondu à la vraie question c’est-à dire qu’effectivement la recherche de point commun c’est une stratégie qui va fonctionner à condition que la bonne condition, la bonne fondation ce soit de vraiment s’intéresser à la personne en fait. Et je pense que là que ça se joue le plus.

Sophie Chiche : Un des trucs qui m’amuse beaucoup c’est de, beaucoup de gens utilisent ça comme une stratégie, tu vois comme comment tu vas vendre mieux, intéresse-toi à ta cliente, tu vois? C’est un peu quand tu te rends compte que là à la limite je laisse les gens aller sur cette route parce que quand les personnes se rendent compte ce que moi j’essaie de créer ça va se faire c’est-à-dire qu’au début tu vas voir ce que tu penses que tu vas avoir beaucoup plus de bagnoles tu vois? Mais à la fin de la journée, il va avoir une vraie connexion, ça va bien se passer même si au début tu crois le fait juste pour vendre une voiture de plus ou juste pour faire cet acte transactionnel qui est le commercial par exemple. En fait si tu le fais avec un tout petit de sincérité, tout un coup, ça t’embarque un peu malgré toi tu vois? et tu vas découvrir qu’il y a une vraie relation et une vraie dynamique qui va avec l’autre que peut-être que tu ne t’imagines pas c’est sympa comme euh c’est une surprise c’est un peu comme quand tu manges une galette des Rois, tout à coup j’ai un objectif et tout à coup je vois autre chose

David Laroche : ça me parle bien. J’ai fait une formation pour les commerçants et pourquoi leur poser une question? je la demande pourquoi leur poser des questions qui ont : oui pour trouver des arguments pour vendre ! et puis qu’est-ce qui va se passer, quoi d’autre quoi d’autres? et après là tu dis eh ben pour savoir de quoi il a besoin en fait et pourquoi lui servir. Et en fait c’est la même chose que les … mais simplement c’est un peu centrer sur comment je fais pour servir et effectivement c’est intéressant de savoir en quoi il a besoin et je suis pas la pour ….

Sophie Chiche : S’il y a une personne qui veut un zèbre et que tu lui donnes une girafe. D’abord il ne va pas être content, il va être mécontent du fait que pourquoi tu me donnes une girafe, je veux un zèbre et pourquoi tu m’as vendu une girafe? Et je pense qu’on souffre de cette incohérence nous-mêmes. Comme tu sais quand j’étais plus jeune j’ai fait du commercial. Je vendais des mètres carrés dans des salons d’exposition et quand je les conseillais, les gens sont vachement contents, mais pas trop. Tu imagines c’est trop vachement mise en relation et après j’avais des clients qui n’étaient pas contents et trouvaient une expérience qui n’était pas en fonction avec ce qu’ils cherchaient. Et combien de temps tu peux vivre comme ça et c’est comme si tu vivais à côté de toi-même. Après les gens disent j’ai pas confiance en moi et tu m’étonnes, tu peux avoir confiance en toi quand t’es un édifice que tu sais toi même et tu vois sur l’eau, sur le sable il faut qu’on soit soi-même et construire un édifice où, c’est pour cela qu’il est très important de ne pas faire des mensonges et pas pour les autres ou par le moral. C’est le problème quand je dis les mensonges mon équilibre tu vois il est bouleversé, il n’est pas solide parce que quand je pense à moi et qu’il y a quelqu’un qui ne dit pas la vérité je ne peux pas lui faire confiance celle-là hein. Et sauf que c’est moi, je n’ai pas de valeur …

David Laroche : Alors nous arrivons à ce fameux sujet qui était la question que j’avais en tête en début d’octroyer une activité qui aide les gens à transpirer, tout en stimulant leur morale en même temps, ce qui est original c’est que du coup il y a les deux qui s’harmonise en même temps et avant d’arriver à cette activité tu as parlé hors caméra de ce qui s’est passé chez toi, tu pourrais nous en parler un petit peu?

Sophie Chiche : Oui, je me suis réveillée un matin c’était en 1996. Donc, il y a presque dix ans, dix ans. Non, il y a vingt ans, il y a presque vingt ans. Et je faisais, j’étais aux États-uni déjà et donc je faisais 320 … équivalents à 170 kilos, ce qui est beaucoup. Et ce qui est le double de ce que je suis aujourd’hui. Et donc je suis partie sur … J’avais 25 ans. Et sauf que j’avais trois comme toi autour de moi. Et si tu veux, ce n’est vraiment pas quelques choses qui se sont passées du jour au lendemain. Ce qui se passait du jour au lendemain c’est que je suis passé sur la balance est que le 320 c’était le maximum de la balance. Et là, j’ai vu l’aiguille qui était là essayé n’allait plus loin et tu vois… c’était trop de kilos tu vois. Et donc, je me souviens de mettre une glace comme je me sentais bizarre je me dis ah t’as vraiment le choix: soit tu continues ce que tu es en train de faire et demain ce sera 415 515. il n’y avait pas de limite à ce baril. Ca va vite et puis en plus une fois que t’es dans ce chiffre là tu vois c’est un peu 300 400 c’est pareil tu vois c’est un peu … alors qu’aujourd’hui un kilo c’est un kilo, avant un kilo ça pourrait être dix douze, pas pareil. Et donc je ne suis pas partie. Je dirais d’abord sur un parcours émotionnel et je suis vite rendu compte que ce je m’étais finalement dans ma bouche et que j’étais probablement 10 ou 15% de se résoudre. Ce qui devrait se résoudre c’était plutôt l’histoire émotionnelle, histoire mentale que j’avais construite autour de ce phénomène qui est d’avoir autour de moi tout le temps. Une protection et puis il y a une espèce de désexualisation tu vois, une femme grosse et un homme gros, un peu pareil que t’as plus de formes, t’as plus la différenciation que t’as sur un corps qui est censé être un peu plus déterminé tu vois? Et dans les deux sens d’ailleurs tu fais maigrir maigrir maigrir, ça ressemble à un homme aussi, ça va dans les deux sens je pense que beaucoup de phénomènes. Et donc si tu veux c’est une espèce de désexualisation qui est destinée, je pense, ben pour moi ce qui a été beaucoup à diminuer une espèce d’objet non sexuel. J’étais une âme, un mental très intéressant, j’étais très drôle je passais pleins de trucs, mais j’ai plus un corps. Mon corps était juste pour transporter ma tête un peu, tu vois? Et donc ça était des années d’un incroyable voyage. D’une certaine façon, je ne sentais pas mon corps, mais ce qui est quand même intéressant c’est une des dynamiques aussi d’avoir pris de poids je me sentais pas vu et que plus je me prenais du poids plus je me disais ben quand même ils vont bien me voir là avec mes 400 poids là. Tu ne peux pas remarquer quelqu’un qui entre dans une pièce qui fait quatre fois plus que la taille normale. Si tu arrives avec un chapeau de grosse plume tout le monde dit qu’il porte des chapeaux avec de la plume donc c’est un peu ce côté pas … mais presque c’est tellement extrême, par exemple t’es Russe et on te remarquait tout le temps que les gens font référence à elle dans une classe, t’es la seule Russe par exemple. Moi j’étais la grosse et les gens savent tout de suite de quoi il s’agissait. Écoutes, je dirais que je vis, non, je ne peux pas dire que je le vis bien. Je pense que je vivais mieux que beaucoup de gens qui vont plus mal parce que ça n’a jamais empêché. J’avais l’esprit qui se fonctionnait bien, mais surtout que j’avais trouvé mon espèce de (23:04)…. Où je savais comment ça fonctionnait à cette attitude si tu veux. Je savais comment gérer le truc et donc j’avais l’impression en fait d’être moins en charge de ce qui se passait. Je voulais un mec, le fait que je sois, la forme que j’avais n’a aucune incidence avec le fait que j’aille récupérer ou pas, j’étais en fait dans un truc de challenge genre tu veux tellement être avec moi malgré les kilos ce n’est pas forcément ce que tu veux … Donc j’étais en effet dans un truc. Et ça le faisait. Il y a sans arrêt des preuves. J’ai décroché des jobs. Et tout le monde dit qu’elle ne va jamais décroché ce job (23:40) je bossais chez Show … la marque la plus, tu vois la bijouterie …. Toute les nanas qui ont 20 kg toutes mouillés et moi j’arrivais là …. Du petit ballon tu vois et j’ai … Du genre j’en ai rien à foutre et j’ai le fait malgré tout ce que vous vous me dites que je ne peux pas le faire, mais je vais le faire quand même, mais comme on disait tout à l’heure je me souviens un jour je me voyais un psy à Paris qui s’appelait …. Dramatiques qui est absolument brillants qui un jour m’a dit, mais est-ce que toi tu ne souffres pas de ça? OK tu gagnes ce que tu veux et ça ne t’empêche pas d’avancer pour ce tout ce que tu veux. Mais à un moment venu toi c’est pas douloureux pour toi de pas porter des pantalons à ta taille et dans les avions, mes parents voyageaient beaucoup quand j’étais petite et j’ai des souvenirs complètement incroyables une fois arrivée dans l’avion je leur dis : je ne suis pas assis sur la chaise là parce qu’il y avait des trucs …… À chaque fois quand j’arrive quelque part, je regarde la chaise et je me dis peut-être que c’est mieux si je reste debout parce que je veux être sûr que la chaise ne va pas être cassée car c’est un peu ridicule de tomber dans un restaurant, avoir les fesses en l’air quand tu pèses ce genre de poids; c’est un peu grotesque donc il y avait quand même beaucoup il y avait des moments incroyables alors je me souviens un jour ma mère et moi partons à l’aventure pour me chercher un pantalon parce que tu t’imagines je suis dans une taille un peu plus grosse par rapport aux autres filles à Paris tu vois surtout je me cherche un pantalon . On était allé à Chicago pour l’aventure j’avais peut-être 16 ou 17 ans et je vais me chercher un pantalon. J’arrive dans le magasin et la fille, elle me tend vraiment quand je rentre, elle me regardait comme s’il ne faut pas que je m’approche car c’est un peu contagieux la grosseur, genre un peu qu’est-ce que vous faites dans notre magasin tu vois? Et elle me tend ce pantalon un peu tu vois comme ça, et me dire que ça ça va vous allez, il y a une femme qui l’a acheté la semaine dernière et qui était énorme. Énorme, je suis sûre que ça va vous allez. OK pour toi, tu vas dans la salle d’essayage et tu essaies le truc. Le truc, il ne rentre pas, c’est resté jusqu’au genou comme j’étais vraiment grosse tu vois. Et je sors de la cabine et je la tends vers la nana et je me dis j’aime pas tellement la couleur excusez-moi et je pars. Je pense que c’est tout le temps un mélange. Pour moi, je ne dis pas du tout que c’est vrai pour tous les gens qui ont cette dynamique. Je pense que ma façon à moi d’être grosse était vraiment pour m'empêcher de sentir mes sentiments, c’était vraiment je suis toute noyée dans le nutella. Tu tasses le nutella chaque jour.

David Laroche : Les émotions sont plus profondes.

Sophie Chiche : Je ne suis pas triste, je ne suis pas effrayée, je ne me demande pas où va ma vie. C’était vraiment quand je mangeais du nutella, c’est comme de ce côté : tu vois genre tout va bien. Donc est-ce que j’étais en colère? Ouais surement, mais je ne m’ennuyais pas.

David Laroche : Ouais, je voyais. Un peu comme un ado qui apprend du cannabis. Il est un peu déconnecté quoi.

Sophie Chiche : Pareil c’est pareil. Ça a un côté où l’alcool a évidemment … et ça a un côté… je dois juste arrondir les ongles et ça va passer et puis un moment donné je me suis rendu compte que c’était devenu un truc qui était de ma vie, je devais gérer ce truc tout le temps. J’avais d’autres choses à faire. Tu vois, je sentais que j’avais d’autres choses à faire. Ouais, c’est une forme d’handicap. Et en même temps, bizarrement c’était aussi une forme de moteur parce que tout ce que je fais dans mon enfance de 15 ans à 30 ans pour résoudre ce problème, c’était des trucs incroyables, j’assistais des séminaires, j’allais voir les médecins incroyables et j’ai volé pour Madrid pour parler à un mec qui fait de la respiration pour te remettre dans ton enfance pour essayer de comprendre ce qui s’est passé.

David Laroche : Et ça ne marchait pas à chaque fois?

Sophis Chiche : Tout marchait, tout ne marchait pas à un moment donné, il se passait des trucs et je perdais dix kilos, mais comme si ce n’était pas vraiment résolu donc tu vois c’était un peu quand même assez efficace je dirais et en même temps j’apprenais sur une mesure de chemin, j’avais des trucs incroyables sur moi et je crois que c’est devenu plus un problème quand j’avais un grand nombre d’équipes qui s’est passé, c’était un français qui s’appelait Axelle … que j’adore qui avait accepté de me prendre un peu alors que j’étais aux États-Unis. Cette femme était incroyable parce que c’est un psy à Paris qui est complètement légitime et pas du tout habitué à faire des choses tellement originales, mais il m’a fait des séances quand j’étais aux États-Unis maintenant je fais des trucs sur skype depuis cinq ans et tout ça. Je me donnais un challenge en me disant que je pense que s’il y a quelqu’un qui peut le faire c’est vous, ne m’abandonnez pas parce que je suis à 10000 km, faisons ce travail que je sois là ou que je ne sois pas là c’est pareil tu vois et un jour on a eu une conversation magnifique sur cette idée que quand tu es gros tu te sens coupable tout le temps et c’est une espèce d’étapes parce que tu ne sens même pas coupable parce que c’est comme tu marchais à tout temps à dire que je suis un criminel. Voilà j’ai fait quelque chose d’horrible et donc je dois sentir si tu veux mal vis-à-vis de moi-même parce que c’est ce que la société fait quand les gens qui sont gros tu vois?. Eh ben je veux que tu manges tu veux pas ressentir cette culpabilité que tu éteins toutes tes … et donc si tu manges en étant conscient de ce que tu manges évidemment tu manges quatre fois plus et c’est là que tu trouves que t’es à la faim de ton paquet de gâteau et tu dis, mais où sont passé les gâteaux? Tu n’as même pas remarqué que t’as mangé le gâteau puisque pendant tout le temps où tu as mangé des gâteaux, t’es juste déconnecté; t’es parti quoi et juste ta main qui fait comme ça tu mâchouilles et ça part dans ton estomac. Tu ne sais même pas ce qui s’est passé tu te réveilles avec une espèce de (29:15) … et tout à coup les pâtes, les nutellas et tout est partie. Et donc je pense que le premier travail est d’accepter et d’être confortable, moi je me disais toujours que si tu veux manger de nutella Sophie, manger de nutella, arrêtez de vous emmerder à cacher, à ne pas dire, à mettre dans le placard, arrêtez, mettez-vous devant moi là, allez chercher du nutella tout de suite. Il m’a fait acheté beaucoup de nutella et devoir mangé s’asseoir devant lui et manger avec ma cuillère. Et c’est vrai qu’au bout d’une cuillère c’est vraiment sucré, c’est vraiment gras alors que si t’es dans un truc où te déconnectes tu peux avaler le pot entier, et tu vas être malade et aujourd’hui je mange un tiers du quart de ce que ou une demi-cuillère et oui je m’évanouis tellement maintenant c’est l’inverse, tellement je suis conscient de ce que je mange et de ce que je ne peux pas imaginer.

David Laroche : C’est super intéressant. C’est-à-dire que la première clé c’était juste pas d’interdire, mais au contraire autoriser, mais prendre conscience.

Sophie Chiche : Oui, oui, exactement. Ça c’était le grand truc de … qui disait que si tu manges avec culpabilité, tu t’amplifies et tu veux manger plus et tu te punit et pour te punir, tu manges encore plus. C’est vraiment un cycle qui ne va nulle part intéressant. Et donc, inverser cela était génial, l’autre dynamique.
David Laroche : Cela a un rapport avec l’échec pour un enfant c’est-à-dire que l’enfant n’a pas droit à l’échec et il va de moins en moins agir et ça va paralyser.

Sophie Chiche : Si tu as peur de l’échec tu, d’ailleurs sur ce sujet il y a un truc hyper intéressant.

David Laroche : Alors je m’inquiète beaucoup je veux qu’on bascule sur un autre sujet. Ce n’est pas intéressant. Je veux dire le livre…

Sophie Chiche : Sur ce sujet intéressant, d’ailleurs parle beaucoup sur … Ils ont pris deux groupes d’enfants et ils ont mis dans deux salles avec les mêmes objets que les papiers, les crayons, les trucs pour colorer et machins à coller, les plumes et plein d’ustensiles dans les deux salles. Ils leur avaient dit alors : on va faire un concours et que le meilleur dessin gagne alors, allez-y crée quelque chose, mais compétition et on va voir lequel va gagner sans donner les critères, mais on va juste dire le meilleur. Le groupe, ils ont dit : on va s’amuser et on a toute la journée, éclatez-vous, faites ce qui vous fait plaisir amusez-vous, créez. Et ils ont pris le résultat, ils ont ramassé tout ce que les enfants avaient fait. Le groupe qui n’était en compétition aucune créativité aucun risque aucune joie de vivre parce que tout le monde a un genre de chose cacher ce que je suis en train pour ne pas faire une copie ou machin alors que dans la salle il y avait un jeu de plaisir et tout, il y avait de la coopération, ils s’entraident entre eux comme moi tu ne sais pas couper alors je sais coller et tiens attendait-moi. Totale coopération pour créer de truc dix fois plus intéressant .

David Laroche : On pourra reparler d’ailleurs.

Sophie Chiche : Pour finir la boucle juste pour passer des exemples de plus. Ils ont pris le même genre, 2 groupes d’enfant de 16 ans. Et ils les ont mis dans deux salles différentes. Différentes histoires, ça c’est pour la bouffe. Un groupe ils ont dit on va manger et pendant qu’on mange, on va parler de ce qu’on mange on va nulle part on va rester tout la journée dans la salle on va juste manger on va juste partager l’expérience, mais on ne peut parler que de la bouffe. L’autre groupe ils ont dit : voilà on va manger le plus vite possible et on va aller à Disneyland juste après et pendant qu’on mange on ne va parler que Disneyland qui est allée ? Qui n’est pas allé ? Qu’est-ce qu’on a aimé qu’est-ce qui nous a fait peur et bla-bla-bla on va tous parler de Disneyland. Un groupe a mangé deux fois plus que l’autre groupe. Quel groupe?

David Laroche : Disneyland

Sophie Chiche : Voilà, pourquoi le groupe de Disneyland a mangé deux fois plus ?

David Laroche : Ils n’étaient pas conscients.

Sophie Chiche : De un, ils étaient complètement inconscients de ce qu’ils mangeaient, et deux ils étaient dans l’excitation d’aller faire autre chose et d’aller donc le plus vite possible donc plus tu manges vite et plus tu manges.

David Laroche : Donc manger en faisant quelque chose n’est pas une bonne idée.

Sophie Chiche : Ce n’est jamais une bonne idée.

David Laroche : Les pop corn devant la télé ne sont pas une bonne idée.

Sophie Chiche : Remarque, on mange quand on mange comme cela, on est à la fin de notre pop corn, on dirait que tout à coup (David Laroche : Mais il est où le truc ?), le truc est descendu de 20, 30, 40 centimètres. C’est exactement un très bon exemple. Donc si tu veux l’idée pour moi, mon donc deuxième truc qui a été un deuxième tournant clé pour moi ça a été de manger plus doucement parce que ça fait 25 minutes pour le cerveau de comprendre que la (David Laroche : Eh ! t’as mangé.), t’as plus faim. Ça prend 25 minutes que tu manges un peu ou que tu manges beaucoup, au bout de 25 minutes,tu n’as plus faim.

David Laroche : C’est le problème des McDo, tu vas pouvoir d’ailleurs manger très vite.

Sophie Chiche : Tu manges dans ta voiture, tu manges comme ça à toute vitesse et tout et en 20 minutes tu as mangé le McDo, le milk shake, les frites, le double frit, complètement de faire tout ça car tu vas à toute vitesse, tu vois ? Alors que si tu as tout ton temps et que tu manges bien tranquille, maintenant je dirais 98% du temps, je suis la dernière à finir, toujours. D’ailleurs c’est un peu un gag avec mes copains, tout le monde s’en moque, de toute façon cette fille elle est là pour une heure de plus, laissez-la dans son coin, tout va bien, mais moi je mange, c’est devenu manger…

David Laroche : Parce que tu parles où… ?

Sophie Chiche : Un peu, j’ai appris à dissocier dans un autre sens où je peux être avec moi et être avec toi sans que ça veuille dire l’un ou l’autre. J’ai appris si tu veux à être beaucoup plus mal inconscient avec toi, je n’ai pas besoin d’abandonner d’être avec moi, tu vois, alors qu’avant j’étais totalement dans toi qu’est-ce que tu veux et tout et tout, ça voilà, ça n’existait pas, c’était comme si moi je n’étais pas à table. Tu vois et ça, ça a changé beaucoup…

David Laroche : Je pense que ça aussi ça a joué sur le poids d’ailleurs.

Sophie Chiche : Énormément. Comme moi je suis là, je ne m’oublie pas, tu vois, je ne suis pas une entité séparée de moi, et aujourd’hui un repas en silence quand t’as dit ça tout à l’heure, quand t’as dit si tu jetais le caillou, comment tu vas te sentir si tu jettes le caillou ? Ma version de ça c’est que maintenant quand je m’assois pour manger, et je suis au restaurant par exemple, je regarde le menu et je me dis “tiens si je mange ça comment je vais me sentir ?”

David Laroche : Après…

Sophie Chiche : Parfois j’ai envie du truc des frites et du machin etc.. Tu vois ? Mais je me pose vraiment la question genre “est-ce que je m’aime assez pour faire un choix ?

David Laroche : Ah d’accord, elle est plus puissante peut-être cette question après.

Sophie Chiche : C’est très très fort, c’est cette idée si tu veux de est-ce que j’ai suffisamment d’amour pour moi dans ce moment pour choisir quelque chose qui fait que cet après-midi je vais avoir la pêche, je vais être clair, je vais avoir de l’énergie, je ne vais pas être… puisqu’il y a certaines nourritures quand je les mange…

David Laroche : Ben du coup, comment tu manges ?

Sophie Chiche : Je mange très sainement.

David Laroche : Alors c’est quoi sainement ?

Sophie Chiche : Je mange des salades, je mange des légumes, je mange de la viande puisque je suis un peu anémique, je ne manque aucun sucre… (David Laroche : OK, quand tu dis sucre, tu manges des fruits ?), je mange des fruits (David Laroche : Tu manges des fruits.), je ne mange aucun fruit.

David Laroche : Donc pas les raffinés quoi ?

Sophie Chiche : Non, aucun raffiné. Aucun plat de dessert.

David Laroche : Ça t’arrive des fois ou bien ?

Sophie Chiche : Jamais. Mais tu sais quoi ? Ça sincèrement moins t’en manges et moins t’as envie d’en manger. Enfin, moins j’en mange, moins j’ai envie d’en manger, je ne peux pas dire pour tout le monde, mais je pense que le sucre, on a une relation très (David Laroche : addictive aussi), très addictive au sucre.

David Laroche : Oui, il y a des études qui montrent que ça attaque les mêmes du cerveau que la drogue.

Sophie Chiche : Ça attaque les mêmes parties du cerveau que l’héroïne. Je suis tout à fait d’accord avec toi. Et donc moi quand je mange du sucre, je deviens quelqu’un que je n’aime pas, je deviens agressive, je deviens ce que maintenant je trouve sympa qui est dynamique et qui ai de l’énergie, ça dépasse un peu le truc et ça devient agressif, ça me rend agressive. Donc quand je n’ai pas envie d’être cette personne, ça ne m’attire pas, je n’ai pas envie d’avoir à me battre avec un tigre, tu vois je préfère tranquilou ne même pas m’approcher du…

David Laroche : D’accord, c’est vraiment intéressant à ce sujet parce que, je vais te faire un partage, moi j’ai tendance à manger pas mal de légumes, poissons etc… (Sophie Chiche : Ouais), mais il y a quand même des fois c’est un peu comme une lutte c’est-à-dire que je vois ce fondant au chocolat et je ne vais pas le prendre, mais ça reste une forme d’effort alors du coup… et quand je vais le prendre (Sophie Chiche : Tu vas regretter d’avoir fait ça.) Je vais être là… des fois je voudrais en profiter où ça ne va pas se passer en fait, je vais le prendre (Sophie Chiche : Et tu vas en vouloir plus.), vouloir plus et je vais quand même être frustré.

Sophie Chiche : Oui.

David Laroche : Alors du coup, globalement j’ai une monnaie d’orientation, mais quand même il y a beaucoup de frustrations associées à mon alimentation. Ce n’est pas par rapport au poids que je le fais, mais plus par rapport à cette idée de prendre soin de mon corps, d’être dans une belle énergie etc… et alors pour certaines personnes c’est vraiment flagrant d’ailleurs, ils vont manger sucré et l’énergie va chuter. (Sophie Chiche : Ouais.) C’est plus que je sais que ce n’est pas bon, mais j’ai tendance à avoir beaucoup d’énergies donc même pour sentir la différence c’est très subtile en fait pour moi c’est-à-dire que beaucoup manger moi ça je vais le faire, la différence, mais si je vais prendre un fondant au chocolat, je ne vais pas vraiment sentir que je suis plus fatigué. Donc ça me demande plus de la foi que (Sophie Chiche : Ouais.) Vraiment une sensation alors, est-ce que je dois affiner mon acuité sans se…

Sophie Chiche : C’est intéressant tout ça pour moi parce que ce qui m’intéresse beaucoup ces dernières années, je dirai les derniers mois mêmes, c’est cette idée que les mots que tu emploies quand tu parles te sont très propres, c’est-à-dire ce que toi tu dis, la façon que tu choisis de dire tes mots c’est très spécifique.

David Laroche : Ah ben ça j’en suis sûr.

Sophie Chiche : D’accord ? La même façon, comment on se nourrit et ce qui est bon pour nous c’est pour moi exactement la même… ça a cette qualité si tu veux de… (David Laroche : Très unique.) Très unique. C’est-à-dire que moi ce que j’aime, ce qui est bon pour moi, ce qui va faire que quand je sors de ce repas, non seulement je me sens bien physiquement, mais je me sens que c’était un bon choix, que c’était un choix qui va m’aider à être plus clair dans la tête et qui va m’aider à mieux dormir ce soir, qui va faire que ma peau est plus jolie, tu vois ? Wherever, ce qui est important pour moi, c’est quelque chose qui est tellement unique que c’est comme ton ADN un peu, tu vois ? C’est un peu comme il n’y a que toi (David Laroche : Qui sait.) Qui sait et je pense que… (David Laroche : Et qui peut savoir.) Et qui peut savoir, voilà exactement merci, il n’y a que toi qui peut savoir parce que c’est effectivement une quête, ça ne va pas te tomber dessus, tu ne vas pas te réveiller un matin et dire allez hop ça y est j’ai toute la (David Laroche : J’ai le menu, voilà des…) j’ai le texte beau que tu vois je sais exactement quoi faire, je n’ai qu’à faire rabaisser et tout va aller très bien, tu vois ? C’est beaucoup plus intéressant que ça, je pense que l’univers est mieux foutu.

David Laroche : J’ai bien aimé la… je ne sais pas si c’était volontaire, mais la reformulation de ce … on a plus tendance à dire ça va être du coup d’un peu le truc de l’effort, il faut (Sophie Chiche : Ouais.) Que je trouve, non c’est beaucoup plus intéressant que ça effectivement.

Sophie Chiche : Ouais, pour moi c’est devenu un peu… tu vois parfois je regarde la nature, je trouve que la nature a une bonne… c’est un beau miroir pour nous, tu vois ? Et quand tu regardes un arbre, ce n’est pas quand il se lève le matin il dit aujourd’hui je ne veux pas qu’il y ait du vent preuve que s’il pleut je vais rester couché et puis si… tu vois ? L’arbre il est juste là pour nous donner des pommes ou des poires et c’est ça qui… ce n’est pas comme tout à l’heure quand on parlait des femmes, tu vois ? Fait quelque chose d’intéressant et tout ça va s’aligner très bien, tu vois ? Moi je sais que ma bouffe, elle est au plus calme, au plus simple et au plus facile quand je suis engagée dans ma vie et quand je ne me sens pas seule. Et si je me sens seule j’ai le courage d’aller appeler un copain et lui dirais vient on va dîner je me sens un peu de blues ce soir, tu vois ? Et je suis très en contact avec mes besoins et mes désirs.

David Laroche : Et en rapport direct avec ton alimentation, comment tu te sens ?

Sophie Chiche : Mais incroyable, incroyable, au tout début quand je faisais ce travail, je remarquais que je voulais des chips, je voulais des chips, mais comme si jamais je ne mangeais pas de chips, j’allais mourir, tu vois ?

David Laroche : Comme un fumeur au fait.

Sophie Chiche : C’est exactement comme un fumeur et je me rendais compte que les chips c’est parce que j’étais en colère. Le nutella c’est parce que je me sentais seule, tu vois ? Il y avait toute une espèce de langage entre eux. J’écrivais, j’avais un journal, c’était une très bonne idée, c’est un bon truc si tu veux aider les gens à faire ça.

David Laroche : Mais t’es en train d’aider les gens à faire ça.

Sophie Chiche : Tu prends un journal et tu marques comment tu te sens, là tout de suite… (David Laroche : Ah ! L’émotion que je ressens par rapport à ce que je mange.) À ce que je choisis de manger. Parfois c’est pas là tout de suite je me sens en colère et hop je mange, c’est j’avais envie de manger des chips, je ne les ai pas mangés et donc parfois tu as besoin de faire un peu un retour en arrière de trois jours même parfois, tu vois ? Mais si tu as le courage de vraiment prendre le temps de regarder tout ça, c’est incroyablement lié parce qu’encore une fois naturellement quand tu prends un enfant avant que tu l’aies gavé de sucre, avant que tu l’aies gavé de truc qui n’ont rien avoir, l’enfant il mange, il n’a plus faim il arrête de manger. Il y a une espèce de relation entre tous ça qui est beaucoup plus simple, avant que nous on la complique. Moi je veux que ma bouffe aujourd’hui ce soit de la même façon que je mets de l’essence dans ma voiture, c’est de la nutrition (David Laroche : aux petits soins de ce qu’il a besoin quoi.), je lui donne encore ce dont il a besoin. Et ça ça veut dire que parfois c’est ah tiens ça ça a été trop, ça ça n’était pas assez, tu vois ? J’ai mangé trop tard, du coup j’ai commencé à me sentir un peu émotionnellement même dérangé parce que je n’ai pas mangé assez vite, tu vois ? Donc c’est une espèce de relation (David Laroche : Ouais de tout le temps être ajusté en fait.), t’es tout le temps être en train d’ajuster.

David Laroche : Une toute dernière toute petite question parce que sinon on va prendre quatre heures à faire l’interview. Il y a un truc souvent par rapport à cette alimentation quand j’en parle autour de moi parce que tu vois j’étais ami ami avec les autres entrepreneurs et tu penses que j’étais un de ceux qui avaient la meilleure alimentation entre guillemets selon moi, selon mes critères et ils disent ouais, mais David tu ne profites pas de la vie. En gros (Sophie Chiche : C’était ça la critique.) Alors moi ce n’est pas grave, je me suis dit, tiens ben ça c’est intéressant. Cela veut dire que si eux ils m’ont dit ça, quand je le dis aux gens, il y a souvent des gens dans ma salle, dans la formation ou des fois je fais un séminaire, je vais avoir 300 personnes je ne vais pas entendre chaque personne qui doivent se dire ouais c’est bien, mais je ne profite plus de la vie. Alors du coup qu’est-ce qui…

Sophie Chiche : Ben écoute, moi je sais qu’à 320 pounds où je n’avais pas l’énergie d’aller me lever, d’aller… moi je sais que profite beaucoup plus de la vie quand je suis saine et que je me sens bien, tu vois je…. Profiter de la vie pour moi ce n’est pas boire du café, de l’alcool, fumer, être soul, tu vois ? Pour moi ce n’est pas profiter de la vie, c’est être incapable d’avoir des relations sociales en dehors de mes espèces d’ajustement de substances. Pour moi ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse, tu vois ? Moi ce qui m’intéresse c’est de me lever le matin, d’avoir une pêche d’enfer…

David Laroche : OK donc, ça te force quelque part tout de même à développer d’autres entre guillemets d’autres compétences pour arriver à créer ce dont tu as vraiment besoin au fait.

Sophie Chiche : Oui, je pense que c’est un plus grand besoin pour moi d’être libre de mes addictions, d’être détachée de substances qui me rendent franchement à la fin de la journée malade, enfin je sais que quand je mangeais du sucre j’étais malade tout le temps, tu vois ? J’étais excitée tout le temps, j’avais besoin de sucre encore plus tout le temps.
Là j’aurais été dans un moment avec toi si je mange du sucre, je me serais dit tout le temps à quelle heure il part David parce que c’est l’heure de manger du chocolat.

David Laroche : Ouais c’est vrai que… merde tu n’aurais pas du nutella d’ailleurs ?

Sophie Chiche : Non.

David Laroche : Et pourquoi tu as choisi… nous on prend du nutella après chaque interview en fait.

Sophie Chiche : Moi je vais aller boire de l’eau ça me fera du bien après.

David Laroche : On va avoir besoin d’eau, en tout cas vraiment merci, c’était super riche ces deux interviews. (Sophie Chiche : Merci à toi.) Est-ce que… alors en anglais je sais qu’on peut te trouver sur internet, est-ce qu’en français on peut te trouver aussi ou… ?

Sophie Chiche : Écoute j’ai écrit un bouquin en français qui s’appelle “L’éloge de la responsabilité”, “La petit éloge de la responsabilité” (David Laroche : Je commence toutes mes formations avec la responsabilité donc…) oh Nice, c’est un bouquin très sympa qui est publié chez Hertz, non chez Retz, ils l’ont encore et c’est un bouquin sympa et j’ai pleins d’articles… j’étais… j’écrivais quand j’étais… j’ai pleins d’articles en ligne.

David Laroche : Ben écoute c’était vraiment magique, j’ai hâte que vous puissiez la voir, vous la voyez déjà du coup, mais merci à toi c’était vraiment super.

Sophie Chiche : Merci à toi David Laroche.

0 commentaires

Laisser un commentaire

Une seule de ces 5 erreurs suffit à vous empêcher de réussir

Recevez dès maintenant une vidéo gratuite pour éviter de les commettre en remplissant le formulaire ci-dessous

C'est bon ! Vous devriez recevoir la vidéo par e-mail dans quelques instants :)

Share This